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Syndrome des mouvements périodiques des membres et des jambes sans repos

Par

Richard J. Schwab

, MD, University of Pennsylvania, Division of Sleep Medicine

Dernière révision totale juin 2020| Dernière modification du contenu juin 2020
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Le trouble des mouvements périodiques des membres et le syndrome des jambes sans repos sont caractérisés par des mouvements anormaux des jambes, et dans le cas des jambes sans repos, habituellement, par des sensations anormales des membres inférieurs et supérieurs, qui perturbent le sommeil.

Le trouble des mouvements périodiques des membres inférieurs et le syndrome des jambes sans repos sont plus fréquents à l'âge mûr et à un âge avancé; > 80% des patients qui présentent un syndrome des jambes sans repos ont également un trouble des mouvements périodiques des membres inférieurs.

Le mécanisme n'est pas clair, mais pourrait être en rapport avec des anomalies de la neurotransmission de la dopamine dans le système nerveux central. Un syndrome des mouvements périodiques des membres et des jambes sans repos peuvent se produire

  • En isolement

  • A l'arrêt précoce du médicament

  • En cas d'utilisation de stimulants, certains antidépresseurs, ou antagonistes de la dopamine

  • Pendant la grossesse

  • En cas d'insuffisance rénale ou hépatique chroniques, de carence en fer, d'anémie, de diabète sucré, de maladie neurologique (p. ex., sclérose en plaques, maladie de Parkinson), ou d'autres troubles

Dans le syndrome des jambes sans repos primaire, l'hérédité peut être impliquée; plus d'1/3 des patients qui présentent un syndrome des jambes sans repos primaire ont des antécédents familiaux de syndrome des jambes sans repos. Les facteurs de risque sont la sédentarité, le tabagisme et l'obésité.

Le syndrome des jambes sans repos est fréquent en cas de narcolepsie et de trouble du comportement en sommeil paradoxal (rapid eye movement [REM]).

Symptomatologie

Le trouble des mouvements périodiques des membres est caractérisé par des crampes ou des coups répétitifs (habituellement toutes les 20 à 40 s) des membres inférieurs ou supérieurs pendant le sommeil. Les patients se plaignent habituellement d'un sommeil nocturne interrompu ou d'une somnolence diurne excessive. Ils ne sont généralement pas conscients des mouvements et des réveils brefs qui s'ensuivent et n'ont pas de sensations anormales dans les membres.

Le syndrome des jambes sans repos est un trouble sensorimoteur caractérisé par une envie irrésistible de bouger les jambes, les bras, ou, moins souvent, d'autres parties du corps habituellement accompagnée de paresthésies (p. ex., des fourmillements) et parfois de douleurs dans les membres supérieurs ou inférieurs, symptômes qui sont plus importants lorsque les patients sont inactifs ou allongés et le pic d'intensité a lieu à l'heure du coucher. Pour soulager les symptômes, les patients bougent le membre atteint en s'étirant, en donnant des coups de pied ou en marchant. Par conséquent, ils ont des difficultés d'endormissement et/ou des réveils nocturnes répétés. Les symptômes peuvent être aggravés par le stress. Des épisodes peuvent survenir occasionnellement, causant peu de problèmes, ou plusieurs fois par semaine.

Diagnostic

  • Pour le syndrome des jambes sans repos, l'anamnèse seule

  • Dans le cas du syndrome des mouvements périodiques des membres, polysomnographie

Le diagnostic de syndrome des jambes sans repos ou de syndrome des mouvements périodiques des membres peut être suggéré par l'anamnèse de patient ou du partenaire. Par exemple, les patients qui ont un trouble des mouvements périodiques des membres, souffrent d'insomnie et ont typiquement une somnolence diurne, et/ou des spasmes excessifs peu avant l'endormissement ou pendant le sommeil.

Une polysomnographie est nécessaire pour confirmer le diagnostic de trouble des mouvements périodiques des membres inférieurs qui se manifeste habituellement par une activité électromyographique caractérisée par des accès répétitifs. Une polysomnographie peut également être effectuée après qu'un syndrome des jambes sans repos soit diagnostiqué afin de déterminer si les patients ont également un trouble des mouvements périodiques des membres inférieurs, mais la polysomnographie n'est pas nécessaire pour diagnostiquer un syndrome des jambes sans repos.

Les patients qui présentent l'un de ces troubles doivent être évalués médicalement (p. ex., avec des examens sanguins destinés à détecter une anémie et une carence martiale et tester les fonctions hépatique et rénale).

Traitement

  • Pour le syndrome des jambes sans repos: pramipéxole, ropinirole, patch de rotigotine, gabapentine énacarbil, plus des compléments en fer si la ferritine est < 50 ng/mL

  • Pour le trouble des mouvements périodiques des membres: habituellement, les mêmes traitements que ceux du syndrome des jambes sans repos

Dans le syndrome des jambes sans repos et le trouble des mouvements périodiques des membres, de nombreux médicaments (p. ex., médicaments dopaminergiques, benzodiazépines, antiépileptiques, vitamines et minéraux) sont utilisés.

Les médicaments dopaminergiques, bien que souvent efficaces, peuvent avoir des effets indésirables tels qu'une augmentation des symptômes du syndrome des jambes sans repos qui s'aggravent avant que la dose de médicament suivante soit administrée et qui affectent d'autres parties du corps telles que les bras, les rebonds, les symptômes qui s'aggravent après que le médicament ait été arrêté ou après que les effets du médicament se dissipent, des nausées, une hypotension orthostatique, une activité compulsive, et une insomnie.

Trois agonistes de la dopamine, le pramipéxole, le ropinirole et la rotigotine (utilisée en patch), sont efficaces et ont peu d'effets indésirables graves autres qu'une augmentation:

  • Le pramipéxole 0,125 mg par voie orale est administré 2 heures avant le début de symptômes modérés à sévères et est augmenté, selon les besoins, de 0,125 mg par voie orale toutes les 2 nuits jusqu'à ce que les symptômes disparaissent (dose maximale de 0,5 mg).

  • Le ropinirole 0,25 mg par voie orale est administré 1 à 3 heures avant l'apparition des symptômes et les doses sont augmentées, selon les besoins, de 0,25 mg par nuit (dose maximale 4 mg).

  • Un patch de rotigotine (1 mg/24 heures) est initialement appliqué à tout moment pendant la journée; le dosage est augmenté selon les besoins de 1 mg/24 heures à des intervalles hebdomadaires, jusqu'à 3 mg/24 heures.

La lévodopa/carbidopa peut être utilisée, mais d'autres médicaments, qui sont moins susceptibles de provoquer l'augmentation et le retour des symptômes, sont généralement préférés.

La gabapentine peut soulager le syndrome des jambes sans repos et est utilisée lorsque ce dernier s'accompagne de douleurs. Les doses commencent par 300 mg au coucher et peuvent être augmentées de 300 mg chaque semaine (dose maximale de 900 mg par voie orale 3 fois/jour). Cependant, ce médicament n'est pas approuvé dans le traitement du syndrome des jambes sans repos.

La gabapentine enacarbil, un promédicament de la gabapentine, peut soulager les symptômes du syndrome des jambes sans repos. La dose recommandée est de 600 mg 1 fois/jour avec de la nourriture aux alentours de 17 heures. Ses effets indésirables les plus fréquents comprennent la somnolence et les vertiges. Elle est moins susceptible de provoquer une augmentation que les médicaments dopaminergiques.

La prégabaline, un ligand alpha-2-delta non dopaminergique, peut soulager les symptômes du syndrome des jambes sans repos; une augmentation est moins susceptible de se produire qu'avec le pramipéxole. La prégabaline peut également être utile dans le syndrome des jambes sans repos accompagné de douleurs. Dans le cas du syndrome des jambes sans repos, une dose de 300 mg 1 fois/jour a été utilisée. Des vertiges et une somnolence sont les effets indésirables les plus fréquents. Cependant, l'utilisation de ce médicament pour traiter le syndrome des jambes sans repos n'a pas été étudiée.

Les benzodiazépines peuvent améliorer la continuité du sommeil, mais ne diminuent pas les mouvements de jambes; elles doivent être utilisées avec prudence pour éviter la tolérance, une exacerbation de l'apnée du sommeil (si présente) et une somnolence diurne.

Les opiacés peuvent également être indiqués dans le syndrome sévère des jambes sans repos, mais sont utilisés avec prudence du fait de la tolérance, des effets indésirables et du risque d'abus.

Le taux de ferritine doit être mesuré et, s'il est bas (< 50 mcg/L), une supplémentation par du sulfate ferreux 325 mg avec de la vitamine C 100 à 200 mg au coucher est justifiée. Les patients doivent mettre en œuvre de bonnes hygiène du sommeil.

Points clés

  • Le trouble des mouvements périodiques des membres correspond à des secousses répétitives ou des coups de pied des membres inférieurs ou supérieurs pendant le sommeil, interrompant souvent le sommeil nocturne et provoquant une somnolence diurne excessive.

  • Le syndrome des jambes sans repos est caractérisé par des impatiences irrésistibles à bouger les jambes, les bras, ou moins fréquemment, d'autres parties du corps, habituellement accompagnés par des paresthésies, cause de difficultés d'endormissement et/ou de réveils nocturnes répétés.

  • Diagnostiquer le syndrome des jambes sans repos cliniquement, mais si un trouble des mouvements périodiques des membres est suspecté, envisager une polysomnographie.

  • Dans le syndrome des jambes sans repos ou le trouble des mouvements périodiques des membres, essayer des médicaments dopaminergiques ou la gabapentine enacarbil, qui sont tous deux efficaces.

Médicaments mentionnés dans cet article

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NEUPRO
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