Le Manuel Merck

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Antécédents médicaux et examen clinique pour les maladies cardiaques et vasculaires

Par

Michael J. Shea

, MD, Michigan Medicine at the University of Michigan ;


Thomas Cascino

, MD, MSc, University of Michigan

Dernière révision totale oct. 2019| Dernière modification du contenu oct. 2019
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Les antécédents médicaux et l’examen physique peuvent suggérer qu’une personne est atteinte d’une maladie cardiaque ou vasculaire qui nécessite des tests supplémentaires pour obtenir un diagnostic précis.

Antécédents médicaux

Lorsque les médecins « recueillent les antécédents médicaux », ils demandent au patient d’expliquer l’« histoire » de ce qui les inquiète. Avant tout, le médecin interroge le patient sur ses symptômes. Une douleur thoracique, un essoufflement, la perception de battements cardiaques rapides ou irréguliers (palpitations), des évanouissements, des étourdissements ou des sensations de vertige, des difficultés à rester en position allongée et un gonflement (œdème) des jambes, des chevilles et des pieds ou de l’abdomen suggèrent une maladie du cœur.

D’autres symptômes plus généraux, comme fièvre, faiblesse, fatigue, manque d’appétit, et un sentiment général de maladie ou de gêne (malaise), peuvent être dus à une maladie cardiaque, mais peuvent avoir de nombreuses autres causes.

Une douleur, un engourdissement, ou des crampes musculaires dans une jambe peuvent suggérer une maladie artérielle périphérique qui touche les artères des bras, des jambes et du tronc (à l’exception de celles qui irriguent le cœur).

Les médecins interrogent alors le patient sur

  • La sédentarité ou l’activité physique du patient

  • Les symptômes qui surviennent avec l’effort ou l’activité physique et qui sont soulagés par le repos

  • La prise de médicaments (sur ordonnance, en vente libre, produits de naturopathie et/ou drogues illicites), d’alcool et de tabac

  • Les antécédents familiaux de troubles affectant le cœur ou les vaisseaux sanguins

Examen clinique

Pendant l’examen physique, les médecins peuvent vérifier

  • Le poids et l’apparence générale

  • Les signes vitaux (tels que la température, la fréquence respiratoire et la pression artérielle)

  • Les yeux

  • Les veines du cou

  • Les bruits du cœur et des poumons

  • Le pouls

  • Les jambes et les chevilles pour détecter d’éventuels signes de gonflement

  • La peau

Le médecin recherche les signes de pâleur, sueur, ou somnolence, des indicateurs subtils de maladies du cœur. L’état psychologique général et la sensation de bien-être de la personne, que la maladie cardiaque peut également affecter, sont également notés.

La couleur de la peau est examinée car une pâleur ou un teint bleuâtre ou violacé (cyanose) peut indiquer un faible taux de globules rouges (anémie) ou un apport de sang insuffisant. Ces signes peuvent également indiquer que la peau ne reçoit pas suffisamment d’oxygène par le sang en raison de troubles pulmonaires, d’une insuffisance cardiaque ou de divers troubles circulatoires.

Le médecin vérifie le pouls des artères situées dans le cou, sous les bras, aux coudes et aux poignets, dans l’abdomen, dans l’aine, aux genoux, et dans les chevilles et les pieds, pour évaluer l’efficacité du flux sanguin et sa symétrie des deux côtés du corps. Une anomalie peut évoquer une maladie du cœur ou des vaisseaux sanguins.

Les veines du cou sont inspectées quand la personne est couchée et que la partie supérieure de son corps est surélevée pour former un angle de 45 °. Ces veines sont examinées car elles sont directement reliées à l’oreillette droite (la cavité cardiaque supérieure qui reçoit le sang pauvre en oxygène provenant du corps) et indiquent donc le volume et la pression du sang qui pénètre dans la partie droite du cœur. Des veines du cou très distendues suggèrent une pression anormalement élevée dans le cœur droit.

Le médecin exerce une pression avec ses doigts sur la peau des chevilles et des jambes et, parfois, au bas du dos pour détecter la présence d’un gonflement (œdème) provoqué par l’accumulation de liquides dans les tissus sous-cutanés. L’œdème peut être dû à une insuffisance cardiaque ou à d’autres troubles tels que les maladies rénales ou hépatiques.

Les yeux sont examinés parce que la membrane sensible à la lumière de la surface interne de l’œil (rétine) est le seul endroit où le médecin peut voir directement les veines et les artères. Le médecin utilise un ophtalmoscope pour examiner les vaisseaux sanguins de la rétine. Les anomalies rétiniennes visibles sont fréquentes chez les personnes atteintes d’hypertension artérielle, de diabète, d’artériosclérose et d’infections bactériennes des valvules cardiaques (endocardite.

Le médecin examine le thorax pour déterminer si la fréquence et les mouvements respiratoires sont normaux. En frappant (percussion) le thorax avec ses doigts, le médecin peut déterminer si les poumons sont remplis d’air, ce qui est normal ou si, au contraire, ils contiennent du liquide (épanchement pleural), ce qui est anormal et peut être provoqué par une insuffisance cardiaque et certains troubles pulmonaires. La percussion permet également de déterminer si le sac qui enveloppe le cœur (péricarde) contient du liquide.

Il écoute les bruits respiratoires à l’aide d’un stéthoscope. La présence de bruits de crépitations fines suggère la présence de liquide dans les poumons provoquée par une insuffisance cardiaque.

En plaçant une main sur le thorax du patient, le médecin peut sentir (palper) là où les battements cardiaques sont les plus forts et ainsi déterminer si le cœur est élargi. Il est aussi possible d’évaluer la qualité et la force des contractions à chaque battement cardiaque. Parfois, un flux sanguin turbulent et anormal dans les vaisseaux ou entre les cavités cardiaques provoque une vibration (appelée frémissement) qui peut être perçue par la pulpe des doigts ou la paume de la main.

En écoutant (auscultant) le cœur à l’aide d’un stéthoscope, le médecin peut percevoir les sons caractéristiques de l’ouverture et de la fermeture des valvules cardiaques. Les anomalies des valvules et des structures cardiaques créent un flux sanguin turbulent qui provoque des bruits caractéristiques appelés souffles. Un flux turbulent se produit généralement lorsque le sang passe à travers des valvules sténosées ou incontinentes. Cependant, toutes les maladies du cœur ne provoquent pas de souffle et tous les souffles ne sont pas synonymes de maladie cardiaque. Par exemple, les femmes enceintes présentent souvent des souffles cardiaques dus à une augmentation physiologique du débit sanguin. Des souffles cardiaques sans conséquence sont également souvent observés chez les nouveau-nés et les enfants en raison de la rapidité du flux sanguin au travers les plus petites structures de leur cœur. Chez les personnes âgées, dont les parois vasculaires, les valvules et les autres tissus se rigidifient progressivement, le sang peut s’écouler de manière turbulente, même en l’absence de maladie cardiaque. De plus, le médecin peut entendre des clics et des claquements d’ouverture quand une valvule s’ouvre de façon anormale. Un rythme de galop (un son analogue au galop d’un cheval) dû à un ou deux bruits extracardiaques supplémentaires, est souvent perçu en cas d’insuffisance cardiaque.

En plaçant le stéthoscope sur les artères et les veines de tout l’organisme, le médecin peut entendre des bruits générés par un flux sanguin turbulent (souffles). Les bruits peuvent être dus à un rétrécissement des vaisseaux, à une augmentation du débit sanguin ou à une connexion anormale entre une artère et une veine (fistule artérioveineuse).

Le médecin palpe l’abdomen pour déterminer si le foie a augmenté de volume. Une dilatation peut indiquer que le sang s’est accumulé dans les veines principales qui confluent vers le cœur. L’œdème abdominal par accumulation de liquide peut indiquer une insuffisance cardiaque. Par une légère pression abdominale, le médecin recherche la présence et l’amplitude du pouls de l’aorte abdominale.

Surveillance de la pression artérielle ambulatoire (chez soi)

En cas de doute sur le diagnostic d’hypertension (si les mesures prises au cabinet médical varient trop, par exemple), les médecins peuvent recommander l’utilisation d’un moniteur de pression artérielle (PA) en continu pendant 24 heures. Il s’agit d’un dispositif portable à batterie, porté à la ceinture et connecté à un manchon de tensiomètre placé sur le bras. Ce dispositif enregistre la pression artérielle jour et nuit, en continu, pendant une période de 24 à 48 heures. Les lectures déterminent, non seulement la présence d’une hypertension artérielle, mais également sa gravité.

Les médecins recommandent également souvent aux personnes hypertendues de contrôler leur pression artérielle elles-mêmes à domicile. Une autosurveillance peut motiver les patients à suivre les recommandations thérapeutiques de leur médecin. L’une des options pour le suivi de la pression artérielle chez soi est un moniteur de pression artérielle à domicile peu onéreux. Le moniteur est un dispositif portable à batterie qu’il est possible d’utiliser pour prendre facilement la pression artérielle à domicile à l’aide d’un brassard placé autour du poignet ou du haut du bras. Bien que ces moniteurs ne soient généralement pas aussi précis que les appareils utilisés chez le médecin, ils permettent de surveiller la pression artérielle plus fréquemment et de faciliter l’ajustement des médicaments par le médecin.

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