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Ménopause

Par

JoAnn V. Pinkerton

, MD, University of Virginia Health System

Dernière révision totale déc. 2019| Dernière modification du contenu déc. 2019
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Les faits en bref
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La ménopause correspond à l’arrêt définitif des règles et donc de la fertilité.

  • Pendant plusieurs années avant et juste après la ménopause, les taux d’ œstrogènes varient grandement, les règles deviennent irrégulières et des symptômes (tels que des bouffées de chaleur) peuvent survenir.

  • Après la ménopause, la densité osseuse diminue.

  • La ménopause est diagnostiquée lorsqu’une femme n’a plus ses règles depuis un an, mais des analyses de sang peuvent être réalisées pour confirmer le diagnostic.

  • Certaines mesures, y compris l’hormonothérapie et d’autres médicaments, peuvent soulager les symptômes.

Chez les femmes en âge de procréer, les règles s’inscrivent dans des cycles d’environ un mois, la libération d’un ovule par l’ovaire (ovulation) survenant environ 2 semaines après le premier jour des règles. Pour que ce cycle soit régulier, les ovaires doivent produire des hormones, les œstrogènes et la progestérone, en quantité suffisante.

La ménopause intervient lorsque, avec le vieillissement, les ovaires cessent de produire des œstrogènes et de la progestérone. Pendant les années qui précèdent la ménopause, la production d’ œstrogènes et de progestérone devient fluctuante, et les règles et l’ovulation s’espacent. Enfin, les règles s’estompent, l’ovulation cesse définitivement et la grossesse n’est plus possible naturellement. Il n’est possible d’identifier les dernières règles d’une femme qu’après coup, c’est-à-dire après une absence de règles (aménorrhée) d’au moins 1 an. Les femmes qui n’ont aucun désir de grossesse doivent continuer leur contraception durant 1 an après les dernières règles.

La périménopause désigne les quelques années précédant et l’année suivant les dernières règles. Le nombre d’années de périménopause qui précèdent les dernières règles est très variable. Au cours de cette période, les taux d’œstrogènes et de progestérone varient énormément. On pense que les symptômes de la ménopause ressentis par de nombreuses femmes dans la quarantaine sont liés à ces fluctuations.

La transition ménopausique est la phase de la périménopause qui précède les dernières règles. Elle se caractérise par des changements dans la régularité des règles. La transition ménopausique dure de 4 à 8 ans. Elle dure plus longtemps chez les femmes qui fument et chez celles qui sont plus jeunes au moment où la transition commence.

La ménopause désigne la période qui suit les dernières règles.

Dans les pays occidentaux, l’âge moyen de la ménopause est d’environ 52 ans. Elle peut cependant survenir dans des conditions normales dès 45 ans (voire 40 ans) et jusqu’à 55 ans ou plus tard. La ménopause survient parfois plus tôt chez les femmes qui :

  • Fument

  • Vivent à haute altitude

  • Souffrent de malnutrition.

La ménopause est dite précoce lorsqu’elle survient avant l’âge de 40 ans. La ménopause précoce est également appelée insuffisance ovarienne précoce ou insuffisance ovarienne primaire.

Le saviez-vous ?

  • Les symptômes de la ménopause peuvent apparaître des années avant les dernières règles.

  • L’âge moyen de la ménopause est d’environ 52 ans, mais n’importe quel âge compris entre 40 et 55 ans, voire plus tard, est considéré comme normal.

Symptômes

Symptômes de la périménopause

Au cours de la périménopause, les symptômes peuvent être absents, légers, modérés ou sévères. Les symptômes peuvent durer de 6 mois à 10 ans environ, voire plus longtemps.

Le premier symptôme est une irrégularité des règles. Généralement, les règles sont plus fréquentes, puis se raréfient, mais tous les scénarios sont possibles. Les règles peuvent durer plus longtemps ou être plus courtes et être plus ou moins abondantes. Elles peuvent disparaître pendant des mois puis réapparaître et être régulières. Chez certaines femmes, les règles peuvent rester régulières jusqu’à la ménopause.

Des bouffées de chaleur sont observées chez 75 à 85 % des femmes. Elles commencent généralement avant l’arrêt des règles. Elles durent généralement près de 7,5 ans en moyenne, mais peuvent durer plus de 10 ans. Généralement, les bouffées de chaleur s’atténuent et se raréfient au fur et à mesure du temps.

On ne connaît pas leur cause, mais les bouffées de chaleur pourraient être liées à une réinitialisation du thermostat du cerveau (l’hypothalamus) qui contrôle la température du corps. En conséquence, une toute petite hausse de température peut accentuer la sensation de chaleur. Les bouffées de chaleur pourraient être liées aux fluctuations des taux d’hormones. Aucune donnée probante ne montre que les boissons alcoolisées déclenchent les bouffées de chaleur.

Pendant une bouffée de chaleur, il se produit une dilatation des vaisseaux sanguins localisés à la surface de la peau (vasodilatation). La conséquence de cette vasodilatation est une augmentation du flux sanguin qui provoque, notamment au niveau de la tête et du cou, une rougeur et une sensation de chaleur (bouffée). Les femmes ressentent de la chaleur et leur transpiration est abondante. Les bouffées de chaleur peuvent parfois provoquer un rougissement.

Les bouffées de chaleur durent de 30 secondes à 5 minutes et sont suivies par des frissons. Les suées nocturnes sont des bouffées de chaleur qui se produisent la nuit.

D’autres symptômes peuvent survenir dans la période de la ménopause. Les variations des taux d’hormones qui surviennent à ce moment-là peuvent provoquer les symptômes suivants :

  • Sensibilité mammaire

  • Sautes d’humeur

  • Aggravation des migraines qui surviennent juste avant, pendant ou après les règles (migraines menstruelles)

Une dépression, une irritabilité, une angoisse, une nervosité, des troubles du sommeil (allant jusqu’à l’insomnie), des difficultés de concentration, des céphalées et une fatigue peuvent également survenir. De nombreuses femmes ressentent ces symptômes pendant la périménopause et les attribuent à la ménopause. Toutefois, les preuves indiquant un rapport entre la ménopause et ces symptômes ne sont pas toutes fiables. Ces symptômes ne sont pas directement liés à la diminution des taux d’ œstrogènes associée à la ménopause. De nombreux autres facteurs (tels que le vieillissement lui-même ou une maladie) pourraient expliquer les symptômes.

Des suées nocturnes peuvent troubler le sommeil, contribuant à la fatigue, à l’irritabilité, à la perte de concentration et aux changements d’humeur. Dans de tels cas, ces symptômes peuvent être indirectement liés à la ménopause (par les suées nocturnes). Les troubles du sommeil sont cependant fréquents durant la ménopause, même chez les femmes qui ne souffrent pas de bouffées de chaleur. Les angoisses du milieu de vie (comme des difficultés avec des enfants adolescents, des inquiétudes à propos du vieillissement, le fait de s’occuper de parents âgés et des changements dans les relations maritales) peuvent contribuer aux troubles du sommeil. Par conséquent, le lien entre fatigue, irritabilité, perte de concentration et sautes d’humeur est moins évident.

Symptômes après la ménopause

De nombreux symptômes de la périménopause, bien que gênants, sont moins fréquents et moins intenses après la ménopause. Toutefois, la diminution des taux d’ œstrogènes entraîne des changements qui peuvent continuer à nuire à la santé (par exemple, l’augmentation des risques d’ostéoporose). Ces changements peuvent empirer, à moins que des mesures ne soient prises pour prévenir leur apparition. Ces changements peuvent affecter :

  • Système reproducteur : la paroi vaginale s’affine, s’assèche et perd en élasticité (on appelle cela l’atrophie vaginale ou, de manière erronée, la vaginite atrophique). Ces changements peuvent rendre les rapports sexuels douloureux. Les autres organes génitaux (les petites lèvres, le clitoris, l’utérus et les ovaires) s’atrophient (diminuent de taille). En général, l’appétit sexuel (libido) diminue avec l’âge. La plupart des femmes peuvent encore connaître l’orgasme, mais pour certaines, cela prend plus de temps.

  • Voies urinaires : la muqueuse de l’urètre s’amincit, et l’urètre devient plus petit. En raison de ces changements, il est plus facile pour les micro-organismes d’entrer dans le corps, ce qui augmente le risque d’infections des voies urinaires chez certaines femmes. Une femme présentant une infection des voies urinaires peut ressentir une sensation de brûlure lors de la miction. Après la ménopause, le besoin d’uriner peut devenir soudainement impérieux (il s’agit de l’urgence urinaire), ce qui peut parfois entraîner une incontinence urinaire (passage d’urine involontaire). L’incontinence urinaire devient plus courante et grave avec l’âge. Toutefois, l’incidence de la ménopause sur l’incontinence n’est pas clairement définie. De nombreux autres facteurs, tels que les conséquences de l’accouchement, l’obésité et le recours à un traitement hormonal, contribuent à l’incontinence.

  • Peau : la diminution des taux d’ œstrogènes ainsi que le vieillissement en lui-même entraînent une diminution des quantités de collagène (protéine qui renforce la peau) et d’élastine (protéine qui confère à la peau son élasticité). La peau peut ainsi devenir plus fine, plus sèche, moins élastique et plus sujettes aux lésions.

  • Os : la diminution des taux d’ œstrogènes est souvent associée à une diminution de la densité osseuse et parfois à une ostéoporose, car les œstrogènes jouent un rôle important dans le maintien de la structure osseuse. L’os s’affaiblit, devient plus fragile, et le risque de fracture augmente. Au cours des 5 premières années qui suivent le début de la ménopause, la densité osseuse diminue rapidement. Par la suite, elle diminue au même rythme que chez les hommes (soit d’environ 1 à 3 % par an).

  • Taux de lipides (graisses) : après la ménopause, les taux de cholestérol LDL (lipoprotéines de faible densité), dit mauvais cholestérol, augmentent. Les taux de cholestérol HDL (lipoprotéines de haute densité), dit bon cholestérol, restent quasiment les mêmes qu’avant la ménopause. Cette augmentation du cholestérol LDL peut en partie expliquer la fréquence plus élevée d’athérosclérose et donc des maladies coronariennes après la ménopause. En revanche, on ignore si ces modifications résultent du vieillissement ou de la diminution des taux d’ œstrogènes après la ménopause. Jusqu’à la ménopause, les taux élevés d’ œstrogènes paraissent jouer un rôle protecteur vis-à-vis des maladies coronariennes.

Le syndrome génito-urinaire de la ménopause est un terme récent et plus précis permettant de désigner les symptômes affectant le vagin et les voies urinaires causés par la ménopause. Ces symptômes comprennent une sécheresse vaginale, des douleurs pendant les rapports sexuels, une urgence urinaire et des infections des voies urinaires.

Le saviez-vous ?

  • Le syndrome génito-urinaire de la ménopause est un terme récent permettant de désigner les symptômes affectant le vagin et les voies urinaires causés par la ménopause, tels que la sécheresse vaginale, les douleurs pendant les rapports sexuels, l’impériosité urinaire et les infections des voies urinaires.

Diagnostic

  • Examen clinique

  • Rarement, des analyses de sang pour mesurer les taux d’hormones

Chez les trois quarts des femmes environ, la ménopause est évidente. Aucun examen de laboratoire n’est donc généralement nécessaire.

Si la ménopause commence plusieurs années avant l’âge de 50 ans ou si les symptômes ne sont pas clairement définis, des examens permettent de déceler des maladies pouvant perturber les règles. En de rares occasions, s’il faut confirmer la ménopause ou la périménopause, des analyses de sang sont réalisées pour mesurer les taux d’hormone folliculo-stimulante (FSH) (qui stimule la production ovarienne d’ œstrogènes et de progestérone).

Avant d’initier tout traitement, le médecin va :

  • Demander à la patiente ses antécédents médicaux et familiaux

  • Réaliser un examen clinique, notamment un examen des seins et un examen gynécologique, et prendre la tension artérielle

Au cours de l’examen gynécologique, le médecin vérifie la présence de certains changements typiques du vagin, qui confirment le diagnostic de ménopause. Il examine également les organes reproducteurs à la recherche d’anomalies potentielles.

Les antécédents médicaux et familiaux d’une patiente peuvent aider le médecin à déterminer si elle présente des risques de développer certaines pathologies après la ménopause.

Une mammographie est systématiquement réalisée si aucune n’a été effectuée récemment. Des analyses de sang peuvent être effectuées.

Une mesure de la densité osseuse est réalisée chez les femmes suivantes :

Traitement

  • Consignes générales

  • Certains médicaments

  • Médecines alternatives et complémentaires

  • Hormonothérapie

Les femmes pourront mieux supporter les symptômes si elles comprennent ce qui se passe pendant la ménopause. Il peut leur être utile de discuter avec d’autres femmes de ce qu’elles ont vécu pendant la ménopause ou avec leur médecin.

Le traitement de la ménopause consiste à en soulager les symptômes, tels que les bouffées de chaleur et la sécheresse vaginale. Des consignes générales peuvent être bénéfiques, mais si un traitement doit être utilisé, le plus efficace est :

Les progestogènes désignent à la fois la progestérone naturelle et de synthèse (une hormone féminine) Les progestatifs, eux, ne désignent que la progestérone de synthèse.

En dehors des traitements hormonaux, certaines mesures peuvent être efficaces :

  • Hypnose par un professionnel de santé qualifié, afin de soulager les bouffées de chaleur

  • Traitement cognitif comportemental

  • D’autres médicaments, notamment deux classes d’antidépresseurs (les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine et les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine- noradrénaline) et la gabapentine, un anticonvulsivant

La thérapie cognitivo-comportementale a été adaptée pour être utilisée lors de la transition vers la ménopause et après. Elle peut permettre de contrôler les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes.

Consignes générales

Les conseils suivants peuvent permettre de soulager les bouffées de chaleur :

  • Porter plusieurs couches de vêtements que l’on peut aisément enlever lorsque l’on a chaud et remettre lorsque l’on a froid peut aider la femme à supporter les bouffées de chaleur.

  • Enfin, porter des vêtements qui absorbent la transpiration (tels que des sous-vêtements en coton) ou qui éliminent l’humidité (c’est le cas de certains sous-vêtements ou vêtements de sport) peut améliorer le confort.

  • Il peut également être utile d’éviter les facteurs déclenchant les symptômes (comme les environnements chauds, les aliments épicés et les lumières vives).

  • Utiliser un ventilateur ou baisser le thermostat peut également être utile.

  • Pratiquer régulièrement une activité physique et perdre du poids peut aider à contrôler les bouffées de chaleur et offrir d’autres bénéfices pour la santé.

Bien que la pleine conscience (la pratique qui consiste à être conscient du moment présent), les techniques de relaxation et/ou le yoga puissent apporter un bénéfice général aux femmes, leur efficacité pour soulager les bouffées de chaleur n’est pas évidente.

Afin de contrôler les troubles du sommeil, il est préférable d’adopter des habitudes permettant de se calmer avant d’aller se coucher et de retrouver le sommeil en cas de sueurs nocturnes. Mettre en place de bonnes habitudes de sommeil et pratiquer une activité physique permet d’améliorer la qualité du sommeil.

Les exercices de Kegel peuvent permettre d’améliorer le contrôle de la vessie. Lors de ces exercices, la femme contracte ses muscles pelviens comme si elle devait se retenir d’uriner. On peut lui apprendre comment utiliser le biofeedback pour apprendre à contrôler ses muscles pelviens. Le biofeedback est une méthode permettant de mettre les processus biologiques inconscients sous contrôle conscient. Il consiste à utiliser des appareils électroniques pour mesurer et rapporter à la conscience des informations sur ces processus.

Lorsque la sécheresse vaginale est à l’origine de rapports sexuels douloureux, il est possible d’utiliser un lubrifiant vaginal en vente libre. Chez certaines femmes, l’application de lubrifiant vaginal tous les 1 à 3 jours peut être efficace. Le maintien de l’activité sexuelle ou la masturbation stimulent l’irrigation sanguine du vagin et des tissus environnants et la préservation de l’élasticité des tissus.

Médicaments

Plusieurs types de médicaments permettent de soulager certains symptômes de la ménopause.

La paroxétine (un antidépresseur) peut permettre de soulager les bouffées de chaleur. La gabapentine, un anticonvulsivant, et des antidépresseurs (tels que la desvenlafaxine, la fluoxétine la sertraline ou la venlafaxine) sont relativement efficaces pour limiter les bouffées de chaleur. Les antidépresseurs peuvent également être efficaces dans le traitement de la dépression, de l’anxiété et de l’irritabilité. Cependant, aucun de ces médicaments n’est aussi efficace pour soulager les symptômes de la ménopause que l’hormonothérapie.

Des somnifères sont parfois prescrits pour pallier les insomnies.

Tableau
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Certains médicaments utilisés pour traiter les symptômes et les effets de la ménopause

Médicament

Avantages

Inconvénients

Hormones féminines

* Traitement à base d’œstrogènes, avec ou sans progestogène

Soulagent les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes, la sécheresse vaginale et les rapports sexuels douloureux

Permettent de prévenir l’ostéoporose et de réduire le risque de fracture osseuse

Traitement combiné (œstrogènes et un progestogène) :

* Œstrogènes seuls :

  • Augmentent le risque de thrombose des jambes et de thrombose pulmonaire, d’AVC, de troubles biliaires et d’incontinence urinaire

  • Augmentent le risque de cancer de l’endomètre (cancer de la muqueuse utérine)

  • Pourraient augmenter légèrement le risque de cancer du sein, mais vraisemblablement pas avant de nombreuses années

Un progestogène, tel que l’acétate de médroxyprogestérone ou la progestérone micronisée (une progestérone naturelle plutôt que de synthèse)

Réduit le risque de cancer de l’endomètre, qui est associé à la prise d’œstrogènes seuls

N’est pas aussi efficace que les œstrogènes pour soulager les bouffées de chaleur

N’a aucune incidence sur la sécheresse vaginale

Peut provoquer des ballonnements, une sensibilité mammaire, une augmentation de la densité mammaire, des sautes d’humeur et/ou des céphalées

Augmente le taux de cholestérol LDL (« mauvais » cholestérol)

Peut augmenter le risque de thrombose des jambes et de thrombose pulmonaire

Peut avoir des effets inconnus sur le risque d’autres maladies

Progestérone micronisée : Peut avoir un impact négatif moindre sur l’humeur et sur le taux de cholestérol LDL que les progestatifs de synthèse

Peut provoquer une somnolence (elle est donc généralement prise le soir)

Semble avoir moins d’effets secondaires que les autres progestogènes

Modulateurs sélectifs des récepteurs œstrogéniques (MSRE)

Ospémifène

Soulage la douleur pendant les rapports sexuels

Peut aggraver temporairement les bouffées de chaleur

Œstrogènes conjugués et bazédoxifène

Œstrogènes conjugués et bazédoxifène (un MSRE)

Soulagent les bouffées de chaleur, améliorent la qualité du sommeil, préviennent la perte osseuse et réduisent l’atrophie vaginale (amincissement et assèchement du vagin, associés à une perte d’élasticité)

Réduisent l’incidence de sensibilité mammaire et de saignements

Ne semblent pas augmenter la densité mammaire ni l’incidence de cancer du sein

Protègent l’utérus sans qu’un progestogène soit nécessaire

Peut augmenter le risque de thrombose des jambes et de thrombose pulmonaire

Antidépresseurs

Inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS), tels que desvenlafaxine, fluoxétine, sertraline, paroxétine à faibles doses (en particulier) et paroxétine à libération prolongée

Inhibiteurs de la recapture de la sérotonine- noradrénaline, tels que venlafaxine

Soulagent la dépression, l’anxiété, l’irritabilité et l’insomnie

Sont relativement efficaces pour soulager les bouffées de chaleur

Selon le médicament, peuvent s’accompagner d’effets secondaires, tels que dysfonctionnement sexuel, nausées, diarrhée, perte de poids (à court terme), prise de poids (à long terme), somnolence, sécheresse buccale, confusion et élévation ou baisse de la tension artérielle

Anticonvulsivant (un seul)

Gabapentine

Est relativement efficace pour soulager les bouffées de chaleur et potentiellement efficace pour soulager les sueurs nocturnes

Peut réduire les effets secondaires tels que somnolence, étourdissements, céphalées, éruption cutanée, prise de poids et œdème des jambes

* Il est difficile de déterminer si le risque de certaines maladies est augmenté par la prise d’œstrogène seul ou par la prise d’œstrogène associé à un progestogène (traitement combiné).

HDL : lipoprotéines de haute densité ; LDL : lipoprotéines de basse densité.

Médecines alternatives et complémentaires

Certaines femmes ont recours aux plantes médicinales et autres remèdes pour combattre les bouffées de chaleur, l’irritabilité, les troubles de l’humeur et la perte de mémoire. Cependant, l’actée à grappes noires, d’autres plantes médicinales (telles que l’angélique de Chine, l’onagre bisannuelle, le ginseng et le millepertuis) et certains médicaments en vente libre ne semblent pas plus efficaces qu’un placebo, qui fonctionne environ 50 % du temps. En outre, ces remèdes ne sont pas soumis à la réglementation comme le sont les médicaments. En pratique, les fabricants n’ont pas besoin de démontrer leur sécurité et leur efficacité dans cette indication, et la nature et la quantité de leurs composants ne sont pas standardisées (voir Présentation des compléments alimentaires/Sécurité et efficacité).

Les études concernant la protéine de soja ont donné des résultats mitigés. Un produit à base de soja, appelé S-equol, peut contribuer à soulager les bouffées de chaleur chez certaines femmes.

Certains compléments (par exemple le kawa) peuvent être dangereux. De plus, certaines substances peuvent interagir avec d’autres médicaments aggravant certains troubles.

Les inquiétudes concernant les traitements hormonaux standards ont augmenté l’intérêt porté aux hormones obtenues à partir de plantes telles que l’igname et le soja. Ces hormones présentent pratiquement la même structure moléculaire que les hormones produites par l’organisme et sont donc appelées hormones bio-identiques. De nombreuses hormones utilisées dans le cadre des traitements hormonaux standards sont également des hormones dites bio-identiques dérivées des plantes. Cependant, les hormones utilisées dans le cadre des traitements hormonaux standards ont été testées et autorisées, et leur utilisation est étroitement contrôlée.

Il arrive qu’un pharmacien adapte la fabrication (à partir de composés) des hormones bio-identiques en fonction de l’ordonnance du praticien. Il s’agit d’hormones bio-identiques composées. Leur production n’est pas bien réglementée. C’est pourquoi elles existent sous de nombreuses doses, combinaisons et formulations, variant la pureté, la consistance et la puissance de ces produits. Les hormones bio-identiques composées sont souvent commercialisées comme substitut du traitement hormonal standard et parfois vendues comme traitement plus efficace et plus sûr que les traitements hormonaux standards. Il n’existe toutefois aucune preuve d’une efficacité et d’une sécurité supérieures à celles d’un traitement hormonal standard. Les femmes ignorent parfois que les produits hormonaux bio-identiques composés comportent les mêmes risques que les hormones standards.

Les femmes qui envisagent de prendre ces substances doivent en parler à leur médecin.

Traitement hormonal pour la ménopause

Un traitement hormonal peut soulager les symptômes modérés à sévères de la ménopause, tels que les bouffées de chaleur, les suées nocturnes et la sécheresse vaginale. Toutefois, il peut également augmenter le risque de développer certaines maladies graves.

Les traitements hormonaux permettent d’améliorer la qualité de vie de nombreuses femmes en soulageant leurs symptômes, mais ils n’améliorent pas la qualité de vie des femmes qui ne présentent pas de symptômes. C’est pourquoi ces traitements ne sont pas administrés de manière systématique aux femmes ménopausées. Choisir de prendre un traitement hormonal est une décision qui doit être prise par la femme en concertation avec son médecin, et en fonction de sa situation particulière.

Chez de nombreuses femmes, les risques l’emportent sur les bénéfices potentiels, et ce traitement n’est donc pas recommandé. Toutefois, chez certaines femmes, en fonction de leurs problèmes de santé, les bénéfices potentiels peuvent l’emporter sur les risques.

Par exemple, un traitement hormonal peut être recommandé chez une femme présentant un risque élevé de perte osseuse ou de fracture, associé à l’un des facteurs suivants :

  • Âge inférieur à 60 ans.

  • Ménopause diagnostiquée moins de 10 ans auparavant.

  • Impossibilité de prendre d’autres médicaments (tels que les bisphosphonates) visant à prévenir la perte osseuse et les fractures.

Les traitements hormonaux réduisent la perte osseuse et le risque de fracture chez ces femmes.

Généralement, il n’est pas recommandé d’instaurer un traitement hormonal dans les situations suivantes :

  • Femmes de plus de 60 ans.

  • Ménopause diagnostiquée plus de 10 à 20 ans auparavant.

Chez ces femmes, le risque de maladie des artères coronaires, d’AVC, de thrombose des jambes, de thrombose pulmonaire et de démence est plus élevé.

Lorsqu’un traitement hormonal est utilisé, les médecins prescrivent la dose la plus faible permettant de contrôler les symptômes, et ce pour le moins de temps possible.

Le traitement hormonal peut inclure :

  • Œstrogènes

  • Un progestogène (tel que la progestérone ou l’acétate de médroxyprogestérone)

  • les deux.

Toutes les hormones utilisées dans les traitements hormonaux sont des hormones fabriquées en laboratoire. Elles peuvent être identiques ou non à celles produites par l’organisme, mais la manière dont elles agissent dans ce dernier est très semblable. Les progestogènes ressemblent à la progestérone, une hormone féminine produite par l’organisme.

Les œstrogènes et les progestogènes sont disponibles sous différentes formes. L’œstradiol et les œstrogènes conjugués (un mélange d’œstrogènes) sont deux formes d’ œstrogènes fréquemment utilisées.

On donne généralement aux femmes qui ont encore un utérus des œstrogènes avec un progestogène (hormonothérapie combinée), car la prise d’ œstrogènes seuls augmente le risque de cancer de la muqueuse utérine (cancer de l’endomètre). Le progestogène protège contre ce type de cancer. Les femmes ayant subi une ablation de l’utérus peuvent prendre de l’ œstrogène seul.

Les bénéfices et les risques du traitement hormonal varient selon que les hormones sont prises seules ou dans le cadre d’un traitement combiné.

Œstrogènes avec ou sans progestogène : Bénéfices et risques potentiels

Les œstrogènes présentent différents avantages :

  • Bouffées de chaleur et autres symptômes : les œstrogènes constituent le traitement le plus efficace des bouffées de chaleur.

  • Sécheresse et atrophie de la muqueuse vaginale et de l’appareil urinaire : les œstrogènes peuvent empêcher la sécheresse et l’atrophie de ces tissus, réduisant ainsi la douleur durant les rapports sexuels. Lorsque la sécheresse et l’atrophie de ces tissus sont les seuls problèmes que présente une femme, les médecins peuvent recommander une formulation d’œstrogènes à insérer dans le vagin. Ces formulations incluent des comprimés d’ œstrogènes faiblement dosés, un anneau à base d’ œstrogènes faiblement dosé, une crème à base d’ œstrogènes faiblement dosée, et des suppositoires. Si une faible dose d’œstrogènes est utilisée, les femmes qui ont toujours un utérus ne sont pas obligées de prendre un progestogène.

  • Besoin impérieux d’uriner et infections des voies urinaires à répétition : les formulations d’ œstrogènes à insérer dans le vagin (crèmes, comprimés ou anneaux) permettent de soulager ces problèmes.

  • Ostéoporose : Les œstrogènes, avec ou sans progestogène, permettent de prévenir ou de ralentir la progression de l’ostéoporose. Prendre un traitement hormonal substitutif dans le seul but de prévenir l’ostéoporose n’est cependant généralement pas recommandé. Afin d’essayer de prévenir l’ostéoporose, la plupart des femmes peuvent prendre un bisphosphonate ou un autre médicament à la place (bien que ces médicaments présentent aux aussi des risques spécifiques). Les bisphosphonates augmentent la masse osseuse, en réduisant la quantité d’os que l’organisme décompose à mesure qu’il reforme des os. L’organisme décompose et reforme continuellement des os afin de leur permettre de répondre à l’évolution des besoins du corps. Au fur et à mesure que nous vieillissons, l’organisme décompose plus d’os qu’il n’en reforme.

La prise d’œstrogènes sans progestogène augmente le risque de cancer de l’endomètre chez les femmes qui ont encore un utérus. Ce risque est plus important aux doses élevées et lors d’une utilisation prolongée. L’association à un progestogène élimine presque complètement le risque de cancer de l’endomètre qui se révèle alors inférieur à celui observé chez les femmes ne prenant pas de traitement hormonal. Néanmoins, les médecins évaluent tout saignement vaginal chez les femmes sous hormonothérapie afin d’exclure un éventuel cancer de l’endomètre.

La prise d’œstrogène, avec ou sans progestogène, augmente le risque des maladies suivantes :

  • cancer du sein : Le risque de cancer du sein commence à augmenter très légèrement après la prise d’ œstrogènes avec un progestogène pendant 3 à 5 ans. Toutefois, si les œstrogènes sont pris en monothérapie au début de la ménopause, le risque peut ne pas augmenter avant 10 à 15 ans.

  • Accident vasculaire cérébral

  • Caillots de sang dans les jambes (thrombose veineuse profonde) et caillots de sang dans les poumons (embolie pulmonaire)

  • Troubles biliaires (tels que des calculs)

  • Incontinence urinaire : la prise d’ œstrogènes augmente le risque de développer une incontinence et aggrave l’incontinence préexistante.

Pour certains troubles, il est difficile de déterminer si le risque est augmenté par la prise d’ œstrogènes seuls ou par la prise d’ œstrogènes associés à un progestogène (traitement combiné).

Même si le traitement hormonal augmente le risque de développer les maladies détaillées ci-dessus, le risque reste faible chez les femmes en bonne santé qui le prennent pendant une courte durée durant ou peu de temps après la périménopause. Le risque de la plupart de ces troubles augmente avec l’âge, en particulier dans les 10 ans ou plus qui suivent la ménopause, avec ou sans traitement hormonal. Chez les femmes âgées, la prise d’ œstrogènes associés à un progestogène peut aussi augmenter le risque de maladies coronariennes.

On pense que les risques liés à un traitement hormonal sont inférieurs lorsque de faibles doses d’ œstrogènes sont utilisées. Les formulations d’ œstrogène qui sont insérées dans le vagin (telles que des crèmes à base d’ œstrogènes, de comprimés ou d’anneaux contenant des œstrogènes) sont souvent plus faiblement dosées que les comprimés oraux.

Les œstrogènes administrés par patch (voie transdermique) semblent présenter un risque moins important de thrombose, d’AVC et de troubles biliaires (tels que des calculs) que les formulations en comprimés.

Généralement, les femmes qui souffrent d’un cancer du sein, d’une maladie coronarienne ou de thrombose des jambes, qui ont subi un AVC ou présentent des facteurs de risque pour ces maladies ne doivent pas prendre d’ œstrogènes.

Un traitement hormonal combiné réduit le risque des maladies suivantes :

  • Ostéoporose

  • Cancer colorectal

Progestogènes : Bénéfices et risques

Les progestogènes présentent certains bénéfices :

  • Cancer de l’endomètre : La prise d’un progestogène associé à des œstrogènes élimine presque complètement le risque de cancer de l’endomètre chez les femmes qui ont encore un utérus.

  • Bouffées de chaleur : De fortes doses de progestogènes peuvent atténuer les bouffées de chaleur. Cependant, ils ne sont pas aussi efficaces que les œstrogènes.

Les progestogènes peuvent augmenter le risque des maladies suivantes :

  • Augmentation du taux de cholestérol LDL (« mauvais » cholestérol) : Les progestogènes peuvent avoir cet effet-là. Cependant, la progestérone micronisée (c’est-à-dire, de la progestérone naturelle plutôt que de synthèse) semble avoir un effet moins négatif sur les taux de cholestérol LDL que les autres progestatifs de synthèse.

  • Thrombose dans les jambes et les poumons.

L’effet d’un progestogène seul sur le risque de développer d’autres maladies n’est pas clairement défini.

Effets secondaires

Les effets secondaires des œstrogènes et des progestogènes, notamment à fortes doses, peuvent inclure nausées, douleur mammaire (mastodynie), céphalées, rétention d’eau (œdème) et troubles de l’humeur.

Types de traitements hormonaux

Les œstrogènes et/ou le progestogène peuvent être pris de différentes manières :

  • Comprimés à base d’ œstrogènes ou de progestogène à avaler (voie orale)

  • Crèmes, comprimés, anneaux ou suppositoires à base d’ œstrogènes insérés dans le vagin (voie vaginale)

  • Lotions, pulvérisateurs ou gels à base d’ œstrogènes en application externe sur la peau (voie topique)

  • Patchs à base d’ œstrogènes ou à base d’une association œstroprogestative (voie transdermique)

En comprimés à avaler, les œstrogènes et le progestogène peuvent être pris sous forme de deux comprimés ou d’un seul comprimé combiné. Les œstrogènes et le progestogène sont généralement pris quotidiennement. Ce schéma peut entraîner des saignements vaginaux irréguliers au cours de la première année ou des premières années de traitement. (Cependant, si ces saignements durent plus d’un an, il est conseillé de consulter un médecin.) Il est également possible de prendre les œstrogènes quotidiennement et le progestogène uniquement pendant 12 à 14 jours par mois. En suivant ce schéma, la plupart des femmes ont des règles chaque mois, les jours suivant la prise du progestogène.

Les œstrogènes à prendre par voie vaginale sont insérés dans le vagin. À savoir :

  • Crèmes à insérer à l’aide d’un applicateur en plastique

  • Comprimés à insérer à l’aide d’un applicateur en plastique

  • Anneaux contenant des œstrogènes (qui ressemblent à des diaphragmes)

  • Suppositoires contenant des œstrogènes

Il existe de nombreux produits, avec différents dosages et contenant différents types d’ œstrogènes. Les crèmes et les anneaux peuvent contenir une dose faible ou élevée d’ œstrogènes. Si une forte dose d’ œstrogènes est administrée par voie vaginale, un progestogène est également prescrit afin de réduire les risques de cancer de l’endomètre. Généralement, une dose peu élevée est suffisante pour résoudre les symptômes vaginaux.

Les formulations vaginales d’ œstrogènes peuvent être plus efficaces que les formulations orales pour résoudre les symptômes qui affectent le vagin (comme la sécheresse ou l’atrophie). Ces traitements permettent de limiter les douleurs lors des rapports sexuels, l’impériosité urinaire et le risque d’infections vésicales.

Sous forme de lotion, de pulvérisateur ou de gel, les œstrogènes peuvent être appliqués sur la peau.

Les œstrogènes ou les œstrogènes associés à un progestogène peuvent également être appliqués sur la peau, sous forme de patch.

Modulateurs sélectifs des récepteurs œstrogéniques (MSRE)

Les MSRE (tels que le raloxifène et le tamoxifène) présentent des propriétés similaires à celles des œstrogènes par certains côtés, mais inversent les effets des œstrogènes à d’autres égards. Le raloxifène est utilisé dans le traitement de l’ostéoporose et la prévention du cancer du sein. Le tamoxifène est utilisé dans le traitement du cancer du sein. L’ospémifène peut être utilisé pour soulager la sécheresse vaginale.

Lorsqu’elles prennent un MSRE, les femmes peuvent temporairement ressentir une aggravation temporaire des bouffées de chaleur.

Le bazédoxifène est un MSRE administré en association avec des œstrogènes sous la forme d’un seul comprimé. Il soulage les bouffées de chaleur et les symptômes d’atrophie vaginale, réduit la sensibilité mammaire, améliore la qualité du sommeil et prévient la perte osseuse. Comme les œstrogènes, ce médicament augmente le risque de thrombose dans les jambes et les poumons. Cependant, il peut réduire le risque de cancer de l’endomètre et a moins d’impact sur les seins.

Déhydroépiandrostérone (DHEA)

La déhydroépiandrostérone (DHEA) est un stéroïde qui est produit par les glandes surrénales et converti en hormones sexuelles ( œstrogènes et androgènes). Elle est disponible sous forme d’ovule à introduire dans le vagin. La DHEA semble soulager la sécheresse vaginale et d’autres symptômes de l’atrophie vaginale. Elle est également utilisée pour réduire les douleurs causées par l’atrophie vaginale pendant les rapports sexuels.

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