Examen pelvien

Examen complet: juill. 2026 ParShubhangi Kesavan, MD, Cleveland Clinic Learner College of Medicine, Case Western Reserve University | Examen par des pairs réalisé parOluwatosin Goje, MD, MSCR, Cleveland Clinic, Lerner College of Medicine of Case Western Reserve University
Dernière mise à jour: juill. 2026
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Un examen pelvien est effectué s'il est indiqué en fonction des symptômes, tels qu'une douleur pelvienne, des saignements vaginaux anormaux, un écoulement vaginal ou des symptômes vulvovaginaux (p. ex., prurit) ou de la nécessité d'effectuer une procédure gynécologique.

La question de savoir s'il faut réaliser un examen pelvien pour la détection du cancer de l'ovaire, de la vaginose bactérienne, de la trichomonase et de l'herpès génital chez les femmes asymptomatiques a été étudiée, mais les données sont insuffisantes pour recommander ou déconseiller cette pratique (1). Ainsi, l'examen pelvien de dépistage n'est pas systématique, mais il peut être réalisé dans le cadre d'une décision partagée entre la patiente et le clinicien. En outre, l'examen pelvien n'est pas indiqué lors du début ou du renouvellement de la contraception, sauf dans le cas d'un dispositif intra-utérin.

Si une patiente est asymptomatique et ne souhaite pas subir d'examen pelvien de dépistage, certains tests de dépistage peuvent être réalisés par analyse d'urine ou par prélèvement vaginal. Le dépistage de la gonorrhée et de la chlamydia peut être réalisé par analyse d'urine ou par prélèvement vaginal effectué par la patiente elle-même ou par un clinicien (2); des kits d'autoprélèvement sont également disponibles pour la syphilis et la trichomonase dans certains pays (3). Les échantillons autoprélevés peuvent être recueillis à domicile ou au cabinet médical.

Pour le dépistage du cancer du col utérin, des kits d'autoprélèvement pour la détection du papillomavirus humain (HPV) sont disponibles. L'avantage du dépistage du papillomavirus humain par examen au spéculum est de permettre la réalisation d'un prélèvement pour cytologie cervicale et l'examen du col utérin à la recherche de lésions. Les recommandations de l'American Cancer Society indiquent que le dépistage primaire du papillomavirus humain à partir de prélèvements cervicaux effectués par un clinicien est à privilégier; les prélèvements vaginaux autoprélevés sont acceptables chez les personnes à risque moyen âgées de 25 à 65 ans, avec répétition du test à 3 ans en cas de résultat négatif (4). Ces recommandations s'appliquent uniquement aux combinaisons de dispositifs de prélèvement et de tests de détection du HPV approuvées par la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis pour un usage en milieu clinique ou à domicile. Si l'autoprélèvement pour la détection du HPV est utilisé, des résultats anormaux nécessitent généralement un examen pelvien pour une évaluation ou un traitement de suivi.

Les patientes peuvent préférer l'autoprélèvement pour le dépistage des IST et du HPV, car cela préserve leur intimité et est moins inconfortable qu'un examen au spéculum. Ces méthodes permettent également de lever les obstacles à l'accès aux soins de santé liés au coût, au temps, au transport, aux limitations physiques ou aux antécédents de traumatisme (5, 6). Il convient de conseiller aux patientes de n'utiliser que des tests et des laboratoires agréés par les autorités sanitaires compétentes, dans le cadre d'une prise en charge par un professionnel de la santé qualifié.

Les étapes de l'examen pelvien — comprenant l'examen des organes génitaux externes, l'examen au spéculum et le toucher vaginal bimanuel — doivent être expliquées à la patiente; il convient également de lui préciser que, bien qu'elle puisse consentir à l'examen, elle conserve le droit d'en refuser certaines parties (p. ex., une patiente peut accepter l'examen des organes génitaux externes mais refuser l'examen au spéculum). Le médecin doit expliquer ce qui se passera avant chaque étape de l'examen.

L'American College of Obstetricians and Gynecologists (ACOG) recommande qu'un chaperon soit présent pour tous les examens du sein, des organes génitaux et du rectum (1). Selon les bonnes pratiques, il convient de demander à un accompagnant d'observer directement le contact physique du clinicien avec la patiente (7, 8).

Références

  1. 1. ACOG Committee Opinion No. 754. The Utility of and Indications for Routine Pelvic Examination. Obstet Gynecol. 2018;132(4):e174-e180. doi:10.1097/AOG.0000000000002895

  2. 2. Cantor A, Dana T, Griffin JC, et al. Screening for Chlamydial and Gonococcal Infections: Updated Evidence Report and Systematic Review for the US Preventive Services Task Force. JAMA. 2021;326(10):957-966. doi:10.1001/jama.2021.105771

  3. 3. World Health Organization. WHO recommendations on self-care interventions: Self-collection of samples for sexually transmitted infections (‎‎STIs)‎‎. December 30, 2022 update. Accessed June 16, 2026.

  4. 4. Perkins RB, Wolf AMD, Church TR, et al. Self-collected vaginal specimens for human papillomavirus testing and guidance on screening exit: An update to the American Cancer Society cervical cancer screening guideline. CA Cancer J Clin. 2026;76(1):e70041. doi:10.3322/caac.70041

  5. 5. Vialard F, Anand A, Leung Soo C, et al. Self-sampling strategies (with/without digital innovations) in populations at risk of Chlamydia trachomatis and Neisseria gonorrhoeae: a systematic review and meta-analyses. Sex Transm Infect. 2023;99(6):420-428. Published 2023 Aug 17. doi:10.1136/sextrans-2022-055557

  6. 6. Qin J, Martinez G, Holt HK, et al. Preferences Among U.S. Women for Cervical Cancer Screening with Self-Collected Specimens for Human Papillomavirus Testing. Obstet Gynecol. 2026;147(3):306-312. doi:10.1097/AOG.0000000000006147

  7. 7. An official position statement of the Association of Women’s Health, Obstetric and Neonatal Nurses. The Use of Chaperones during Sensitive Examinations and Treatments. J Obstet Gynecol Neonatal Nurs. 2022;51(2):e1-e2. doi:10.1016/j.jogn.2021.12.0027.

  8. 8. Bignell CJ. Chaperones for genital examination. BMJ. 1999;319(7203):137-138. doi:10.1136/bmj.319.7203.137

Procédure d'examen pelvien

L'examinateur doit disposer d'un éclairage suffisant et s'assurer que le spéculum et tous les autres instruments ou fournitures soient aisément disponibles.

Chez la femme, pour l'examen pelvien, la patiente est en décubitus dorsal sur la table d'examen avec les jambes dans des étriers (position de lithotomie dorsale) et est habituellement couverte d'un drap.

L'examen clinique pelvien comprend les éléments suivants:

  • Examen externe du mont de Vénus et de la vulve

  • Examen au spéculum

  • Examen bimanuel

  • Examen rectovaginal (parfois)

Un examen pelvien est indiqué pour

Avant de commencer l'examen pelvien, il faut demander à la patiente d'uriner pour vider la vessie. Une vessie vide est importante pour l'évaluation précise du prolapsus utérovaginal, car l'augmentation du volume vésical peut réduire l'étendue du prolapsus. En outre, une vessie pleine peut augmenter la gêne lors de l'examen pelvien chez certaines patientes. Avant l'examen, de nombreux médecins prélèvent un échantillon d'urine si nécessaire pour l'analyse, la culture ou les tests d'IST.

L'examen pelvien ne s'est pas avéré être un test de dépistage efficace du cancer de l'ovaire (voir ACOG Committee Opinion No. 754: The Utility of and Indications for Routine Pelvic Examination).

Examen externe

Lors d'un examen pelvien externe, on procède à l'inspection et à la palpation des régions pubiennes et inguinales et des organes génitaux externes. Avant chaque examen, le clinicien doit suivre plusieurs étapes importantes (1– 4):

  • Obtenir le consentement éclairé de la patiente pour chaque composante de l'examen.

  • Proposer la présence d'un accompagnant, conformément au protocole de l'établissement et aux préférences de la patiente.

  • Adopter une approche tenant compte des traumatismes tout au long de l'examen (1).

Le mont de Vénus et les zones pileuses des grandes lèvres sont inspectés à la recherche de lésions ou d'autres signes en fonction des symptômes (p. ex., folliculite, poux). La répartition de la pilosité et les modifications cutanées peuvent varier en fonction de l'âge, du statut hormonal, de l'origine ethnique, d'un traitement d'affirmation de genre et des pratiques d'hygiène intime, et ne doivent pas être considérées comme anormales en soi.

La peau de l'aine et du périnée est inspectée à la recherche d'un érythème, d'une pigmentation anormale et de lésions cutanées (p. ex., végétations, excoriations, érosions, ulcérations, fissures, pustules, nodules, tumeurs). D'autres anomalies, telles qu'un œdème, des cicatrices, une lichénification, une hypopigmentation ou une dépigmentation, des ecchymoses, des signes de traumatisme, ainsi qu'un lichen scléreux ou un lichen plan, doivent être notées. L'examen externe complet comprend l'inspection de toute la vulve, du clitoris jusqu'à la région sous-anale, afin d'identifier toute modification de l'architecture cutanée. L'examen de la région périanale est important, car les affections inflammatoires, infectieuses, dermatologiques et néoplasiques touchent souvent à la fois la vulve et la peau périanale (2, 3).

Les médecins doivent être familiarisés avec l'anatomie et les variations vulvaires normales. L'asymétrie des lèvres, les variations de pigmentation, la taille du clitoris et la proéminence des glandes vestibulaires sont des observations physiologiques fréquentes (2).

Le prépuce clitoridien est inspecté afin d'évaluer sa mobilité et de rechercher la présence d'adhérences, de cicatrices, d'une inflammation ou de lésions. Une réduction de la mobilité peut s'observer en cas de lichen scléreux, d'antécédents chirurgicaux, de traumatisme ou de maladie inflammatoire chronique. 

Le méat urétral est examiné à la recherche de lésions (p. ex., caroncule urétrale). L'évaluation doit également rechercher des signes de prolapsus urétral, de diverticule urétral ou de masses périurétrales lorsque cela est cliniquement indiqué. 

Les petites lèvres et les grandes lèvres sont examinées. Les troubles cutanés vulvaires peuvent entraîner des modifications de la couleur, de la texture et de l'architecture de l'anatomie vulvaire. 

Un écartement doux des lèvres permet de visualiser le vestibule, les reliquats hyménaux, le méat urétral, l'introïtus vaginal et les orifices des glandes de Bartholin, tout en limitant l'inconfort de la patiente. Les anomalies anatomiques liées à des interventions antérieures (p. ex., épisiotomie, mutilations génitales féminines/excision [MGF/E], chirurgie d'affirmation de genre ou traumatisme obstétrical) doivent être consignées.

Un test au coton-tige est réalisé chez les patientes présentant une douleur vulvaire ou une vulvodynie suspectée, afin de localiser la sensibilité et de différencier une douleur localisée d'une douleur généralisée. L'examen doit également rechercher des signes de dermatoses vulvaires, de traumatisme, de néoplasie et d'IST lorsque cela est cliniquement indiqué.

Anatomie vulvaire

Le vagin est un canal fibromusculaire tapissé d'un épithélium malpighien non kératinisé et dépourvu de glandes. La lubrification vaginale provient principalement d'une transsudation à travers l'épithélium vaginal ainsi que des sécrétions du col utérin et des glandes de Bartholin. L'urètre est situé dans la partie antérieure de l'orifice vaginal. Les glandes paraurétrales (glandes de Skene) s'ouvrent à proximité du méat urétral et sont homologues à la prostate masculine. Le tissu entourant le vagin constitue la vulve, qui comprend les petites lèvres, les grandes lèvres, ainsi que le gland et le capuchon du clitoris (situés le plus en avant et sur la ligne médiane, en avant de l'urètre). Le vestibule est la région délimitée par les petites lèvres et contient le méat urétral, l'orifice vaginal, ainsi que les orifices des glandes de Bartholin et des glandes paraurétrales.

En avant du clitoris se trouve le mont-de-vénus (tissu qui recouvre l'os pubien). En arrière du vagin se trouve le périnée, une zone de peau entre le vagin et l'anus. Les piliers du clitoris (en violet) s'étendent en sous-cutané et sont composés de tissu érectile. Le bulbe du vestibule (bleu) est également constitué de tissu érectile. De chaque côté, en position postéro-latérale par rapport à l'introïtus vaginal (approximativement aux positions 4 heures et 8 heures), se trouvent les glandes de Bartholin (glandes vestibulaires majeures). Elles sécrètent du mucus qui contribue à la lubrification du vestibule vulvaire, en particulier lors de l'excitation sexuelle.

BO VEISLAND/SCIENCE PHOTO LIBRARY

Il convient de rechercher une vulvodynie, une douleur vestibulaire (vestibulodynie provoquée localisée), une myalgie du plancher pelvien, une cystite interstitielle/syndrome de la vessie douloureuse, ou un trouble lié à la douleur génito-pelvienne ou à la pénétration (anciennement appelé vaginisme) chez les patientes qui signalent des douleurs vulvo-vaginales lors des rapports sexuels ou des activités quotidiennes. Le test du coton-tige est réalisé en appliquant délicatement une légère pression sur des zones standardisées de la vulve et du vestibule afin d'identifier la localisation, la sévérité et la topographie de la douleur. Il convient de demander à la patiente d'évaluer l'intensité de la douleur (p. ex., sur une échelle numérique de 0 à 10, 10 correspondant à la douleur la plus intense) au niveau de chaque site. Le test du coton-tige permet de diagnostiquer l'allodynie et la sensibilité vestibulaire localisée, caractéristiques de la vulvodynie. Un coton-tige humidifié est délicatement appliqué des grandes lèvres vers le vestibule, de façon systématique dans le sens des aiguilles d'une montre (généralement selon la méthode du cadran horaire), afin de rechercher des anomalies sensorielles et une douleur localisée. Une douleur localisée déclenchée par une légère pression sur le vestibule vulvaire est caractéristique de la vestibulodynie provoquée localisée (5, 6).

Une palpation digitale des muscles du plancher pelvien est réalisée lors du toucher vaginal afin de rechercher un spasme ou une hypertonie du plancher pelvien. En cas de suspicion de dysfonctionnement du plancher pelvien, on utilise un seul doigt lubrifié pour palper le muscle élévateur de l'anus, le muscle obturateur interne et d'autres muscles du plancher pelvien afin de rechercher une sensibilité, une augmentation du tonus de repos, des points gâchettes, et d'évaluer la capacité de la patiente à contracter et à relâcher volontairement la musculature du plancher pelvien (5, 6).

Un examen neurologique, comprenant l'évaluation du réflexe ano-cutané (réflexe anal) et de la sensibilité périnéale, peut être réalisé en cas de suspicion de lésion neurologique, de neuropathie du plancher pelvien, de lésion sphinctérienne obstétricale ou de dysfonctionnement intestinal ou vésical important. Les examens de dépistage systématique ne sont pas indiqués chez les patientes asymptomatiques. Pour ce faire, la peau périanale est effleurée à l'aide d'un coton-tige, ce qui doit déclencher une contraction du sphincter anal externe (5, 6).

Ensuite, l'orifice vaginal (introït) est inspecté. Les glandes de Bartholin sont palpées entre le pouce et l'index uniquement en cas de suspicion d'hypertrophie, de sensibilité, de kyste ou d'abcès. Chez les femmes âgées de plus de 40 ans présentant une masse d'apparition récente au niveau de la glande de Bartholin, une biopsie ou une exérèse doit être envisagée afin d'exclure un carcinome de la glande de Bartholin.

En cas de suspicion de prolapsus, la patiente est examinée au cours de la manœuvre de Valsalva et, le cas échéant, en position gynécologique ainsi qu'en position debout. Le stade du prolapsus peut être consigné à l'aide du système de quantification du prolapsus des organes pelviens (Pelvic Organ Prolapse Quantification [POP-Q]) (6). L'examinateur contrôle l'ouverture vaginale pour rechercher d'éventuels signes de prolapsus d'organes pelviens: un bombement antérieur (évoquant une cystocèle), un bombement postérieur (suggérant une rectocèle), et le déplacement du col vers l'orifice vaginal (introït) (suggérant un prolapsus de l'utérus). 

Examen au spéculum

Le spéculum est un instrument en métal ou en plastique permettant d'écarter les parois vaginales afin de faciliter l'examen du vagin et du col de l'utérus par le clinicien. La taille et le type de spéculum doivent être individualisés en fonction de l'anatomie de la patiente, de son âge, de sa parité, de son statut ménopausique, d'une chirurgie d'affirmation de genre, et de son confort (4, 7).

Il existe 2 principaux types de spéculum: Graves (lames courbes) et Pederson (lames droites). Tous deux sont de tailles différentes; le Pederson a une taille étroite et pédiatrique. Un spéculum plus petit doit être utilisé si nécessaire en fonction de l'anatomie ou de l'inconfort de la patiente.

Avant de débuter l'examen au spéculum, on demande à la patiente de détendre ses jambes et ses hanches. Tout au long de l'examen, les cliniciens doivent expliquer chaque étape, obtenir un consentement verbal continu, et arrêter immédiatement si la patiente le demande (4, 7).

Le spéculum est parfois réchauffé avant l'examen et lubrifié avec un lubrifiant à base d'eau avant l'insertion. Une petite quantité de lubrifiant aqueux peut être appliquée sur la valve postérieure ou la surface externe du spéculum afin d'améliorer le confort de la patiente, sans altérer de manière significative la cytologie cervico-vaginale ou le dépistage du papillomavirus humain en cas d'utilisation adéquate. L'excès de lubrifiant doit être évité car il peut interférer avec certains prélèvements microbiologiques. Si aucun lubrifiant à base d'eau n'est disponible, le spéculum peut être rincé à l'eau tiède avant l'insertion.

Chez de nombreuses patientes, la position du col est incertaine ou un inconfort est anticipé; un toucher vaginal délicat avant l'insertion du spéculum facilite l'identification de la position du col et le placement approprié du spéculum (1, 6, 7).

Le spéculum est inséré délicatement en écartant les petites lèvres, tout en maintenant la communication avec la patiente. Le spéculum est introduit lentement, les valves orientées de façon quasi verticale (approximativement à 1 heure et 7 heures), afin d'éviter d'exercer une pression sur l'urètre. Une fois introduit dans sa totalité, le spéculum est pivoté à l'horizontale, puis les valves sont doucement écartées afin de visualiser le col utérin (4, 7).

En cas d'impossibilité de visualiser la totalité du col utérin, le spéculum doit être légèrement retiré tout en maintenant les valves ouvertes, jusqu'à ce que le col soit parfaitement visible. Si la patiente éprouve une douleur importante, l'examen doit être interrompu afin d'en évaluer la cause avant de poursuivre. Si la visualisation du col reste difficile, plusieurs manœuvres peuvent améliorer la visualisation, notamment le repositionnement postérieur du spéculum, un léger retrait suivi d'une réinsertion, le fait de demander à la patiente de placer ses mains sous ses fesses afin d'élever le bassin, l'hyperflexion des hanches, ou le changement de taille ou de type de spéculum. Un spéculum plus long ou plus large facilite une meilleure visualisation en cas d'IMC élevé. 

Le dossier médical doit inclure l'ensemble des éléments suivants: couleur, taille, position, ectropion, lésions, polypes, ulcération, masses, écoulement, friabilité et saignement. Dans la mesure du possible, la zone de transformation doit être identifiée, en particulier lors du dépistage du cancer du col ou de l'évaluation colposcopique. Les caractéristiques de la glaire cervicale ou des leucorrhées (couleur, consistance, abondance et odeur) doivent être notées car elles peuvent orienter vers des pathologies infectieuses ou inflammatoires. Chez les patientes atteintes de trichomonase, le col peut présenter des hémorragies punctiformes (le classique « col framboisé »), bien que cette observation ne soit présente que dans une minorité de cas.

Si un dépistage du cancer du col de l’utérus est indiqué, la cytologie cervicale et/ou le test HPV doivent être réalisés conformément aux recommandations de dépistage en vigueur avant l’application d’acide acétique ou la réalisation d’une biopsie. Si une anomalie du col est identifiée, l’exploration ne doit pas être retardée en raison d’une cytologie cervicale ou d’un test du papillomavirus humain récemment normaux. Toute anomalie macroscopique du col nécessite une exploration diagnostique appropriée, incluant une biopsie si indiquée, et une orientation pour un avis spécialisé. La biopsie est généralement réalisée à l’aide d’une pince à biopsie cervicale. Les polypes cervicaux peuvent être retirés lorsque cela est indiqué (8, 9).

Les leucorrhées physiologiques sont habituellement claires à blanchâtres et sans odeur forte ou désagréable. Leur abondance et leur consistance varient selon l’âge, le statut hormonal, la grossesse, l’excitation sexuelle et l’utilisation d’une contraception hormonale. Des leucorrhées pathologiques peuvent s’accompagner d’une odeur désagréable, d’une couleur ou d’une consistance anormale, d’une irritation vulvovaginale, d’un prurit, d’une dysurie, d’une dyspareunie ou d’une pesanteur pelvienne. Des leucorrhées fluides, grisâtres, à odeur de poisson évoquent une vaginose bactérienne, des leucorrhées mousseuses jaune-vert peuvent survenir en cas de trichomonase, et des leucorrhées épaisses, blanchâtres et adhérentes sont caractéristiques d’une candidose vulvovaginale (4, 7).

Les examens diagnostiques courants peuvent inclure la mesure du pH vaginal, le test à la potasse (sniff test), l’examen direct à l’état frais au sérum physiologique et à la potasse, ainsi que les tests d’amplification des acides nucléiques pour le gonocoque et Chlamydia. Les panels moléculaires pour le diagnostic des vaginites approuvés par la FDA ou la culture mycologique sont indiqués en cas de suspicion de candidose vulvovaginale récidivante ou compliquée. Pour le dépistage du cancer du col de l’utérus, un échantillon est prélevé à l’aide d’une brosse cervicale, d’une spatule associée à une brosse endocervicale, ou d’un autre dispositif de prélèvement approuvé par la FDA, selon le type de dépistage réalisé. L’échantillon est placé dans un milieu liquide pour la cytologie cervicale, le test du papillomavirus humain primaire, le co-test et, dans certains contextes, pour la recherche par test d'amplification des acides nucléiques de Chlamydia trachomatis, Neisseria gonorrhoeae et Trichomonas vaginalis, selon les indications. L’excès de mucus, de sang ou de sécrétions peut être délicatement retiré à l’aide d’un gros écouvillon avant le prélèvement. Éviter un nettoyage vigoureux ou des écouvillonnages répétés. Une petite quantité de lubrifiant à base aqueuse appliquée sur le spéculum n’interfère pas significativement avec la cytologie en milieu liquide ou le test HPV lorsqu’elle est utilisée de manière appropriée (4, 10).

Les recommandations actuelles de dépistage du cancer du col de l’utérus varient selon l’âge, les antécédents de dépistage et les facteurs de risque. Les options de dépistage incluent le test du papillomavirus humain primaire, la cytologie cervicale seule ou le co-test associant cytologie cervicale et test du papillomavirus humain, aux intervalles préconisés par les recommandations (8, 9, 10).

Examen bimanuel

L'examen bimanuel est effectué avec 2 doigts dans le vagin et l'autre main sur la partie basse de l'abdomen pour palper le vagin, le col, l'utérus et les ovaires. Les trompes de Fallope ne sont palpables qu'en présence d'une masse tubaire.

Pour le toucher bi-manuel, l'index et le médius de la main dominante sont insérés dans le vagin juste sous le col. L'autre main est placée au-dessus de la symphyse pubienne et permet d'effectuer une contre-pression pour déterminer la taille, la position, la consistance et la mobilité de l'utérus et, si possible, des ovaires. Normalement, l'utérus mesure environ 7 cm par 5 cm par 3 cm et s'incline vers l'avant (antéversion), mais il peut s'incliner vers l'arrière (rétroversion) à des degrés divers. L'utérus peut également être courbé avec un angle antérieur (antéflexion) ou postérieur (rétroflexion).

L'utérus est normalement mobile, ferme et lisse; une irrégularité suggère la présence de fibromes utérins (léiomyomes). Un utérus fixe peut suggérer l'existence d'adhérences d'une endométriose, de chirurgies antérieures ou d'infections. Tout nodule palpable situé le long du cul-de-sac ou du ligament utérosacré en arrière peut évoquer une endométriose.

Normalement, les ovaires mesurent environ 2 cm sur 3 cm chez la femme jeune et ne sont pas palpables chez la femme ménopausée. Toute augmentation de volume des ovaires ou toute masse annexielle peut être palpée. Une douleur annexielle peut être présente en cas de rupture hémorragique d'un kyste ovarien, d'une grossesse extra-utérine, d'une torsion ovarienne ou annexielle, d'un abcès tubo-ovarien, d'une maladie inflammatoire pelvienne aiguë ou chronique et de rares cas d'appendicite rétrocécale du côté droit. Un kyste ovarien ou des tumeurs ou des fibromes pédiculés peuvent être douloureux en cas de modifications hémorragiques.

Une douleur importante quand le col est mobilisé doucement (sensibilité cervicale à la mobilisation) évoque une inflammation pelvienne et est l'un des critères diagnostiques des maladies pelviennes inflammatoires.

Examen rectovaginal

Après la palpation bimanuelle, si elle est indiquée, l'examinateur palpe le septum rectovaginal en insérant l'index dans le vagin et le médius dans le rectum. L'examen rectovaginal peut détecter une masse ovarienne.

Références pour l'examen pelvien

  1. 1. Caring for Patients Who Have Experienced Trauma. ACOG Committee Opinion Summary, Number 825. Obstet Gynecol. 2021;137(4):757-758. doi:10.1097/AOG.0000000000004328

  2. 2. American College of Obstetricians and Gynecologists (ACOG) Committee on Gynecologic Practice Bulletin 224: Diagnosis and Management of Vulvar Skin Disorders. July 2020 (reaffirmed 2026).

  3. 3. Bornstein J, Goldstein AT, Stockdale CK, et al. 2015 ISSVD, ISSWSH and IPPS Consensus Terminology and Classification of Persistent Vulvar Pain and Vulvodynia. Obstet Gynecol. 2016;127(4):745-751. doi:10.1097/AOG.0000000000001359

  4. 4. Jonathan S. Berek. Berek & Novak's Gynecology. 17th edition Lippincott Williams & Wilkins (LWW)

  5. 5. American College of Obstetricians and Gynecologists  (ACOG). ACOG Persistent Vulvar Pain. Committee Opinion Number 673. September 2016 (reaffirmed 2024).

  6. 6. AUGS/IUA. Pelvic Organ Prolapse: Interactive Assessment Tool. Accessed July 7, 2026.

  7. 7. Handa VL, Van Le L. Te Linde's Operative Gynecology. Wolters Kluwer.

  8. 8. ACOG PUBLICATIONS: ACOG COMMITTEE STATEMENT. Screening for Cervical Cancer. Obstetrics & Gynecology. 148(1):p e63-e67, July 2026.  DOI: 10.1097/AOG.0000000000006257

  9. 9. Vadaparampil ST, Fuzzell LN, Brownstein NC, et al. A cross-sectional survey examining clinician characteristics, practices, and attitudes associated with adoption of the 2019 American Society for Colposcopy and Cervical Pathology risk-based management consensus guidelines. Cancer. 2023;129(17):2671-2684. doi:10.1002/cncr.34838

  10. 10. Centers for Disease Control and Prevention. STI Treatment Guidelines, 2021. Last reviewed: June 13, 2013. Accessed July 7, 2026.

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