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Grippe aviaire

(Grippe aviaire)

Par

Brenda L. Tesini

, MD, University of Rochester School of Medicine and Dentistry

Dernière révision totale nov. 2020| Dernière modification du contenu nov. 2020
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La grippe aviaire est due à des souches d'influenza de type A qui n'infectent normalement que les oiseaux sauvages et la volaille domestique. Des infections dues à certaines de ces souches ont été observées chez l'homme. La transmission interhumaine est limitée, la plupart des cas sont d'origine animale, typiquement la volaille.

(Voir aussi Grippe.)

La plupart des sous-types de grippe aviaire qui ont provoqué des infections humaines sont les virus H5, H7 et H9. La plupart des cas de grippe aviaire chez l'homme ont été provoqués par les souches asiatiques H5N1 et H7N9, mais d'autres types ont également causé certaines infections humaines. Les infections par la grippe aviaire sont souvent asymptomatiques chez les oiseaux sauvages, mais peuvent causer des maladies très létales chez les volailles domestiques.

Tous les cas d'infection humaine par un sous-type de grippe A autre que H1 ou H3 doivent être signalés.

Les premiers cas humains de H5N1 ont été découverts à Hong-Kong, en 1997; de nombreux patients présentaient des symptômes respiratoires graves et le taux de mortalité était élevé. La propagation à l'homme a pu être maîtrisée par l'abattage des populations d'oiseaux domestiques. Cependant, en 2003 et 2004, des infections H5N1 chez l'homme sont réapparues et des cas occasionnels continuent d'être rapportés, principalement en Asie et au Moyen-Orient; plusieurs cas ont été signalés en Égypte en 2017. Une infection humaine a été confirmée en 2019 au Népal. Plus de 800 infections humaines ont été confirmées depuis 2003.

Depuis 2014, 24 infections humaines à H5N6 ont été documentées; toutes se sont produites en Chine continentale. Une infection humaine a été confirmée en 2019.

Au début de l'année 2013, une importante épidémie de grippe aviaire H7N9 chez l'homme s'est produite dans plusieurs provinces du sud-est de la Chine. Environ un tiers des cas ont été mortels, mais la forme grave de la maladie ne s'est généralement manifestée que chez les personnes âgées. Une transmission interhumaine soutenue n'a pas eu lieu, bien qu'il y ait des preuves de transmission interhumaine limitée. L'infection humaine semblait résulter d'une exposition directe à des oiseaux infectés dans des marchés de volailles vivantes où les oiseaux sont achetés pour consommation ultérieure à la maison. Le pic de l'épidémie a été atteint à la fin du printemps 2013, puis elle a ralenti (en partie parce que les marchés ont été fermés), mais elle est ensuite réapparue au début de l'automne. Les épidémies saisonnières correspondent généralement à une augmentation du trafic et de la manutention de volailles lors des célébrations du nouvel an chinois.

La 6e vague chinoise de grippe aviaire H7N9 chez l'homme a culminé en 2016-2017 avec près de 800 cas; dans le monde, plus de 1500 cas humains et au moins 615 décès ont été signalés à l'Organisation mondiale de la santé depuis 2013 (1). Certains cas de grippe aviaire H7N9 asiatique ont été signalés en dehors de la Chine continentale, mais la plupart ont été signalés chez des sujets qui avaient voyagé en Chine continentale avant de tomber malades. Il n'y a eu qu'un seul cas confirmé en Chine continentale en 2019.

Des infections humaines par d'autres souches de grippe aviaire se sont produites sporadiquement, dont celles par H7N3 au Canada, H7N7 aux Pays-Bas, H7N4 et H9N2 en Chine et en janvier 2019 un premier cas de H9N2 en Inde.

Les mammifères marins peuvent également être infectés par des souches d'influenza aviaire (p. ex., H10N7 chez le phoque commun), qui a entraîné des infections chez l'homme.

La Chine a lancé des campagnes de vaccination active des volailles contre les virus H5 et H7 afin d'empêcher la propagation à partir d'oiseaux sauvages aux oiseaux domestiques, qui sont plus susceptibles d'entrer en contact avec le virus et de le transmettre à l'homme.

Il est probable que les virus de la grippe aviaire de toute spécificité antigénique puissent causer une grippe chez l'homme chaque fois que le virus acquiert des mutations qui lui permettent de se fixer aux sites récepteurs spécifiques à l'homme dans ses voies respiratoires. Comme tous les virus influenza sont capables de mutations génétiques rapides, il est possible que des souches aviaires acquièrent une capacité de contamination interhumaine par mutation directe ou par réassociation avec des souches humaines lors de la réplication chez un hôte humain, un animal ou un hôte aviaire. Nombre d'experts sont préoccupés, car, si ces souches acquièrent la capacité de se propager efficacement d'humain à humain, une pandémie de grippe aviaire pourrait survenir.

Les données de surveillance indiquent que de nombreuses infections à l'influenza aviaire peuvent provoquer des symptômes respiratoires bénins ou même être infracliniques. Cependant, une pneumonie grave avec un taux de létalité élevé (25 à 69%) a été rapportée dans les groupes H5N1, H5N6 et H7N9.

Références générales

  • 1. World Health Organization: Influenza at the human-animal interface: Summary and assessment, 26 November 2019 to 20 January 2020. Consulté 28/2/2020.

Symptomatologie

Les manifestations de la grippe aviaire sont les mêmes que celles de la grippe saisonnière; cependant, la gravité de la maladie et sa létalité tendent à être plus élevées, bien qu'avec de grandes variations en fonction de la souche virale.

Diagnostic

  • La Reverse transcriptase–Polymerase Chain Reaction (RT-PCR)

En présence d'un seul syndrome clinique caractérisé chez un individu exposé à une personne infectée ou exposée à des oiseaux en zone d'épidémie de grippe aviaire, la possibilité d'une infection doit être immédiatement envisagée. Des antécédents de voyage récent dans les régions où la transmission du virus est continue entre volaille domestique et humains (p. ex., pour le HE5N1, Egypte, Indonésie et Vietnam) avec exposition à des oiseaux ou à des personnes infectés, doivent faire procéder immédiatement à des examens pour déceler le virus influenza de type A par RT–PCR à l'aide d'un écouvillon. En cas de maladie des voies respiratoires basses, on peut effectuer des prélèvements sur des crachats, une aspiration endotrachéale ou un liquide de lavage bronchoalvéolaire. La culture du microrganisme ne doit pas être tentée car des précautions spéciales sont nécessaires pour ces virus hautement pathogènes.

Les cas suspects et confirmés doivent être signalés aux Centers for Disease Control and Prevention.

Traitement

  • Un inhibiteur de la neuraminidase

Un traitement par oseltamivir ou zanamivir (inhibiteurs de la neuraminidase) aux doses habituelles est indiqué.

Les virus H5N1 et H7N9 sont résistants à l'amantadine et à la rimantadine, des antiviraux précédemment utilisés; une résistance ou une sensibilité réduite à l'oseltamivir ont également été signalées.

Le baloxavir, un agent antiviral a également montré une activité in vitro contre divers virus de la grippe aviaire, mais les données cliniques font actuellement défaut.

Points clés

  • La grippe aviaire affecte principalement les oiseaux, mais plusieurs souches du virus de la grippe aviaire ont provoqué des maladies respiratoires graves et la mort chez l'homme.

  • L'infection humaine est généralement contractée à partir d'oiseaux infectés bien qu'une transmission interhumaine ait eu lieu.

  • Tous les virus influenza étant capables de mutations génétiques rapides, il est possible que des souches aviaires acquièrent la capacité de contage interhumain et d'engendrer une pandémie grave.

  • Ces virus ne doivent pas être cultivés car ils sont hautement pathogènes et des précautions spéciales sont nécessaires.

  • Traiter par l'oseltamivir ou le zanamivir aux doses habituelles.

Médicaments mentionnés dans cet article

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FLUMADINE
TAMIFLU
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