Introuvable
Emplacements

Trouvez des informations sur des sujets médicaux, des symptômes, des médicaments, des procédures, des nouvelles et bien plus encore, rédigées en langage simple.

Présentation des examens d’imagerie

Par Hakan Ilaslan, MD, Associate Professor of Radiology;Staff Radiologist, Cleveland Clinic Lerner College of Medicine;Imaging Institute, Diagnostic Radiology

Les examens d’imagerie fournissent une image de l’intérieur du corps ou d’une partie de celui-ci. L’imagerie aide les médecins à diagnostiquer un trouble, à déterminer sa gravité et à surveiller les personnes une fois le diagnostic posé. La plupart des examens d’imagerie sont indolores, relativement sûrs et non invasifs (c’est-à-dire qu’ils ne nécessitent pas d’incision de la peau ni l’insertion d’un instrument dans le corps).

Les examens d’imagerie peuvent utiliser :

  • un rayonnement, comme dans les radiographies, la tomodensitométrie (TDM) et la scintigraphie

  • des ondes sonores, comme dans l’échographie

  • des champs magnétiques, comme dans l’imagerie par résonance magnétique (IRM)

  • des substances qui sont avalées, injectées ou insérées pour mettre en évidence ou préciser le tissu ou l’organe à examiner (dénommées agents de contraste ou colorants)

Risques associés au rayonnement en imagerie médicale

Les examens d’imagerie qui utilisent le rayonnement, habituellement des rayons X, sont un outil précieux dans le diagnostic, mais l’exposition aux rayonnements comporte certains risques.

Les différentes procédures diagnostiques nécessitent des quantités différentes de rayonnement, mais la plupart utilisent de faibles doses qui sont généralement considérées comme sans danger. Par exemple, la dose de rayonnement d’une radiographie thoracique est plus de 100 fois plus faible que la dose annuelle moyenne de rayonnement reçu de l’environnement. Cependant, si des personnes subissent de nombreuses procédures diagnostiques qui utilisent de faibles doses ou plusieurs procédures qui utilisent de fortes doses, elles peuvent être exposées à une quantité relativement importante de rayonnement. L’exposition au rayonnement est cumulative, quel que soit l’intervalle entre les procédures. Une telle exposition augmente le risque de cancer et endommage parfois les tissus.

Le saviez-vous ?

  • L’exposition au rayonnement est cumulative, quel que soit l’intervalle entre les procédures.

Les examens d’imagerie ne sont que l’une des sources d’exposition aux rayonnements. L’exposition aux rayonnements dans l’environnement (provenant des rayonnements cosmiques et des isotopes naturels, Lésions provoquées par les radiations) peut être relativement élevée, particulièrement à haute altitude. Lors d’un voyage en avion, l’exposition aux rayonnements de l’environnement est accrue.

Lors de la programmation de procédures diagnostiques, les médecins prennent en considération l’exposition totale des personnes (tout au long de la vie), c’est-à-dire la dose totale de rayonnement. Cependant, le bénéfice d’une procédure diagnostique contrebalance souvent les risques potentiels.

Comparaison des doses de rayonnement pour différentes procédures*

Procédure d’imagerie

Nombre de radiographies thoraciques nécessaires pour obtenir la même dose

Temps nécessaire pour obtenir la même dose à partir de l’environnement

Radiographie thoracique (de l’avant vers l’arrière)

1

2,4 jours

Série de radiographies de la colonne vertébrale lombaire

75

84 jours

TDM de la tête

100

243 jours

Angiographie de l’artère coronaire pendant un cathétérisme cardiaque

350 à 750

1,15 à 2,3 ans

TDM de l’abdomen

300 à 400

3,3 ans

Mammographie

20

30 à 60 jours

*Ces doses montrent la quantité de rayonnement émis et le risque de lésion due au rayonnement des parties de l’organisme qui y sont exposées.

TDM = tomodensitométrie

Aux États-Unis, environ 15 % de tous les examens d’imagerie sont des TDM, mais jusqu’à 70 % de l’exposition aux radiations des examens d’imagerie provient des TDM. La dose de rayonnement d’une TDM peut être des centaines de fois plus élevée que la dose de la plupart des radiographies classiques. Cependant, avec les nouvelles techniques, les doses de certaines TDM peuvent être beaucoup plus faibles qu’elles ne l’étaient avec des techniques plus anciennes.

Malgré cela, même lorsqu’une TDM est réalisée en utilisant d’anciennes techniques, le risque est faible pour les adultes, et il y a peu de chances que leur santé en soit affectée.

Toutefois, le risque occasionné par l’exposition est plus élevé dans certaines situations :

  • Chez les nourrissons

  • Pendant la petite enfance

  • Pendant la grossesse (surtout à un stade précoce)

  • Pour certains tissus, comme les tissus lymphoïdes (qui font partie du système immunitaire), la moelle osseuse, le sang, les testicules, les ovaires et les intestins

Afin de minimiser les risques, les médecins prennent les mesures suivantes :

  • Ils utilisent, lorsque cela est possible, des procédures qui ne nécessitent pas de rayonnement, telles que l’échographie ou l’IRM.

  • Ils recommandent des procédures diagnostiques, en particulier celles qui utilisent des doses élevées (comme la TDM) et chez les jeunes enfants, uniquement lorsque ces procédures sont nécessaires

  • Ils prennent des précautions, lorsque cela est possible, pour limiter l’exposition au rayonnement pendant la procédure (par exemple, protéger les parties vulnérables du corps, telles que la thyroïde ou l’abdomen des femmes enceintes).

Les techniques et l’équipement modernes ont considérablement réduit les doses de rayonnement utilisées dans les tests d’imagerie.

Risques dus au rayonnement chez les nourrissons et les jeunes enfants

Les risques dus au rayonnement sont plus élevés chez les nourrissons et les jeunes enfants parce qu’ils vivent plus longtemps, donnant ainsi aux cancers plus de temps pour se développer. Chez les enfants également, les cellules se divisent plus rapidement et sont plus susceptibles d’être endommagées par le rayonnement.

Le risque de cancer du fait des rayonnements est difficile à déterminer. Certains spécialistes estiment qu’environ 18 bébés d’un an qui subissent une TDM de l’abdomen sur 10 000 finiront par développer un cancer induit par le rayonnement. Cet examen d’imagerie utilise l’une des doses de rayonnement les plus élevées en imagerie médicale. Par ailleurs, une étude a suggéré que sur 10 000 TDM de la tête effectuées chez des enfants de moins de 10 ans, l’exposition aux radiations causerait un cas de leucémie et un cas de tumeur cérébrale dans la décennie suivant cette TDM de la tête.

Lorsque les enfants ont besoin de procédures diagnostiques, les parents doivent discuter avec les médecins des risques et de l’utilisation possible de tests n’utilisant pas de rayonnement. Si des procédures qui utilisent un rayonnement sont nécessaires, les parents peuvent aider à minimiser les risques en demandant :

  • l’utilisation de la dose la plus faible possible pour poser le diagnostic (par exemple, on peut parfois utiliser des scanners à faible résolution, qui utilisent moins de rayonnement) ;

  • de limiter l’exposition à la plus petite région possible du corps ;

  • de limiter le nombre de scanners réalisés.

Risque dus au rayonnement pendant la grossesse

Les femmes enceintes doivent être informées des risques dus au rayonnement des examens d’imagerie pour le fœtus. Si les femmes enceintes ou susceptibles de l’être nécessitent un examen d’imagerie, elles doivent informer leur médecin de leur état. Les médecins envisagent aussi le cas où les femmes pourraient être enceintes sans le savoir. Cependant, des radiographies, si elles sont nécessaires, peuvent être réalisées chez les femmes enceintes. Pendant les procédures diagnostiques, les médecins protègent le fœtus de l’exposition au rayonnement en recouvrant l’abdomen des femmes d’un tablier plombé.

Le risque pour le fœtus dépend

  • Du moment de la grossesse où l’examen est réalisé

  • De la partie du corps de la mère qui est radiographiée

Pendant la grossesse, le risque est plus élevé lorsque les organes sont en formation, c’est-à-dire entre la cinquième et la dixième semaine de la grossesse. Pendant cette période, le rayonnement peut provoquer des malformations congénitales. Plus tôt pendant la grossesse, le problème le plus susceptible de se développer est une fausse couche. Après la dixième semaine, les fausses couches et les malformations congénitales importantes sont moins probables.

Des radiographies de parties du corps de la mère qui sont éloignées du fœtus, telles que les poignets et les chevilles, exposent le fœtus à moins de rayonnement que les radiographies de parties plus proches, telles que le bas du dos. De plus, les radiographies de parties du corps de petite taille, telles que les doigts et les orteils, nécessitent moins de rayons X que les radiographies de parties du corps de plus grande taille, telles que le dos et le bassin. Pour cette raison, les radiographies classiques qui n’impliquent pas l’abdomen comportent peu de risques, indépendamment du moment où elles sont réalisées, en particulier si un tablier plombé est porté au-dessus de l’utérus. Par conséquent, si des radiographies sont nécessaires (par exemple, pour évaluer une fracture osseuse), le bénéfice est en général supérieur aux risques.

Agents de contraste

Pendant les examens d’imagerie, des agents de contraste peuvent être utilisés pour distinguer un tissu ou une structure des substances environnantes ou pour fournir des images plus détaillées.

Les agents de contraste comprennent

  • Agents de contraste radio-opaques (parfois incorrectement dénommés colorants) : substances qu’on peut voir sur les radiographies

  • Produits de contraste paramagnétiques : substances qui sont utilisées dans l’imagerie par résonance magnétique

Agents de contraste radio-opaques

Un agent de contraste radio-opaque absorbe les rayons X et apparaît donc en blanc sur les radiographies. On l’utilise généralement pour montrer :

  • Les vaisseaux sanguins

  • L’intérieur du tractus gastro-intestinal, biliaire ou urinaire

  • Le flux sanguin dans les organes

L’agent de contraste est généralement injecté dans une veine (contraste intraveineux), pris par voie orale (contraste oral) ou inséré dans l’anus (contraste rectal). Pour certains examens, l’agent de contraste est injecté dans une artère par un cathéter ou dans une articulation par une aiguille.

L’agent de contraste utilisé dépend du type d’examen réalisé et de la partie du corps examinée.

  • Pour les vaisseaux sanguins : habituellement agents de contraste contenant de l’iode (agents de contrastes iodés)

  • Pour le tractus gastro-intestinal : agents de contraste contenant du baryum ou de la gastrografine

Avant de réaliser un examen qui utilise un agent de contraste, on peut demander aux personnes de s’abstenir de manger pendant plusieurs heures et de boire pendant une heure. Après l’examen, on recommande de boire beaucoup de liquides pendant le reste de la journée.

Lorsque certains agents de contraste sont injectés, une sensation de chaleur peut être ressentie dans tout l’organisme. D’autres agents de contraste peuvent entraîner une sensation de froid au niveau du site d’injection. Les agents de contraste pris par voie orale peuvent avoir un goût désagréable.

Généralement, les agents de contraste radio-opaques sont très sûrs.

Des effets secondaires surviennent avec les agents de contraste iodés chez un très petit nombre de personnes. Ceux-ci incluent

  • Une réaction de type allergique

  • Des lésions rénales, en particulier chez les personnes qui ont un problème rénal préexistant ou lorsque de grandes quantités d’agent de contraste sont utilisées

La gravité des réactions de type allergique aux agents de contraste est variable :

  • Légères, telles que nausées, bouffées de chaleur ou prurit

  • Modérées, telles qu’éruption cutanée, vomissements ou frissons

  • Graves et potentiellement mortelles (anaphylactiques, Anaphylactoïde contre anaphylactique), telles que gonflement de la gorge qui perturbe la respiration, sifflements, hypotension sévère ou fréquence cardiaque anormale

Au premier signe de réaction, l’utilisation de l’agent de contraste est arrêtée. Les réactions légères ou modérées sont traitées avec l’antihistaminique diphénhydramine, administré par voie intraveineuse. Les réactions graves peuvent être traitées par l’oxygène, des liquides par voie intraveineuse, de l’adrénaline ou d’autres médicaments, en fonction du type de réaction.

Les réactions de type allergique aux agents de contraste sont le plus susceptibles de se produire chez des personnes qui :

  • Ont beaucoup d’autres allergies

  • Ont de l’asthme

  • Avaient déjà eu des réactions de type allergique après l’utilisation d’un agent de contraste

Si les personnes ont eu plusieurs réactions graves aux agents de contraste iodés, un examen d’imagerie qui ne nécessite pas cet agent de contraste doit être préféré. Si un agent de contraste iodé doit être utilisé, des médicaments (diphénhydramine et un corticoïde) doivent être administrés avant l’examen pour empêcher une réaction. Les personnes qui ont déjà présenté une réaction à un agent de contraste doivent avertir leur médecin avant la réalisation d’un examen d’imagerie.

Une lésion rénale (néphropathie de contraste) due à l’utilisation d’un agent de contraste iodé peut survenir chez les personnes atteintes de certaines maladies :

  • Fonction rénale altérée

  • Déshydratation

  • Âge supérieur à 70 ans

  • Diabète

  • Insuffisance cardiaque

  • Tension artérielle élevée (hypertension)

  • Myélome multiple

  • Utilisation de médicaments pouvant endommager les reins

Chez plus de 99 % des personnes, les lésions rénales n’entraînent aucun symptôme et disparaissent après une semaine environ. Moins de 1 % des personnes ont des lésions chroniques durables et très peu d’entre elles seulement nécessitent une dialyse rénale.

S’il faut pratiquer des examens qui nécessitent des agents de contraste radio-opaques chez des personnes à risque de lésions rénales, on donne à ces personnes des liquides par voie intraveineuse avant et après l’administration de l’agent. Si possible, on utilise une dose faible d’agent de contraste. On peut administrer aux personnes ayant eu une fonction rénale altérée pendant longtemps de l’acétylcystéine, le jour précédant et le jour suivant l’administration de l’agent de contraste.

Produits de contraste paramagnétiques

Les agents de contraste paramagnétiques modifient les propriétés magnétiques des particules en augmentant le contraste entre les différents tissus, ce qui rend les images plus claires. Ces agents contiennent généralement du gadolinium et sont utilisés en IRM.

Habituellement, il n’y a pas d’effets secondaires. Cependant, chez quelques personnes qui ont eu une maladie rénale grave ou qui sont sous dialyse, ces agents peuvent provoquer un trouble potentiellement mortel appelé

Dans ce trouble, la peau, le tissu conjonctif et les organes s’épaississent. Des plaques rouges ou sombres peuvent se développer sur la peau. La peau peut tirailler, les mouvements sont difficiles et limités et les organes peuvent présenter des anomalies fonctionnelles. Ce trouble est désormais très rare, parce que les médecins n’utilisent les agents de contraste paramagnétiques à base de gadolinium chez les personnes qui ont des problèmes rénaux qu’en cas de nécessité, et ils utilisent la dose la plus faible et l’agent le plus sûr possible. Les médecins envisagent aussi d’utiliser d’autres examens d’imagerie chez les personnes qui ont des problèmes rénaux graves.

Ressources dans cet article