Diabète sucré (DS) de type 1

ParErika F. Brutsaert, MD, New York Medical College
Révisé parGlenn D. Braunstein, MD, Cedars-Sinai Medical Center
Revue/Révision complète Modifié déc. 2025
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Les faits en bref

Le diabète sucré de type 1 est une maladie auto-immune qui implique la destruction des cellules sécrétrices d’insuline du pancréas, ce qui entraîne une altération de la sécrétion d’insuline, des taux élevés de glucose dans le sang (hyperglycémie), et finalement une résistance à l’insuline.

  • Les symptômes précoces sont liés à l’hyperglycémie et comprennent une soif excessive, une faim excessive, des mictions excessives et une vision floue.

  • Les médecins diagnostiquent le diabète de type 1 en mesurant la glycémie et en vérifiant si le système immunitaire de l’organisme attaque les cellules du pancréas qui produisent l’insuline.

  • Le diabète peut endommager les vaisseaux sanguins et augmenter le risque de crise cardiaque, d’accident vasculaire cérébral, d’insuffisance rénale chronique et de perte de la vision.

  • Le diabète peut endommager les nerfs et causer des troubles du toucher.

  • Les personnes atteintes de diabète de type 1 doivent prendre de l’insuline et suivre un régime alimentaire sain, pauvre en glucides raffinés (y compris en sucre), en graisses saturées et en aliments transformés. Elles doivent également faire de l’exercice et maintenir un poids santé.

Le diabète sucré de type 1 est une maladie auto-immune caractérisée par une quantité élevée de sucre dans le sang. Dans une maladie auto-immune, les mécanismes de défense normaux de l’organisme attaquent leurs propres cellules comme si elles étaient étrangères.

(Voir aussi Diabète sucré chez les enfants et les adolescents.)

Causes du diabète sucré de type 1

Caractéristiques du diabète de type 1 :

  • Destruction auto-immune des cellules du pancréas, entraînant une production insuffisante d’insuline

Dans le cadre du diabète sucré de type 1, la production d’insuline est absente ou sévèrement déficiente en raison de la destruction auto-immune des cellules du pancréas. La réaction auto-immune peut être déclenchée par une exposition environnementale chez les personnes génétiquement sensibles. La destruction progresse lentement sur des mois ou des années jusqu’à ce que le pancréas ne puisse plus produire suffisamment d’insuline pour contrôler la glycémie. Le diabète de type 1 se développe généralement au cours de l’enfance ou de l’adolescence, et est la forme la plus fréquente diagnostiquée avant l’âge de 20 ans. Cependant, il peut également se développer chez l’adulte.

Les gènes qui rendent les personnes sensibles aux expositions environnementales comprennent ceux qui régulent la production et le traitement de l’insuline. Ces gènes sont plus fréquents chez les personnes qui ont des origines de certaines régions géographiques comme la Scandinavie et la Sardaigne.

Les anticorps dirigés contre les cellules et les protéines impliquées dans la production d’insuline peuvent être détectés dans l’organisme et fournir la preuve que le diabète est de type 1.

Plusieurs virus (en particulier le virus Coxsackie et le SARS-CoV-2 [COVID-19], ainsi que le cytomégalovirus congénital et la rubéole, et potentiellement les rétrovirus) ont été liés à l’apparition du diabète de type 1. Les virus peuvent directement infecter et détruire les cellules du pancréas, ou ils peuvent provoquer une destruction cellulaire indirecte.

L’alimentation peut également être un facteur. La consommation de lait de vache, d’avoine, de gluten et de fibres alimentaires pendant la petite enfance est associée à un risque accru de diabète de type 1. L’apport en sucre et en glucides, la supplémentation en vitamine D, les nitrites et les protéines peuvent également être associés au développement du diabète de type 1, mais on ne sait pas exactement comment ces facteurs sont liés. Certains facteurs alimentaires, notamment l’introduction ultérieure de lait de vache, de gluten et de fruits, peuvent protéger contre le développement du diabète.

Le diabète auto-immun peut se développer à l’âge adulte (appelé diabète auto-immun latent de l’adulte [LADA]) et progresse souvent plus lentement que le diabète de type 1 infantile.

Certains cas de diabète de type 1 ne semblent pas être de nature auto-immune et leur cause n’est pas connue.

Dépistage et prévention du diabète sucré de type 1

Dépistage

Le dépistage du diabète de type 1 n’est pas recommandé pour la plupart des enfants et des adultes. Les médecins réalisent parfois des tests pour dépister le diabète de type 1 chez les personnes présentant un risque élevé de diabète de type 1 (comme les frères et sœurs ou les enfants de personnes atteintes de diabète de type 1). Le dosage des auto-anticorps dirigés contre l’insuline, ou contre les cellules et les protéines produisant et libérant l’insuline, permet aux médecins d’identifier les personnes atteintes d’un diabète de type 1 à un stade précoce et de mettre en place des mesures préventives.

Prévention

Aucun traitement ne permet de prévenir totalement l’apparition du diabète de type 1. Cependant, pour les membres de la famille des personnes atteintes de diabète de type 1 qui présentent des auto-anticorps, mais qui n’ont pas encore présenté de symptômes de diabète (stade 1), un médicament (téplizumab) peut s’avérer utile. Ce médicament peut prolonger la capacité du pancréas à produire de l’insuline et retarder l’apparition des symptômes du diabète de type 1.

Symptômes du diabète sucré de type 1

De nombreuses personnes diabétiques peuvent ne présenter aucun symptôme, en particulier au début de la maladie.

Symptômes de glycémie élevée :

  • Augmentation de la soif

  • Mictions plus fréquentes

  • Augmentation de la faim

Lorsque la glycémie dépasse 160 à 180 mg/dl (8,9 à 10,0 mmol/l), le glucose fuit dans l’urine. Si la concentration de glucose dans l’urine augmente encore, les reins éliminent davantage d’eau. Étant donné que leurs reins produisent une quantité excessive d’urine, les personnes diabétiques urinent fréquemment en grandes quantités (polyurie) et peuvent finir par être déshydratées. La diurèse excessive provoque une sensation de soif anormale (polydipsie). Du fait de cette perte de calories par l’urine, les personnes peuvent perdre du poids. Pour compenser, elle éprouve souvent une grande sensation de faim.

Autres symptômes du diabète :

  • Vision trouble

  • Somnolence

  • Nausées

  • Diminution de l’énergie ou de l’endurance

Chez les personnes qui ont un diabète de type 1, les symptômes apparaissent souvent de manière soudaine et spectaculaire. Une maladie grave appelée acidocétose diabétique, une complication dans laquelle l’organisme produit un excès d’acide, peut rapidement se développer. En plus des symptômes habituels du diabète, à savoir soif et mictions excessives, les symptômes initiaux de l’acidocétose diabétique comprennent aussi des nausées, des vomissements, une fatigue et, surtout chez les enfants, des douleurs abdominales. La respiration a tendance à devenir profonde et rapide, car l’organisme tente de corriger l’acidité du sang (voir Acidose), et l’haleine a une odeur fruitée ou semblable à du dissolvant. En l’absence de traitement, l’acidocétose diabétique peut progresser jusqu’au coma et à la mort, parfois très rapidement.

Le diabète de type 1 progresse par stades : la maladie commence généralement par le développement d’anticorps indiquant que le système immunitaire attaque les cellules productrices d’insuline de l’organisme, suivi du développement d’une hyperglycémie, et enfin du développement de symptômes.

Diagnostic du diabète sucré de type 1

  • Mesure du taux de glucose dans le sang, parfois à jeun ou après avoir consommé une quantité standard de sucre

  • Parfois, auto-anticorps

Le diagnostic de diabète est posé lorsque les personnes présentent des taux de glycémie anormalement élevés, mis en évidence par un test de glycémie à jeun, un dosage de l’hémoglobine A1C ou un test d’hyperglycémie provoquée par voie orale, et parfois par un test de glycémie aléatoire. Voir Présentation du diabète – Diagnostic, pour une présentation plus détaillée.

Une fois le diabète diagnostiqué, les médecins réalisent souvent des examens complémentaires, à la recherche d’auto-anticorps, afin de déterminer si une réaction auto-immune en est la cause, indiquant qu’il s’agit d’un diabète de type 1.

L’association de la glycémie, de la présence d’auto-anticorps et de la présence de symptômes permet de déterminer le stade du diabète de type 1.

L’âge n’est pas une méthode fiable pour diagnostiquer le type spécifique de diabète, car les enfants et les adultes peuvent développer à la fois un diabète de type 1 et de type 2.

Traitement du diabète sucré de type 1

  • Injections d’insuline et surveillance de la glycémie

  • Éducation

  • Régime alimentaire

  • Médicaments pour prévenir les complications

L’insuline, l’éducation et la prise en charge alimentaire constituent les piliers du traitement du diabète de type 1.

Comme le risque de complications est moins élevé si les personnes diabétiques contrôlent strictement leur glycémie, l’objectif du traitement du diabète est donc de maintenir la glycémie aussi proche que possible de la plage normale, tout en minimisant le risque d’épisodes dangereux d’hypoglycémie.

Il est utile que les diabétiques portent un bracelet ou une carte indiquant le fait qu’ils sont diabétiques pour signaler la présence d’un diabète aux professionnels de santé. Cette information permet aux professionnels de santé de commencer plus rapidement des traitements salvateurs, en particulier en cas de traumatisme ou d’altération de la conscience.

Les diabétiques doivent arrêter de fumer et ne consommer que des quantités modérées d’alcool (jusqu’à un verre par jour pour les femmes et deux verres par jour pour les hommes).

Traitement médicamenteux du diabète

Insuline

Les personnes atteintes de diabète de type 1 ont presque toujours besoin d’un traitement par insuline et deviendront très malades en l’absence de traitement. En général, l’insuline est injectée sous la peau. L’objectif est d’essayer de reproduire le schéma de sécrétion d’insuline d’une personne qui n’est pas diabétique, en utilisant une forme d’insuline (basale) à action prolongée relativement constante ainsi que des formes à action plus courte au moment des repas pour aider à contrôler l’augmentation de la glycémie.

Une autre solution consiste à utiliser une pompe à insuline qui libère l’insuline en continu à partir d’un réservoir grâce à une petite canule (sonde creuse en plastique) introduite dans la peau. La fréquence d’administration de l’insuline peut être ajustée en fonction du moment de la journée, si la personne fait de l’exercice, ou en fonction d’autres paramètres. Les personnes peuvent prendre des doses supplémentaires d’insuline selon les besoins pour les repas ou pour corriger une glycémie élevée. La pompe imite de plus près la manière dont l’organisme produit normalement l’insuline par rapport aux injections.

Une pompe à insuline utilisée avec un système de surveillance continue de la glycémie, un dispositif externe fixé au corps et enregistrant en continu le taux de glycémie, est appelée système de délivrance d’insuline hybride en boucle fermée. Avec ces systèmes (parfois appelés pancréas artificiels), un algorithme est utilisé pour calculer et délivrer automatiquement des doses d’insuline par une pompe à insuline d’après les données d’un système de surveillance du glucose en continu. Toutefois, ce dispositif ne dispense pas les personnes de surveiller leur glycémie et de programmer la pompe pour administrer des bolus d’insuline avant les repas.

Voir Médicaments pour le traitement du diabète – Insuline pour plus d’informations.

Autres médicaments

Certains médicaments contre l’hypertension artérielle (inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine ou antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II) sont prescrits aux personnes atteintes de diabète et d’hypertension artérielle ou d’insuffisance rénale chronique.

Des statines sont administrées à de nombreux adultes diabétiques, selon leur âge et les facteurs de risque d’athérosclérose et de maladie des artères coronaires.

Éducation au diabète

Les diabétiques tirent un grand bénéfice de la connaissance de leur trouble. Ils peuvent comprendre comment la diététique et l’activité physique modifient la glycémie, et ainsi savoir comment éviter les complications. Les infirmiers ou autres professionnels de santé formés à l’éducation au diabète peuvent fournir des informations sur la gestion de l’alimentation, l’exercice physique, la surveillance de la glycémie et la prise d’insuline. L’éducation au diabète est considérée comme une composante importante du traitement et, en plus d’être dispensée au moment du diagnostic, les médecins passent en revue et consolident les informations à chaque consultation.

Régime pour diabétiques

Le contrôle du régime alimentaire est très important dans les deux types de diabète sucré. Les médecins recommandent un régime sain, équilibré et le maintien d’un poids idéal. L’avis d’un diététicien ou d’un éducateur spécialisé en diabétologie pour définir un régime alimentaire optimal peut être utile chez les personnes diabétiques. Un tel plan peut inclure des limites concernant les sucres simples, les aliments transformés et les graisses saturées, ainsi qu’une augmentation des fibres alimentaires.

Les personnes atteintes de diabète de type 1 utilisent le calcul des glucides ou le système d’échange des glucides pour faire correspondre leur dose d’insuline au contenu en glucides de leur repas. Le « calcul » de la quantité de glucides dans un repas est utilisé pour comptabiliser la quantité d’insuline que la personne prend avant de manger. Cependant, le rapport glucide-insuline (la quantité d’insuline prise pour chaque gramme de glucides dans le repas) varie pour chaque personne, et les personnes diabétiques doivent collaborer étroitement avec un diététicien ayant de l’expérience avec les diabétiques afin de maîtriser la technique. Certains spécialistes ont recommandé l’utilisation de l’indice glycémique (une mesure de l’impact d’un aliment ingéré contenant des glucides sur la glycémie) pour établir une limite entre les glucides métabolisés rapidement et lentement.

Les personnes qui prennent de l’insuline doivent éviter de longues périodes entre les repas pour prévenir l’hypoglycémie. Bien que les protéines et les lipides dans l’alimentation contribuent au nombre de calories consommées par une personne, seule la quantité de glucides a un effet direct sur la glycémie. L’American Diabetes Association (Association américaine contre le diabète) fournit de nombreuses astuces alimentaires utiles, y compris des recettes. Même lorsque les personnes suivent un régime approprié, des médicaments hypocholestérolémiants sont nécessaires pour réduire le risque de maladie cardiaque.

Il n’existe pas de recommandations précises concernant les pourcentages de calories à provenir des glucides, des protéines ou des lipides. Adapter son alimentation à sa situation personnelle peut aider à contrôler les fluctuations de sa glycémie. La gestion de l’alimentation doit être individualisée en fonction de l’âge, de la taille, du niveau d’activité, des goûts, des préférences, de la culture et des objectifs de la personne, et doit également prendre en compte les autres affections médicales. Les personnes doivent avoir un régime riche en aliments entiers plutôt qu’en aliments transformés. Les glucides doivent être de haute qualité. Ils doivent contenir des quantités adéquates de fibres, de vitamines et de minéraux, et être pauvres en sucres ajoutés, en graisses et en sodium.  

Activité physique pour les diabétiques

Une activité physique en quantité appropriée (au moins 150 minutes par semaine réparties sur au moins 3 jours, ou toute autre durée que le patient parvient à assurer si d’autres problèmes de santé limitent son activité physique) peut également aider les personnes à contrôler leur poids et à améliorer leur glycémie. Comme la glycémie diminue pendant l’exercice, les personnes doivent être attentives aux symptômes d’hypoglycémie. Certaines personnes ont besoin de manger un petit en-cas avant une activité physique prolongée et/ou de réduire leur dose d’insuline.

Soins des pieds

L’hygiène du pied est fondamentale (voir Soins des pieds). Les pieds doivent être protégés des lésions et la peau doit être maintenue hydratée par une bonne crème hydratante. Il faut porter des chaussures confortables qui ne doivent pas provoquer de zone d’irritation. Elles doivent avoir un rembourrage adéquat pour distribuer correctement la tension lors de la station debout. Il est recommandé de ne pas marcher pieds nus et de consulter un podologue régulièrement pour couper les ongles et procéder au besoin à l’ablation des cors. De plus, la sensibilité et la vascularisation des pieds doivent être régulièrement contrôlées par les médecins.

Vaccination des personnes diabétiques

Tous les patients diabétiques, y compris ceux atteints de diabète de type 1, doivent recevoir les vaccins recommandés, y compris ceux contre Streptococcus pneumoniae, la grippe, l’hépatite B, la varicelle, le virus respiratoire syncytial et le COVID-19.

Greffe du pancréas et d’îlots de Langerhans

Les personnes atteintes de diabète de type 1 reçoivent parfois une greffe d’un pancréas entier ou seulement des cellules productrices d’insuline provenant du pancréas d’un donneur. Cette procédure peut permettre aux personnes atteintes de diabète de type 1 de maintenir des taux de glucose normaux. Cependant, comme des médicaments immunosuppresseurs doivent être administrés pour empêcher le corps de rejeter les cellules transplantées, la greffe de pancréas est généralement réalisée uniquement chez les personnes présentant des complications graves dues au diabète ou qui reçoivent un autre organe greffé (comme un rein) et qui auront de toute façon besoin de médicaments immunosuppresseurs.

Surveillance du traitement du diabète de type 1

La surveillance de la glycémie est une part essentielle de la prise en charge du diabète. La surveillance systématique de la glycémie fournit les informations utiles pour effectuer les ajustements nécessaires dans les médicaments, l’alimentation et de l’activité physique. Il est potentiellement dangereux d’attendre que des symptômes d’hyperglycémie ou d’hypoglycémie apparaissent pour contrôler la glycémie.

Objectifs du traitement du diabète

Les experts recommandent de conserver une glycémie :

  • Entre 80 et 130 mg/dl (entre 4,4 et 7,2 mmol/l) à jeun (avant les repas)

  • Inférieure à 180 mg/dl (10,0 mmol/l) 2 heures après les repas

Le taux d’hémoglobine A1c doit être inférieur à 7 %.

Certaines personnes utilisent un système de surveillance continue de la glycémie (Continuous Glucose Monitor, CGM), un dispositif externe qui est relié à l’organisme et qui enregistre la glycémie en continu. Lorsque ce type de dispositif est utilisé, les médecins utilisent une mesure différente pour déterminer si la glycémie est bien maîtrisée. Ils utilisent une valeur appelée temps dans la plage cible. Le temps dans la plage cible est le pourcentage de temps sur une période spécifique au cours duquel la glycémie atteint le niveau cible fixé pour la personne. La plage normale va de 70 à 180 mg/ml (3,9 à 9,9 mmol/l).

Comme les traitements agressifs permettant d’atteindre ces objectifs augmentent le risque de glycémie trop basse (hypoglycémie), les objectifs de glycémie sont ajustés chez certaines personnes pour lesquelles l’hypoglycémie est particulièrement non souhaitable, comme les adultes âgés.

De nombreux facteurs induisent des variations de la glycémie :

  • Régime alimentaire

  • Activité physique

  • Stress

  • Maladies

  • Médicaments

  • Heure de la journée

La glycémie peut augmenter soudainement après la consommation d’aliments riches en glucides. Les stress émotionnels, une infection et de nombreux médicaments ont tendance à élever la glycémie. La glycémie augmente chez de nombreuses personnes au cours des premières heures de la matinée, en raison de la sécrétion physiologique d’hormones (hormone de croissance et cortisol), réaction appelée « phénomène de l’aube ». La glycémie peut augmenter excessivement si l’organisme sécrète certaines hormones en réponse à une hypoglycémie (effet Somogyi). L’exercice peut faire baisser la glycémie.

Les personnes atteintes de diabète de type 1 peuvent avoir des fluctuations plus fréquentes de la glycémie, car la production d’insuline est complètement absente. Une infection, un retard du déplacement des aliments dans l’estomac et d’autres troubles hormonaux peuvent également contribuer à d’importantes fluctuations de la glycémie.

Chez les personnes qui ont des difficultés à contrôler leur glycémie, les médecins recherchent d’autres troubles qui pourraient provoquer ce problème et donnent également aux personnes une formation supplémentaire sur la façon de surveiller leur diabète et de prendre leurs médicaments.

Surveillance de la glycémie

La glycémie peut être mesurée rapidement que ce soit à domicile ou ailleurs. Les personnes doivent noter leur glycémie et la communiquer à leur médecin ou à leur personnel infirmier, ou apporter leur lecteur de glycémie ou leur CGM lors de leurs consultations, afin d’aider les médecins et le personnel infirmier à adapter la dose d’insuline. De nombreux diabétiques apprennent à adapter la dose d’insuline de manière autonome, selon leurs besoins.

Un test du glucose par piqûre du doigt est le test le plus souvent utilisé pour surveiller la glycémie. La plupart des appareils de mesure de la glycémie (glucomètres) utilisent une goutte de sang prélevée sur la pulpe du doigt avec une petite lancette. La lancette est constituée d’une aiguille fine qui peut servir à ponctionner directement le doigt, ou être introduite dans un dispositif à ressort qui permet de ponctionner automatiquement la peau de façon simple et rapide. La plupart des personnes trouvent la ponction presque indolore. Ensuite, on place la goutte de sang sur une bandelette réactive. La bandelette contient des produits chimiques qui subissent des changements en fonction du taux de glucose. Le glucomètre lit ces changements dans la bandelette et affiche le résultat sur un écran numérique. Certains dispositifs permettent de prélever le sang dans d’autres régions, comme la paume de la main, l’avant-bras, le haut du bras, la cuisse ou le mollet. Les glucomètres à domicile sont plus petits qu’un jeu de cartes.

Les systèmes de surveillance continue de la glycémie (Continuous Glucose Monitoring, CGM) utilisent un petit capteur de glycémie qui est placé sous la peau. Le capteur mesure la glycémie à intervalles de quelques minutes. Il existe deux types de CGM, avec des objectifs différents :

  • Professionnels de la santé

  • Personnel

Les CGM professionnels (ou « en aveugle ») recueillent des informations continues sur la glycémie pendant une certaine période (de 72 heures jusqu’à 14 jours). Les médecins utilisent cette information pour émettre des recommandations de traitement. Les CGM professionnels ne fournissent pas de données à la personne diabétique. L’avantage de ce type de CGM est que le comportement et le traitement de la personne ne sont pas affectés par les résultats de la glycémie ; le CGM offre donc un aperçu plus réaliste de sa glycémie dans des conditions réelles.

Les CGM personnels sont utilisés par la personne et fournissent des données de glycémie en temps réel sur un petit moniteur portable ou sur un smartphone connecté. Il est possible de paramétrer les alarmes du CGM si les niveaux glycémiques sont trop faibles ou trop élevés ; ainsi, ce dispositif peut aider les personnes à prendre connaissance rapidement de fluctuations inquiétantes de leur glycémie.

Les CGM peuvent être portés pendant 14 jours au maximum, ne nécessitent souvent pas d’étalonnage et peuvent être utilisés pour l’administration d’insuline sans confirmation du glucose par piqûre du doigt. Il existe aussi des systèmes dans lesquels le dispositif CGM communique avec les pompes à insuline, soit pour stopper la délivrance d’insuline lorsque la glycémie chute (seuil de suspension) ou pour administrer de l’insuline quotidienne (système hybride en boucle fermée).

Les systèmes CGM sont particulièrement utiles dans certaines circonstances, comme chez les diabétiques de type 1 qui présentent des fluctuations fréquentes et rapides de leur glycémie (en particulier lorsque la glycémie chute parfois à des niveaux très faibles), qui sont difficiles à identifier avec une mesure par piqûre du doigt. Les systèmes CGM permettent aux personnes de mesurer la période pendant laquelle leur glycémie reste dans une certaine plage, et les médecins utilisent cette mesure pour fixer des objectifs de traitement et ajuster la dose d’insuline. Même chez les personnes qui n’utilisent pas d’insuline, les systèmes CGM peuvent fournir des informations précieuses sur la façon dont les différents aliments et activités affectent leur glycémie.

Hémoglobine A1c

Les médecins peuvent surveiller le traitement en utilisant un examen sanguin appelé dosage de l’hémoglobine A1c. En cas de glycémie élevée, l’hémoglobine, la protéine qui transporte l’oxygène dans le sang, est modifiée. Ces changements sont directement proportionnels à la glycémie, sur une longue période. Plus le taux d’hémoglobine A1c est élevé, plus la glycémie de la personne a été élevée. Ainsi, à la différence de la mesure de la glycémie qui indique une valeur ponctuelle, la mesure de l’hémoglobine A1c indique si la glycémie a été bien contrôlée au cours des mois précédents.

Chez les diabétiques, le taux cible d’hémoglobine A1c est inférieur à 7 %. Atteindre ce taux est parfois difficile, mais plus le taux d’hémoglobine A1c est bas, plus le risque de développer des complications est faible. Les médecins peuvent recommander une cible légèrement supérieure ou inférieure pour certaines personnes en fonction de leur situation médicale particulière. Cependant, des taux supérieurs à 9 % sont le signe d’un mauvais contrôle, et des taux supérieurs à 12 % d’un très mauvais contrôle. La plupart des diabétologues recommandent de contrôler l’hémoglobine A1c tous les 3 à 6 mois.

Fructosamine

La fructosamine, un acide aminé glycosylé, est également utile pour apprécier le contrôle de la glycémie sur une période de quelques semaines et elle est généralement utilisée lorsque les résultats de l’hémoglobine A1c ne sont pas fiables, comme chez les personnes atteintes d’anémie due à une carence en fer, folate ou vitamine B12, ou présentant des anomalies de l’hémoglobine, telles que la drépanocytose ou la thalassémie.

Analyses d’urine

Les cétones sont des substances chimiques produites par l’organisme lorsqu’il utilise les graisses comme carburant. Cela se produit lorsqu’il n’y a pas suffisamment d’insuline pour faire passer le glucose (sucre) dans les cellules où il peut être utilisé comme carburant. Les personnes atteintes de diabète de type 1 doivent mesurer la présence de cétones dans les urines si elles présentent des symptômes, des signes ou des facteurs déclenchants d’acidocétose, tels que nausées ou vomissements, douleurs abdominales, fièvre, rhume ou symptômes pseudo-grippaux, en particulier si elles présentent une hypoglycémie ou une hyperglycémie persistante.

Bien qu’il soit possible de mesurer la présence de glucose dans les urines, cet examen ne permet pas de contrôler ou d’adapter le traitement. L’analyse d’urine peut être trompeuse, car la quantité de glucose dans l’urine peut ne pas refléter le niveau réel de glucose dans le sang. La glycémie peut être très basse ou élevée sans aucun changement des taux de glucose dans l’urine.

Complications du diabète sucré de type 1

La prévention, l’identification et le traitement des complications du diabète constituent l’un des principaux objectifs des soins du diabète.

Les complications aiguës (immédiates) du diabète de type 1 et de son traitement comprennent l’acidocétose diabétique et l’hypoglycémie.

Pour une présentation détaillée des complications spécifiques, voir Complications à long terme du diabète sucré.

Complications à long terme du diabète de type 1

La plupart des complications de tous les types de diabète, y compris de type 1, surviennent à la suite de problèmes vasculaires. Une glycémie qui reste élevée pendant une période prolongée induit un rétrécissement des vaisseaux sanguins, aussi bien microscopiques que plus importants, pour 2 raisons :

  • Des substances complexes dérivées des sucres sont produites dans les parois des vaisseaux microscopiques, ce qui provoque leur épaississement et leur rupture.

  • Un mauvais contrôle du taux de glycémie entraîne une augmentation des lipides dans le sang, ce qui provoque une athérosclérose et une diminution du débit sanguin dans les vaisseaux de diamètre plus élevé.

L’épaississement et le rétrécissement réduisent le flux sanguin vers de nombreuses parties du corps, entraînant des problèmes, notamment des problèmes oculaires, une maladie rénale, des problèmes nerveux, des ulcères du pied, une athérosclérose, un accident vasculaire cérébral et une maladie artérielle périphérique.

Les personnes atteintes de diabète de type 1 sont également exposées à un risque d’autres maladies auto-immunes. Les plus fréquentes sont la maladie thyroïdienne, la maladie cœliaque et l’anémie pernicieuse (carence en vitamine B12). Les maladies associées moins fréquentes comprennent la maladie d’Addison, la maladie hépatique auto-immune et la myasthénie grave.

Dépistage des complications du diabète de type 1

De nombreux tests de dépistage sont réalisés chez les personnes atteintes de diabète de type 1. Peu après le diagnostic, la tension artérielle, les taux de lipides et la fonction thyroïdienne doivent être contrôlés. Environ 5 ans après le diagnostic, il convient que les personnes commencent à passer des examens ophtalmologiques, des examens des pieds et des tests de la fonction rénale par des analyses d’urine et de sang. La plupart de ces examens sont réalisés tous les 1 à 2 ans, et ce pour le reste de la vie de la personne. D’autres tests de dépistage, pour l’insuffisance cardiaque, la maladie artérielle périphérique, l’anémie pernicieuse et la maladie cœliaque, peuvent être réalisés en fonction de l’âge, des symptômes ou d’autres facteurs de risque de la personne.

Informations supplémentaires

Les ressources suivantes, en anglais, peuvent être utiles. Veuillez noter que Le Manuel n’est pas responsable du contenu des ressources.

  1. American Diabetes Association (Association américaine contre le diabète) : Informations complètes sur le diabète, notamment des ressources pour vivre avec le diabète

  2. Breakthrough TD1 (anciennement JDRF pour Juvenile Diabetes Research Foundation [Fondation pour la recherche sur le diabète juvénile]) : Informations générales sur le diabète sucré de type 1

  3. National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases (Institut national américain du diabète et des maladies digestives et rénales) : Informations générales sur le diabète, notamment sur les dernières recherches et les programmes de sensibilisation communautaires

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