Le diabète sucré de type 1 est une maladie auto-immune qui implique la destruction des cellules sécrétrices d’insuline du pancréas, ce qui entraîne une altération de la sécrétion d’insuline, des taux élevés de glucose dans le sang (hyperglycémie), et finalement une résistance à l’insuline.
Les symptômes précoces sont liés à l’hyperglycémie et comprennent une soif excessive, une faim excessive, des mictions excessives et une vision floue.
Les médecins diagnostiquent le diabète de type 1 en mesurant la glycémie et en vérifiant si le système immunitaire de l’organisme attaque les cellules du pancréas qui produisent l’insuline.
Les enfants atteints d’un diabète de type 1 doivent surveiller leur glycémie et prendre de l’insuline.
Au fil des années, le diabète peut endommager les vaisseaux sanguins et augmenter le risque de crise cardiaque, d’accident vasculaire cérébral, de maladie rénale chronique et de perte de vision, ainsi qu’endommager les nerfs et causer des problèmes au niveau du sens du toucher. Le maintien d’un bon contrôle de la glycémie peut aider à prévenir ces complications.
Le diabète de type 1 peut apparaître à tout moment au cours de l’enfance, y compris durant la petite enfance, mais il se déclare habituellement entre 10 et 14 ans ou, pour certains enfants, entre 4 et 6 ans.
Dans le diabète de type 1, le pancréas ne produit pas suffisamment d’insuline, car le système immunitaire attaque et détruit les cellules pancréatiques fabriquant l’insuline (cellules des îlots pancréatiques). Cette destruction peut être déclenchée par des facteurs environnementaux chez les personnes ayant hérité de certains gènes les prédisposant à développer un diabète. Ces gènes sont plus fréquents chez les personnes ayant des origines de certains pays (comme les pays nordiques).
Les proches parents d’une personne atteinte de diabète de type 1 sont exposés à un risque accru de développer un diabète. Les frères et sœurs ont un risque d’environ 6 à 7 %, et les vrais jumeaux ont un risque de plus de 70 %. Le risque de diabète pour un enfant dont un parent souffre de diabète de type 1 est d’environ 6 à 9 % si le père est affecté, et d’environ 1 à 4 % si c’est la mère qui est affectée.
Les enfants souffrant de diabète de type 1 sont exposés à un risque plus élevé de développer d’autres maladies où le système immunitaire s’attaque lui-même (maladies auto-immunes), particulièrement certains types de maladie de la thyroïde et la maladie cœliaque.
Symptômes du diabète de type 1 chez l’enfant et l’adolescent
Les symptômes du diabète de type 1 se développent rapidement, habituellement en quelques jours à quelques semaines, et ils ont tendance à apparaître d’une façon typique. Les taux élevés de glycémie provoquent une miction excessive chez l’enfant. Les enfants peuvent mouiller leur lit ou devenir incapables de contrôler leur vessie la journée. Chez les enfants qui ne sont pas encore propres, les couches peuvent être davantage mouillées ou plus lourdes. Cette perte de liquides entraîne une augmentation de la soif et de la prise de liquides.
Environ la moitié des enfants perdent du poids et présentent des troubles de la croissance.
Certains enfants se déshydratent, ce qui entraîne une faiblesse, de la fatigue et une accélération du pouls. Les enfants peuvent également avoir des nausées et des vomissements dus aux cétones (sous-produits de la dégradation des graisses) dans le sang. La vision peut devenir floue.
Comme les symptômes ne sont pas toujours reconnus comme étant causés par un diabète et ne sont pas traités, de nombreux enfants peuvent développer un trouble mettant en jeu leur pronostic vital appelé acidocétose diabétique. Il s’agit du premier signe de diabète de type 1 chez près d’un tiers des enfants.
Diagnostic du diabète de type 1 chez l’enfant et l’adolescent
Tests de glycémie
Dosage de l’hémoglobine A1C (HbA1C)
Dosage des anticorps
Détermination du type de diabète
Le diagnostic de diabète est un processus en deux parties. Chez les enfants présentant des symptômes, les médecins réalisent des analyses de sang pour déterminer s’ils sont diabétiques, puis en déterminent le type. Le dépistage des anticorps spécifiques du diabète constitue une partie importante de l’identification du type de diabète. L’hémoglobine A1c est également vérifiée pour avoir une idée du contrôle de la glycémie à long terme, car elle reflète la glycémie au cours des 3 mois précédents. Les enfants présentant des complications subissent également d’autres analyses.
Une fois le diabète de type 1 diagnostiqué, les médecins peuvent déterminer le stade. Le diabète de type 1 progresse par stade :
Stade I : Les enfants présentent au moins 2 anticorps spécifiques au diabète (les anticorps sont dosés avec des analyses de sang), mais ont une glycémie normale et aucun symptôme de diabète.
Stade II : Les enfants présentent au moins 2 anticorps spécifiques au diabète, un taux de glycémie anormal et généralement aucun symptôme de diabète.
Stade III : Les enfants présentent au moins 2 anticorps spécifiques au diabète, un taux de glycémie élevé et des symptômes de diabète.
Stade IV : Les enfants ont un diabète de type 1 établi ou de longue date.
Analyses après le diagnostic
Les enfants ayant reçu un diagnostic de diabète de type 1 font l’objet d’analyses de sang supplémentaires à la recherche d’autres maladies auto-immunes, telles que la maladie cœliaque et une maladie de la thyroïde. Ces examens sont réalisés au moment du diagnostic, et tous les 1 à 2 ans par la suite.
Les médecins réalisent parfois des examens à la recherche d’autres problèmes tels qu’un trouble des glandes surrénales (maladie d’Addison), des troubles articulaires et musculaires (tels que l’arthrite juvénile idiopathique) et des troubles gastro-intestinaux supplémentaires (tels qu’une maladie inflammatoire chronique de l’intestin). Ces examens supplémentaires ne sont généralement réalisés que si les patients présentent des symptômes suggérant un trouble spécifique.
Traitement du diabète de type 1 chez l’enfant et l’adolescent
Éducation au diabète
Alimentation et exercice physique
Insuline
L’éducation au diabète constitue une partie importante de la prise en charge du diabète. L’éducation au diabète implique souvent l’enfant, les aidants, un éducateur spécialisé dans le diabète, le médecin traitant ou un autre professionnel de santé, et souvent un(e) diététicien(ne).
Dans le diabète de type 1, on apprend aux parents et aux enfants plus grands à évaluer la teneur en glucides des aliments et à développer un plan alimentaire. La plupart des enfants atteints d’un diabète de type 1 sont capables de maintenir leurs habitudes alimentaires habituelles plutôt que de suivre un régime alimentaire rigide. Les doses d’insuline correspondent à la consommation réelle de glucides. Les nourrissons et les enfants d’âge préscolaire représentent un véritable défi pour les parents, car ils ne mangent pas des quantités régulières d’aliments et peuvent développer une hypoglycémie, mais peuvent ne pas être capables de communiquer les symptômes d’hypoglycémie à leurs parents.
L’activité physique et l’exercice sont encouragés, avec une formation axée sur la manière d’ajuster et de gérer la prise alimentaire et les doses d’insuline, ainsi que sur la façon de reconnaître et de traiter l’hypoglycémie.
Traitement par insuline
Pour contrôler la glycémie, les enfants souffrant de diabète de type 1 ont besoin d’injections d’insuline. Le recours à l’insuline est toujours nécessaire car rien d’autre n’est efficace.
Lorsqu’un diabète de type 1 est diagnostiqué pour la première fois, les enfants sont en général hospitalisés. Les enfants atteints d’un diabète de type 1 reçoivent des liquides (pour traiter la déshydratation) si nécessaire et de l’insuline. Les enfants ne présentant pas d’acidocétose diabétique (ACD) lors du diagnostic reçoivent généralement au moins 2 injections quotidiennes d’insuline. Le traitement par insuline est en général instauré à l’hôpital afin que la glycémie puisse être fréquemment vérifiée et que les médecins puissent modifier les doses d’insuline.
Après le diagnostic, les enfants doivent régulièrement prendre de l’insuline. Les médecins travaillent avec les enfants et leur famille pour déterminer le meilleur schéma insulinique.
Il existe plusieurs types de schémas insuliniques :
Schéma avec plusieurs injections quotidiennes (PIQ) utilisant un schéma insulinique basal-bolus
Traitement par pompe à insuline
Schéma PIQ fixe ou schéma avec insuline prémélangée (moins fréquent)
La plupart des enfants atteints de diabète de type 1 doivent être traités avec des schémas PIQ ou avec un traitement par pompe à insuline.
Le schéma basal-bolus est le schéma PIQ privilégié. Ce schéma implique une injection d’insuline à action prolongée (dose basale) chaque jour, puis des injections supplémentaires distinctes (doses bolus) d’insuline à action rapide immédiatement avant les repas. Chaque dose bolus peut être différente selon la quantité de nourriture que va manger l’enfant ou la glycémie à ce moment-là.
Un avantage du schéma basal-bolus est qu’il permet une certaine flexibilité quant à l’heure des repas et la quantité consommée pendant les repas.
Dans le traitement par pompe à insuline, la dose basale d’insuline est administrée au moyen d’une petite sonde souple (cathéter) laissée sous la peau. Des bolus complémentaires administrés au moment du repas ou pour corriger une glycémie élevée sont administrés sous forme d’injections d’insuline à action rapide distinctes en utilisant la pompe à insuline.
Cette photo montre un enfant diabétique portant une pompe à insuline reliée à un site de perfusion dans la cuisse.
LEWIS HOUGHTON/SCIENCE PHOTO LIBRARY
Le traitement par pompe à insuline est de plus en plus utilisé chez les enfants. Les bénéfices potentiels comprennent un meilleur contrôle de la glycémie, une meilleure sécurité d’emploi et une meilleure satisfaction de l’utilisateur, par rapport aux schémas PIQ. Ce traitement est privilégié chez les jeunes enfants, tels que les tout-petits et les enfants d’âge préscolaire, et offre globalement un degré de contrôle supplémentaire à de nombreux enfants.
Le système fixe des schémas PIQ est moins fréquemment utilisé. Si un schéma basal-bolus ne constitue pas une option (par exemple, si une supervision adéquate n’est pas possible, comme lorsqu’aucun adulte ne peut administrer des injections à l’école ou à la garderie), des schémas PIQ fixes peuvent constituer une option. Dans le cadre de ces schémas, les enfants reçoivent en général une quantité spécifique (fixe) d’insuline à action rapide avant le petit-déjeuner et le dîner, et une dose fixe à action prolongée au moment du coucher.
Les schémas fixes offrent moins de souplesse, nécessitent un programme quotidien pour les repas et sont largement remplacés par des schémas basal-bolus lorsque c’est possible.
Les schémas avec insuline prémélangée utilisent un mélange fixe de deux formes d’insuline : l’une agissant rapidement et ne durant que quelques heures, et une agissant moins rapidement mais plus longtemps. Les ratios habituels d’insuline sont 70/30 (70 % d’insuline à action prolongée et 30 % d’insuline à action brève) ou 75/25. Les enfants reçoivent une injection lors du petit-déjeuner et une autre au moment du dîner.
Un avantage des schémas prémélangés est que le nombre d’injections est inférieur et qu’ils sont plus faciles à gérer. Cependant, les schémas prémélangés sont moins flexibles en ce qui concerne les horaires des repas et les quantités de nourriture et ne peuvent pas être ajustés aussi fréquemment. Ainsi, ces schémas ne permettent pas de contrôler la glycémie aussi bien que d’autres et ne sont pas utilisés aussi fréquemment, sauf chez certains enfants dont l’apport nutritionnel est constant (comme certains enfants nourris par sonde d’alimentation).
Méthodes d’administration de l’insuline
L’insuline peut être injectée de plusieurs manières :
Flacon et seringue
Stylo à insuline
Pompe à insuline
Certains enfants utilisent un flacon et une seringue. Avec cette méthode, chaque dose d’insuline est prélevée avec une seringue dans un flacon et est injectée sous la peau, généralement dans le bras, la cuisse ou la paroi abdominale. Les petites seringues, avec des aiguilles très fines, rendent les injections presque indolores. La quantité d’insuline dans la seringue varie selon la quantité d’insuline devant être injectée. Les jeunes enfants utilisent souvent des seringues avec des demi-repères afin d’utiliser des plus petites doses d’insuline.
Le stylo à insuline permet à de nombreux enfants de transporter et d’utiliser facilement de l’insuline, notamment pour ceux qui doivent réaliser plusieurs injections par jour en dehors du domicile. Le stylo contient une cartouche contenant suffisamment d’insuline pour plusieurs doses. La dose administrée lors de chaque injection est ajustée en tournant la partie supérieure du stylo.
Cette photo montre un enfant diabétique utilisant un stylo injecteur d’insuline pour injecter de l’insuline.
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Un autre dispositif est la pompe à insuline qui pompe automatiquement de l’insuline en continu à partir d’un réservoir au moyen d’un cathéter laissé sous la peau. Le site du cathéter doit être changé tous les 2 à 3 jours. De plus en plus d’enfants utilisent des pompes à insuline, même les jeunes enfants. La pompe imite de plus près la manière dont l’organisme distribue normalement l’insuline. Les pompes sont programmées pour libérer de petites doses d’insuline en continu pendant 24 heures (ce que l’on appelle dose basale) et peuvent être déclenchées manuellement pour administrer des doses d’insuline supplémentaires (ce que l’on appelle dose bolus) lors des repas ou pour traiter une hyperglycémie. Contrairement aux autres méthodes, les pompes à insuline n’utilisent que de l’insuline à action brève. Les enfants n’ont pas besoin d’insuline à action prolongée, car ils reçoivent en continu une petite quantité d’insuline dans la dose basale. La pompe peut être programmée pour administrer différentes quantités d’insuline à différents moments du jour et de la nuit.
Les pompes à insuline peuvent être utilisées avec des systèmes de surveillance continue de la glycémie (voir Systèmes de surveillance continue de la glycémie [Continuous Glucose Monitoring, CGM]) afin de mieux suivre les tendances de la glycémie tout au long de la journée. De nouvelles pompes à insuline ont été développées. Elles associent une pompe à insuline à des systèmes de surveillance continue de la glycémie.
Pour certains enfants, la pompe permet un meilleur contrôle, alors que d’autres ne la jugent pas pratique ou développent des plaies ou des infections au niveau du cathéter. Les enfants doivent changer de sites pour les injections et la pompe afin de ne pas développer de lipohypertrophie. La lipohypertrophie est une accumulation d’amas graisseux sous la peau. Les nodules se forment aux sites d’injection qui ont été utilisés de manière excessive pour l’insuline et peuvent entraîner des variations de la glycémie, car ils peuvent empêcher l’absorption régulière de l’insuline.
Dépistage et prévention du diabète de type 1 chez l’enfant et l’adolescent
Les proches parents de personnes atteintes d’un diabète de type 1 présentent un risque accru de diabète et peuvent faire l’objet d’un dépistage du diabète de type 1 par le biais de la surveillance de la glycémie et de la recherche d’anticorps spécifiques au diabète.
Retarder les symptômes du diabète
Étant donné le taux élevé d’évolution vers les stades du diabète de type 1 où les personnes présentent des symptômes et la période prolongée avant l’apparition des symptômes, des traitements ont été étudiés afin de prévenir ou de retarder l’apparition du diabète de type 1 (stade III).
Un anticorps monoclonal, le téplizumab, peut être utilisé pour retarder l’apparition du diabète de type 1 chez les personnes âgées de 8 ans ou plus qui ne présentent pas encore de symptômes du diabète (stade II). Le téplizumab peut retarder l’apparition des symptômes du diabète de type 1 pendant environ 2 ans chez certaines personnes. Les personnes reçoivent une perfusion de téplizumab une fois par jour pendant 14 jours. Les effets indésirables peuvent inclure de la fièvre, des nausées, de la fatigue, des céphalées et une diminution des globules blancs appelés lymphocytes (lymphopénie).
Dépistage et prévention des complications du diabète
Le diabète peut causer des complications immédiates et des complications à long terme. Les complications à long terme sont le plus souvent dues à une maladie vasculaire. Ces complications peuvent affecter les vaisseaux sanguins des yeux, des reins ou des pieds.



