Rectocolite hémorragique

Revue/Révision complète : mars 2026 ParAaron E. Walfish, MD, Mount Sinai Medical Center | Rafael Antonio Ching Companioni, MD, HCA Florida Gulf Coast Hospital | Examen par des pairs réalisé parMinhhuyen Nguyen, MD, Fox Chase Cancer Center, Temple University
Dernière mise à jour: mars 2026
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Les faits en bref

La rectocolite hémorragique est une maladie inflammatoire chronique de l’intestin chronique dans laquelle le gros intestin (côlon) devient enflammé et ulcéré (grêlé ou érodé), entraînant des poussées (crises ou attaques) de diarrhée sanglante, crampes abdominales et fièvre. Le risque à long terme de développer un cancer du côlon est supérieur à celui des personnes qui ne sont pas atteintes de rectocolite hémorragique.

  • La cause exacte de cette maladie n’est pas connue.

  • Les symptômes typiques pendant une poussée incluent des crampes abdominales, un besoin impérieux d’évacuer et des diarrhées (généralement sanglantes).

  • Le diagnostic repose sur une sigmoïdoscopie ou parfois, une coloscopie.

  • Les personnes atteintes de rectocolite hémorragique depuis longtemps sont exposées à un risque accru de cancer du côlon.

  • Le traitement vise à contrôler l’inflammation, réduire les symptômes et juguler les pertes liquidiennes et nutritives.

(Voir aussi Présentation de la maladie inflammatoire chronique de l’intestin [MICI].)

Localisation du gros intestin (côlon)

La rectocolite hémorragique démarre généralement dans le rectum (rectite ulcérée). Elle peut rester confinée au rectum ou avec le temps, s’étendre à l’ensemble du côlon. Chez certaines personnes, l’ensemble du cadre colique peut être d’emblée touché.

La rectocolite hémorragique n’affecte généralement pas toute l’épaisseur de la paroi digestive colique et touche rarement l’intestin grêle. Les parties affectées de l’intestin présentent des ulcérations (plaies) superficielles. Contrairement à la maladie de Crohn, la rectocolite hémorragique ne provoque pas de fistule ou d’abcès.

La cause de la rectocolite hémorragique n’a pas été identifiée de manière certaine, mais des facteurs héréditaires et une réponse immune exagérée de l’intestin peuvent jouer un rôle. Le tabagisme, qui contribuerait au développement et aux poussées périodiques de la maladie de Crohn, semble faire baisser le risque de rectocolite hémorragique. (Toutefois, fumer pour réduire le risque de rectocolite hémorragique n’est pas conseillé compte tenu des nombreux problèmes de santé que le tabagisme peut engendrer.)

Symptômes de la rectocolite hémorragique

Les symptômes de la rectocolite hémorragique surviennent par poussées avec une diarrhée sanglante. La crise commence généralement progressivement avec un besoin d’aller à la selle et des douleurs abdominales modérées sous forme de crampes accompagnées de la présence de sang et de mucus dans les selles. Parfois, une poussée est soudaine et sévère, avec une violente diarrhée qui contient en général du mucus et du sang, une fièvre élevée, des douleurs abdominales et une péritonite (inflammation de la muqueuse de la cavité abdominale provoquant une douleur importante dans tout l’abdomen). Pendant ces poussées, le patient est sérieusement malade. Une poussée peut durer quelques jours ou quelques semaines et récidiver à n’importe quel moment.

Lorsque la maladie se limite au rectum et au côlon sigmoïde, les selles peuvent être normales ou dures et sèches. Toutefois, du mucus contenant des quantités importantes de globules rouges et blancs s’écoule du rectum pendant ou entre l’évacuation des selles. Les personnes peuvent ou non présenter des symptômes plus généraux, comme de la fièvre.

Si la maladie s’étend plus haut dans le côlon, les selles sont plus molles et répétées jusqu’à 10 fois par jour. Souvent, de violentes crampes abdominales et des spasmes douloureux accompagnent le besoin de déféquer. Aucune amélioration ne se produit la nuit. Les selles peuvent être aqueuses ou contenir du mucus. Le sang et le pus constituent fréquemment l’essentiel de leur composition. Peuvent s’y associer de la fièvre, une diminution de l’appétit et une perte de poids.

Complications de la rectocolite hémorragique

Les principales complications graves de la rectocolite hémorragique comprennent

  • Saignement

  • Colite fulminante (colite toxique)

  • Cancer du côlon

Les saignements, complication la plus fréquente, sont souvent cause d’une anémie ferriprive.

La colite fulminante (ou colite toxique) est une complication particulièrement sévère. Chez certaines personnes atteintes de rectocolite hémorragique, une première poussée rapidement progressive devient très sévère, avec hémorragie massive, rupture (perforation) du côlon ou infection diffuse. Les lésions neurologiques et musculaires sur la muqueuse intestinale induisent un iléus (affection dans laquelle les mouvements contractiles normaux de la paroi intestinale sont stoppés temporairement) qui empêche donc le transit normal du contenu intestinal. Une dilatation (distension) abdominale se produit alors.

Avec l’aggravation de la colite fulminante, le gros intestin perd son tonus musculaire et, en quelques jours, voire quelques heures, il commence à se dilater (affection parfois dénommée mégacôlon toxique). Cette complication peut provoquer une forte fièvre et des douleurs abdominales. On observe parfois une perforation du gros intestin et le patient développe une péritonite. Des radiographies ou d’autres examens d’imagerie de l’abdomen peuvent montrer une dilatation intestinale et la présence de gaz à l’intérieur de la paroi des sections paralysées de l’intestin.

Le cancer du côlon commence à devenir plus fréquent à compter de la 7e année suivant la survenue de la rectocolite hémorragique chez les personnes dont la colite est étendue. Le risque de cancer du côlon est maximal lorsque la totalité du côlon est affectée, et il augmente avec l’ancienneté de la rectocolite hémorragique. Cependant, les personnes atteintes d’une maladie inflammatoire chronique de l’intestin et d’une inflammation des voies biliaires (cholangite sclérosante primaire) présentent un risque accru de cancer du côlon à partir du moment où la colite est diagnostiquée.

La coloscopie (examen du gros intestin au moyen d’une sonde d’observation souple) est préconisée tous les 1 à 2 ans chez les personnes atteintes de rectocolite hémorragique depuis au moins 8 à 10 ans ou qui sont atteintes de cholangite sclérosante primaire. Pendant la coloscopie, des échantillons de tissu sont prélevés dans plusieurs zones de l’ensemble du gros intestin en vue d’un examen microscopique visant à détecter les signes avant-coureurs précoces d’un cancer (dysplasie). Cette ablation et cet examen des tissus sont appelés biopsie. Durant un type de coloscopie plus récent appelé chromoendoscopie, des colorants sont insérés dans le côlon pendant la coloscopie afin de mettre en évidence des zones cancéreuses (malignes) et précancéreuses et pourraient aider les médecins à identifier les zones pour la biopsie.

D’autres complications peuvent se produire, comme dans la maladie de Crohn. Lorsque la rectocolite hémorragique provoque une poussée de symptômes gastro-intestinaux, la personne peut également présenter les pathologies suivantes :

Lorsque la rectocolite hémorragique ne provoque pas une poussée de symptômes gastro-intestinaux, il est toujours possible que la personne présente les complications suivantes sans lien avec la maladie intestinale :

  • Plaies cutanées violet foncé qui peuvent contenir du pus (pyoderma gangrenosum)

  • inflammation de la colonne vertébrale

  • Inflammation des articulations du bassin (sacro-iliite)

  • Inflammation de l’intérieur de l’œil (uvéite)

Bien que les personnes atteintes de rectocolite hémorragique présentent fréquemment un léger dysfonctionnement hépatique, seuls 1 à 3 % ont des symptômes d’atteinte hépatique qui varient de légers à sévères. Une atteinte hépatique sévère peut se traduire par une inflammation du foie (hépatite chronique active), une inflammation des canaux biliaires (cholangite sclérosante primitive) qui diminue, puis finit par disparaître, et le remplacement du tissu hépatique fonctionnel par du tissu cicatriciel (cirrhose). L’inflammation des canaux biliaires peut apparaître bien des années avant la survenue de quelconque symptôme intestinal de rectocolite hémorragique. L’inflammation augmente considérablement le risque de cancer des voies biliaires et semble également être associée à une forte augmentation du risque de cancer du côlon.

Diagnostic de la rectocolite hémorragique

  • Analyse des selles

  • Coloscopie ou sigmoïdoscopie avec biopsie

  • Analyses de sang

  • Parfois, examens d’imagerie

Les médecins suspectent une rectocolite hémorragique chez les personnes qui présentent des diarrhées sanglantes récurrentes s’accompagnant de crampes et d’un besoin impérieux de déféquer, notamment en présence d’autres complications comme une arthrite ou des problèmes hépatiques, de même que des antécédents d’attaques similaires.

Les médecins examinent les selles à la recherche de parasites, pour exclure toute infection bactérienne et évaluer l’inflammation.

La coloscopie (examen du côlon à l’aide d’une sonde d’observation souple) confirme le diagnostic de rectocolite hémorragique. La sigmoïdoscopie flexible, un examen plus limité et plus sûr, est une alternative pour les personnes présentant un risque plus élevé de perforation intestinale. Cette procédure permet au médecin d’observer directement la sévérité de l’inflammation, de prélever des échantillons de mucus ou de selles en vue d’une culture, et de retirer des échantillons de tissus des zones affectées pour un examen microscopique (procédure appelée biopsie). Même pendant les périodes de rémission clinique, l’aspect de l’intestin est rarement complètement normal, et l’examen microscopique des échantillons de tissus montre généralement une inflammation chronique.

Les analyses de sang ne confirment pas le diagnostic de rectocolite hémorragique mais peuvent mettre en évidence une anémie, une augmentation du nombre de globules blancs (survenant avec l’inflammation), un faible taux d’albumine, une protéine, et une vitesse de sédimentation (VS) érythrocytaire élevée ou un taux de protéine C réactive élevé témoignant d’une inflammation active. Le médecin peut également réaliser des tests hépatiques.

Les radiographies de l’abdomen avec lavement baryté peuvent indiquer la gravité et l’étendue de la maladie, mais ne sont pas réalisées en cas de maladie active, comme lors d’une poussée, en raison du risque de perforation. D’autres radiographies de l’abdomen peuvent également être prises.

Les médecins peuvent rechercher d’autres causes de colite, notamment une colite ischémique chez les personnes âgées, la colite induite par contraceptif chez les personnes prenant des contraceptifs et la colite à médiation immunitaire chez celles prenant certains médicaments appelés inhibiteurs de point de contrôle immunitaire.

Symptômes récidivants ou sévères de rectocolite hémorragique

Les médecins examinent le patient au retour des symptômes caractéristiques, mais ne réalisent pas toujours d’examens complémentaires. Si les symptômes sont plus fréquents ou durables que d’habitude, les médecins peuvent effectuer une sigmoïdoscopie ou une coloscopie, et un hémogramme. Le médecin peut réaliser d’autres examens visant à rechercher une infection ou la présence de parasites.

Traitement de la rectocolite hémorragique

  • Prise en charge alimentaire et lopéramide

  • Aminosalicylés

  • Stéroïdes

  • Médicaments immunomodulateurs

  • Agents biologiques et agents apparentés

  • Agents à petite molécule

  • Parfois, chirurgie

Le traitement de la rectocolite hémorragique vise à contrôler l’inflammation, réduire les symptômes et juguler les pertes liquidiennes et nutritives. Le traitement spécifique dépend de la gravité des symptômes du patient.

Approche générale du traitement de la rectocolite hémorragique

Généralement, si le gros intestin est gonflé, il faut adopter un régime alimentaire pauvre en fibres (en particulier éviter les aliments tels que les noix, les enveloppes de maïs, les fruits crus et les légumes) afin de réduire les lésions de la muqueuse enflammée du gros intestin. Cependant, un régime riche en fibres doit être repris une fois la crise de MICI résolue.

Un régime exempt de produits laitiers peut diminuer les symptômes, et il peut être intéressant d’en faire un, mais il ne doit être poursuivi qu’en cas d’efficacité.

Toutes les personnes atteintes de rectocolite hémorragique doivent prendre des suppléments de calcium et de vitamine D. La supplémentation en fer peut corriger l’anémie induite par la perte de sang dans les selles.

De faibles doses de lopéramide sont prises pour les diarrhées relativement légères. Pour les diarrhées plus intenses, de fortes doses de lopéramide peuvent être nécessaires. Toutefois, dans les cas sévères, le médecin doit surveiller attentivement le patient sous antidiarrhéiques en raison du risque de colite fulminante.

Les mesures de routine de préservation de la santé, particulièrement les vaccins et les dépistages du cancer, sont importantes.

Pour les personnes présentant des symptômes légers et une maladie confinée au côté gauche du côlon, les lavements ou les suppositoires de mésalamine sont généralement utilisés en premier. Chez les personnes pour lesquelles ce traitement n’est pas efficace, les autres options comprennent la mésalamine orale (5-ASA), les suppositoires de tacrolimus ou de béclométhasone, ou le budésonide MMX oral.

Pour les personnes atteintes d’une maladie modérée ou étendue, des agents biologiques (infliximab, adalimumab, golimumab, guselkumab, risankizumab, mirikizumab, ustékinumab, védolizumab) sont parfois utilisés avec un immunomodulateur (azathioprine ou 6-mercaptopurine). D’autres options comprennent les stéroïdes à forte dose ou les médicaments à petites molécules (tofacitinib, upadacitinib, ozanimod ou étrasimod).

Les personnes atteintes d’une forme sévère de la maladie, qui peut se manifester par plus de 6 selles par jour, une fréquence cardiaque élevée, de la fièvre ou de fortes douleurs abdominales, sont prises en charge à l’hôpital et reçoivent généralement des agents biologiques et/ou des stéroïdes intraveineux à forte dose. Elles peuvent avoir besoin de liquides par voie IV ou de transfusions sanguines. Elles doivent également recevoir un traitement pour prévenir la formation de caillots sanguins. Des associations de médicaments, ou d’autres médicaments qui inhibent le système immunitaire (ciclosporine, tacrolimus) peuvent être utilisées chez les patients dont la maladie ne s’améliore pas avec le traitement initial. La chirurgie est parfois nécessaire.

En cas de colite potentiellement mortelle (fulminante) (plus de 10 selles par jour avec présence continue de sang, dilatation du côlon avec fièvre, rythme cardiaque élevé et analyses de laboratoire indiquant une inflammation), une hospitalisation est nécessaire. Les personnes peuvent ne pas manger ni boire et recevoir des liquides et des électrolytes par voie IV, des antibiotiques et un traitement par voie IV comme des stéroïdes, de la ciclosporine ou de l’infliximab.

Le saviez-vous ?

  • Pendant les crises de rectocolite hémorragique, les personnes doivent suivre un régime pauvre en fibres afin de limiter les lésions de la muqueuse enflammée du gros intestin. Une fois la crise résolue, elles peuvent reprendre une alimentation riche en fibres.

Aminosalicylés

Les aminosalicylés sont des médicaments utilisés pour réduire l’inflammation causée par la rectocolite hémorragique et prévenir les poussées des symptômes. Les médicaments tels que la sulfasalazine, l’olsalazine, la mésalamine et la balsalazide sont des types d’aminosalicylé. Pour la rectocolite hémorragique, la mésalamine par lavement ou suppositoire est le plus souvent utilisée. Qu’ils soient administrés par voie orale ou rectale, ces médicaments disposent au mieux d’une efficacité modérée pour traiter une maladie légère ou modérément active, mais ils sont plus efficaces pour prévenir la réapparition des symptômes (maintenir une rémission).

Stéroïdes

Les personnes atteintes de maladie modérément sévère prennent généralement des doses relativement fortes de stéroïdes (comme la prednisone), ce qui entraîne souvent une rémission spectaculaire. Une fois l’inflammation de la rectocolite hémorragique contrôlée par les stéroïdes, de la sulfasalazine, de l’olsalazine ou de la mésalamine, ou bien un médicament immunomodulateur, un agent biologique, du tofacitinib ou de l’ozanimod sont souvent administrés pour maintenir l’amélioration. Les posologies de prednisone sont progressivement réduites jusqu’à l’arrêt du traitement.

Le budésonide est un autre stéroïde qui peut être utilisé sous forme orale à action prolongée dans la rectocolite hémorragique.

Le traitement par stéroïdes à long terme entraîne presque toujours des effets secondaires (voir l’encadré ).

Une forme sévère de la maladie impose l’hospitalisation, une perfusion d’eau et d’électrolytes ainsi qu’un traitement par stéroïdes par voie intraveineuse.

Médicaments immunomodulateurs

Les médicaments immunomodulateurs modifient l’action du système immunitaire de l’organisme, ce qui diminue son activité. Des médicaments tels que l’azathioprine et la mercaptopurine ont été utilisés pour maintenir la rémission chez les personnes atteintes de rectocolite hémorragique qui auraient sinon nécessité un traitement à long terme par stéroïdes. Ces médicaments inhibent la fonction des lymphocytes T, cellules importantes du système immunitaire. Cependant, ces médicaments ont un délai d’action lent, et les bénéfices attendus ne sont observés qu’au bout de 1 à 3 mois. Ils exposent également à des effets secondaires graves et nécessitent une étroite surveillance médicale.

En cas de poussée sévère et d’absence de réponse au traitement par stéroïdes, la ciclosporine peut être utilisée. Si la ciclosporine a initialement donné de bons résultats dans la plupart des cas, certaines personnes ont par la suite nécessité une intervention chirurgicale.

Le tacrolimus est administré par voie orale. Ce médicament a été administré comme traitement à court terme aux personnes dont la rectocolite hémorragique est difficile à contrôler lorsqu’elles commencent le traitement avec d’autres médicaments. Le tacrolimus peut contribuer à maintenir la rémission.

Agents biologiques

Les agents biologiques sont des médicaments créés par des organismes vivants.

Avant de commencer un traitement avec d’autres agents biologiques, les personnes doivent faire l’objet d’un dépistage de la tuberculose, de l’hépatite B et de l’hépatite C.

L’infliximab, un dérivé d’anticorps monoclonaux du facteur de nécrose tumorale (appelé un inhibiteur du facteur de nécrose tumorale ou un inhibiteur du TNF) administré par voie intraveineuse, bénéficie à certaines personnes atteintes de rectocolite hémorragique. Ce médicament peut être administré aux personnes qui ne répondent pas aux stéroïdes ou qui développent des symptômes dès que la dose de stéroïdes est diminuée, malgré l’utilisation optimale d’autres médicaments immunosuppresseurs. L’infliximab, l’adalimumab et le golimumab bénéficient aux personnes dont la rectocolite hémorragique est difficile à traiter ou à celles qui ont développé une dépendance aux stéroïdes.

Les effets secondaires pouvant survenir avec l’infliximab incluent l’aggravation d’une infection bactérienne non contrôlée existante, la réactivation de la tuberculose ou de l’hépatite B, et une augmentation du risque de certains types de cancer. Certaines personnes développent des réactions comme une fièvre, des frissons, des nausées, des maux de tête, des démangeaisons ou une éruption cutanée pendant la perfusion (réactions à la perfusion). Avant de commencer un traitement par infliximab ou par d’autres inhibiteurs du TNF tels que l’adalimumab et le golimumab, les personnes doivent faire l’objet d’un dépistage de la tuberculose et des infections par le virus de l’hépatite B.

Le védolizumab est un médicament destiné aux personnes (1) atteintes de rectocolite hémorragique modérée à sévère qui n’a pas répondu aux inhibiteurs du TNF ou à d’autres médicaments immunomodulateurs, ou (2) qui tolèrent mal ces médicaments. L’effet secondaire le plus grave qu’il provoque est une susceptibilité accrue à l’infection. Le védolizumab comprend un risque théorique d’infection du cerveau grave appelée leucoencéphalopathie multifocale progressive (LEMP) parce que cette infection a été rapportée avec l’utilisation d’un médicament apparenté appelé natalizumab.

L’ustékinumab est un autre médicament biologique destiné aux personnes atteintes de rectocolite hémorragique modérée à sévère qui n’ont pas répondu aux inhibiteurs du TNF ou à d’autres médicaments immunomodulateurs ou qui ne tolèrent pas bien ces médicaments. La première dose est administrée par voie intraveineuse, et les suivantes par injections sous-cutanées toutes les 8 semaines. Les effets secondaires incluent des réactions au site d’injection (douleur, rougeur, gonflement), des symptômes semblables à ceux du rhume, des frissons et des maux de tête.

L’adalimumab, le golimumab, le guselkumab, le risankizumab, le mirikizumab (autres agents biologiques) sont prescrits pour la maladie de Crohn modérée à sévère ou la rectocolite hémorragique. Pour certains de ces médicaments, les tests hépatiques sont contrôlés avant et pendant le traitement afin de vérifier qu’il n’y a pas de lésions hépatiques. Les médecins surveillent également la personne à la recherche d’autres symptômes, notamment des réactions au site d’injection, des éruptions cutanées et des infections virales.

Tableau
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Agents à petite molécule

Le tofacitinib est un médicament administré par voie orale deux fois par jour pour les adultes atteints de rectocolite hémorragique modérée à sévère. Ce médicament est un inhibiteur de Janus kinase (JAK). En fait, il ne s’agit pas d’un agent biologique, car il est fabriqué par des processus chimiques plutôt que par des organismes vivants. Cependant, il partage de nombreuses caractéristiques avec des agents biologiques, y compris de nombreux effets secondaires. Le tofacitinib interfère avec la communication entre les cellules coordinatrices de l’inflammation en inhibant une enzyme (la Janus kinase, ou JAK). Les effets indésirables graves comprennent : sensibilité accrue aux infections, développement d’un caillot sanguin (comme dans la thrombose veineuse profonde ou l’embolie pulmonaire), infarctus du myocarde et accident vasculaire cérébral.

L’upadacitinib est un médicament administré une fois par jour par voie orale aux adultes atteints de rectocolite hémorragique modérée à sévère. Il s’agit également d’un inhibiteur de JAK (décrit ci-dessus). En général, les effets indésirables sont similaires à ceux des autres inhibiteurs de JAK (comme le tofacitinib). Les inhibiteurs de JAK peuvent provoquer des troubles du sang, auquel cas le médicament est arrêté. Ils sont également administrés avec prudence aux personnes qui présentent un risque de certains troubles gastro-intestinaux, et ils doivent être évités chez les personnes présentant un risque accru d’événements cardiovasculaires tels qu’une crise cardiaque, un accident vasculaire cérébral, voire le décès.

L’ozanimod est un médicament administré par voie orale pour les adultes atteints de rectocolite hémorragique active modérée à sévère. Ce médicament ne doit pas être utilisé par les personnes qui ont eu un infarctus du myocarde, une douleur thoracique (angor instable), un accident vasculaire cérébral ou un mini-accident vasculaire cérébral (accident ischémique transitoire ou AIT) ou certains types d’insuffisance cardiaque au cours des 6 derniers mois. Ce médicament ne doit pas non plus être pris par des personnes qui présentent ou ont eu des antécédents de certains types de battements cardiaques irréguliers ou anormaux (arythmie) qui ne sont pas corrigés par un stimulateur cardiaque, par des personnes atteintes d’apnée du sommeil sévère non traitée, ou par des personnes prenant un inhibiteur de la monoamine oxydase (IMAO, comme la sélégiline, la phénelzine et le linézolide). L’ozanimod peut augmenter le risque d’infections, ralentir le rythme cardiaque, réduire le nombre de globules blancs et provoquer des lésions hépatiques.

L’étrasimod agit en modifiant la réponse immunitaire, réduisant ainsi le mouvement des globules blancs dans les tissus enflammés. Il s’agit du mécanisme par lequel le médicament contrôle l’inflammation du tube digestif. Cependant, ce mécanisme peut également affaiblir le système immunitaire au point d’accroître le risque d’infections, dont certaines peuvent être graves. Les personnes atteintes de certaines maladies cardiovasculaires (par exemple, infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral et insuffisance cardiaque) ne doivent pas prendre d’étrasimod.

Sévérité des symptômes

Les personnes qui présentent une rectite ulcérée ou une colite n’affectant qu’une partie du côlon à proximité du rectum sont traitées par lavements de mésalamine. Les personnes qui ne répondent pas ou sont intolérantes à la mésalamine sont traitées par stéroïdes et lavements de budésonide.

Les personnes dont la maladie est modérée ou étendue sont traitées par mésalamine par voie orale en plus de lavements de mésalamine. Les personnes dont les symptômes sont sévères et celles qui affichent toujours des symptômes sous mésalamine prennent généralement des stéroïdes par voie orale, comme la prednisone. La prednisone prescrite à forte dose entraîne une rémission spectaculaire. Une fois l’inflammation contrôlée par la prednisone, la sulfasalazine, l’olsalazine ou la mésalamine sont souvent préconisées pour maintenir l’amélioration. La dose de prednisone est progressivement diminuée et le traitement est finalement arrêté, car l’utilisation prolongée de stéroïdes entraîne presque toujours des effets secondaires.

Les personnes dont les symptômes réapparaissent lorsque la prednisone est diminuée sont parfois traitées avec un médicament immunomodulateur (azathioprine ou mercaptopurine). Par ailleurs, chez certaines personnes, un traitement par infliximab, adalimumab, védolizumab, golimumab, ustékinumab, tofacitinib, ou ozanimod est bénéfique.

Les personnes atteintes de colite sévère sont hospitalisées, et un traitement par stéroïdes à forte dose ainsi que des liquides sont administrés par voie intraveineuse. Les médecins peuvent continuer à donner de la mésalamine. Une hémorragie rectale importante motive une transfusion sanguine. Les personnes qui ne répondent pas à ces traitements dans un délai de 3 à 7 jours peuvent être traitées par infliximab, védolizumab ou ciclosporine par voie intraveineuse ou peuvent avoir besoin d’une intervention chirurgicale pour enlever le côlon. Les personnes atteintes de colite sévère ou difficile à traiter, mais qui n’ont pas besoin d’être hospitalisées, peuvent recevoir du tacrolimus.

Colite fulminante (colite toxique)

Les personnes dont la maladie survient brusquement, rapidement et s’accompagne de douleurs intenses ou susceptibles d’avoir développé une colite toxique sont hospitalisées. Tous les antidiarrhéiques sont arrêtés, aucun aliment ni médicament n’est administré par voie orale, et les médecins introduisent une sonde par le nez et dans l’estomac ou l’intestin grêle pour en retirer le contenu. Les personnes reçoivent des liquides intraveineux et des électrolytes, ainsi qu’un traitement intraveineux à forte dose par stéroïdes ou ciclosporine. Les médecins prescrivent également des antibiotiques. Les personnes peuvent recevoir de l’infliximab.

Les personnes sont étroitement surveillées pour détecter des signes d’infection ou de perforation. Les personnes dont l’état ne s’améliore pas dans un délai de 24 à 48 heures doivent être opérées en urgence pour retirer l’ensemble ou la plupart du gros intestin.

Régimes d’entretien

Pour prévenir la réapparition des symptômes (c’est-à-dire pour maintenir la rémission), les personnes continuent généralement à prendre le médicament qui a efficacement traité leur maladie. Cependant, si un stéroïde a été utilisé pour traiter leur maladie, la dose est réduite et il est finalement arrêté (et un autre médicament est utilisé). La mésalamine par voie orale ou rectale est souvent utilisée en association avec d’autres médicaments comme traitement d’entretien.

Chirurgie

Environ 20 à 40 % des personnes qui présentent une rectocolite hémorragique étendue ont besoin d’être opérées. Parmi les indications chirurgicales figurent la colite chronique invalidante ou nécessitant constamment de fortes doses de stéroïdes, le cancer, et le rétrécissement du gros intestin ou le retard de croissance chez l’enfant. Une chirurgie en urgence peut être nécessaire en cas de poussée aiguë potentiellement mortelle avec saignement massif, perforation ou colite fulminante.

La résection complète du gros intestin, du rectum et de l’anus (proctocolectomie totale) guérit de manière définitive la rectocolite hémorragique, restaure l’espérance de vie à la normale, et élimine le risque de cancer du côlon. Cependant, une inflammation se développe dans l’intestin grêle chez environ 25 % des personnes après l’intervention chirurgicale, même si leur intestin grêle n’était pas touché auparavant.

La chirurgie la plus fréquente est une procédure appelée proctolectomie avec anastomose iléo-anale (AIA). Dans cette procédure, le gros intestin et la plupart du rectum sont retirés, et un petit réservoir est créé à partir de la fin de l’intestin grêle venant s’anastomoser au résidu rectal près de l’anus. Les muscles de l’anus (sphincter anal) n’étant pas retirés, cette procédure permet aux personnes de garder le contrôle de leur intestin (continence). Cependant, étant donné qu’il peut persister une faible quantité de tissu du rectum, le risque de cancer est diminué de façon significative, mais pas éliminé.

Une complication fréquente de l’AIA est l’inflammation du réservoir (appelée pochite). Les médecins prescrivent des antibiotiques pour traiter les pochites. La plupart des cas de pochite peuvent être contrôlés avec des médicaments, mais un faible pourcentage ne peut pas l’être. Pour ces cas, le médecin crée une iléostomie afin de corriger le problème. Dans une iléostomie, le chirurgien ramène l’extrémité de la portion inférieure de l’intestin grêle (iléon) à l’extérieur à travers une ouverture réalisée dans la paroi abdominale (stomie). Les personnes font l’objet d’une iléostomie doivent porter en permanence une poche plastique (poche d’iléostomie) sur l’ouverture afin de collecter l’écoulement de selles. L’iléostomie était auparavant le passage obligé pour la guérison.

Pronostic de la rectocolite hémorragique

La rectocolite hémorragique est généralement chronique, évoluant par poussées et rémissions (périodes sans symptômes) répétées. Une poussée initiale rapidement progressive conduit à de graves complications chez certaines personnes. Chez d’autres, la récupération complète survient après une seule crise. Les personnes restantes ont une maladie plus ou moins récurrente.

Les personnes dont la maladie n’atteint que le rectum (rectite ulcérée) ont le meilleur pronostic. Les complications graves sont rares. Néanmoins, la maladie peut s’étendre à tout le côlon (évoluant ainsi en rectocolite hémorragique) dans certains cas. Chez les personnes dont la rectite ulcérée ne s’est pas étendue, une intervention chirurgicale est rarement nécessaire, les taux de cancer ne sont pas augmentés et l’espérance de vie est normale.

Cancer du côlon

Le taux de survie à long terme des personnes atteintes d’un cancer du côlon consécutif à une rectocolite hémorragique est d’environ 75 %. Les chances de survie sont plus élevées si le diagnostic est posé aux stades précoces de la maladie et si le côlon est retiré à temps.

Informations supplémentaires

Informations sur le médicament pour le sujet

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