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Maladie

Le conducteur âgé

Par

Peggy P. Barco

, OTD, OTR/L, BSW, SCDCM, CDRS, FAOTA, Washington University Medical School;


David B. Carr

, MD, Washington University School of Medicine

Examen médical avr. 2022
AFFICHER LA VERSION PROFESSIONNELLE
Ressources liées au sujet

Le fait de conduire procure aux personnes âgées une certaine liberté et une certaine indépendance, ainsi que des interactions sociales essentielles avec leur communauté, choses que nombre de personnes considèrent comme acquises durant leur jeunesse. Cependant, le permis de conduire est basé sur la capacité à conduire prudemment. Les conducteurs âgés de 70 ans et plus sont exposés à un risque accru d’accident de la route par kilomètre parcouru par rapport aux conducteurs d’âge moyen. Les personnes qui conduisent rarement sont exposées au risque le plus élevé. Ainsi, la diminution des capacités due à des troubles liés au vieillissement doit être considérée comme un feu de circulation orange clignotant, un avertissement selon lequel le droit à la conduite doit être réévalué.

De nombreux facteurs peuvent limiter les capacités de conduite des adultes âgés, par exemple les modifications du temps de réaction liées au vieillissement, ainsi que certains troubles visuels, cognitifs et/ou musculaires qui deviennent plus fréquents avec l’âge. Des médicaments sont souvent utilisés pour traiter les troubles chez les personnes plus âgées, et certaines classes médicamenteuses peuvent induire une somnolence et altérer les capacités de conduite. Certains de ces facteurs peuvent être pris en charge et modifiés.

Le saviez-vous ?

  • Par rapport aux autres tranches d’âge, les personnes âgées sont davantage susceptibles d’avoir un accident de la route lorsqu’elles tournent à gauche.

Taux d’accidents et infractions au Code de la route

En moyenne, les conducteurs âgés ont en fait moins d’accidents par an que les jeunes conducteurs. Cependant, comme ils parcourent moins de kilomètres que les conducteurs d’âge moyen, les conducteurs âgés ont en moyenne plus d’accidents par kilomètre parcouru. Le taux d’accidents commence à augmenter après l’âge de 70 ans, et il augmente encore plus rapidement après 80 ans. Pour chaque kilomètre parcouru, les conducteurs âgés ont des taux plus importants d’infractions, de collisions et d’accidents mortels que les autres groupes d’âge supérieurs à 25 ans. Il faut noter que les personnes plus âgées parcourent des distances plus importantes que les générations précédentes, et cette tendance devrait se poursuivre.

Le non-respect du « céder le passage » (souvent parce qu’ils ont « regardé mais n’ont pas vu venir ») est l’une des infractions les plus courantes commises par les conducteurs âgés. De plus, les conducteurs âgés ont plus de difficultés à s’insérer dans la circulation et peuvent avoir des problèmes au niveau des intersections, en particulier pour tourner à gauche. Les éléments suivants expliquent ces difficultés :

  • Difficulté à évaluer simultanément plusieurs informations (multitâche)

  • Difficulté à estimer la vitesse des voitures ou objets venant en sens inverse

  • Réduction du champ de vision

Cependant, les conducteurs âgés sont souvent plus prudents que les jeunes. De nombreux conducteurs plus âgés qui ne souffrent pas d’affections médicales ayant un impact sur la capacité de réflexion et de jugement (par exemple, la démence) commencent à limiter leur conduite pour améliorer leur sécurité. Ils ont tendance à éviter la conduite au crépuscule et de nuit, pendant les heures de pointe ou lorsque la météo est peu clémente. En outre, l’alcool est un facteur beaucoup moins probable dans les accidents impliquant des conducteurs âgés.

Les conducteurs âgés sont aussi moins susceptibles d’avoir des accidents sur des routes sinueuses ou à grande vitesse. Pour les conducteurs âgés, il y a moins de probabilité que les accidents impliquent un seul véhicule. Plusieurs véhicules sont souvent impliqués. Curieusement, le taux d’accidents de la route a tendance à diminuer avec le nombre de passagers présents dans le véhicule pour les conducteurs âgés de plus de 70 ans.

Les accidents impliquant des conducteurs plus âgés entraînent plus souvent des blessures graves, voire mortelles. On ne comprend pas bien la vulnérabilité accrue aux blessures observée chez les conducteurs plus âgés, mais elle pourrait être due à une fragilité physique et à la présence d’un ou de plusieurs troubles médicaux, tels que l’ostéoporose ou une maladie cardiaque. De plus, les conducteurs plus âgés sont susceptibles de conduire un véhicule moins fiable. Bien que le nombre d’adultes plus âgés décédés lors d’accidents de la route ait également diminué, les adultes plus âgés sont de plus en plus impliqués dans des accidents mortels, comparativement aux autres tranches d’âge, car la population vieillissante augmente.

Raisons de l’altération de la conduite de véhicules

La conduite consiste à exécuter précisément des tâches simultanées (freiner et tourner le volant par exemple). Ces tâches nécessitent plusieurs aptitudes, notamment :

  • Lucidité

  • Bonnes capacités de jugement, de planification et de prise de décision

  • Attention et concentration

  • Temps de réaction rapide

  • Coordination

  • Force suffisante

  • Bonne amplitude de mouvement dans la partie supérieure du corps (tronc supérieur, épaules et cou)

  • Sensation dans les jambes et les pieds

  • Bonne vision et bonne audition

Tout déficit dans l’une ou l’autre de ces aptitudes peut avoir des répercussions importantes sur la conduite. Ces déficits peuvent provenir de plusieurs causes. Presque toutes ces capacités sont altérées à un certain degré lorsque les gens vieillissent, et cela s’aggrave en cas de maladies.

Vieillissement

Le vieillissement lui-même entraîne généralement un déclin progressif et subtil de la force, de la coordination, du temps de réaction, de la capacité de concentration, de la vision et de l’audition. Les personnes âgées ont moins d’endurance et se fatiguent plus rapidement, en particulier dans des situations qui demandent de la concentration. Les personnes âgées sont moins capables de se concentrer sur plus d’une tâche en même temps. Cependant, la plupart des changements attribués au vieillissement sont modestes et, bien souvent, ils ne constituent pas la cause principale des problèmes de sécurité dans la conduite automobile.

Affections

Les troubles les plus fréquents chez les personnes âgées peuvent être particulièrement problématiques pour la conduite. Par exemple, la glycémie des conducteurs diabétiques Diabète sucré (DS) peut devenir trop haute ou trop basse. Ces variations peuvent altérer la lucidité, l’attention, la concentration mentale, la vision et les sensations dans les pieds.

Les conducteurs plus âgés atteints de démence Démence (y compris la maladie d’Alzheimer Maladie d’Alzheimer ) peuvent avoir un mauvais jugement, des troubles de la mémoire et un temps de réaction plus lent, ce qui constitue un mélange dangereux lorsque l’on conduit. Même lorsque la démence est au stade précoce, les conducteurs peuvent se sentir plus facilement perdus et désorientés lorsque la circulation est dense ou lorsque des événements inattendus surviennent sur la route.

Des AVC Présentation de l’accident vasculaire cérébral ou mini-AVC (accidents ischémiques transitoires Accidents ischémiques transitoires (AIT) ou AIT) peuvent ralentir le temps de réaction et provoquer une faiblesse musculaire, une altération de la vision et une diminution de la coordination.

Les crises convulsives Troubles convulsifs peuvent rendre les personnes brusquement inconscientes de leur environnement, voire leur faire perdre connaissance.

Une crise cardiaque Syndromes coronariens aigus(Crise cardiaque ; infarctus du myocarde ; angor instable) Syndromes coronariens aigus(Crise cardiaque ; infarctus du myocarde ; angor instable) récente peut augmenter le risque d’évanouissement ou de vertiges.

L’arthrite provoque des douleurs Douleurs articulaires : Articulation unique et des raideurs Raideur articulaire articulaires, ce qui limite l’amplitude de mouvement et peut interférer avec la capacité à contrôler le véhicule. Par exemple, une douleur et une raideur des genoux ou des hanches peuvent altérer la capacité à appuyer sur la pédale de frein ou l’accélérateur. L’arthrite peut rendre la rotation de la tête (nécessaire pour franchir un croisement ou reculer) douloureuse et difficile.

Le glaucome Glaucome et la dégénérescence maculaire Dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) Dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) sont des troubles oculaires qui entraînent des problèmes lors de la conduite au crépuscule ou de nuit. Le glaucome peut également rétrécir le champ de vision, de sorte que les voitures et les autres objets situés à côté du conducteur sont difficiles à percevoir. La cataracte Cataracte Cataracte , qui survient presque exclusivement chez les personnes plus âgées, peut entraîner un éblouissement causé par les phares des voitures venant en sens inverse ou les réverbères.

Médicaments

De nombreuses personnes âgées prennent des médicaments qui peuvent avoir des effets secondaires. Les effets secondaires comprennent la somnolence, les vertiges, la confusion et d’autres symptômes qui interfèrent avec la conduite. Les médicaments vendus avec ou sans ordonnance peuvent avoir ces effets secondaires. Lorsque l’on commence à prendre un nouveau médicament pouvant affecter la fonction visuelle, physique ou mentale, il ne faut pas conduire pendant plusieurs jours afin de s’assurer qu’aucun effet secondaire ne se développe. Les substances et médicaments pouvant interférer avec la conduite sont notamment :

  • Anticonvulsivants

  • Antiémétiques (médicaments utilisés pour traiter les nausées)

  • Antihistaminiques

  • Antipsychotiques

  • Benzodiazépines ou autres tranquillisants

  • Médicaments utilisés pour traiter le glaucome

  • Médicaments utilisés pour traiter la maladie de Parkinson

  • Myorelaxants

  • Opioïdes

  • Somnifères

  • Certains antidépresseurs sédatifs

(Voir aussi le guide Some Medicines and Driving Don’t Mix [Attention à ne pas conduire quand vous prenez certains médicaments] de l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux [Food and Drug Administration, FDA].)

De nombreuses substances récréatives, dont l’ alcool Alcool et la marijuana Marijuana , peuvent également altérer la conduite.

Situations

Le stress, en particulier lors de la conduite dans des zones inconnues ou avec une circulation dense, peut augmenter les difficultés à conduire. La fatigue et la distraction peuvent aussi diminuer la capacité à conduire. Téléphoner ou envoyer des SMS au volant augmente le risque d’accident de la route. Bien que tous les conducteurs doivent éviter ces distractions, les adultes plus âgés y sont particulièrement vulnérables en raison des changements liés à l’âge ou de la baisse de l’attention et de la capacité à réaliser plusieurs tâches à la fois. Des technologies avancées de prévention des accidents de la route, telles que les systèmes d’alerte de franchissement de ligne et les détecteurs d’angles morts (voir MyCarDoesWhat.org pour les dispositifs de sécurité automobile actuels), sont désormais disponibles dans de nombreuses voitures.

Les chutes chez les personnes plus âgées Chutes chez les personnes âgées sont associées à un risque accru d’accidents de la route, car éviter les chutes comme éviter les accidents de la route nécessite une coordination entre la cognition et les systèmes visuels et moteurs, ce qui peut être altéré chez les conducteurs plus âgés. Ainsi, les interventions qui réduisent le risque de chute, telles que l’activité physique, l’entraînement à l’équilibre et la réduction de la prise de sédatifs, peuvent jouer un rôle dans l’amélioration de la marche et de la sécurité au volant.

Pour certains adultes âgés, le seul défaut dans leur conduite est simplement un manque d’expérience récente. Il est fréquent qu’au sein d’un couple, l’un des partenaires conduise plus que l’autre. Lorsque le conducteur principal du couple décède, l’autre peut ne pas être prêt à reprendre la conduite en toute sécurité. Les personnes plus âgées en couple doivent se partager les activités de conduite, car les personnes qui conduisent rarement sont exposées à un risque élevé d’arrêt total de la conduite.

Manières de compenser

De nombreux conducteurs commencent à autoréguler leur conduite lorsqu’ils vieillissent. Par exemple, ils peuvent autoréguler leur conduite en éliminant les longs voyages sur autoroute, en conduisant moins la nuit, en évitant les intersections compliquées et en évitant les comportements de conduite à risque (par exemple, les excès de vitesse, le non-respect des distances de sécurité et la conduite en état d’ivresse). Il existe de nombreuses stratégies que les conducteurs plus âgés peuvent mettre en place pour compenser certains problèmes de sécurité routière liés au vieillissement.

Éviter les dangers

Les conducteurs âgés peuvent utiliser leur expérience d’années de conduite pour identifier et éviter les situations dangereuses. Par exemple, comme l’endurance diminue avec l’âge, les conducteurs âgés conduisent plutôt sur des distances plus courtes et font des pauses plus fréquemment. Ils peuvent éviter les autoroutes et les zones où le trafic est dense ou connu pour être dangereux. Ils peuvent éviter de conduire de nuit ou au crépuscule, lorsque les problèmes d’éblouissement sont les plus probables. Ils peuvent éviter les heures de pointe et les mauvaises conditions météorologiques, et essayer d’éviter les virages à gauche non protégés. Ils peuvent préférer conduire sur des routes et vers des destinations familières.

Éviter les distractions pendant la conduite

Il est très important pour les conducteurs âgés d’éviter les distractions, mais c’est un élément important pour tous les conducteurs. Les téléphones mobiles sont un élément de sécurité important pour les conducteurs qui se retrouvent bloqués de manière imprévue lorsque leur voiture tombe en panne. Cependant, l’utilisation du téléphone mobile (même avec le kit mains libres) au volant est fortement déconseillée. La loi des différents États diffère en ce qui concerne l’utilisation des téléphones portables au volant. Dans certains États, elle est illégale. De même, régler la radio ou un autre système à bord (comme le système de navigation, la climatisation ou la position du siège), manger ou boire, fumer, lire une carte numérique ou papier, ou même engager la conversation avec les autres passagers peuvent déconcentrer et altérer la capacité à conduire. Il faut minimiser les distractions de toutes sortes pendant la conduite.

Utilisation de technologies

Les nouvelles technologies peuvent aider les conducteurs âgés. Les aides au stationnement, qui utilisent des caméras ou des systèmes infrarouges pour aider à reculer, à se garer et à faire d’autres manœuvres, sont particulièrement utiles pour les personnes qui ont des difficultés à regarder par-dessus leur épaule. D’autres systèmes pratiques pour les conducteurs âgés comprennent les régulateurs de vitesse, le système de freinage antiblocage, les dispositifs de stabilité électronique qui améliorent l’adhérence et la direction. Les systèmes de vision améliorée pour la conduite nocturne comprennent l’éclairage des virages (éclairage dirigé vers un virage) et la baisse d’intensité automatique des feux (les phares passent en feux de croisement lorsqu’un véhicule vient d’en face). Certaines voitures disposent d’un détecteur d’angles morts, de systèmes d’alerte de franchissement de ligne et de collision, de caméras de recul et de rétroviseurs qui atténuent automatiquement la lumière éblouissante des phares, ce qui améliore la visibilité. Les fabricants automobiles expérimentent des technologies de vision nocturne infrarouge pour améliorer la conduite nocturne.

Les constructeurs automobiles redessinent les poignées et les boutons pour les rendre plus ergonomiques pour les personnes atteintes d’arthrite. D’autres caractéristiques de conception, comme les seuils de porte abaissés, les supports lombaires, les pare-soleil étendus, et les sièges et volants réglables, sont disponibles pour tous les conducteurs, mais peuvent être particulièrement utiles aux conducteurs plus âgés. Les voitures autonomes sont en cours d’expérimentation au niveau national et seront probablement disponibles dans les prochaines années.

En cas d’accident ou d’autre situation grave, certains dispositifs d’urgence peuvent automatiquement appeler et orienter les équipes de secours vers le lieu où se trouve la voiture. Les systèmes de géolocalisation (GPS) peuvent aider les conducteurs plus âgés à localiser leurs destinations. De nombreux conducteurs plus âgés ont des smartphones sur lesquels il est possible d’installer des applications gratuites pour que leurs familles puissent suivre leur localisation à l’aide de la technologie GPS s’ils se perdent. En outre, la technologie GPS permet de suivre de nombreux types de comportements de conduite (routes prises et vitesse de conduite) via Internet si les familles le désirent. D’autres innovations sont prévues dans l’avenir.

Comme il existe de plus en plus de nouvelles technologies, il est important de reconnaître que les personnes plus âgées peuvent nécessiter davantage de temps individuel pour se former à l’utilisation de ces nouvelles technologies. Les technologies devront être individualisées selon ce qui est le plus utile pour chaque personne. (Voir MyCarDoesWhat.org pour les dispositifs de sécurité automobile actuels.)

Prendre des cours de révision pour conducteur

Il existe des programmes en ligne pour améliorer la sécurité de la conduite, dont certains ciblent les personnes plus âgées. Les conducteurs plus âgés peuvent entretenir, voire améliorer, leur conduite en suivant des programmes de révision pour conducteur. Plusieurs organismes, tels que l’American Association of Retired Persons (Association américaine des personnes retraitées, AARP) et l’American Automobile Association (Association américaine des automobilistes, AAA) proposent des programmes pour aider les conducteurs âgés à s’adapter aux défis de la conduite lorsque l’on vieillit. En outre, le suivi de ces programmes peut permettre de diminuer les tarifs d’assurance dans certains États. L’AAA propose Roadwise Driver, un programme de conduite défensive à destination des séniors centré sur l’adaptation aux divers changements liés à l’âge qui affectent les capacités de conduite, et l’AARP propose un cours de révision des compétences de conduite.

Les conducteurs âgés peuvent profiter des programmes conçus pour vérifier que leur véhicule est bien adapté pour eux. Par exemple, une évaluation peut permettre de vérifier qu’ils sont à bonne distance par rapport au volant et que le siège est à la bonne hauteur pour voir la circulation. Le bon réglage des rétroviseurs peut aider les conducteurs à compenser les angles morts. Le programme CarFit de l’AAA est disponible en ligne et dans le cadre de divers événements en présentiel dans tous les États-Unis. Il fournit des informations utiles concernant la manière dont le véhicule d’une personne peut être adapté au mieux pour améliorer la sécurité.

Consulter un médecin

Adopter des comportements sains au quotidien et bénéficier de bons soins médicaux peuvent aider les conducteurs âgés à éviter les difficultés de conduite. Il existe de nombreuses raisons pour lesquelles il est important de garder la forme lorsque l’on vieillit, notamment la capacité à conserver son permis de conduire. Les personnes plus âgées doivent consulter régulièrement un médecin pour identifier les éventuels problèmes de vue, de mémoire et de lucidité, ou de force musculaire, qui peuvent altérer la capacité à conduire.

Le traitement de certains troubles peut améliorer les performances de conduite. Par exemple, une opération de la cataracte peut être bénéfique. Le traitement de l’arthrite par des médicaments et de la kinésithérapie peut améliorer la souplesse et la mobilité. Un bon contrôle du diabète peut empêcher les écarts de glycémie. Le traitement de l’apnée du sommeil peut réduire la somnolence diurne. Les conducteurs âgés peuvent passer en revue leurs médicaments avec un médecin ou un pharmacien pour s’assurer que la conduite ne sera pas compromise par leurs effets secondaires.

De nombreux États américains ont des lois interdisant la conduite pendant une durée déterminée après le diagnostic de certains troubles. Cette période d’attente (suspension) permet une stabilisation des troubles par le traitement. Par exemple, certains États imposent une suspension de trois à six mois de la conduite après une crise convulsive, un AVC ou un AIT. Les conducteurs plus âgés présentant une pathologie qui pourrait avoir un impact sur leur capacité à conduire doivent suivre les recommandations des médecins concernant les périodes d’attente ou les modifications de leur conduite.

Décision de conduire

À un certain moment donné, la plupart des conducteurs âgés (tout spécialement ceux présentant une déficience médicale significative) font face à la décision de savoir s’il est prudent ou non de continuer à conduire. Le déclin des capacités nécessaires pour conduire en toute sécurité peut rendre la conduite dangereuse. Le fait de ne pas être capable de conduire peut impliquer une perte de liberté et d’indépendance. Il est très important d’aider une personne âgée qui doit arrêter de conduire à trouver des moyens acceptables d’avoir des activités hebdomadaires ou quotidiennes importantes. De nombreux facteurs qui soulèvent des inquiétudes sur la sécurité routière peuvent également affecter la capacité d’un adulte plus âgé à utiliser les transports en commun.

Parfois, c’est le médecin de famille ou un membre de la famille qui se rend compte qu’il est temps pour les conducteurs âgés de « rendre les clés de leur voiture ». Il est toujours difficile d’aborder cette question, mais ne pas l’aborder peut avoir des conséquences encore plus graves. Certaines mesures concrètes peuvent aider les conducteurs plus âgés à s’habituer à l’idée d’abandonner le volant :

  • Impliquer les conducteurs dans la décision de limiter la conduite ou d’arrêter de conduire.

  • Aider à trouver d’autres moyens de transport.

  • Étudier les différents services de conduite et de livraison.

  • Garder l’adulte plus âgé actif et faire en sorte de s’assurer qu’il soit véhiculé pour participer à ses activités habituelles.

  • Mobiliser le médecin de famille ou un ami pour aborder la question.

Il existe de nombreuses publications et ressources en ligne pour aider les conducteurs plus âgés à décider s’ils doivent continuer ou non à conduire (voir le guide Evaluate Your Driving Ability [Évaluez votre capacité à conduire] de l’AAA). Des ressources sont également disponibles pour les membres de la famille et les amis qui peuvent s’inquiéter à propos d’un conducteur plus âgé, à savoir :

La plupart des conducteurs plus âgés, parfois avec les conseils des membres de leur famille ou de leur médecin, peuvent décider quand arrêter de conduire. Cependant, certains conducteurs, par exemple beaucoup de conducteurs atteints de démence, perçoivent mal leurs propres capacités et continuent à conduire même après qu’un médecin leur a recommandé d’arrêter. Dans ce cas, il est conseillé de proposer aux conducteurs âgés d’être testés par un spécialiste de la réadaptation à la conduite automobile ou par l’agence gouvernementale qui supervise et régule les permis.

Si les médecins s’inquiètent pour un conducteur âgé, ils l’orientent souvent vers un spécialiste de la réadaptation à la conduite automobile. Ces spécialistes sont souvent des ergothérapeutes qui réalisent des évaluations complètes de la conduite et de la réadaptation pour les conducteurs souffrant de problèmes médicaux. Ils sont souvent localisés dans les hôpitaux ou les universités, et certains ont des cliniques privées. Ils sont en mesure d’évaluer les conducteurs par rapport à la sécurité, d’apporter des modifications au véhicule ou des équipements d’adaptation, et de donner des conseils de mobilité ou des avis sur les méthodes alternatives de transport. Le site Internet de l’Association américaine d’ergothérapie (American Occupational Therapy Association) propose des informations pour trouver des services de réadaptation à la conduite automobile.

Une fois que le conducteur a consulté un spécialiste de la réadaptation à la conduite automobile et qu’il a mis en œuvre les modifications recommandées, les médecins peuvent demander à ce que le conducteur fasse l’objet d’une nouvelle évaluation par l’agence de l’État qui délivre les permis de conduire. Le conducteur ou un parent proche peuvent également demander à ce qu’il repasse l’examen. Cela peut inclure une évaluation de la vue et des tests théoriques et pratiques.

La réglementation concernant les permis de conduire varie selon les États. Par exemple, dans certains États, les conducteurs doivent effectuer un test pratique organisé par l’autorité de l’État qui délivre les permis de conduire pour conserver leur permis. Les réglementations locales qui exigent que les médecins signalent les conducteurs présentant certaines pathologies et/ou des problèmes de sécurité varient également. Dans quelques États, les médecins doivent signaler tout conducteur qui semble présenter un danger. D’autres États possèdent des moyens pour les membres de la famille du conducteur de le signaler de manière confidentielle en cas de problèmes de conduite. Il est important que les personnes contactent l’autorité de l’État qui délivre les permis de conduire (comme le Department of Motor Vehicles [département des Véhicules motorisés]) pour les réglementations spécifiques à leur État. Les lois qui réglementent la possession et le renouvellement du permis de conduire par les conducteurs plus âgés diffèrent également d’un pays à l’autre.

Signes d’avertissement d’une conduite dangereuse

Les conducteurs âgés et leur famille peuvent souhaiter prendre en compte les facteurs suivants car ils déterminent s’ils peuvent toujours conduire en toute sécurité :

  • Se sont-ils perdus alors qu’ils conduisaient ? Ont-ils oublié leur destination pendant qu’ils conduisaient ? Ou bien, sont-ils rentrés chez eux en retard après un trajet habituel ?

  • Les amis ou la famille se font-ils du souci sur leur conduite ou n’acceptent-ils plus de se faire conduire ?

  • Ont-ils eu récemment plusieurs collisions évitées de justesse ?

  • Ont-ils des difficultés à voir les autres véhicules, à lire les panneaux routiers et à réagir face à ces informations ?

  • Les embouteillages, les intersections chargées, les virages à gauche les rendent-ils anxieux ?

  • Conduisent-ils trop lentement ou trop vite ?

  • Ont-ils l’impression que les autres conducteurs roulent trop vite ?

  • La conduite les stresse-t-elle ou les fatigue-t-elle ? Ou bien, s’énervent-ils ou sont-ils troublés lorsqu’ils conduisent ?

  • Sont-ils gênés par la lumière des phares des voitures venant en sens inverse ou par les lampadaires ?

  • Ont-ils du mal à tourner le volant, à appuyer sur les pédales, à regarder par-dessus leur épaule pour reculer, à éviter les bordures de trottoir, à rester sur leur voie ou à se garer ?

  • Confondent-ils parfois la pédale d’accélérateur et la pédale de frein ?

  • Ont-ils eu des accidents dans lesquels ils étaient en faute durant l’année écoulée, ou ont-ils été arrêtés par la police pour leur conduite ?

  • Sont-ils tombés au cours de l’année passée ou des 2 dernières années ?

  • Prennent-ils des décisions de manière lente ou erronée lorsqu’ils conduisent ?

  • Oublient-ils parfois d’utiliser les rétroviseurs ou les clignotants, ou de vérifier si des voitures arrivent ?

Les conducteurs âgés et leur famille qui se posent n’importe laquelle de ces questions pourront en parler à leur médecin ou consulter un spécialiste de la réadaptation à la conduite automobile et chercher des manières d’améliorer la sécurité de leur conduite.

Informations supplémentaires

Il s’agit de ressources en anglais qui peuvent être utiles. Veuillez noter que LE MANUEL n’est pas responsable du contenu de ces ressources.

REMARQUE : Il s’agit de la version grand public. MÉDECINS : AFFICHER LA VERSION PROFESSIONNELLE
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