Infection des reins

(Pyélonéphrite)

Revue/Révision complète : mars 2026 ParTalha H. Imam, MD, University of Riverside School of Medicine | Examen par des pairs réalisé parChristina A. Muzny, MD, MSPH, Division of Infectious Diseases, University of Alabama at Birmingham
Dernière mise à jour: mars 2026
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Les faits en bref

La pyélonéphrite est l’infection bactérienne d’un ou des deux reins.

  • L’infection peut se propager en remontant les voies urinaires jusqu’aux reins, ou dans de rares cas, les reins peuvent être infectés par les bactéries dans la circulation sanguine.

  • Frissons, fièvre, douleur dorsale, nausées et vomissements peuvent se manifester.

  • Les médecins qui soupçonnent une pyélonéphrite effectuent des analyses d’urine et des examens d’imagerie.

  • Des antibiotiques sont administrés pour traiter l’infection.

Les voies urinaires se composent des reins, des uretères (canaux conduisant l’urine des reins jusqu’à la vessie), de la vessie et de l’urètre (le conduit par lequel l’urine s’écoule hors du corps).

La pyélonéphrite est plus fréquente chez les femmes que chez les hommes.

(Voir aussi Présentation des infections des voies urinaires [IVU].)

Causes de l’infection rénale

La pyélonéphrite est généralement provoquée par des bactéries. Dans de rares cas, elle est causée par des champignons ou des virus.

Escherichia coli (E. coli) est un type de bactérie qui vit normalement dans le gros intestin. Elle est responsable d’environ 80 % des cas de pyélonéphrite chez les personnes qui ne sont pas hospitalisées ou qui ne vivent pas dans une maison de santé.

Les bactéries se déplacent généralement de la zone génitale vers la vessie, puis remontent par l’urètre jusqu’aux reins. Chez les personnes dont les voies urinaires sont saines, la remontée de l’infection par les uretères vers les reins sera évitée par le flux urinaire qui élimine les bactéries et par l’occlusion des uretères à leur point d’entrée dans la vessie. Cependant, tout blocage (obstruction) du flux urinaire, tel qu’une anomalie anatomique, un calcul rénal, une prostate hypertrophiée ou un reflux de l’urine provenant de la vessie dans les uretères augmente le risque de pyélonéphrite.

Chez quelques personnes, les bactéries peuvent atteindre les reins depuis une autre partie de l’organisme par la circulation sanguine. Par exemple, la bactérie E. coli peut se propager aux reins par la circulation sanguine.

Celui-ci est accru au cours de la grossesse. Au cours de la grossesse, l’utérus distendu comprime les uretères et gêne l’écoulement normal du flux urinaire. De plus, la grossesse augmente le risque de reflux urétéral en dilatant les uretères et en réduisant les contractions musculaires qui amènent l’urine au travers des uretères jusqu’à la vessie.

Le risque de pyélonéphrite est accru chez les personnes ayant reçu une transplantation rénale.

Le risque et la sévérité de la pyélonéphrite sont également accrus en cas de diabète ou d’affaiblissement du système immunitaire (qui réduit la capacité de l’organisme à combattre les infections).

Certaines personnes développent une infection prolongée (néphropathie de reflux ou pyélonéphrite chronique). La plupart de ces personnes souffrent d’importantes pathologies sous-jacentes, telles qu’une obstruction des voies urinaires, de gros calculs rénaux persistants ou, plus fréquemment, un reflux de l’urine de la vessie dans les uretères (principalement chez les jeunes enfants). La pyélonéphrite chronique peut provoquer la libération des bactéries dans la circulation sanguine, entraînant parfois une infection dans le rein opposé ou ailleurs dans l’organisme. Une pyélonéphrite chronique peut aboutir sévèrement endommager les reins.

Symptômes de l’infection rénale

Les symptômes de la pyélonéphrite débutent souvent soudainement avec l’apparition de frissons, de fièvre, d’une douleur dans la région lombaire bilatérale, d’une douleur abdominale, de nausées et de vomissements.

Près d’un tiers des personnes souffrant de pyélonéphrite présentent également des symptômes de cystite (infection vésicale), avec des mictions fréquentes et douloureuses. Un rein ou les deux peuvent augmenter de volume et être douloureux, et les médecins peuvent déceler une douleur dans le dos du côté atteint. Les muscles de l’abdomen sont parfois extrêmement contracturés. L’irritation due à l’infection ou au passage d’un calcul rénal (s’il y en a un) peut provoquer des spasmes urétéraux. En cas de spasme des uretères, les personnes peuvent souffrir d’épisodes de douleurs intenses (coliques néphrétiques).

Chez les adultes âgés et les personnes dont la vessie fonctionne mal en raison de lésions nerveuses (vessie neurogène) ou qui ont une sonde vésicale insérée pendant une période prolongée, la pyélonéphrite peut ne provoquer aucun symptôme qui semble indiquer un problème dans les voies urinaires. Chez ces personnes, la pyélonéphrite peut en revanche se manifester par une diminution des fonctions mentales (délire ou confusion) ou par une infection du sang (septicémie).

En cas de pyélonéphrite chronique, la douleur peut être vague et la fièvre intermittente, voire absente.

Diagnostic de l’infection rénale

  • Analyse d’urine

  • Mise en culture des urines

  • Examens d’imagerie

Les médecins peuvent généralement diagnostiquer une pyélonéphrite en se basant sur des symptômes typiques tels que frissons, fièvre, douleur dans la partie inférieure du dos et mictions fréquentes et douloureuses.

On recueille un échantillon d’urine (stérile) en milieu de miction de façon à ce que l’urine ne soit pas contaminée par les bactéries provenant du vagin ou présentes à l’extrémité du pénis. On immerge parfois dans l’urine une bandelette réactive afin de réaliser 2 tests simples et rapides, pour rechercher des substances normalement non présentes dans l’urine. Cet examen peut révéler la présence de nitrites produits par les bactéries. Il peut également révéler la présence d’estérase leucocytaire (enzyme présente dans certains types de globules blancs) qui peut indiquer que l’organisme lutte contre l’infection (voir Analyses et cultures d’urine).

En outre, l’échantillon d’urine peut être examiné au microscope pour déterminer le nombre de globules rouges et de globules blancs qui s’y trouvent et pour rechercher s’il contient des bactéries. On réalise parfois des cultures urinaires, consistant à cultiver en laboratoire des bactéries provenant d’un échantillon d’urine, afin d’identifier le nombre et le type de bactéries. En cas d’infection, une seule espèce bactérienne est en principe présente en très grande quantité.

Les examens d’imagerie ne sont généralement pas nécessaires pour diagnostiquer la pyélonéphrite. Cependant, dans certains cas, les médecins peuvent prescrire des examens d’imagerie qui comprennent des échographies, une tomodensitométrie (TDM) ou une urographie intraveineuse (UIV). Ces examens peuvent être réalisés dans les cas suivants :

  • Personnes souffrant de douleurs dorsales intenses (typiques des coliques néphrétiques [calculs rénaux])

  • Personnes qui ne répondent pas au traitement antibiotique dans les 72 heures

  • Personnes dont les symptômes réapparaissent peu après la fin du traitement antibiotique

  • Personnes atteintes de pyélonéphrite chronique ou récurrente

  • Personnes dont les résultats des analyses de sang indiquent une lésion rénale

  • Hommes (car ils développent très rarement une pyélonéphrite)

Les échographies ou les TDM peuvent révéler des calculs rénaux, des anomalies structurelles ou d’autres causes d’obstruction des voies urinaires.

Des analyses de sang peuvent être réalisées pour vérifier s’il y a des taux élevés de globules blancs (suggérant une infection), des bactéries dans le sang ou des lésions rénales.

Traitement de l’infection rénale

  • Antibiotiques

  • Parfois, chirurgie

Le traitement antibiotique est débuté dès que le médecin suspecte une pyélonéphrite et que des échantillons ont été prélevés pour des analyses de laboratoire. Le choix de l’antibiotique ou de sa posologie peut être modifié en fonction des résultats des analyses de laboratoire, de la sévérité de l’état du patient, de la possibilité de traiter les bactéries courantes dans la communauté avec des antibiotiques courants (et lesquels), et du fait que l’infection ait pu débuter à l’hôpital, où les bactéries ont tendance à être plus résistantes aux antibiotiques. Une déficience du système immunitaire ou une anomalie des voies urinaires (telle qu’une obstruction) constituent d’autres facteurs susceptibles d’altérer le choix ou la posologie des antibiotiques chez une personne.

Parfois, les personnes n’ont pas besoin d’être hospitalisées et peuvent recevoir un traitement en ambulatoire avec des antibiotiques administrés par voie orale. Le traitement en ambulatoire est généralement efficace chez les personnes qui présentent :

  • Pas de nausées ou de vomissements

  • Pas de signes de déshydratation ou de septicémie

  • Pas d’autres troubles affaiblissant leur système immunitaire, tels que certains cancers, diabète sucré ou infection par le VIH à un stade avancé (également appelée SIDA)

  • Absence d’obstruction ou d’anomalie des voies urinaires et de calculs rénaux

  • Pas de signes d’infection très sévère, tels qu’hypotension ou confusion

  • Une douleur contrôlée par des médicaments antidouleurs administrés par voie orale

Sinon, les personnes commencent généralement leur traitement à l’hôpital. Les personnes enceintes peuvent avoir besoin d’être hospitalisées. Les personnes hospitalisées reçoivent d’abord des antibiotiques par voie intraveineuse (dans une veine) pendant environ 3 jours. Elles peuvent ensuite rentrer chez elles où elles peuvent passer à des antibiotiques par voie orale.

Le traitement antibiotique de la pyélonéphrite est administré pendant environ 1 à 2 semaines. Toutefois, le traitement par antibiotiques peut se poursuivre jusqu’à 6 semaines chez les hommes dont l’infection est due à une prostatite, qui est plus difficile à éradiquer. Un examen final de l’urine est généralement pratiqué peu après la fin du traitement antibiotique, pour s’assurer de l’éradication de l’infection.

La chirurgie n’est nécessaire que si les examens montrent que quelque chose obstrue les voies urinaires, comme des anomalies structurales ou un calcul rénal particulièrement grand. L’ablation du rein infecté peut s’avérer nécessaire chez les personnes présentant une pyélonéphrite chronique et qui sont sur le point de faire l’objet d’une transplantation rénale. La diffusion de l’infection au rein transplanté est particulièrement dangereuse parce que les personnes se trouvent sous traitement immunosuppresseur, ce qui empêche le rejet du rein transplanté mais affaiblit également les défenses de l’organisme pour lutter contre l’infection.

Pronostic de l’infection rénale

La plupart des patients récupèrent totalement.

Un retard de rétablissement et le risque que des complications se présentent sont plus probables lorsque les personnes doivent être hospitalisées, quand le micro-organisme infectant est résistant aux antibiotiques communément employés, ou si les personnes sont atteintes d’un trouble affaiblissant son système immunitaire (comme certains cancers, le diabète sucré ou une infection par le VIH à un stade avancé [SIDA]) ou si elles présentent un calcul rénal.

Prévention de l’infection rénale

Chez les personnes présentant des épisodes fréquents de pyélonéphrite ou chez lesquelles l’infection récidive à l’arrêt du traitement antibiotique, il est recommandé de prendre un antibiotique différent comme traitement au long cours pour prévenir les infections récurrentes. La durée idéale d’un tel traitement n’est pas connue. Si l’infection récidive après l’arrêt de cet antibiotique, les personnes peuvent avoir besoin de prendre un antibiotique à vie.

Les personnes enceintes ou susceptibles de tomber enceintes alors qu’elles prennent un antibiotique pour traiter une pyélonéphrite doivent discuter avec leur médecin des antibiotiques qui peuvent être pris en toute sécurité pendant la grossesse.

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