Lithiase de la voie biliaire principale (cholédocienne) et angiocholite

ParYedidya Saiman, MD, PhD, Lewis Katz School of Medicine, Temple University
Reviewed ByMinhhuyen Nguyen, MD, Fox Chase Cancer Center, Temple University
Vérifié/Révisé Modifié oct. 2025
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La lithiase cholédocienne correspond à la présence de calculs dans les voies biliaires; les calculs peuvent se former dans la vésicule biliaire ou dans les canaux biliaires eux-mêmes. La présence de calculs dans la voie biliaire principale peut déclencher une colique hépatique, une obstruction biliaire, une pancréatite biliaire ou une angiocholite (infection et inflammation des voies biliaires). L'angiocholite, à son tour, peut induire des sténoses, une stase, et une lithiase de la voie biliaire principale. Le diagnostic est principalement clinique et échographique, mais peut nécessiter la visualisation des calculs par cholangiopancréatographie par résonance magnétique ou CPRE (cholangiopancréatographie rétrograde endoscopique). La libération chirurgicale ou endoscopique précoce des voies biliaires est indiquée.

(Voir aussi Revue générale de la fonction biliaire.)

Les calculs peuvent être décrits comme:

  • Une lithiase primitive (faite habituellement de calculs pigmentés marron) qui se forme dans les voies biliaires

  • Une lithiase secondaire (habituellement cholestérolique) qui se forme dans la vésicule biliaire mais migre dans la voie biliaire principale

  • Une lithiase résiduelle ignorée au moment de la cholécystectomie (évidente < 3 ans plus tard)

  • Calculs récidivants, qui se développent dans les canaux > 3 ans après l'intervention chirurgicale, bien qu'ils puissent survenir dans les 6 mois si des facteurs de risque sont présents

Dans les pays industrialisés, > 85% des lithiases de la voie biliaire principale sont secondaires (1); les patients qui en sont affectés ont en général des calculs dans la vésicule biliaire. Par ailleurs, jusqu'à 10% des patients qui ont une lithiase vésiculaire symptomatique ont également une lithiase associée de la voie biliaire principale (1, 2). Après cholécystectomie, une lithiase faite de calculs bruns pigmentaires peut survenir, du fait d'une stase (p. ex., en amont d'une sténose post-opératoire) et d'une infection. La proportion de la lithiase canalaire pigmentaire après cholécystectomie augmente avec le temps.

Une lithiase de la voie biliaire principale peut migrer dans le duodénum de façon asymptomatique. Une colique biliaire se produit lorsque les conduits sont partiellement obstrués. Une obstruction plus complète entraîne une dilatation des voies biliaires, un ictère et, à terme, une angiocholite ascendante avec infection bactérienne. Les calculs qui obstruent l'ampoule de Vater peuvent causer une pancréatite biliaire, la cause la plus fréquente de pancréatite aiguë (2). Certains patients (habituellement âgés) peuvent présenter une obstruction biliaire lithiasique asymptomatique.

Dans une angiocholite aiguë, une obstruction des voies biliaires permet aux bactéries de remonter à partir du duodénum. La plupart (85%) des cas (1) sont dues à des calculs de la voie biliaire principale, mais une obstruction biliaire peut aussi être due à une tumeur ou à d'autres maladies (voir tableau Causes d'obstruction des voies biliaires). Les microorganismes infectieux fréquemment observés comprennent des bactéries Gram négatives (p. ex., Escherichia coli, Klebsiella spp, Enterobacter spp); moins courantes sont les bactéries Gram positives (p. ex., Enterococcus spp) et des anaérobies mixtes (p. ex., Bacteroides spp, Clostridia spp). Les symptômes comprennent des douleurs abdominales, un ictère, une fièvre ou des frissons (triade de Charcot). La triade de Charcot est spécifique (90%) mais pas particulièrement sensible dans le cas de la cholangite (3). L'abdomen est sensible et le foie est souvent douloureux et hypertrophié (il peut contenir des abcès). La confusion et l'hypotension en plus de la triade de Charcot sont désignées comme le pentade de Reynolds.

Pièges à éviter

  • Suspecter une cholangite aiguë (urgence chirurgicale) en cas de douleurs abdominales, d'ictère, de fièvre ou de frissons.

Tableau
Tableau

L'angiocholite pyogénique récidivante (cholangiohépatite, lithiase intrahépatique) est caractérisée par des calculs pigmentaires, bruns, intra-hépatiques. Ce trouble survient chez les patients d'origine asiatique (4). Il consiste en des boues et des débris bactériens dans les voies biliaires ainsi qu'une dilatation de l'arbre biliaire. La dénutrition et les infestations parasitaires (p. ex., Clonorchis sinensis, Opisthorchis viverrini) augmentent la sensibilité. Une infestation parasitaire peut entraîner un ictère obstructif avec une inflammation intracanalaire, une stase proximale, la formation de calculs et une angiocholite. Des cycles récidivants d'obstruction, d'infection et d'inflammation, des sténoses biliaires peuvent conduire à une cirrhose biliaire. Les voies biliaires extra-hépatiques ont tendance à être dilatées, alors que les voies biliaires intra-hépatiques apparaissent rectilignes en raison d'une fibrose péricanalaire.

Une cholangiographie directe peut, dans la cholangiopathie liée au VIH à un stade avancé ou l'angiocholite, révéler des anomalies semblables à celles de la cholangite sclérosante primitive ou de la sténose papillaire (c'est-à-dire, des sténoses et des dilatations multiples impliquant les voies biliaires intra- et extra-hépatiques). L'étiologie est infectieuse, avec Cryptosporidium parvum, cytomégalovirus ou microsporidia.

Références générales

  1. 1. Stinton LM, Shaffer EA. Epidemiology of gallbladder disease: Cholelithiasis and cancer. Gut Liver. 2012;6(2):172-187, 2012. doi: 10.5009/gnl.2012.6.2.172

  2. 2. ASGE Standards of Practice Committee, Buxbaum JL, Abbas Fehmi SM, et al. ASGE guideline on the role of endoscopy in the evaluation and management of choledocholithiasis. Gastrointest Endosc. 2019;89(6):1075-1105.e15. doi:10.1016/j.gie.2018.10.001

  3. 3. An Z, Braseth AL, Sahar N. Acute Cholangitis: Causes, Diagnosis, and Management. Gastroenterol Clin North Am. 2021;50(2):403-414. doi:10.1016/j.gtc.2021.02.005

  4. 4. Kwan KEL, Shelat VG, Tan CH. Recurrent pyogenic cholangitis: a review of imaging findings and clinical management. Abdom Radiol (NY). 2017;42(1):46-56. doi:10.1007/s00261-016-0953-y

Diagnostic de la lithiase de la voie biliaire principale (cholédocienne) et angiocholite

  • Examens complémentaires

  • Hémocultures

  • Échographie

  • Parfois cholangiopancréatographie par résonance magnétique (CPIRM), ou cholangiopancréatographie rétrograde endoscopique (CPRE), ou tomodensitométrie (TDM) abdominale

La lithiase de la voie biliaire principale doit être suspectée en cas d'ictère et de colique hépatique. La fièvre et la leucocytose suggèrent de plus une angiocholite aiguë. Des taux élevés de bilirubine, de phosphatases alcalines, d'alanine aminotransférase et de gamma-glutamyltransférase sont évocateurs d'une obstruction extra-hépatique par lithiase, en particulier en cas de cholécystite ou d'angiocholite aiguës.

Si l'on suspecte une angiocholite aiguë, une NFS et des hémocultures doivent être également effectuées. Une leucocytose est fréquente, et les aminotransférases peuvent atteindre 1000 UI/L (16,7 mckat/L), suggérant une nécrose hépatique aiguë, souvent due à des microabcès. Les hémocultures guident le choix des antibiotiques.

L'échographie peut révéler des calculs dans la vésicule biliaire et éventuellement dans la voie biliaire principale (moins précis). La voie biliaire principale est dilatée (> 6 mm de diamètre si la vésicule biliaire est intacte; > 10 mm après cholécystectomie). Si les voies biliaires ne sont pas dilatées au début (p. ex., le premier jour), alors les calculs ont probablement migré. En cas de doute, une cholangiopancréatographie par résonance magnétique (CPIRM) est très précise pour le diagnostic de lithiase résiduelle. La cholangiopancréatographie rétrograde endoscopique (CPRE) avec ou sans échoendoscopie est réalisée si la cholangiopancréatographie par résonance magnétique (CPIRM) est équivoque; la CPRE peut être thérapeutique ainsi que diagnostique. Le TDM, bien que moins précise que l'échographie, peut détecter les abcès hépatiques et la dilatation des voies biliaires.

Traitement de la cholédocholithiase et de la cholangite

  • Cholangiopancréatographie rétrograde endoscopique (CPRE) et sphynctérotomie

Si l'on suspecte une obstruction biliaire, une CPRE (cholangiopancréatographie rétrograde endoscopique) et une sphinctérotomie endoscopique sont nécessaires pour l'ablation des calculs. La fragmentation endoscopique des calculs (lithotritie mécanique intracorporelle ou par laser) pour faciliter la dissolution et l'élimination des calculs peut être envisagée pour les calculs qui ne sont pas facilement éliminables par des méthodes standards (p. ex., un panier de récupération endoscopique ou un ballonnet). Le taux de réussite dépasse 95% (1, 2); environ 5% des patients ont des complications à court terme (p. ex., hémorragie, pancréatite, infection) (1). Les complications à long terme (p. ex., récidive du calcul, fibrose et la sténose canalaire ultérieure) sont plus fréquentes. La cholécystectomie laparoscopique, qui se prête moins bien à la cholangiographie opératoire ou à l'exploration de la voie biliaire principale, peut être réalisée de manière élective après une cholangiopancréatographie rétrograde endoscopique (CPRE) et une sphinctérotomie; chez les patients à haut risque de complications avec la cholécystectomie (p. ex., les personnes âgées), la sphinctérotomie seule constitue une alternative.

Une angiocholite aiguë est une urgence qui nécessite des soins de support agressifs et une ablation urgente des calculs et un drainage, par voie endoscopique ou chirurgicale (3). Des antibiotiques sont administrés, semblables à ceux utilisés dans la cholécystite aiguë (voir Cholécystite aiguë: Traitement). Les schémas antibiotiques empiriques comprennent une pénicilline avec inhibiteur de bêta-lactamase (p. ex., pipéracilline/tazobactam), une céphalosporine de troisième génération (p. ex., céfotaxime) ou le méropénem. Une alternative chez les patients en état général critique est représentée par le méropénème et la ciprofloxacine, plus le métronidazole pour couvrir les germes anaérobies.

En cas d'angiocholite pyogénique récidivante, le traitement consiste en des soins de support (p. ex., antibiotiques à large spectre), éradication d'éventuels parasites, libération mécanique des canaux des calculs et débris par voie endoscopique (par CPRE [cholangiopancréatographie rétrograde endoscopique]) ou chirurgicale.

Références pour le traitement

  1. 1. ASGE Standards of Practice Committee. The role of ERCP in benign diseases of the biliary tract. Gastrointest Endosc. 2015;81(4):795-803. doi: 10.1016/j.gie.2014.11.019

  2. 2. ASGE Standards of Practice Committee, Buxbaum JL, Abbas Fehmi SM, et al. ASGE guideline on the role of endoscopy in the evaluation and management of choledocholithiasis. Gastrointest Endosc. 2019;89(6):1075-1105.e15. doi:10.1016/j.gie.2018.10.001

  3. 3. An Z, Braseth AL, Sahar N. Acute Cholangitis: Causes, Diagnosis, and Management. Gastroenterol Clin North Am. 2021;50(2):403-414. doi:10.1016/j.gtc.2021.02.005

Points clés

  • Dans les pays industrialisés, > 85% des calculs du cholédoque se forment dans la vésicule biliaire et migrent vers les voies biliaires; la plupart sont des calculs de cholestérol.

  • Suspecter des calculs du cholédoque en cas de coliques biliaires, d'ictère inexpliqué, et/ou de taux de phosphatase alcaline et de gamma-glutamyltransférase élevés.

  • Le diagnostic est établi par échographie et, si non concluante, une cholangiopancréatographie par résonance magnétique (CPIRM).

  • Une CPRE (cholangiopancréatographie rétrograde endoscopique) et une sphinctérotomie doivent être effectuées pour éliminer un calcul obstructif.

  • En cas de cholangite aiguë, administrer des antibiotiques et enlever les calculs dès que possible.

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