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Fièvre chez les nourrissons et les enfants

Par Deborah M. Consolini, MD, Assistant Professor of Pediatrics;Chief, Division of Diagnostic Referral, Sidney Kimmel Medical College of Thomas Jefferson University;Nemours/Alfred I. duPont Hospital for Children

La température corporelle normale varie d’une personne à l’autre, et d’un moment de la journée à l’autre (elle est généralement plus élevée l’après-midi). La température corporelle normale est plus élevée chez les enfants d’âge préscolaire ; le point culminant est à l’âge de 18 à 24 mois environ. Toutefois, malgré ces variations, la plupart des médecins parlent de fièvre lorsque la température atteint 38 °C ou plus (température mesurée avec un thermomètre rectal).

Bien que les parents s’inquiètent souvent face à la montée de la température, une fièvre élevée ne suppose pas nécessairement une cause grave. Parfois, des maladies mineures entraînent une forte fièvre, alors que des maladies graves n’entraînent qu’une légère fièvre. D’autres symptômes (difficultés respiratoires, confusion, refus de boire) traduisent la gravité de la maladie bien mieux que la température. Toutefois, une température supérieure à 41 °C, bien que très rare, peut en soi s’avérer dangereuse.

La fièvre peut être utile à l’organisme dans la lutte contre l’infection. Certains experts pensent que la réduction de la fièvre peut prolonger les troubles, ou éventuellement interférer avec la réaction du système immunitaire à l’infection. Ainsi, bien que la fièvre constitue à priori un problème, elle n’exige pas toujours d’être soignée chez les enfants en bonne santé. Cependant, chez les enfants souffrant d’un trouble au niveau du poumon, du cœur ou du cerveau, la fièvre peut être préjudiciable, dans la mesure où elle augmente les exigences de l’organisme (augmentation de la fréquence cardiaque par exemple). Aussi, est-il nécessaire de faire baisser la température chez ces enfants.

Les nourrissons qui ont de la fièvre sont souvent irritables, dorment mal et mangent peu. Les enfants plus âgés se désintéressent des activités ludiques. De manière générale, plus la fièvre est élevée, plus l’enfant devient irritable et désintéressé. Cependant, les enfants avec une forte fièvre semblent parfois étrangement bien portants. Lorsque la température augmente et chute rapidement, l’enfant peut souffrir de convulsions (crises hyperpyrétiques, Crises hyperpyrétiques). La fièvre est rarement élevée au point de rendre l’enfant apathique, somnolent et amorphe.

Causes

La fièvre survient en réaction à une infection, une blessure ou une inflammation et elle a de nombreuses causes. Les causes probables de fièvre varient en fonction de la durée, moins de 7 jours (aiguë), ou plus de 7 jours (chronique), ainsi que de l’âge de l’enfant.

Fièvre aiguë

La fièvre aiguë chez les nourrissons et les enfants est généralement causée par une infection. Une poussée dentaire est rarement responsable d’une fièvre de plus de 38 °C.

Les causes les plus courantes sont :

  • Infections respiratoires d’origine virale, comme le rhume ou la grippe

  • Gastro-entérite (infection de l’appareil digestif) d’origine virale

  • Certaines infections bactériennes, en particulier les infections de l’oreille (otite moyenne), les infections des sinus, la pneumonie et les infections des voies urinaires

Les nouveau-nés et les tout-petits courent plus de risques de contracter certaines infections graves parce que leur système immunitaire n’est pas complètement développé. Ces infections, qui peuvent avoir été contractées avant la naissance ou pendant l’accouchement, sont entre autres la septicémie (grave infection généralisée), la pneumonie et la méningite.

Les enfants de moins de 3 ans qui développent une fièvre (particulièrement si la température est de 39 °C ou plus) ont parfois des bactéries dans leur sang (bactériémie). Contrairement aux enfants plus âgés, ils ont parfois une bactériémie asymptomatique en plus de la fièvre (bactériémie occulte, Bactériémie occulte). Les vaccins contre les bactéries habituellement responsables des bactériémies occultes (Streptococcus pneumoniae et Haemophilus influenzae de type B [HiB]) sont maintenant couramment utilisés aux États-Unis et en Europe. Ainsi les bactériémies occultes sont-elles moins récurrentes. Toutefois, les souches de pneumocoques qui ne font pas partie du vaccin pneumococcique actuel ou d’autres bactéries peuvent parfois les générer.

Parmi les causes moins fréquentes de fièvres aiguës figurent les effets secondaires de vaccins et de certains médicaments, les infections bactériennes de la peau (cellulite) ou des articulations (arthrite septique), et des infections virales ou bactériennes du cerveau (encéphalite), des tissus qui recouvrent le cerveau (méningite), ou des deux. Le coup de chaleur augmente considérablement la température corporelle.

En général, une fièvre due à un vaccin disparaît au bout de quelques heures à un jour après la vaccination en question. Cependant, certains vaccins peuvent causer une fièvre, 1 ou 2 semaines après leur administration (comme dans le cas de la vaccination contre la rougeole). Un enfant programmé pour être vacciné peut toujours l’être même en cas de fièvre.

Fièvre chronique

La fièvre chronique est le plus souvent due à :

  • Une longue maladie virale

  • Des maladies virales successives, particulièrement chez les jeunes enfants.

La fièvre chronique peut également être causée par de nombreux autres troubles infectieux et non infectieux. Les causes infectieuses comprennent entre autres l’hépatite, la sinusite, la pneumonie, des poches de pus (abcès) à l’abdomen, les infections de l’appareil digestif causées par des bactéries ou des parasites, des infections osseuses (ostéomyélite), les infections cardiaques (endocardite), et la tuberculose. Les causes non infectieuses sont notamment, la maladie de Kawasaki, une maladie inflammatoire chronique de l’intestin, l’arthrite juvénile idiopathique ou d’autres troubles du tissu conjonctif, ainsi que le cancer (comme la leucémie et le lymphome). Parfois, les enfants simulent la fièvre ou les personnes qui s’occupent de l’enfant peuvent également la simuler chez l’enfant. Parfois, la cause n’est pas identifiée.

Évaluation

Il n’est pas difficile de diagnostiquer la fièvre, mais en déterminer la cause peut l’être.

Signes avant-coureurs

Certains symptômes sont source d’inquiétude. Ceux-ci incluent

  • Toute fièvre chez un nourrisson de moins de 2 mois

  • Léthargie ou apathie

  • Apparence maladive

  • Gêne respiratoire

  • Saignements cutanés, apparition sous forme de minuscules points (pétéchies) ou taches (purpura) rouge-violet

  • Pleurs incessants chez les nourrissons et les tout-petits (inconsolables).

  • Maux de tête, raideur au niveau de la nuque, confusion ou une combinaison chez les enfants plus âgés

Quand consulter un médecin

Les nourrissons âgés de moins de 2 mois ou les enfants ayant de la fièvre et présentant des indicateurs d’alerte doivent être immédiatement examinés par un médecin.

Les enfants qui ne présentent pas d’indicateur d’alerte et qui sont âgés de 3 à 36 mois doivent voir un médecin si la fièvre est de 39 °C ou plus, s’ils ne présentent pas d’infection évidente des voies aériennes supérieures (à savoir des éternuements, une rhinorrhée et une congestion nasale), ou si la fièvre a duré plus de 5 jours. Chez les enfants âgés de plus de 36 mois, sans indicateur d’alerte, la nécessité et le moment de l’examen par un médecin dépendent des symptômes. Un enfant qui présente des symptômes des voies aériennes supérieures, mais est visiblement en bonne santé, n’a pas nécessairement besoin d’un examen plus poussé. Les enfants de plus de 36 mois dont la fièvre remonte à plus de 5 jours doivent être examinés par un médecin.

Que fait le médecin

Les médecins s’intéresseront tout d’abord aux symptômes observés chez l’enfant ainsi qu’à ses antécédents médicaux. Le médecin réalise ensuite un examen clinique. La description des symptômes de l’enfant et un examen approfondi permettent en général au médecin d’identifier la cause de la fièvre ( Quelques causes et caractéristiques courantes de la fièvre chez l’enfant).

Le médecin prend la température de l’enfant. La température est prise par voie rectale chez les nourrissons et les jeunes enfants, pour des raisons de précision. La fréquence respiratoire est consignée. La tension artérielle est mesurée chez l’enfant apparemment malade. Chez un enfant souffrant de toux ou de problèmes respiratoires, on fixe un capteur sur un doigt ou sur un lobe d’oreille pour mesurer la concentration d’oxygène dans le sang (oxymétrie de pouls).

Au cours de l’examen, le médecin recherche des indicateurs d’alerte (apparence maladive, léthargie, apathie, inconsolable), en observant surtout la façon dont l’enfant répond à l’examen, par exemple s’il est apathique et passif ou extrêmement irritable.

Il arrive que la fièvre elle-même provoque chez l’enfant des indicateurs d’alerte, dont la léthargie, l’apathie et l’apparence maladive. Le médecin peut administrer à l’enfant des médicaments contre la fièvre (comme l’ibuprofène), et le réexaminer une fois que la fièvre a baissé. Il est rassurant de voir un enfant sortir de sa léthargie, devenir actif et participer aux activités ludiques une fois que la fièvre a baissé. Par contre, la situation est préoccupante si l’apparence maladive de l’enfant perdure malgré la normalisation de la température.

Quelques causes et caractéristiques courantes de la fièvre chez l’enfant

Cause

Caractéristiques fréquentes*

Examens

Aiguë (moins de 7 jours)

Infections respiratoires d’origine virale

Écoulements ou congestion nasale

Généralement, mal de gorge et toux

Parfois, gonflements des ganglions lymphatiques dans le cou, sans rougeur ni hypersensibilité

Examen clinique

Autres infections d’origine virale

Chez certains nourrissons ou enfants, absence de symptômes, excepté la fièvre.

Examen clinique

Gastro-entérite

Diarrhée

Vomissements fréquents

Contacts récents éventuels avec une personne ou un animal infecté, ou consommation d’aliments ou d’eau contaminés

Examen clinique

Parfois, examen et analyse des selles

Infection de l’oreille (otite moyenne)

Douleur dans une oreille (difficile à détecter chez les nourrissons et les jeunes enfants qui ne parlent pas encore)

Parfois, l’enfant frotte ou tire l’oreille

Examen clinique

Infections de la gorge (pharyngite)

Gorge rouge, enflée

Douleur à la déglutition

Examen clinique

Parfois, culture de gorge ou examen de dépistage du streptocoque rapide (tous deux pratiqués sur un échantillon prélevé dans le fond de la gorge avec un coton-tige)

Bactériémie occulte

Chez les enfants âgés de moins de 3 ans

Pas d’autres symptômes

Analyses de sang

Pneumonie

Toux et respiration accélérée

Essoufflement ou douleur dans la poitrine ou les deux

Examen clinique

Généralement, radiographie du thorax

Infections cutanées (cellulite)

Région cutanée rouge, douloureuse, légèrement enflée

Examen clinique

Infection des voies urinaires

Douleur pendant la miction

Présence occasionnelle de sang dans l’urine

Dorsalgie occasionnelle

Chez les nourrissons, vomissements et refus de s’alimenter

Analyses d’urine

Encéphalite (infection rare du cerveau)

Nourrissons : Parfois, protrusion des espaces membraneux (fontanelles) entre les os du crâne, indolence (léthargie) ou inconsolables.

Enfants plus grands : Maux de tête, confusion ou léthargie

Rachicentèse (ponction lombaire)

Méningite (plutôt rare)

Nouveau-nés : Protrusion des espaces membraneux (fontanelles) entre les os du crâne, inconsolables, refus de s’alimenter, et/ou léthargie.

Nourrissons : Agitation et irritabilité, particulièrement quand l’enfant est dans les bras, inconsolable, refus de s’alimenter, et/ou léthargie

Enfants plus grands : Maux de tête, sensibilité à la lumière, léthargie, vomissements et/ou raideur de la nuque, d’où la difficulté de baisser le menton vers la poitrine.

Rachicentèse

Vaccins

Vaccinations récentes

Examen clinique

Maladie de Kawasaki

La fièvre dure plus de 5 jours

Rougeur des yeux, des lèvres et de la langue

Gonflement douloureux des mains et des pieds

Souvent, éruption cutanée

Parfois, gonflement des ganglions lymphatiques dans le cou

Examen clinique

Analyses de sang

ECG et échocardiographie

Parfois, analyse d’urines, échographie de l’abdomen, ou examen ophtalmologique.

Fièvre rhumatismale aiguë

Douleurs et gonflements articulaires

Nouveau souffle cardiaque détecté au cours de l’examen du médecin

Parfois, éruption cutanée ou bosses sous-cutanées

Parfois, mouvements brusques et incontrôlables ou changements de comportement

Antécédents fréquents d’angine streptococcique

Analyses de sang

Culture de la gorge

ECG et échocardiographie

Chronique (plus de 7 jours)

Infections d’origine virale, comme par exemple :

  • Virus d’Epstein-Barr

  • Cytomégalovirus

  • Virus de l’hépatite

  • Arbovirus

Faiblesse et fatigue de longue date

Parfois, gonflement des ganglions lymphatiques dans le cou, mal de gorge, ou les deux.

Coloration jaune occasionnelle du blanc des yeux (jaunisse)

Analyses de sang

Sinusite

Maux de tête intermittents, rhinorrhée et congestion

TDM des sinus

Abcès abdominal (poche de pus au niveau de l’abdomen)

Douleurs abdominales et hypersensibilité fréquente au toucher

TDM de l’abdomen

Infection articulaire (arthrite septique)

Articulations gonflées, rouges, douloureuses

Analyse d’un échantillon de liquide prélevé à l’articulation à l’aide d’une aiguille

Infection osseuse (ostéomyélite)

Douleur dans l’os affecté

Parfois, infection cutanée au niveau de l’os affecté

Scintigraphie osseuse, IRM des os, ou les deux

Parfois, une biopsie osseuse pour rechercher des bactéries (culture)

Endocardite

Parfois, un souffle cardiaque

Examen sanguin pour rechercher des bactéries (hémoculture)

Échocardiographie

Tuberculose (rare)

Perte de poids ou prise de poids insuffisante

Sueurs nocturnes

Toux

Radiographie thoracique

Examens cutanés

Éventuellement, culture d’un échantillon d’expectoration, et/ou examens sanguins

Paludisme (varie en fonction de la zone géographique)

Frissons suivis d’une fièvre pouvant dépasser 40 °C

Fatigue et vague inconfort (malaise), maux de tête, courbatures et nausées.

Analyses de sang

Maladie de Lyme

Parfois, maux de tête et douleur au cou

Parfois, articulations gonflées et douloureuses (genou par exemple)

Parfois, érythème migrant à un ou plusieurs endroits

Occasionnellement, antécédent de morsure de tique

Examen clinique

Parfois, analyses de sang

Maladie des griffes du chat

Souvent, un ganglion lymphatique enflé et douloureux

Parfois, une bosse sur la peau, au niveau de la griffure d’un chat

Analyses de sang

Maladie intestinale inflammatoire

  • Maladie de Crohn

  • Rectocolite hémorragique

Sang dans les selles, crampes abdominales, perte de poids, perte d’appétit

Présence occasionnelle d’arthrite, d’éruptions cutanées, d’aphtes buccaux et de déchirures rectales

Coloscopie

TDM ou radiographies parfois après insertion de baryum dans le rectum (lavement baryté)

Troubles au niveau des articulations et du tissu conjonctif, tels que

  • Arthrite juvénile idiopathique

  • Lupus érythémateux disséminé (lupus)

Articulations gonflées, rouges, hypersensibles

Souvent, éruption cutanée

Parfois, la fatigue

Analyses de sang

Cancer, comme par exemple

  • Leucémie

  • Lymphome

  • Neuroblastome

  • Tumeurs osseuses

Prise de poids insuffisante ou perte de poids et perte de l’appétit

Sueurs nocturnes

Douleur osseuse éventuelle

Numération formule sanguine

Prélèvement (aspiration) d’un échantillon de moelle osseuse pour analyse

Parfois, scintigraphie osseuse et/ou IRM des os

Parfois TDM de la poitrine ou de l’abdomen

Syndromes de fièvre périodique, comme

  • Fièvre périodique accompagnée de stomatite aphteuse, pharyngite et adénite (PFAPA)

  • Fièvre méditerranéenne familiale

  • Neutropénie cyclique

Fièvre récidivante suivant des cycles souvent prévisibles, entrecoupés de périodes de bien-être.

Parfois, aphtes buccaux, maux de gorge et gonflement des ganglions lymphatiques

Parfois, douleur thoracique ou abdominale

Parfois des membres de la famille qui présentent des symptômes similaires, ou chez qui on a diagnostiqué l’un des syndromes de fièvre périodique familiale

Examen pratiqué par un médecin au cours des épisodes de fièvre

Examens sanguins pendant et entre les épisodes de fièvre

Parfois, examens génétiques

Pseudo-fièvre d’origine inconnue

Généralement, une mauvaise interprétation des fluctuations normales de la température corporelle ou surinterprétation de fréquentes maladies virales mineures

Typiquement, absence d’autres symptômes inquiétants

Résultats de l’examen normaux

Examen clinique

Enregistrement complet et précis des maladies et des températures ainsi que la description de l’évolution générale de l’enfant et de la famille

Parfois, examens sanguins pour éliminer d’autres causes et rassurer les parents

*Les caractéristiques sont les symptômes et les résultats de l’examen clinique. Les caractéristiques mentionnées sont typiques, mais ne sont pas toujours présentes. Les troubles à l’origine de la fièvre chronique entraînent également de la fièvre pendant les 7 à 10 premiers jours.

TDM = tomodensitométrie ; ECG = électrocardiogramme ; IRM = imagerie par résonance magnétique

Examens

Pour une fièvre aiguë, le médecin pose souvent le diagnostic sans nécessairement pratiquer des examens. Par exemple, quand l’enfant ne semble pas très malade, la cause est généralement une infection virale ; une infection des voies aériennes en cas de rhinorrhée, de respiration sifflante ou de toux ; ou une gastro-entérite s’il a la diarrhée ou des vomissements. Chez ces enfants, le diagnostic est clair, et des examens ne sont pas requis. Même quand les symptômes spécifiques ne suggèrent pas de diagnostic, la cause reste souvent une infection virale chez les enfants qui par ailleurs ne semblent pas très malades. Les médecins s’efforcent de limiter les examens aux enfants qui semblent avoir un problème plus grave. La probabilité qu’il s’agisse d’un trouble grave (et donc, la nécessité de pratiquer des tests) dépend de l’âge de l’enfant, des symptômes et de l’apparence générale, ainsi que des troubles particuliers suspectés par le médecin ( Quelques causes et caractéristiques courantes de la fièvre chez l’enfant).

Si le nouveau-né (âgé de 28 jours maximum) a de la fièvre, il doit être hospitalisé afin de subir des examens, car le risque d’avoir une infection grave est pour lui élevé. Les examens concernent généralement le sang et l’urine, la moelle épinière (ponction lombaire, Tests à la recherche de troubles du cerveau, de la moelle épinière et du système nerveux : Ponction lombaire), et parfois une radiographie pulmonaire.

Chez les nourrissons âgés entre 1 et 3 mois, des examens sanguins et urinaires (analyse d’urines) et des cultures sont pratiqués. La nécessité d’une hospitalisation, d’une radiographie du thorax et d’une ponction lombaire dépend des résultats de l’examen et des tests sanguins et urinaires, ainsi que de l’état de santé apparent du nourrisson et de la possibilité de pratiquer un examen de suivi. Les examens pratiqués chez les nourrissons de moins de 3 mois ont pour objectif de rechercher des bactériémies occultes, une infection des voies urinaires, ainsi qu’une méningite. Ces examens sont nécessaires car il est difficile de déterminer la cause de la fièvre chez le nourrisson, et parce que son système immunitaire immature l’expose à un risque élevé d’infection grave.

Les examens ne sont pas nécessaires chez un enfant âgé de 3 à 36 mois visiblement bien portant et qui peut être suivi de près. Si les symptômes suggèrent une infection spécifique, le médecin pratique les examens appropriés. En général, si l’enfant ne présente pas de symptômes indicateurs d’un trouble spécifique, mais semble malade, ou a une température de 39 °C ou plus, les examens sanguins et urinaires sont nécessaires. La nécessité d’une hospitalisation dépend de l’état de santé apparent de l’enfant ainsi que de la possibilité de pratiquer un examen de suivi.

Chez les enfants âgés de plus de 36 mois, les examens ne sont habituellement pas nécessaires, à moins qu’ils ne présentent des symptômes spécifiques qui suggèrent un trouble grave.

Dans les cas de fièvre chronique, des examens sont souvent pratiqués. Si le médecin suspecte un trouble particulier, les examens relatifs à ce trouble sont effectués. Si la cause n’est pas claire, des examens de dépistage sont effectués. Les examens de dépistage comprennent une numération formule sanguine, l’analyse et la culture d’urine, et des tests sanguins à la recherche d’une éventuelle inflammation. Les examens relatifs à l’inflammation comprennent la vitesse de sédimentation (VS) et le niveau de la protéine C-réactive (CRP). Lorsqu’aucune cause claire ne se dégage, le médecin pratique également les tests suivants : analyses des selles, tests de dépistage de la tuberculose, radiographie du thorax et tomodensitométrie (TDM) des sinus.

Il est rare que la fièvre persiste et que le médecin ne puisse pas en identifier la cause, même au terme d’examens minutieux. Ce type de fièvre est appelé fièvre d’origine inconnue ( Fièvre d’origine inconnue). Un enfant souffrant de fièvre d’origine inconnue a moins de chances d’avoir un trouble grave qu’un adulte.

Traitement

Si la fièvre est due à un trouble, celui-ci est traité. Un autre traitement se centre sur l’amélioration de la santé et du bien-être de l’enfant.

Consignes générales

Les mesures qui permettent d’aider l’enfant souffrant d’une fièvre à se sentir mieux sans recourir à des médicaments comprennent :

  • Lui faire boire beaucoup de liquide pour éviter la déshydratation

  • Lui appliquer des linges froids mouillés (compresses) sur le front, les poignets et les mollets

  • Lui faire prendre un bain tiède (juste légèrement plus froid que sa température)

Les frissons pouvant effectivement augmenter la température de l’enfant, les méthodes susceptibles de provoquer des frissons, comme le déshabillage et les bains froids, ne doivent être utilisées qu’en cas de températures dangereusement élevées, d’au moins 41 °C.

Il est déconseillé de frotter l’enfant avec de l’alcool ou de l’hamamélis ; l’alcool peut être absorbé à travers la peau et entraîner des lésions. Il existe beaucoup d’autres remèdes populaires inutiles, allant de pratiques inoffensives (par exemple, mettre des oignons ou des pommes de terre dans les chaussettes de l’enfant) à des pratiques incommodantes (par exemple, le tribo-effleurage, appelé également Gua Sha ou usage de ventouses).

Médicaments pour faire baisser la fièvre

La fièvre chez un enfant plutôt bien portant n’exige pas nécessairement un traitement. Toutefois, les antipyrétiques permettent aux enfants de se sentir mieux, en baissant la température. Ces médicaments n’ont aucun effet sur une infection ou d’autres troubles responsables de la fièvre. Cependant, chez l’enfant souffrant d’un trouble relatif au cœur, aux poumons, au cerveau, ou aux nerfs, ou qui a des antécédents de convulsions déclenchées par la fièvre, l’utilisation de ces médicaments est importante, dans la mesure où ils réduisent le stress additionnel que la fièvre inflige à l’organisme.

Les médicaments suivants sont en général utilisés :

  • Paracétamol, administré par voie orale ou sous forme de suppositoire

  • Ibuprofène, administré par voie orale

On tend à privilégier le paracétamol. Cependant, certains médecins, craignant que l’utilisation de paracétamol ait récemment contribué à l’augmentation des cas d’asthme chez les enfants, déconseillent son utilisation chez les enfants asthmatiques ou ayant des antécédents familiaux d’asthme. L’utilisation prolongée de l’ibuprofène peut entraîner une irritation de la muqueuse de l’estomac. Ces médicaments sont disponibles sans ordonnance en pharmacie. La posologie recommandée est indiquée sur l’emballage, ou elle peut être ajustée par le médecin. Il faut respecter la posologie correcte et les intervalles indiqués. Les médicaments n’ont aucun effet s’ils sont administrés à trop faible dose et de manière irrégulière. Et bien que ces médicaments soient relativement inoffensifs, l’administration d’une dose trop élevée à des intervalles trop rapprochés peut entraîner un surdosage.

De temps en temps, le paracétamol ou l’ibuprofène est administré à titre préventif, lorsqu’un nourrisson est vacciné, par exemple.

L’aspirine n’est plus utilisée pour baisser la fièvre chez les enfants, car il peut interagir avec certaines infections virales (comme la grippe ou la varicelle) et provoquer un trouble grave appelé syndrome de Reye ( Syndrome de Reye).

Points-clés

  • La fièvre est généralement causée par une infection virale.

  • Les causes éventuelles de la fièvre et la nécessité de pratiquer des examens dépendent de l’âge de l’enfant.

  • Les nourrissons de moins de 2 mois ayant une température de 38 ºC ou plus doivent être examinés par un médecin.

  • Les enfants âgés de 3 à 36 mois atteints d’une fièvre, qui ne présentent aucun symptôme suggérant un trouble spécifique, mais qui semblent malades ou présentent une température de 39 °C ou plus, doivent être examinés par un médecin.

  • Une poussée dentaire ne provoque pas de fièvre significative.

  • Les médicaments qui font baisser la fièvre peuvent permettre aux enfants de se sentir mieux, mais ils n’ont aucun effet sur le trouble responsable de la fièvre.

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