La phaeohyphomycose correspond à des infections provoquées par des champignons dématiés sombres, pigmentés par la mélanine. Elle se distingue de la chromoblastomycose et du mycétome par l'absence de signes histopathologiques spécifiques. Le traitement se fait avec l'itraconazole ou parfois avec d'autres triazoles ou la terbinafine.
(Voir aussi Revue générale des infections mycosiques.)
Les phaeohyphomycoses peuvent être provoquées par de nombreuses espèces de champignons dématiés, ou noirs en raison de la présence de mélanine dont les espèces de Bipolaris, Cladophialophora, Cladosporium, Exophiala, Fonsecaea, Phialophora, Ochronosis, Rhinocladiella et Wangiella.
Bien que certaines espèces de ces champignons puissent provoquer une phaéohyphomycose chez les patients immunocompétents, les champignons pigmentés sont de plus en plus reconnus comme des opportunistes; presque tous les cas d'infection disséminée se produisent chez les patients immunodéprimés. Les infections liées aux champignons dématiés sont rarement mortelles chez le patient dont les mécanismes de défense de l'hôte sont intacts; cependant, certaines espèces (principalement Cladophialophora bantiana) peuvent provoquer un abcès cérébral chez le patient immunocompétent (1).
Les syndromes cliniques comprennent les sinusites invasives, parfois avec nécrose osseuse, ainsi que des nodules sous-cutanés ou des abcès, des kératites, des masses pulmonaires, des ostéomyélites, des arthrites mycotiques, des endocardites, des abcès cérébraux ou des infections disséminées.
Référence générale
1. Revankar SG, Sutton DA, Rinaldi MG. Primary central nervous system phaeohyphomycosis: a review of 101 cases. Clin Infect Dis. 2004;38(2):206-216. doi:10.1086/380635
Diagnostic de la phaeohyphomycose
Examen utilisant une coloration de Masson-Fontana
Culture pour identifier les espèces en cause
Les champignons dématiés peuvent souvent être identifiés dans les prélèvements de tissus avec les colorations habituelles à l'hématoxyline et à l'éosine; ils apparaissent sous la forme de cellules brunes ressemblant à de la levure ou à des hyphes, reflétant leur contenu élevé en mélanine. La coloration de Masson-Fontana pour la mélanine confirme leur présence (1).
La phaeohyphomycose se distingue de la chromoblastomycose et du mycétome par l'absence de signes histopathologiques spécifiques tels que des corps scléreux ou des grains dans les tissus.
La culture est nécessaire pour identifier les espèces en cause.
Référence pour le diagnostic
1. Chowdhary A, Meis JF, Guarro J, et al. ESCMID and ECMM joint clinical guidelines for the diagnosis and management of systemic phaeohyphomycosis: diseases caused by black fungi. Clin Microbiol Infect. 2014;20 Suppl 3:47-75. doi:10.1111/1469-0691.12515
Traitement de la phaeohyphomycose
Dans le cas de nodules sous-cutanés, la chirurgie et/ou l'itraconazole
Pour les abcès cérébraux ou les infections disséminées, une association de médicaments antifongiques
(Voir aussi Médicaments antifongiques.)
Il n'existe aucun traitement standard; le traitement de la phaéohyphomycose dépend de la présentation clinique et de l'état immunitaire du patient.
Dans le cas de nodules sous-cutanés, la chirurgie à elle seule peut être curative. L'itraconazole a une excellente activité et a été le plus couramment utilisé, bien que le voriconazole soit de plus en plus utilisé avec d'excellents résultats (1). La durée du traitement varie mais peut aller de 6 semaines à > 12 mois. Le posaconazole est un agent alternatif bien toléré, mais il existe moins de données cliniques dans ce contexte par rapport aux autres antifongiques (2).
Pour un abcès cérébral, le traitement doit comprendre une résection chirurgicale si possible.
Pour les abcès cérébraux ou les infections disséminées, une thérapie combinée (p. ex., avec 2 ou 3 médicaments, dont au moins l'un est un azole) est souvent utilisée; cependant, les résultats cliniques sont généralement médiocres, quel que soit le traitement (2).
L'amphotéricine B s'est révélée utile dans certains cas.
Références pour le traitement
1. Noguchi H, Matsumoto T, Kimura U, et al. Empiric antifungal therapy in patients with cutaneous and subcutaneous phaeohyphomycosis. J Dermatol. 2022;49(5):564-571. doi:10.1111/1346-8138.16312
2. Chowdhary A, Meis JF, Guarro J, et al. ESCMID and ECMM joint clinical guidelines for the diagnosis and management of systemic phaeohyphomycosis: diseases caused by black fungi. Clin Microbiol Infect. 2014;20 Suppl 3:47-75. doi:10.1111/1469-0691.12515



