Le Manuel Merck

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Développement d’une infection

Par

Larry M. Bush

, MD, FACP, Charles E. Schmidt College of Medicine, Florida Atlantic University

Dernière révision totale févr. 2019| Dernière modification du contenu févr. 2019
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Les maladies infectieuses sont en général dues à des micro-organismes qui envahissent l’organisme et se multiplient. Il existe de nombreux types d’organismes infectieux (voir aussi Présentation des maladies infectieuses).

Voici quelques exemples de la façon dont les micro-organismes peuvent envahir l’organisme :

  • Par la bouche, les yeux ou le nez

  • Par contact sexuel

  • Par des plaies ou des morsures

  • Par des dispositifs médicaux contaminés

Les personnes peuvent ingérer des micro-organismes en ingérant de l’eau contaminée ou en mangeant des aliments contaminés. Elles peuvent inhaler des spores ou des poussières, ou inhaler des gouttelettes contaminées émises par la toux ou les éternuements d’une autre personne. Les personnes peuvent manipuler des objets contaminés (comme une poignée de porte) ou entrer en contact direct avec une personne contaminée, puis se toucher les yeux, le nez ou la bouche.

Certains micro-organismes se propagent dans les liquides corporels, tels que le sang, le sperme et les selles. Ainsi, ils peuvent envahir l’organisme par contact sexuel avec un partenaire infecté.

Les morsures humaines et animales et les autres plaies qui percent la peau peuvent permettre aux micro-organismes d’envahir l’organisme. Les insectes infectés peuvent transmettre des maladies lorsqu’ils mordent ou piquent.

Les micro-organismes peuvent également adhérer à des dispositifs médicaux implantés dans l’organisme (tels que cathéters, prothèses articulaires ou valves cardiaques artificielles). Les micro-organismes peuvent être présents sur le dispositif lorsqu’il est implanté, si celui-ci a été accidentellement contaminé. Les agents infectieux d’autres localisations peuvent aussi se propager par voie sanguine et se fixer sur un dispositif déjà implanté. Le matériel implanté ne possédant pas de défenses naturelles, les micro-organismes s’y développent donc facilement et se propagent, provoquant une maladie.

Après avoir envahi le corps humain, les micro-organismes doivent se multiplier pour provoquer une infection. Après le début de la multiplication, trois scénarios peuvent se produire :

  • Les micro-organismes continuent à se multiplier et submergent les défenses de l’organisme de l’hôte.

  • Un état d’équilibre est atteint, provoquant une infection chronique.

  • L’organisme de l’hôte, avec ou sans traitement médical, détruit et élimine les micro-organismes invasifs.

Pour la plupart des micro-organismes, l’invasion débute par une phase d’adhérence aux cellules du corps humain. Ce processus est très spécifique, impliquant une relation de type clé-serrure entre le micro-organisme et les cellules du corps humain. Le fait de pouvoir adhérer à la surface des cellules permet aux micro-organismes d’établir un camp de base à partir duquel ils envahissent les tissus.

Le fait que le micro-organisme reste à proximité du site d’invasion ou qu’il se propage à d’autres sites et le degré de gravité de l’infection dépend de facteurs tels que :

De nombreux micro-organismes pathogènes ont des propriétés qui leur permettent d’augmenter la gravité de la maladie dont ils sont responsables (virulence) et de résister aux mécanismes de défense de l’organisme hôte. Ces propriétés comprennent :

  • Toxines

  • Enzymes

  • Moyens de bloquer les défenses de l’organisme

Production de toxines et d’enzymes

Certains micro-organismes qui envahissent le corps humain produisent des toxines. Par exemple, la bactérie Clostridium tetani dans une plaie infectée produit une toxine responsable du tétanos. Certaines maladies sont provoquées par des toxines produites par les micro-organismes en dehors de l’hôte. Par exemple, des staphylocoques présents dans l’alimentation peuvent produire une toxine qui est responsable d’une intoxication alimentaire suite à l’ingestion de ces aliments, même si les staphylocoques avaient été détruits. La plupart des toxines contiennent des constituants qui se lient spécifiquement à des molécules présentes sur certaines cellules (cellules cibles). Les toxines jouent un rôle central dans certaines maladies, telles que le tétanos, le syndrome de choc toxique, lebotulisme, l’anthrax et le choléra.

Certaines bactéries produisent des enzymes qui détruisent les tissus, permettant à l’infection de se propager plus rapidement au niveau de ces tissus. D’autres bactéries produisent des enzymes leur permettant de pénétrer dans des cellules et/ou de passer à travers.

Blocage des défenses de l’organisme

Certains micro-organismes ont la capacité de bloquer les mécanismes de défense de l’organisme, de la façon suivante :

  • En interférant au niveau de la production par l’organisme des anticorps ou des lymphocytes T (un type de globules blancs) dont le rôle spécifique est d’attaquer les micro-organismes

  • En se cachant à l’intérieur d’enveloppes protectrices externes (capsules) ce qui empêche les globules blancs d’ingérer les micro-organismes (par exemple, le champignon Cryptococcus, qui développe même une capsule plus épaisse après sa pénétration dans les poumons afin de résister aux défenses du corps humain)

  • En résistant à l’éclatement (la lyse) provoqué par les substances qui circulent dans le sang.

  • En produisant des substances qui s’opposent aux effets des antibiotiques.

Certaines bactéries peuvent produire une pellicule visqueuse (biofilm) qui les aide à s’attacher sur les cellules et sur un matériel étranger tel que les cathéters intraveineux, le matériel de suture et les implants et dispositifs médicaux. Le biofilm protège les bactéries de l’ingestion par les cellules immunitaires et de leur destruction par les antibiotiques.

Les micro-organismes qui ne le font pas immédiatement ont d’autres moyens pour bloquer les défenses de l’organisme qu’ils développent parfois au cours du temps. Par exemple, certains micro-organismes, après avoir été exposés de façon répétée à la pénicilline, deviennent résistants à ce médicament (cela porte le nom d’antibiorésistance).

Dysfonctionnement du système immunitaire

Les personnes dont le système immunitaire ne fonctionne pas bien (en situation d’immunodépression) sont plus sensibles aux infections. Le système immunitaire peut mal fonctionner pour les raisons suivantes :

  • La personne est née avec une anomalie héréditaire qui affaiblit le système immunitaire (déficit immunitaire).

  • Le système immunitaire peut également être affaibli par une pathologie acquise plus tard (telle qu’une infection par le virus du SIDA ou un cancer).

  • Certaines personnes ont besoin de prendre un médicament qui affaiblit le système immunitaire (immunosuppresseurs), tel que ceux utilisés pour prévenir le rejet d’une greffe d’organe, ou des corticoïdes, utilisés pour réduire une inflammation.

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