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Prise en charge de la douleur

Par

James C. Watson

, MD, Mayo Clinic College of Medicine and Science

Dernière révision totale avr. 2020| Dernière modification du contenu avr. 2020
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Parfois, le traitement de la maladie sous-jacente supprime ou soulage la douleur. Par exemple, la confection d’un plâtre en cas de fracture osseuse ou l’administration d’antibiotiques en cas d’infection articulaire soulagent la douleur. Cependant, même si la maladie sous-jacente peut être traitée, il peut s’avérer nécessaire de recourir à des médicaments susceptibles de soulager rapidement la douleur (antalgiques).

Les médecins choisissent un antalgique selon le type et la durée de la douleur, et selon les bénéfices et les risques du médicament. La plupart des antalgiques sont efficaces contre la douleur nociceptive Douleur nociceptive La douleur nociceptive est due à une lésion tissulaire. (Voir également Présentation de la douleur.) La plupart des douleurs sont d’ordre nociceptif. Elles résultent de la stimulation des récepteurs... en apprendre davantage (due à des lésions ordinaires des tissus), mais sont moins efficaces contre la douleur neuropathique Douleur neuropathique La douleur neuropathique est provoquée par une lésion ou un dysfonctionnement des nerfs, de la moelle épinière ou du cerveau. (Voir également Présentation de la douleur.) La douleur neuropathique... en apprendre davantage (due à des blessures ou à un dysfonctionnement des nerfs, de la moelle épinière ou du cerveau), qui exigent souvent différents médicaments. Les traitements non médicamenteux Traitements antalgiques non médicamenteux Parfois, le traitement de la maladie sous-jacente supprime ou soulage la douleur. Par exemple, la confection d’un plâtre en cas de fracture osseuse ou l’administration d’antibiotiques en cas... en apprendre davantage sont importants dans certains types de douleur, principalement les douleurs chroniques Douleur chronique La douleur chronique est une douleur qui dure ou récidive pendant plusieurs mois ou plusieurs années. En général, la douleur est considérée comme chronique dans les cas suivants : Dure depuis... en apprendre davantage .

Le saviez-vous ?

  • La douleur peut presque toujours être soulagée, au moins partiellement.

Les antalgiques se divisent en trois catégories :

  • Antalgiques non opioïdes

  • Antalgiques opioïdes (narcotiques)

  • Antalgiques adjuvants (médicaments généralement utilisés pour traiter d’autres affections, telles que les convulsions ou la dépression, mais qui peuvent également soulager la douleur)

Antalgiques non opioïdes

De nombreux antalgiques non opioïdes sont disponibles. Ils sont souvent efficaces pour une douleur légère à modérée. Ces médicaments sont les plus utilisés pour traiter la douleur. Les personnes ne deviennent pas physiquement dépendantes de ces médicaments ou tolérantes à leurs effets antalgiques.

L’aspirine et le paracétamol sont disponibles sans prescription (en vente libre). Plusieurs autres antalgiques non opioïdes (comme ibuprofène, kétoprofène, et naproxène) sont disponibles sans et avec ordonnance, en général à des formulations à plus forte dose, avec des composants plus actifs par dose que les formulations en vente libre.

Les antalgiques en vente libre sont raisonnablement sûrs pour une administration de courte durée, mais la notice d’information mentionne un risque en cas d’administration pour une durée supérieure à 7 à 10 jours. Lorsque la douleur persiste ou s’aggrave, il faut consulter un médecin.

Anti-inflammatoires non stéroïdiens

La plupart des antalgiques non opioïdes figurent parmi les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Ceux-ci sont utilisés pour traiter une douleur faible à modérée et peuvent être associés aux opioïdes pour traiter une douleur modérée à intense. Les AINS soulagent la douleur, mais peuvent également permettre de réduire l’inflammation qui souvent accompagne et aggrave la douleur. Cependant, pour réduire l’inflammation, les AINS doivent généralement être pris à des doses élevées et pendant une période relativement longue.

Tous les AINS peuvent être administrés par voie orale. Deux AINS, le kétorolac et le diclofénac, peuvent également être administrés par injection dans une veine (intraveineuse) ou un muscle (intramusculaire). L’indométacine peut être administrée en suppositoire inséré dans le rectum. Le diclofénac est également disponible sous forme de crème.

Bien que largement utilisés, les AINS peuvent avoir des effets secondaires, parfois graves.

La prise d’AINS sur une courte durée ne risque pas de causer de graves problèmes. Les personnes qui prennent des AINS pendant une longue période sont plus susceptibles de développer des problèmes. Ces personnes doivent consulter régulièrement leur médecin pour vérifier qu’elles ne présentent pas d’hypertension artérielle, d’insuffisance rénale et d’ulcères ou des saignements dans le tube digestif, et pour évaluer leur risque de maladie cardiaque et d’AVC.

Le risque d’effets secondaires peut augmenter chez certains groupes de personnes, tels que :

  • Chez les personnes âgées, le risque d’effets secondaires dus aux AINS augmente, particulièrement avec l’indométacine et le kétorolac.

  • En cas de prise régulière d’alcool et d’AINS, le risque de troubles digestifs, d’ulcères et hépatopathies (maladies du foie) augmente.

  • Chez des personnes présentant une maladie coronarienne, d’autres troubles cardiaques ou vasculaires (cardiovasculaire), ou des facteurs de risque pour ces maladies, le risque d’infarctus du myocarde et d’AVC peut être supérieur.

Chez les personnes âgées et les patients présentant une insuffisance cardiaque, une hypertension, une hépatopathie ou une néphropathie, un contrôle médical est nécessaire en cas de prise d’AINS. Certains médicaments prescrits pour le cœur ou pour l’hypertension artérielle peuvent perdre de leur efficacité lorsqu’ils sont administrés avec les AINS.

Le saviez-vous ?

  • En cas de prise de longue durée, les AINS, y compris ceux disponibles sans prescription, peuvent avoir de graves effets secondaires.

Les AINS ont une durée d’action très variable. Bien que les AINS soient d’efficacité quasi égale, les personnes y répondent différemment. Une personne peut trouver un médicament donné plus efficace ou ayant moins d’effets secondaires qu’une autre.

Aspirine

L’aspirine (acide acétylsalicylique) est utilisée depuis environ 100 ans. Elle est prise par voie orale et permet un soulagement de la douleur pendant environ 4 à 6 heures.

Sachant que l’aspirine peut irriter l’estomac, elle peut être associée à un antiacide (dans un composé tamponné) pour diminuer cet effet. Les antiacides créent un milieu alcalin qui contribue à la dissolution de l’aspirine et permet ainsi de réduire le temps de contact de l’aspirine avec la muqueuse gastrique. Cependant, l’aspirine tamponnée peut tout de même irriter l’estomac, car elle diminue également la production de substances protectrices de la muqueuse gastrique. Il s’agit d’un type de prostaglandines, des substances similaires aux hormones.

L’aspirine gastro-résistante (entéro-protégée) a été développée pour traverser intacte l’estomac et se dissoudre au niveau de l’intestin grêle, réduisant ainsi au maximum l’irritation gastrique directe. (Entéro- se réfère au petit intestin) Cependant, l’aspirine gastro-résistante peut être absorbée irrégulièrement. Si elle est ingérée en même temps que de la nourriture, l’aspirine n’est pas absorbée rapidement, car les aliments ralentissent la vidange gastrique. La rémission de la douleur en est retardée.

L’aspirine augmente le risque d’hémorragie dans l’organisme, car elle réduit la fonction des plaquettes (fragments cellulaires dans le sang qui facilitent la coagulation). Les personnes qui ont une propension aux ecchymoses peuvent être particulièrement exposées à cet effet lors de la prise d’aspirine. Une personne qui a des antécédents de coagulopathie ou d’hypertension artérielle non contrôlée ne doit pas prendre d’aspirine sans avis médical. Les personnes qui prennent de l’aspirine et des anticoagulants (tels que la warfarine) doivent être étroitement surveillées pour éviter la survenue d’hémorragies potentiellement mortelles. (Les anticoagulants interfèrent également avec la coagulation du sang.) Habituellement, l’aspirine doit être arrêtée la semaine précédant une intervention chirurgicale programmée.

L’aspirine peut aggraver l’asthme. Les personnes qui présentent une polypose nasale ont tendance à développer un sifflement respiratoire lors de la prise d’aspirine. Certaines personnes qui sont sensibles (allergiques) à l’aspirine peuvent développer une réaction allergique sévère (anaphylaxie Réactions anaphylactiques Les réactions anaphylactiques sont des réactions allergiques brutales, diffuses, potentiellement graves, voire mortelles. Les réactions anaphylactiques commencent souvent par une sensation de... en apprendre davantage ) avec éruption, prurit, troubles respiratoires graves ou choc Choc Le choc est une maladie potentiellement fatale dans laquelle l’irrigation sanguine des organes est faible, ce qui diminue l’apport d’oxygène et provoque des lésions organiques et parfois le... en apprendre davantage . Cette réaction anaphylactique nécessite l’intervention immédiate d’un médecin.

À des doses très élevées, l’aspirine peut induire des effets secondaires graves, tels que des troubles respiratoires, de la fièvre et une confusion. L’un des premiers signes d’intoxication est la perception de bruits anormaux (acouphènes Tintement ou bourdonnement d’oreille Le tintement d’oreille ou acouphène est un bruit qui trouve son origine dans l’oreille plutôt que dans l’environnement. Il s’agit d’un symptôme et non d’une maladie spécifique. L’acouphène est... en apprendre davantage ).

La plupart des enfants et des adolescents présentant ou ayant présenté une grippe ou une varicelle ne doivent pas recevoir d’aspirine, car celle-ci peut entraîner chez eux un syndrome de Reye Syndrome de Reye Le syndrome de Reye est une maladie très rare mais pouvant menacer le pronostic vital, qui provoque une inflammation et un gonflement du cerveau, ainsi qu’un dysfonctionnement et une perte de... en apprendre davantage . Bien que rare, ce syndrome peut provoquer de graves séquelles, voire le décès.

AINS topiques

Certains AINS sont disponibles sous forme de crèmes ou de gels appliqués directement sur la peau de la zone douloureuse. Le diclofénac, par exemple, peut être appliqué sur une articulation pour soulager la douleur de l’arthrose Arthrose L’arthrose est une maladie chronique altérant le cartilage et les tissus adjacents. Elle se caractérise par des douleurs, une raideur et une perte fonctionnelle. L’arthrite causée par l’altération... en apprendre davantage Arthrose et améliorer le mouvement. Le diclofénac est également disponible sous forme de patchs, qui peuvent être utilisés pour soulager la douleur aiguë due à des entorses, foulures et hématomes mineurs.

Ibuprofène, kétoprofène et naproxène

Les AINS tels que l’ibuprofène, le kétoprofène et le naproxène sont supposés être moins nocifs que l’aspirine pour l’estomac, bien que peu d’études comparatives entre ces différents médicaments aient été menées. Comme l’aspirine, ces médicaments peuvent provoquer des lésions digestives, des ulcères et une hémorragie gastro-intestinale. Ils peuvent aggraver l’asthme et augmenter la tension artérielle. La prise d’un de ces médicaments augmente probablement légèrement le risque d’AVC, d’infarctus du myocarde et de caillots dans les artères des jambes. Le risque peut être plus faible avec le naproxène qu’avec les autres AINS. Ainsi, le naproxène peut constituer un meilleur choix lorsque les personnes présentant un risque élevé de ces troubles nécessitent des AINS.

Bien que l’ibuprofène, le kétoprofène et le naproxène perturbent la coagulation de manière moins importante que l’aspirine, ils ne peuvent pas être pris en même temps que des anticoagulants (tels que la warfarine), hormis sous surveillance médicale.

Les personnes intolérantes à l’aspirine peuvent aussi être allergiques à l’ibuprofène, au kétoprofène et au naproxène. En cas d’éruption cutanée, de prurit, de difficultés respiratoires ou de choc, un avis médical urgent est nécessaire.

Coxibs (inhibiteurs de COX-2)

Les coxibs, comme le célécoxib, diffèrent des autres AINS. Les AINS classiques inhibent les deux enzymes suivantes :

  • La COX-1, qui est impliquée dans la production des prostaglandines qui protègent l’estomac et jouent un rôle crucial dans la coagulation.

  • La COX-2, qui est impliquée dans la production de prostaglandines qui favorisent l’inflammation.

Les coxibs ont tendance à inhiber principalement les enzymes COX-2. Les coxibs sont donc aussi efficaces que d’autres AINS sur le plan antalgique et anti-inflammatoire. Mais les coxibs sont moins susceptibles d’endommager l’estomac et de provoquer des nausées, des ballonnements, des brûlures d’estomac, des saignements et des ulcères gastroduodénaux. Ils sont aussi moins susceptibles d’entraîner des perturbations de la coagulation que d’autres AINS.

En raison de ces différences, les coxibs sont utilisés chez les personnes qui ne tolèrent pas les AINS ou présentent un risque élevé de complications (comme des hémorragies gastro-intestinales) liées à leur utilisation. À savoir :

  • Personnes âgées

  • Les personnes traitées par anticoagulants

  • Les personnes ayant des antécédents d’ulcères

  • Les personnes devant prendre des antalgiques pendant une longue période

Cependant, les coxibs, comme les autres AINS, semblent augmenter le risque de crise cardiaque, d’AVC et de caillots dans les jambes. Par conséquent, avant que les personnes atteintes de certaines affections reçoivent un coxib, elles sont informées sur le risque et la nécessité d’être étroitement suivies. À savoir :

  • Maladies cardiovasculaires (telles que maladie de l’artère coronaire)

  • AVC

  • Facteurs de risque de ces maladies

Les coxibs, comme les autres AINS, ne sont pas appropriés pour les personnes qui présentent une insuffisance cardiaque ou qui ont un risque élevé d’insuffisance cardiaque (comme celles qui ont eu un infarctus du myocarde).

Comment agissent les anti-inflammatoires non stéroïdiens

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) agissent de deux façons :

  • Ils réduisent la sensation de douleur.

  • À des doses élevées, ils réduisent l’inflammation qui accompagne souvent et aggrave la douleur.

Les AINS ont ces effets, car ils diminuent la production de substances semblables à des hormones appelées prostaglandines. Les différentes prostaglandines ont des fonctions différentes, notamment rendre les cellules nerveuses plus sensibles aux signaux de douleur et élargir (dilater) les vaisseaux sanguins.

La plupart des AINS diminuent la production de prostaglandines en bloquant deux enzymes appelées cyclo-oxygénases (COX-1 et COX-2), essentielles pour la formation des prostaglandines. Un seul type d’AINS, les coxibs (inhibiteurs de COX-2), a tendance à bloquer principalement les enzymes COX-2.

Seules les enzymes COX-2 sont impliquées dans la production de prostaglandines qui favorisent l’inflammation Le système immunitaire a pour mission de protéger l’organisme contre des envahisseurs étrangers ou dangereux. Ces envahisseurs peuvent être : Micro-organismes (généralement appelés germes, tels... en apprendre davantage et la douleur associée. Ces prostaglandines sont sécrétées en réponse à des traumatismes, brûlures, plaies, entorses, étirements ou infections. Il en résulte une inflammation, qui constitue une réponse protectrice. L’apport de sang à la zone lésée augmente, et permet d’acheminer liquides et globules blancs afin d’éliminer les tissus atteints et les éventuels micro-organismes qui ont envahi la région.

Les prostaglandines produites par l’action des enzymes COX-1 aident à protéger le tube digestif de l’acidité gastrique et ont un rôle important dans la coagulation du sang. Parce que la plupart des AINS bloquent les enzymes COX-1 et réduisent donc la production de ces prostaglandines, ils peuvent irriter la muqueuse gastrique. Cette irritation peut entraîner des troubles gastriques, des ulcères gastroduodénaux peptiques et des hémorragies des voies digestives.

Étant donné que les coxibs bloquent principalement les enzymes COX-2, ils sont moins susceptibles de provoquer des problèmes dus à l’irritation de l’estomac. Cependant, les coxibs bloquent certaines enzymes COX-1, donc même les coxibs peuvent légèrement augmenter le risque de survenue de ces problèmes.

Tableau
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Paracétamol

Le paracétamol est comparable à l’aspirine dans ses effets contre la douleur et la fièvre.

Mais contrairement aux AINS, le paracétamol a les caractéristiques suivantes :

  • Il n’a presque pas d’activité anti-inflammatoire utile

  • Il n’a pas d’influence sur la capacité du sang à coaguler

  • Il n’a presque aucun effet indésirable sur l’estomac

Son mécanisme d’action n’est pas complètement connu.

Le paracétamol est administré par voie orale ou en suppositoire inséré dans le rectum, et ses effets durent en moyenne 4 à 6 heures.

Le paracétamol semble être un médicament très sûr. De fortes doses peuvent cependant entraîner des lésions du foie, parfois irréversibles. Les personnes souffrant d’insuffisance hépatique doivent prendre des doses réduites par rapport à la normale. Il est moins certain que la prise de doses réduites sur de longues périodes ne soit pas nuisible au foie. Les personnes qui consomment de grandes quantités d’alcool ont probablement plus de risques de développer une lésion hépatique en cas d’utilisation de paracétamol. Les personnes qui prennent du paracétamol et cessent de s’alimenter du fait d’un rhume, d’une grippe ou pour une autre raison, sont davantage prédisposées à une atteinte hépatique.

Antalgiques opioïdes

Les antalgiques opioïdes (parfois appelés narcotiques) sont efficaces pour de nombreux types de douleur différents. Généralement, il s’agit des antalgiques les plus puissants.

Les opioïdes sont chimiquement liés à la morphine, une substance naturelle extraite du pavot. Certains opioïdes sont extraits d’autres plantes, et d’autres sont produits en laboratoire.

Les opioïdes sont les piliers du traitement des douleurs suivantes :

Les opioïdes sont utilisés dans ces affections pour leur efficacité dans le contrôle de la douleur.

Les opioïdes peuvent être sous-utilisés dans ces situations car les médecins :

Cependant, chez les personnes souffrant de douleurs dues à un cancer ou à une autre maladie au stade terminal ou qui sont en soins palliatifs, les inquiétudes relatives aux effets secondaires ne doivent pas limiter l’utilisation des opioïdes, car les effets secondaires peuvent généralement être prévenus ou contrôlés, et la dépendance est moins préoccupante.

Si la douleur chronique n’est pas due à un cancer ou à une maladie au stade terminal, les opioïdes ne constituent généralement pas le premier choix pour le traitement, car les effets secondaires d’un traitement par opioïdes à long terme peuvent être graves. Effets secondaires des opioïdes : trouble lié à l’usage d’opioïdes Troubles liés à l’usage de substances Les troubles liés à l’usage de substances impliquent généralement des schémas comportementaux dans lesquels les personnes continuent à prendre une substance malgré les problèmes causés par son... en apprendre davantage (dépendance), surdosage, ralentissement dangereux de la respiration (dépression respiratoire) et mort. Ainsi, lorsque la douleur chronique n’est pas due à un cancer ou à une maladie au stade terminal, d’autres traitements, tels que des médicaments non opioïdes Antalgiques non opioïdes Parfois, le traitement de la maladie sous-jacente supprime ou soulage la douleur. Par exemple, la confection d’un plâtre en cas de fracture osseuse ou l’administration d’antibiotiques en cas... en apprendre davantage et des traitements non médicamenteux Traitements antalgiques non médicamenteux Parfois, le traitement de la maladie sous-jacente supprime ou soulage la douleur. Par exemple, la confection d’un plâtre en cas de fracture osseuse ou l’administration d’antibiotiques en cas... en apprendre davantage , sont utilisés en premier. Si ces traitements sont inefficaces, les médecins peuvent envisager l’utilisation d’opioïdes, mais uniquement lorsque la nécessité de soulager la douleur et d’améliorer le fonctionnement est plus importante que les risques des opioïdes.

Les opioïdes ne peuvent pas être administrés à tous les patients.

Les médecins posent des questions aux personnes avant de leur prescrire des opioïdes. Les questions sont conçues pour déterminer si les personnes sont susceptibles de :

  • Mal utiliser ces médicaments ou en abuser

  • Les utiliser à d’autres fins (tels que les vendre ou les utiliser pour dormir)

  • Présenter des effets secondaires avec ces médicaments

Les médecins expliquent également les risques et les effets secondaires des opioïdes et comment prendre correctement les opioïdes et les conserver.

La dose d’un opioïde est augmentée progressivement, par paliers, jusqu’à ce que la douleur soit soulagée ou que les effets secondaires des opioïdes ne soient plus tolérés. Chez les personnes âgées et les nouveau-nés, qui sont plus sensibles aux effets des opioïdes, ils sont en général administrés à faible dose.

L’efficacité des opioïdes est optimale lorsqu’ils sont pris conformément au calendrier prescrit, avant que la douleur soit trop sévère.

Si une monothérapie d’opioïdes ne fournit pas un soulagement suffisant de la douleur, la dose peut être augmentée ou un autre médicament (tel qu’un AINS ou un antalgique adjuvant Antalgiques adjuvants Parfois, le traitement de la maladie sous-jacente supprime ou soulage la douleur. Par exemple, la confection d’un plâtre en cas de fracture osseuse ou l’administration d’antibiotiques en cas... en apprendre davantage ) peut être ajouté, comme dans les situations suivantes.

  • La douleur s’aggrave temporairement.

  • La personne doit faire de l’exercice, et le mouvement augmente la douleur.

  • Un pansement doit être changé.

Chez les personnes atteintes de douleur chronique, augmenter la dose d’opioïdes n’améliore pas nécessairement le soulagement de la douleur et peut augmenter le risque d’effets secondaires.

Les médecins surveillent généralement la réponse aux opioïdes afin de déterminer si ces derniers contrôlent efficacement la douleur et/ou ont des effets secondaires. En fonction de ces informations, les médecins déterminent si la poursuite du traitement par opioïdes est appropriée. Au fur et à mesure que la douleur diminue, les médecins réduisent progressivement la dose d’opioïdes, et, lorsque c’est possible, ils arrêtent les opioïdes et passent à un antalgique non opioïde.

Les opioïdes fournissent un soulagement à long terme pour une partie des personnes traitées seulement, un soulagement qui n’est souvent que partiel. Certaines personnes décident d’arrêter de prendre des opioïdes, parce que le soulagement de la douleur est insuffisant ou parce qu’elles ne supportent pas les effets secondaires.

Effets secondaires des opioïdes

Les opioïdes ont de nombreux effets secondaires. Les effets secondaires sont plus susceptibles de se produire chez des personnes présentant certains troubles : insuffisance rénale Présentation de l’insuffisance rénale L’insuffisance rénale est l’incapacité des reins à filtrer correctement les déchets métaboliques du sang. L’insuffisance rénale peut être provoquée par de nombreuses causes différentes. Certaines... en apprendre davantage , trouble hépatique Présentation des maladies du foie Une hépatopathie (maladie du foie) peut se manifester de multiples façons. Les manifestations caractéristiques comprennent Jaunisse (coloration jaunâtre de la peau et du blanc des yeux) Cholestase... en apprendre davantage , bronchopneumopathie chronique obstructive Bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est un rétrécissement (blocage ou obstruction) persistant des voies respiratoires, associé à un emphysème, une bronchite chronique ou les... en apprendre davantage Bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) (BPCO), apnée du sommeil Apnée du sommeil L’apnée du sommeil est un trouble sévère du sommeil où la respiration est longuement interrompue de façon répétée, suffisamment pour perturber le sommeil et réduire la quantité d’oxygène et... en apprendre davantage Apnée du sommeil non traitée, démence Démence La démence est un déclin lent et progressif des fonctions cognitives avec une altération du système mnésique, de la pensée, du jugement et de l’apprentissage. En général, les symptômes comprennent... en apprendre davantage ou autre pathologie cérébrale.

Les effets secondaires suivants surviennent fréquemment avec la prise d’opioïdes :

  • Somnolence

  • Confusion mentale ou sensation de flou

  • Nausées et vomissements

  • Constipation

Effets secondaires moins fréquents des opioïdes :

La somnolence est un effet secondaire fréquent des opioïdes. Pour certaines personnes qui prennent des opioïdes, la somnolence disparaît ou diminue en quelques jours. Si les personnes se sentent toujours somnolentes, un autre opioïde peut être essayé, car le degré de somnolence varie selon les opioïdes. Avant un événement requérant d’être vigilant, les personnes peuvent recevoir un stimulant (tel que méthylphénidate ou modafinil) pour compenser la somnolence. Pour certaines personnes, le fait de boire une boisson contenant de la caféine permet de compenser la somnolence. Lorsqu’une personne est prise de somnolence après la prise d’un opioïde, elle doit éviter de conduire ou redoubler d’attention pour éviter les chutes et les accidents.

La confusion peut également résulter de la prise d’opioïdes, principalement si les personnes sont âgées. Les opioïdes augmentent le risque de chutes chez les personnes âgées.

Parfois, la douleur peut s’accompagner de nausées, souvent aggravées par les opioïdes. Des antiémétiques administrés par voie orale, en suppositoires ou par injection peuvent prévenir ou soulager ces nausées. Les médicaments antiémétiques le plus souvent utilisés sont le métoclopramide, l’hydroxyzine et la chlorpromazine.

Les démangeaisons dues aux opioïdes peuvent être soulagées par un antihistaminique tel que la diphénhydramine, par voie orale ou intraveineuse.

Une constipation Constipation chez l’adulte La constipation correspond à une émission de selles difficile ou peu fréquente, à des selles dures ou à la sensation que le rectum n’est pas totalement vide après être allé à la selle (évacuation... en apprendre davantage apparaît souvent, surtout chez les personnes âgées. Des laxatifs Laxatifs La constipation correspond à une émission de selles difficile ou peu fréquente, à des selles dures ou à la sensation que le rectum n’est pas totalement vide après être allé à la selle (évacuation... en apprendre davantage , comme le séné, peuvent prévenir ou soulager la constipation. L’augmentation de la prise de liquides et de la quantité de fibres dans l’alimentation peut également aider. Les agents osmotiques La constipation correspond à une émission de selles difficile ou peu fréquente, à des selles dures ou à la sensation que le rectum n’est pas totalement vide après être allé à la selle (évacuation... en apprendre davantage , comme le polyéthylène glycol, peuvent également être utiles. Ces agents attirent de grandes quantités d’eau dans le gros intestin afin de stimuler le transit intestinal. Certaines personnes ont besoin de lavements. Lorsque ces mesures ne sont pas efficaces, les médecins peuvent prescrire un médicament (tel que la méthylnaltrexone) qui bloque uniquement les effets des opioïdes dans l’estomac et l’intestin, et ne diminue pas le soulagement de la douleur.

Une rétention d’urine Rétention urinaire La rétention urinaire est l’incapacité d’uriner ou la vidange incomplète de la vessie. Les personnes souffrant de la vidange incomplète de la vessie peuvent présenter une fréquence urinaire... en apprendre davantage peut apparaître avec la prise d’opioïdes, particulièrement chez les hommes présentant une hypertrophie de la prostate. Essayer d’uriner une seconde fois après une courte pause (miction double) ou appliquer une petite pression sur la partie la plus basse de l’abdomen (la zone couvrant la vessie) pendant la miction peut aider. Parfois, un médicament qui peut détendre les muscles de la vessie (comme la tamsulosine) est utilisé.

Pour la plupart des personnes, les nausées et les éruptions disparaissent ou diminuent en quelques jours. Mais la constipation et la rétention urinaire diminuent en général beaucoup plus lentement, voire pas du tout.

Des effets secondaires graves peuvent survenir chez les personnes prenant trop d’opioïdes. Ces effets secondaires incluent un ralentissement dangereux de la respiration (dépression respiratoire), un coma, voire le décès. Les facteurs suivants augmentent le risque de développer une dépression respiratoire et de mourir d’un arrêt respiratoire :

  • Certaines maladies (telles que maladies hépatiques, rénales ou respiratoires)

  • Prise d’autres médicaments qui provoquent une somnolence (comme les benzodiazépines)

  • Consommation d’alcool

Certains de ces effets peuvent être corrigés par la naloxone, antidote des opioïdes généralement administré par voie intraveineuse ou pulvérisé dans le nez.

Pour les personnes exposées à un risque accru d’effets secondaires des opioïdes (notamment de dépression respiratoire), les médecins peuvent prescrire de la naloxone lorsqu’ils prescrivent l’opioïde. Le personnel infirmier et les membres de la famille ou les soignants doivent surveiller la survenue d’effets secondaires graves des opioïdes et, si ces effets secondaires surviennent, être prêts à injecter de la naloxone ou à la pulvériser dans le nez de la personne. Les médecins ou les pharmaciens montrent généralement aux personnes prenant des opioïdes et aux membres de leur famille ou aux soignants comment administrer la naloxone.

Une tolérance Accoutumance La tolérance est la diminution de la réponse à un médicament, qui apparaît lorsque ce dernier est utilisé de façon répétitive et que l’organisme s’adapte à sa présence continue. La résistance... en apprendre davantage se développe chez certaines personnes qui prennent des opioïdes de manière répétée et prolongée. Elles ont besoin de doses supérieures, car leur corps s’adapte au médicament et y répond donc moins bien. Cependant, pour la plupart des personnes, la même dose d’opioïdes demeure efficace pendant une longue période. Souvent, le besoin de doses plus élevées indique que le trouble s’aggrave, et non pas qu’une tolérance s’instaure.

La dépendance physique n’est pas identique à l’addiction Troubles liés à l’usage de substances Les troubles liés à l’usage de substances impliquent généralement des schémas comportementaux dans lesquels les personnes continuent à prendre une substance malgré les problèmes causés par son... en apprendre davantage , qui se caractérise par un grand besoin de médicament et une utilisation compulsive, non contrôlée du médicament malgré le préjudice à l’utilisateur ou à d’autres personnes. La plupart des personnes qui prennent des opioïdes pour contrôler la douleur et n’ont encore jamais eu de problèmes d’usage abusif de drogues ou de médicaments ne deviennent pas dépendantes aux opioïdes. Néanmoins, les médecins surveillent régulièrement les personnes sous opioïde pour détecter tout signe d’addiction.

Administration d’opioïdes

Si des personnes doivent prendre des opioïdes pendant une longue période et si elles sont traitées avec un opioïde par voie orale, mais qu’elles tolèrent mal ses effets secondaires, un opioïde peut être injecté directement dans l’espace intrathécal par une pompe (par voie intrathécale Les médicaments sont introduits dans l’organisme par différentes voies. Ils peuvent être Avalés (voie orale) injectés dans une veine (voie intraveineuse, IV), dans le muscle (voie intramusculaire... en apprendre davantage ). Cette méthode permet d’administrer de fortes concentrations de médicament au cerveau.

La morphine, prototype de ces médicaments, peut être administrée par voie orale ou par injection. La morphine est disponible en formes à libération prolongée, contrôlée et immédiate, administrées par voie orale.

La forme à libération immédiate de la morphine apporte un soulagement de courte durée (environ 4 heures) et est généralement utilisée pour traiter la douleur aiguë.

Les formes à libération contrôlée et prolongée procurent un soulagement pendant 8 à 24 heures. Ces formes ont été fréquemment utilisées pour traiter la douleur chronique lorsque les antalgiques non opioïdes ne soulagent pas suffisamment la douleur. Cependant, si la douleur n’est pas liée à un cancer, les spécialistes recommandent de limiter l’utilisation de ces opioïdes à longue durée d’action (formes à libération contrôlée et prolongée).

Les opioïdes à action rapide (pastilles ou comprimés solubles) sont placés sous la langue (voie sublinguale), ou entre les gencives et la joue (voie orale). Ils peuvent alors se dissoudre et être absorbés par la membrane muqueuse qui recouvre la joue ou le dessous de la langue. Ces formes ne doivent pas être avalées. Elles soulagent très rapidement. Parce qu’elles fonctionnent rapidement, le risque d’effets secondaires peut être plus important. Elles sont utilisées en cas de douleur soudaine chez les personnes atteintes de cancer. La douleur soudaine est une brève poussée de douleur, souvent sévère, qui peut survenir lorsqu’un traitement régulier ne contrôle pas la douleur.

Avec les formes injectables, une dose de morphine 3 fois inférieure à la dose orale à libération immédiate est nécessaire, car lors d’une prise orale, une grande partie du médicament est chimiquement dégradée (métabolisée) par le foie avant d’entrer dans la circulation sanguine. En général, la voie utilisée ne modifie pas les effets du médicament, même si différentes voies utilisent différentes quantités de morphine.

Le soulagement de la douleur obtenu avec les formes injectables est plus rapide que celui obtenu par l’administration orale, mais le bénéfice est de plus courte durée.

La morphine peut être injectée par voie intraveineuse, intramusculaire ou sous-cutanée.

  • Voie intraveineuse : Le soulagement de la douleur est presque immédiat, mais ne dure pas très longtemps.

  • Voie intramusculaire : Le soulagement de la douleur est moins rapide, mais dure un peu plus longtemps. Les injections intramusculaires sont douloureuses et le soulagement de la douleur est moins prévisible, cette voie n’est donc pas souvent utilisée.

  • Voie sous-cutanée : Le soulagement de la douleur est le moins rapide mais dure le plus longtemps.

Les injections peuvent être faites à des intervalles de quelques heures, mais des injections répétées peuvent devenir désagréables. Une alternative consiste à insérer un cathéter, veineux ou sous-cutané, et à le connecter à une pompe à perfusion qui délivre la morphine de manière continue. La perfusion continue permet d’augmenter les doses en cas de besoin. On a parfois recours à un dispositif permettant à la personne de contrôler la dose d’opioïde délivrée, par simple pression sur un bouton. Cependant, le médecin détermine la quantité de médicament libérée et la fréquence à laquelle il peut être administré. Cette technique est appelée analgésie contrôlée par le patient. Généralement, une perfusion continue est utilisée chez les personnes hospitalisées et présentant une douleur sévère après une intervention chirurgicale ou due à une affection grave, telle qu’un cancer ou une crise drépanocytaire.

Tableau
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Problèmes liés à la prise d’opioïdes

Les opioïdes Opioïdes Les opiacés forment une classe de substances dérivées du pavot à opium (y compris des variantes synthétiques) qui sont des analgésiques ayant un fort potentiel d’utilisation abusive. Les opiacés... en apprendre davantage constituent maintenant la principale cause de décès accidentel et de surdosage médicamenteux mortel aux États-Unis. Les problèmes liés à la prise d’opioïdes comprennent le mauvais usage, le détournement et l’usage abusif.

Le mauvais usage des opioïdes peut être volontaire ou involontaire. Il comprend tout usage différent de l’usage prescrit.

Le détournement implique la vente ou la remise d’un médicament sur ordonnance à d’autres personnes.

L’usage abusif fait référence à l’usage récréatif du médicament. C’est-à-dire que les médicaments sont pris pour le plaisir ou les sensations qu’ils procurent, plutôt que pour traiter une douleur ou une autre affection médicale.

Jusqu’à un tiers des personnes qui prennent des opioïdes pendant une longue période pour traiter une douleur chronique peuvent en faire un mauvais usage.

Le trouble lié à l’usage d’opioïdes Troubles liés à l’usage de substances Les troubles liés à l’usage de substances impliquent généralement des schémas comportementaux dans lesquels les personnes continuent à prendre une substance malgré les problèmes causés par son... en apprendre davantage est le terme privilégié pour ce qui était auparavant appelé dépendance aux opioïdes. Il fait référence à l’usage compulsif d’opioïdes malgré les problèmes provoqués par cette prise. De plus, les personnes atteintes de ce trouble peuvent nécessiter des doses de plus en plus élevées pour obtenir les mêmes effets et peuvent présenter des symptômes de sevrage lorsqu’elles arrêtent de prendre l’opioïde. Elles peuvent essayer d’arrêter de prendre des opioïdes ou de réduire la quantité qu’elles prennent, mais sans succès. La prise prolongée de doses élevées d’opioïdes augmente le risque de développer un trouble lié à l’usage d’opioïdes.

Avant de prescrire des opioïdes, les médecins doivent évaluer les personnes afin de déterminer leurs facteurs de risque de problèmes liés à la prise d’opioïdes. Ces facteurs de risque comprennent :

  • Antécédents de problèmes liés à l’alcool ou à la drogue

  • Antécédents familiaux de problèmes liés à l’alcool ou à la drogue

  • Troubles mentaux, tels qu’une anxiété mal contrôlée, une dépression ou un trouble bipolaire

  • Prise d’autres médicaments affectant la fonction cérébrale

  • Âge inférieur à 45 ans

Lorsque l’opioïde est prescrit pour la première fois, les médecins expliquent les risques associés aux opioïdes et les mesures utilisées pour s’assurer que le médicament est utilisé en toute sécurité. Si des problèmes surviennent, on indique également aux personnes qu’elles peuvent être orientées vers un spécialiste de l’usage de substances psychoactives.

Les médecins surveillent étroitement toutes les personnes qui sont traitées avec des opioïdes pour s’assurer que le traitement par opioïdes est utilisé en toute sécurité. Par exemple, ils peuvent réaliser des tests de dépistage d’autres drogues récréatives. Les médecins surveillent également les bases de données d’État interconnectées qui suivent les ordonnances d’opioïdes pour vérifier si les personnes utilisent leurs ordonnances d’opioïdes dans plusieurs pharmacies. Pour prévenir l’usage abusif, les médecins limitent généralement la personne à une seule pharmacie pour déposer ses ordonnances d’opioïdes.

Pour éviter l’usage abusif de leur médicament par d’autres personnes, les personnes doivent garder les opioïdes dans un endroit sûr et rapporter les médicaments inutilisés à la pharmacie.

Antalgiques adjuvants

Les antalgiques adjuvants sont des médicaments qui sont généralement utilisés pour traiter d’autres problèmes et qui peuvent soulager la douleur.

Les antalgiques adjuvants fonctionneraient en modifiant la manière dont les nerfs traitent la douleur.

Les antalgiques adjuvants les plus souvent utilisés pour la douleur sont les suivants :

Antidépresseurs

Les antidépresseurs peuvent souvent soulager la douleur, même chez les personnes qui ne sont pas dépressives. Les antidépresseurs tricycliques (comme l’amitriptyline, la nortriptyline et la désipramine) peuvent être plus efficaces dans cette indication que d’autres antidépresseurs, mais de nouveaux antidépresseurs, comme les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) et les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (IRSN, notamment la duloxétine, la venlafaxine et le milnacipran) peuvent entraîner moins d’effets secondaires pouvant limiter la dose de médicament administrée.

Les antidépresseurs tricycliques sont efficaces contre la douleur neuropathique Douleur neuropathique La douleur neuropathique est provoquée par une lésion ou un dysfonctionnement des nerfs, de la moelle épinière ou du cerveau. (Voir également Présentation de la douleur.) La douleur neuropathique... en apprendre davantage , les céphalées Présentation des céphalées Les céphalées sont une douleur dans une partie de la tête, y compris le crâne, le haut du cou, le visage et l’intérieur de la tête. Les céphalées sont une des raisons les plus fréquentes de... en apprendre davantage , la fibromyalgie Fibromyalgie La fibromyalgie se caractérise par un sommeil de mauvaise qualité, une fatigue, une nébulosité mentale, ainsi que des douleurs et une raideur diffuses au niveau des tissus mous, y compris les... en apprendre davantage et les syndromes d’hypersensibilité viscérale (organes) (comme la douleur abdominale ou pelvienne chronique). Les doses d’antidépresseurs tricycliques utilisées pour traiter la douleur sont généralement trop faibles pour traiter la dépression ou l’anxiété. Ainsi, si des antidépresseurs tricycliques sont utilisés pour traiter la douleur, d’autres médicaments sont généralement nécessaires pour traiter la dépression ou l’anxiété, le cas échéant.

La réponse à un antidépresseur peut être variable d’une personne à l’autre.

Anticonvulsivants

Les anticonvulsivants peuvent être utilisés pour soulager la douleur neuropathique. La gabapentine et la prégabaline sont le plus souvent utilisées, mais beaucoup d’autres médicaments, tels que la carbamazépine, le clonazépam, la lacosamide, la lamotrigine, l’oxcarbazépine, la phénytoïne, la tiagabine, le topiramate et la zonisamide, permettent de soulager la douleur chez certaines personnes.

La prégabaline peut être utilisée pour soulager la douleur provoquée par la fibromyalgie ou une lésion nerveuse due au diabète (neuropathie diabétique), une névralgie post-zostérienne ou une douleur neuropathique due à un problème cérébral ou médullaire.

Anesthésiques

Les médecins peuvent injecter un anesthésique local​, tel que la lidocaïne, en sous-cutané, pour contrôler une douleur liée à un traumatisme, voire même une douleur neuropathique. Les anesthésiques locaux peuvent également être injectés autour des nerfs pour bloquer la douleur, une procédure appelée bloc analgésique. Par exemple, un bloc sympathique consiste à injecter un anesthésique local autour d’un groupe de nerfs à côté du rachis, au niveau cervical, en cas de douleur de la partie supérieure de l’organisme, ou dans la région lombaire, en cas de douleur de la partie basse.

Des anesthésiques topiques, tels que la lidocaïne sous forme de lotion, de pommade ou de patch transdermique, peuvent contrôler la douleur due à certaines affections.

La mexilétine, utilisée pour traiter les troubles du rythme cardiaque, est parfois utilisée dans la douleur neuropathique.

Ces anesthésiques sont utilisés pour des traitements de courte durée. Par exemple, quelques gargarismes quotidiens avec de petites quantités de bain de bouche anesthésiant peuvent soulager la douleur liée aux aphtes. Cependant, certaines douleurs chroniques peuvent également être soulagées par l’utilisation prolongée d’anesthésiques locaux. On peut, par exemple, appliquer un patch ou un gel à la lidocaïne pour soulager la névralgie post-zostérienne Névralgie post-zostérienne La névralgie post-zostérienne est une douleur cutanée chronique du territoire de distribution d’un nerf infecté par le virus du zona. Le zona est une éruption cutanée douloureuse formée de vésicules... en apprendre davantage .

Autres médicaments

Des corticoïdes, tels que la prednisone et la dexaméthasone, peuvent être pris par voie orale si l’inflammation entraîne une douleur sévère (comme dans la goutte, par exemple).

De faibles doses de kétamine (anesthésique) sont parfois administrées par voie intraveineuse à l’hôpital aux personnes présentant un syndrome douloureux régional complexe, lorsque les autres traitements sont inefficaces.

La tizanidine (un myorelaxant) par voie orale, et la clonidine (utilisée pour traiter l’hypertension artérielle) par voie orale ou patch transdermique, peut soulager la douleur neuropathique ou prévenir les migraines.

La capsaïcine à haute concentration (substance dérivée des piments), administrée via un patch, permet de soulager la douleur neuropathique due à la névralgie post-zostérienne. Une crème à la capsaïcine faiblement concentrée peut également réduire la douleur due à la névralgie post-zostérienne et par d’autres affections telles que l’arthrose Arthrose L’arthrose est une maladie chronique altérant le cartilage et les tissus adjacents. Elle se caractérise par des douleurs, une raideur et une perte fonctionnelle. L’arthrite causée par l’altération... en apprendre davantage Arthrose . La crème est en général utilisée dans les douleurs arthrosiques localisées. Cette crème doit être appliquée plusieurs fois par jour.

Traitements antalgiques non médicamenteux

En complément des médicaments, de nombreux autres traitements permettent de soulager les douleurs.

L’électrostimulation nerveuse transcutanée (TENS) procure des bienfaits à certaines personnes. Un courant électrique peu intense est appliqué à l’aide d’électrodes posées sur la surface cutanée. La TENS entraîne une sensation de fourmillements sans provoquer de tension musculaire. Elle peut être pratiquée de manière continue ou plusieurs fois par jour, par séances allant de 20 minutes à plusieurs heures. La durée et la fréquence de la stimulation sont variables en raison de la réponse individuelle. Souvent, l’utilisation du dispositif de TENS est expliquée à la personne pour permettre son utilisation dès qu’elle en ressent le besoin.

La stimulation de la moelle épinière est fréquemment utilisée pour soulager la douleur neuropathique Douleur neuropathique La douleur neuropathique est provoquée par une lésion ou un dysfonctionnement des nerfs, de la moelle épinière ou du cerveau. (Voir également Présentation de la douleur.) La douleur neuropathique... en apprendre davantage des personnes présentant une lésion nerveuse après une chirurgie du dos ou atteintes d’un syndrome douloureux régional complexe Syndrome douloureux régional complexe Le syndrome douloureux régional complexe se caractérise par une sensation continue de brûlure ou de douleur, accompagnée de certaines anomalies dans la zone douloureuse. Ces anomalies comprennent... en apprendre davantage . Ce traitement consiste à implanter un stimulateur de la moelle épinière en sous-cutané, généralement dans la fesse ou l’abdomen. Comme un stimulateur cardiaque, ce dispositif génère des impulsions électriques. De petits fils (électrodes) du dispositif sont placés dans l’espace entourant la moelle épinière (espace intrathécal). Ces électrodes transmettent des impulsions à la moelle épinière. Les impulsions modifient la manière dont les signaux de douleur sont envoyés au cerveau et changent ainsi la manière dont les symptômes désagréables sont perçus.

Un bloc analgésique est souvent utilisé pour traiter la douleur due aux lésions d’un grand nerf spécifique. Dans cette intervention, une voie nerveuse qui transmet les signaux de douleur est perturbée par l’un des moyens suivants :

  • Injection d’un anesthésique local dans la région entourant les nerfs pour empêcher les nerfs d’envoyer des signaux de douleur (les médecins utilisent généralement l’échographie pour leur permettre de localiser les nerfs à traiter)

  • Injection dans la zone entourant les amas voisins de cellules nerveuses (ganglion) pour permettre de réguler la transmission des signaux de douleur

  • Injection d’une substance caustique (telle qu’un phénol) dans un nerf pour le détruire

  • Refroidissement du nerf (cryothérapie)

  • Ablation du nerf à l’aide d’une électrode à radiofréquence

Les blocs analgésiques peuvent également être utilisés pour traiter une douleur cancéreuse sévère en fin de vie et une douleur neuropathique persistante lorsque les médicaments ne soulagent pas la douleur.

L’acupuncture Acupuncture L’acupuncture, un traitement de la médecine traditionnelle chinoise, est l’une des thérapies de MAC les plus largement reconnues dans les pays occidentaux. Les acupuncteurs n’ont pas nécessairement... en apprendre davantage implique l’insertion de minuscules aiguilles sur des zones spécifiques du corps (voir). Le fonctionnement de l’acupuncture est peu compris, et certains experts doutent encore de l’efficacité de la technique. Certaines personnes sont soulagées par l’acupuncture, du moins pendant un certain temps.

Le biofeedback Rétroaction biologique Le biofeedback est un type de médecine corps-esprit permettant de mettre les processus biologiques inconscients sous contrôle conscient. Le biofeedback consiste à utiliser des dispositifs électroniques... en apprendre davantage et d’autres techniques cognitives Médecine corps-esprit Les médecines alternatives ou complémentaires se divisent en cinq catégories majeures : Médecines d’approche globale Techniques corps-esprit Pratiques de type biologique Traitements par manipulation... en apprendre davantage (telles que les techniques de relaxation, l’hypnose et les techniques de distraction) peuvent contribuer à contrôler, à réduire ou à gérer la douleur, en modifiant la perception que l’on peut en avoir. Dans une de ces techniques, on apprend à la personne à s’imaginer dans une situation calme et agréable (comme dans un hamac ou sur une plage) dès qu’elle ressent la douleur.

La thérapie par le miroir peut être utile pour les personnes atteintes du syndrome douloureux régional complexe Syndrome douloureux régional complexe Le syndrome douloureux régional complexe se caractérise par une sensation continue de brûlure ou de douleur, accompagnée de certaines anomalies dans la zone douloureuse. Ces anomalies comprennent... en apprendre davantage , de douleurs du membre fantôme Douleur du membre fantôme La douleur neuropathique est provoquée par une lésion ou un dysfonctionnement des nerfs, de la moelle épinière ou du cerveau. (Voir également Présentation de la douleur.) La douleur neuropathique... en apprendre davantage ou d’une douleur neuropathique Douleur neuropathique La douleur neuropathique est provoquée par une lésion ou un dysfonctionnement des nerfs, de la moelle épinière ou du cerveau. (Voir également Présentation de la douleur.) La douleur neuropathique... en apprendre davantage après un AVC. Cette thérapie est enseignée par un professionnel de santé. Les personnes s’assoient, un grand miroir reflétant leur jambe non lésée. Le miroir reflète l’image du membre intact et cache le membre affecté (douloureux ou manquant), ce qui donne aux personnes l’impression de disposer de deux membres normaux. Les personnes doivent ensuite bouger le membre intact tout en observant le reflet de leur image. Elles ont ainsi l’impression de bouger deux membres normaux. Si elles font cet exercice pendant 30 minutes par jour, pendant quatre semaines, la douleur est généralement nettement réduite. Cette thérapie modifie les voies du cerveau qui contrôlent la perception (ou la sensation) dans le corps.

On ne doit pas sous-estimer l’intérêt d’un soutien psychologique en cas de douleurs chroniques. Les amis et l’entourage familial doivent savoir que les personnes atteintes ont besoin d’aide et de soutien, et qu’elles peuvent souffrir de dépression et d’anxiété et avoir besoin d’un suivi psychologique.

Médicaments mentionnés dans cet article

Nom générique Sélectionner les dénominations commerciales
No US brand name
AVENTYL
DILAUDID
VISTARIL
SAVELLA
CYTOTEC
TALWIN
EFFEXOR XR
LAMICTAL
ZANAFLEX
VIMPAT
TOPAMAX
ZONEGRAN
PEPCID
RAYOS
CATAPRES
GABITRIL
OXYCONTIN
WELLBUTRIN, ZYBAN
PROVIGIL
FELDENE
DURAMORPH PF, MS CONTIN
ACTIQ, DURAGESIC, SUBLIMAZE
CLINORIL
EVZIO
ULTRAM
REMARQUE : Il s’agit de la version grand public. MÉDECINS : Cliquez ici pour la version professionnelle
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