Infections urinaires sur cathéter (sonde)

ParTalha H. Imam, MD, University of Riverside School of Medicine
Reviewed ByChristina A. Muzny, MD, MSPH, Division of Infectious Diseases, University of Alabama at Birmingham
Vérifié/Révisé Modifié mars 2026
v9115507_fr
Voir l’éducation des patients

Une infection urinaire sur sonde (cathéter) est une infection urinaire dans laquelle une culture positive a été prélevée alors qu'une sonde urinaire à demeure a été en place pendant > 2 jours consécutifs pendant que la sonde est en place ou dans le jour suivant son retrait. Les patients qui ont une sonde vésicale sont prédisposés à la bactériurie et aux infections urinaires. Les symptômes peuvent être vagues ou suggérer un sepsis. Le diagnostic repose sur la présence ou l'absence de symptômes. Les examens complémentaires comprennent un ECBU après que le cathéter ait été retiré et qu'un nouveau ait été inséré. Les mesures préventives les plus efficaces sont d'éviter un sondage inutile et de retirer les cathéters dès que possible.

(Voir aussi Introduction aux infections urinaires.)

Les bactéries peuvent pénétrer la vessie lors de l'insertion du cathéter, par la lumière du cathéter ou à partir de l'extérieur du cathéter. Un biofilm se développe autour de l'extérieur du cathéter et sur l'urothélium. Les bactéries pénètrent dans ce biofilm, qui les protège de la circulation mécanique de l'urine, des défenses de l'hôte et des antibiotiques, rendant difficile l'élimination des bactéries. Même en aseptisant avec soin le cathéter lors d'une insertion ou lors de soins, le risque de développer une bactériurie importante est d'environ 5% chaque jour où le cathéter est à demeure (1). Parmi les patients qui développent une bactériurie, jusqu'à 24% développent une infection urinaire symptomatique (2, 3). Plus rarement, un sepsis apparaît.

Les facteurs de risque d'infection urinaire comprennent notamment la durée du sondage, le sexe féminin, le diabète sucré, les actes d'ouverture du système clos et les fautes d'asepsie. Le sondage vésical peut également prédisposer aux infections urinaires mycosiques (4, 5).

Les infections urinaires peuvent également se développer chez la femme les jours suivant le retrait d'un cathéter.

Références générales

  1. 1. Warren JW, Platt R, Thomas RJ, et al. Antibiotic irrigation and catheter-associated urinary-tract infections. N Engl J Med. 1978;299(11):570-573. doi:10.1056/NEJM197809142991103

  2. 2. Saint S. Clinical and economic consequences of nosocomial catheter-related bacteriuria. Am J Infect Control. 2000;28(1):68-75. doi:10.1016/s0196-6553(00)90015-4

  3. 3. Leuck AM, Wright D, Ellingson L, et al. Complications of Foley catheters--Is infection the greatest risk? J Urol. 2012;187(5):1662-1666. doi:10.1016/j.juro.2011.12.113

  4. 4. Letica-Kriegel AS, Salmasian H, Vawdrey DK, et al. Identifying the risk factors for catheter-associated urinary tract infections: a large cross-sectional study of six hospitals. BMJ Open. 2019;9(2):e022137. Published 2019 Feb 21. doi:10.1136/bmjopen-2018-022137

  5. 5. Patel PK, Advani SD, Kofman AD, et al. Strategies to prevent catheter-associated urinary tract infections in acute-care hospitals: 2022 Update. Infect Control Hosp Epidemiol. 2023;44(8):1209-1231. doi:10.1017/ice.2023.137

Symptomatologie de l'infection urinaire sur cathéter

Les patients qui ont une infection urinaire sur cathéter peuvent ne pas avoir certains des symptômes typiques d'infections urinaires (p. ex., dysurie, pollakiurie), mais ils peuvent ressentir le besoin d'uriner ou présenter une sensation de malaise sus-pubien. Cependant, de tels symptômes d'infections urinaires basses peuvent également être provoqués par l'obstruction du cathéter, l'apparition de calculs de la vessie. Les symptômes de pyélonéphrite aiguë ou chronique peuvent également se développer sans les symptômes typiques urinaires. Les patients peuvent avoir des symptômes non spécifiques tels que sensation de malaise, fièvre, douleur de l'hypochondre, anorexie, altération de l'état mental et signes de sepsis.

Diagnostic de l'infection urinaire sur cathéter

  • L'ECBU en cas de symptômes ou de risque élevé de sepsis

Le test doit être effectué uniquement chez les patients qui pourraient nécessiter un traitement, y compris ceux qui ont des symptômes et ceux à risque élevé de développer un sepsis, comme:

  • Patients présentant une granulocytopénie

  • Les patients ayant bénéficié d'une transplantation d'organe et prenant des immunosuppresseurs

  • Patientes enceintes

  • Patients qui subissent une chirurgie urologique

Les tests diagnostiques comprennent une analyse d'urine et un ECBU. Si une bactériémie est suspectée, les hémocultures sont effectuées. Un ECBU doit être effectué, de préférence après avoir remplacé le cathéter (pour éviter de mettre en culture des bactéries polluantes), puis au moyen d'une piqûre d'aiguille directement dans le cathéter, le tout de façon aseptique, de sorte que la contamination du prélèvement soit réduite au minimum.

Traitement de l'infection urinaire sur cathéter

  • Antibiotiques

Les patients asymptomatiques, à faible risque ne sont pas traités. Les patients symptomatiques et à haut risque sont traités par des antibiotiques et des mesures de support. Le cathéter doit être remplacé lorsque le traitement commence. Le choix de l'antibiothérapie empirique est le même que dans la pyélonéphrite aiguë. Par la suite, les antibiotiques à spectre d'activité le plus étroit possible, en fonction de la culture et des antibiogrammes, doivent être utilisés. La durée optimale n'est pas bien établie, mais 7 à 14 jours est un délai raisonnable chez les patients qui ont eu une réponse clinique satisfaisante, dont la résolution des manifestations systémiques.

Prévention de l'infection urinaire sur cathéter

Les mesures préventives les plus efficaces sont d'éviter la pose d'un cathéter et le retrait des cathéters dès que possible (1). L'optimisation des techniques aseptiques et le maintien d'un système de drainage fermé réduisent également les risques. La fréquence optimale des changements des sondes et même la question de savoir s'il faut changer régulièrement les sondes est inconnue. Le sondage intermittent comporte moins de risques que l'utilisation d'une sonde à demeure et doit être pratiqué à chaque fois que possible. L'antibiothérapie préventive et les cathéters enduits d'antibiotiques ne sont pas recommandés chez les patients qui nécessitent un cathéter à demeure à long terme.

Les infections urinaires constituent l'un des types les plus fréquents d'infections liées aux soins de santé (2).

Références pour la prévention

  1. 1. Patel PK, Advani SD, Kofman AD, et al. Strategies to prevent catheter-associated urinary tract infections in acute-care hospitals: 2022 Update. Infect Control Hosp Epidemiol. 2023;44(8):1209-1231. doi:10.1017/ice.2023.137

  2. 2. Centers for Disease Control and Prevention. Clinical Safety: Preventing Catheter-associated Urinary Tract Infections (CAUTIs). June 27, 2025. Accessed November 6, 2025.

Points clés

  • L'utilisation à long terme de sondes vésicales à demeure augmente le risque de bactériurie, et la bactériurie est généralement asymptomatique.

  • L'infection urinaire symptomatique peut se manifester par des symptômes systémiques (p. ex., fièvre, altération de l'état mental, diminution de la PA) et avec peu ou sans symptômes typiques d'infections urinaires.

  • Effectuer un ECBU en cas de symptômes ou de risque élevé de sepsis (p. ex., à cause d'une immunodépression).

  • Traiter comme les autres infections urinaires compliquées.

  • Chaque fois que possible, éviter l'utilisation de cathéters ou les supprimer à la première occasion.

quizzes_lightbulb_red
TESTEZ VOS CONNAISSANCESTake a Quiz!
iOS ANDROID
iOS ANDROID
iOS ANDROID