Comment effectuer une ponction lombaire

ParMark Freedman, MD, MSc, University of Ottawa
Reviewed ByMichael C. Levin, MD, College of Medicine, University of Saskatchewan
Vérifié/Révisé Modifié févr. 2026
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Pour la ponction lombaire, une aiguille est insérée dans l'espace sous-arachnoïdien lombaire pour recueillir le liquide céphalorachidien pour effectuer des examens de laboratoire, mesurer la pression du LCR et parfois administrer des agents diagnostiques ou thérapeutiques intrathécaux.

La ponction lombaire est généralement pratiquée au lit du malade par un clinicien qui utilise les repères anatomiques du patient pour déterminer le point d'insertion de l'aiguille afin de pénétrer dans l'espace sous-arachnoïdien. Lorsqu'il est difficile de palper des repères (p. ex., en raison d'une obésité), une ponction lombaire peut être effectuée par un radiologue sous guidage radioscopique. L'échographie peut également être utilisée pour identifier des repères et, moins fréquemment, pour guider l'aiguille en temps réel si l'équipement et le personnel sont disponibles. Cependant, l'échographie n'est toujours pas couramment utilisée en dehors des centres d'enseignement.

(Voir aussi Ponction lombaire, Revue générale des méningites, et Hémorragie sous-arachnoïdienne.)

Indications de la ponction lombaire

Indications diagnostiques*:

  • Suspicion d'infection du système nerveux central (SNC) (méningite bactérienne aiguë, méningite virale, encéphalite, méningite subaiguë ou chronique)

  • Affections inflammatoires suspectées du SNC, dont la sclérose en plaques (ou d'autres affections démyélinisantes du SNC comme la neuromyélite optique (NMO) ou la maladie associée aux anticorps anti-glycoprotéine oligodendrocytaire de la myéline (MOGAD)), l'encéphalite auto-immune (p. ex., l'encéphalite anti-récepteur N-méthyl-D-aspartate (NMDAR)), et la sarcoïdose

  • Suspicion d'hémorragie sous-arachnoïdienne spontanée non diagnostiquée sur la neuro-imagerie ou si la neuro-imagerie immédiate n'est pas disponible

  • Suspicion d'hypertension endocrânienne idiopathique, pour déterminer la pression du LCR par manométrie

  • Autres affections du système nerveux central, dont le syndrome de Guillain-Barré, les métastases leptoméningées (méningite carcinomateuse), les encéphalopathies métaboliques génétiques

  • Administration d'un produit de contraste radiopaque pour une myélographie (avec l'avènement de l'IRM, la myélographie avec produit de contraste est rarement, voire jamais, pratiquée)

  • Soustraction de LCR en tant que test thérapeutique pour l'hydrocéphalie à pression normale

* Décidez à l'avance de quelles informations vous désirez retirer de la ponction lombaire et des tests que vous devez prescrire. Confirmer les demandes pour tous les tests inhabituels avec le laboratoire clinique avant de commencer la procédure.

Indications thérapeutiques:

  • Réduction de la pression endocrânienne dans l'hypertension endocrânienne idiopathique

  • Administration de médicaments intrathécaux (p. ex., anesthésie rachidienne ou épidurale, chimiothérapie intrathécale)

Contre-indications à la ponction lombaire

Contre-indications absolues:

  • Infection suspectée (p. ex., cellulite, abcès) au niveau ou à proximité du site d'insertion de l'aiguille: si possible, utiliser un autre site non infecté dans la région lombaire. Si la région lombaire n'est pas accessible, il peut être nécessaire d'utiliser une approche sous-occipitale (cisternale) ou cervicale (C1-C2), qui sont toujours réalisées sous guidage fluoroscopique.

Contre-indications relatives:

  • Suspicion d'augmentation de la pression endocrânienne due à une masse endocrânienne (p. ex., tumeur, abcès cérébral ou sang, en particulier si dans l'espace infratentoriel) qui pourrait déclencher un engagement* transtentoriel ou cerébelleux après ponction lombaire. S'il existe des signes évocateurs (p. ex., déficits neurologiques focaux, altération de l'état mental, œdème papillaire, signes d'engagement), faire une TDM ou une IRM avant la ponction lombaire. (Cependant, le risque d'engagement ne peut pas toujours être prédit par la TDM ou l'IRM.)

  • Coagulopathie (p. ex., rapport international normalisé [INR] > 1,5, dont l'anticoagulation thérapeutique; thrombopénie [< 50 000/mcL, 50 x 109/L], ou pathologiquement augmenté le temps partiel de thromboplastine activée), qui peut conduire à un hématome rachidien dû à la ponction lombaire: envisager une correction avant la procédure.†

  • Insuffisance cardiopulmonaire ou détresse respiratoire, qui peut être exacerbée par la position couchée pendant la ponction lombaire

  • Anomalies anatomiques au niveau du site d'insertion (p. ex., fusion rachidienne, laminectomie, anomalies congénitales)

Il n'a pas été démontré que la bactériémie prédisposait à la méningite après une ponction lombaire et n'est donc pas une contre-indication.

* Lorsque la ponction lombaire est différée, commencer le traitement de la méningite bactérienne aiguë ou de l'hémorragie sous-arachnoïdienne suspectées immédiatement. En cas de suspicion de méningite, réaliser des hémocultures avant l'instauration d'une antibiothérapie.

† L'anticoagulation thérapeutique (p. ex., pour embolie pulmonaire) augmente le risque de saignement lors d'une ponction lombaire, mais ce risque doit être mis en balance avec le risque accru de thrombose (p. ex., accident vasculaire cérébral) si l'anticoagulation est antagonisée. Si le temps le permet, discuter de toute inversion envisagée avec le médecin responsable de l'anticoagulation du patient.

Complications de la ponction lombaire

  • Céphalées post-ponction lombaire

  • Saignement dans l'espace épidural (hématome rachidien)

  • Gêne ou douleur dans le bas du dos qui peuvent irradier vers la partie postérieure des jambes (autolimitée)

  • Tumeur épidermoïde, se produit des années après la ponction lombaire; le risque est augmenté si l'aiguille spinale est insérée ou retirée sans le mandrin (très rare)

  • Engagement cérébral (rare)

  • Cécité corticale (rare)

  • Infarctus de la moelle épinière cervicale (rare)

  • Surdité transitoire ou permanente (rare)

  • Infection iatrogène (rare)

  • Nausées et/ou acouphènes transitoires

  • Hypotension endocrânienne due à une fuite de LCR (rare)

  • Paralysie du nerf VIe crânien (rare)

Une céphalée se développe après une ponction lombaire chez environ 10% des patients, habituellement quelques heures à un jour ou deux après la procédure, et peut être sévère. Les patients plus jeunes avec une masse corporelle moindre sont plus à risque. L'utilisation d'aiguilles plus fines, tranchantes (à biseau), et l'insertion de l'aiguille suivie d'une rotation de 90 degrés, afin d'aligner le biseau avec les fibres durales longitudinales avant de poursuivre l'insertion, ou l'utilisation d'aiguilles non tranchantes (à pointe de crayon) réduit ce risque. Ni la quantité de LCR prélevée ni le fait de s'allonger après la ponction lombaire ne diminuent l'incidence, et il semblerait que le décubitus puisse en fait aggraver les céphalées post-ponction lombaire (1).

Matériel pour ponction lombaire

Dans de nombreux centres, des kits de ponction lombaire préemballés sont disponibles. Sinon, l'équipement nécessaire comprend les éléments suivants:

  • Gants, blouse, masque et charlotte stériles

  • Draps et/ou serviettes stériles

  • Solution antiseptique (p. ex., chlorhexidine, povidone iodée, lingettes alcoolisées)

  • Gaze stérile (p. ex., carrés de 10 × 10 cm)

  • Anesthésique local (p. ex., lidocaïne à 1-2% sans adrénaline, aiguilles de calibre 25 et 20, seringue de 10 mL)

  • Anesthésique topique (standard chez les enfants): dispositif d'injection de lidocaïne sans aiguille, gel LET (lidocaïne-adrénaline-tétracaïne) ou crème lidocaïne-prilocaïne 

  • Aiguille spinale avec mandrin: aiguille coupante (pointe biseautée) ou aiguille non coupante (atraumatique)* (aiguille pencil-point tip [qui minimise la perte de LCR après la ponction]); calibre 20 ou 22*; 9 cm de long pour les adultes, 6 cm pour les enfants, 4 cm pour les nourrissons

  • 4 tubes de prélèvement du liquide céphalorachidien (1 à 4) pour les examens de laboratoire; des tubes supplémentaires si un prélèvement de liquide céphalorachidien de grand volume est nécessaire (p. ex., 30 à 40 mL) ou des tests spéciaux supplémentaires sont nécessaires. De grands volumes de 30 à 40 mL de liquide céphalorachidien peuvent devoir être recueillis quand une méningite chronique (p. ex., tuberculeuse ou méningite fongique) ou une méningite carcinomateuse sont suspectées. Des tubes supplémentaires (suffisants pour contenir 30 à 40 mL de LCR) peuvent également être nécessaires si une ponction lombaire à grand volume est prévue pour le diagnostic ou le traitement d'une hydrocéphalie à pression normale.

  • Manomètre et robinet d'arrêt; éventuellement, tube court d'extension

  • Pansement adhésif

* L'utilisation d'aiguilles non coupantes, d'aiguilles coupantes et de plus petit calibre (c'est-à-dire, calibre 22) réduit le risque de céphalées post-ponction lombaire.

Pour un guidage échographique:

  • Échographe au lit du malade avec une sonde d'échographie linear array à haute fréquence

Considérations supplémentaires concernant la ponction lombaire

  • Prélever du sang pour la glycémie à comparer au glucose du liquide céphalorachidien; le sang pour la recherche de bandes oligoclonales peut être prélevé en même temps.

  • Une sédation à court terme (p. ex., avec du propofol ou du fentanyl et/ou du midazolam) peut être nécessaire chez les enfants et les adultes anxieux.

  • Bien que le guidage échographique puisse augmenter les taux de succès et diminuer les taux de complications dans certains contextes (2), l'utilisation systématique de l'échographie en médecine d'urgence pour localiser des repères anatomiques n'a pas montré ces avantages (3).

Anatomie importante pour la ponction lombaire

  • Le point d'insertion objectif de l'aiguille est l'espace L3-L4 ou L4-L5; ainsi, l'aiguille est insérée sous le niveau de la moelle épinière.

  • L'apophyse épineuse de L4 se situe le long d'une ligne imaginaire entre le sommet des crêtes iliaques postérieures supérieures.

  • Puisque la moelle épinière se termine à environ T12-L1, la ponction lombaire peut théoriquement être effectuée aussi haut que L2 sans risque de lésion de la moelle épinière.

  • Dans le cas d'une insertion au niveau de la ligne médiane (approche la plus fréquente), l'aiguille spinale traverse d'abord les ligaments supraspinaux et interépineux entre les apophyses épineuses, avant d'atteindre le ligament jaune.

  • Dans une insertion paramédiane (latérale) (p. ex., 1 cm à la fois latéralement et en direction caudale par rapport au point d'insertion de la peau sur la ligne médiane), l'aiguille contourne les ligaments de la ligne médiane et peut faciliter la ponction lombaire chez les patients âgés dont les ligaments sont calcifiés et sclérosés.

  • Le ligament jaune est un tissu conjonctif épais, et un "clic" ou un "pop" distinct peut être palpable lorsque l'aiguille le traverse, bien que ce "clic" ou ce "pop" ne soit pas toujours perçu.

  • L'aiguille passe ensuite à travers l'espace péridural (tissu adipeux et plexus veineux vertébral interne) et on peut alors percevoir un pop à nouveau lors du passage à travers la dure-mère (et simultanément à travers la membrane sous-arachnoïdienne adjacente) pour entrer dans l'espace sous-arachnoïdien (espace du liquide céphalorachidien). Notez que dans de nombreux cas, aucun "pop" ne peut être ressenti.

    Chez l'enfant ou le nourrisson, dont le tissu fibreux résiste peu à la pénétration, un pop peut ne pas être palpable lorsque l'aiguille passe le ligament ou la dure-mère.

Positionnement de la ponction lombaire

L'objectif est de fléchir le rachis lombaire pour élargir les espaces intervertébraux. Le patient peut être allongé en décubitus latéral ou être assis. La décubitus latéral est généralement préférée et doit être utilisée si une manométrie du liquide céphalorachidien est désirée. La position assise peut être utile chez les patients chez qui les repères physiques sont difficiles à palper en position couchée (p. ex., les patients obèses); c'est la position préférée pour les nourrissons.

  • Décubitus latéral: le patient est couché sur le côté en position fœtale, les hanches fléchies autant que tolérable. S'assurer que le bassin, le dos et les épaules sont perpendiculaires au lit. Placer un oreiller sous la tête pour aligner la tête avec la colonne vertébrale et entre les genoux pour plus de confort si nécessaire. Un assistant peut aider le patient à se recroqueviller autant que possible. Avant de commencer la procédure, le clinicien doit adopter une position confortable à proximité du patient.

  • Position assise: le patient est assis au bord du lit avec ses pieds sur un tabouret ou une chaise pour fléchir les hanches et se penche en avant avec la tête et les épaules reposant sur une table de chevet.

    Dans le cas d'un nourrisson, un assistant tient les bras et les jambes par l'avant, le maintenant en position fœtale assise sur le lit. La tête est également soutenue pour éviter l'asphyxie due à la flexion du cou.

Description étape par étape de la procédure de la ponction lombaire

Identifier et préparer le site

  • Placer le patient dans la bonne position, en utilisant un aide si nécessaire.

  • Identifier cliniquement le site d'insertion de l'aiguille: palper les apophyses épineuses vertébrales lombaires pour identifier celle qui est la plus proche d'une ligne imaginaire entre le sommet des crêtes iliaques postérieures supérieures; l'apophyse épineuse la plus proche est habituellement L4 (parfois L3 chez la femme). Le point d'insertion est la dépression située juste en dessous de l'apophyse épineuse (c'est-à-dire, dans l'espace L3-L4 pour l'apophyse de L4). Marquer le site avec un marqueur cutané. Bien que l'espace L3-L4 soit le site d'insertion habituel, l'espace L4-L5 ou L2-L3 est utilisable.

  • Chez les enfants, appliquer un anesthésique cutané topique et laisser le temps pour qu'il prenne effet.

  • Frotter le site d'insertion avec une solution antiseptique par une série de cercles concentriques en expansion pour atteindre environ 20 cm de diamètre.

  • Laisser la solution antiseptique sécher pendant au moins 1 minute. Si de l'iode ou de la chlorhexidine est utilisée, essuyer avec de l'alcool pour empêcher son introduction dans l'espace sous-arachnoïdien par l'aiguille spinale.

  • Placer le matériel stérile sur un plateau de matériel stérile et couvrir avec un champ stérile.

  • Gants stériles En cas de symptômes respiratoires, porter un masque facial. Si des protocoles d'isolement sont en place, porter une blouse, un masque facial et un bonnet.

  • Assembler le manomètre, le robinet d'arrêt et le tube de connexion court. Le tube de connexion court permet une certaine liberté de mouvement, ce qui permet d'éviter les mouvements inattendus de l'appareil connecté (p. ex., si le patient se déplace de façon inattendue) et détacher l'aiguille.

  • Le mouvement du robinet, de l'aiguille spinale et du mandrin doit être fluide.

  • Placer des champs stériles autour du site.

  • Déposer une papule d'anesthésique au niveau du point d'entrée de l'aiguille de 25, puis anesthésier plus profondément les tissus mous le long du trajet prévu d'insertion de l'aiguille.

Insérer l'aiguille spinale (rachidienne)

  • Insérer complètement le mandrin dans l'aiguille spinale chaque fois que l'aiguille est avancée ou retirée.

  • Si vous utilisez une aiguille biseautée, tenez l'aiguille avec le biseau orienté vers le côté droit ou gauche du patient (c'est-à-dire, vers le haut pour un patient en décubitus latéral) pour vous assurer que la partie pointue de l'aiguille passe entre les fibres longitudinales de la dure-mère plutôt que de les couper. L'aiguille peut être tenue d'une seule main, mais la tenir des 2 mains permet un meilleur contrôle au cas où le patient bougerait.

  • Palper la crête iliaque et les apophyses épineuses pour revérifier le site d'insertion.

  • Insérer l'aiguille en la pointant vers l'ombilic, environ 15° en direction céphalique et l'avancer par petits incréments d'environ 2 à 3 mm. Un pop peut être palpable lorsque l'aiguille transperce le ligament jaune (pour pénétrer dans l'espace épidural) et parfois lorsque l'aiguille perce la dure-mère (pour pénétrer dans l'espace sous-arachnoïdien). Chez l'enfant, ces pops sont généralement moins évidents. Souvent, l'aiguille doit être avancée sur une grande partie de sa longueur avant d'atteindre l'espace sous-arachnoïdien. Retirer le mandrin entre deux avancées incrémentales d'aiguille pour vérifier l'apparition d'un flux de liquide céphalorachidien (qui indique l'entrée dans l'espace sous-arachnoïdien); réinsérer le mandrin avant de continuer de faire avancer l'aiguille.

    Si l'aiguille rencontre l'os, la retirer jusqu'au niveau sous-cutané, la pointer en direction plus céphalique puis la réinsérer. S'assurer que l'aiguille est dirigée vers le canal rachidien et non à côté.

    Si le sang revient lors d'une insertion profonde, l'aiguille peut avoir pénétré le plexus veineux du côté ventral de la moelle. Retirer l'aiguille par petits mouvements successifs (p. ex., 1 mm), en vérifiant le retour de liquide céphalorachidien à chaque petit mouvement.

  • La pointe de l'aiguille est parfois bloquée par des racines nerveuses ou d'autres tissus. Si le liquide céphalorachidien ne revient pas malgré ce qui semble être une pénétration réussie de l'espace sous-arachnoïdien, tourner l'aiguille de 90° et revérifier.

  • Une fois l'espace sous-arachnoïdien atteint, réinsérer le mandrin partiellement et ne pas avancer l'aiguille plus loin.

Il convient de veiller à ne pas réinsérer complètement le mandrin car une racine nerveuse pourrait être prise dans le biseau, et sa réinsertion complète risquerait de léser la racine nerveuse.

Ponction lombaire

Cette ponction lombaire est effectuée avec le patient en décubitus latéral et l'aiguille de ponction lombaire insérée dans l'espace L3-L4.

Mesurer la pression du liquide céphalorachidien

La manométrie n'est généralement pas effectuée, à moins qu'une hypertension endocrânienne ne soit suspectée. La manométrie est particulièrement importante en cas d'hypertension endocrânienne idiopathique ou si une soustraction thérapeutique de LCR est prévue comme test de traitement pour une hydrocéphalie à pression normale. Il est important que les patients soient installés en décubitus latéral pour obtenir des mesures précises (la manométrie ne peut pas être effectuée en position assise). Pour l'hydrocéphalie à pression normale, la pression doit être mesurée avant et après la soustraction de LCR.

  • Retirer le mandrin de l'aiguille spinale.

  • Fixer l'assemblage manomètre/robinet/tube d'extension à l'aiguille.

  • Maintenir le manomètre au même niveau que l'aiguille spinale.

  • Ouvrir le robinet.

  • Le liquide céphalorachidien montera dans le tube du manomètre à une hauteur qui représentant la pression d'ouverture du liquide céphalorachidien, qui sera lue grâce aux marques du tube. Le ménisque du liquide céphalorachidien doit fluctuer légèrement lors de la respiration. La hauteur normale de la colonne de liquide (pression du liquide céphalorachidien) est de 7 à 18 cm.

    Si la pression est basse, demander au patient d'étendre progressivement les jambes au niveau des hanches et des genoux pour améliorer l'écoulement du liquide céphalorachidien. En l'absence de variation de la pression lors de la respiration, en particulier si la pression est basse, tourner l'aiguille de 90° pour faire cesser l'obstruction éventuelle par un nerf ou si l'aiguille n'est pas complètement placée dans l'espace sous-arachnoïdien.

Recueillir le liquide céphalorachidien

  • Ne jamais aspirer le liquide céphalorachidien.

  • Si une manométrie du liquide céphalorachidien a été effectuée, drainer le liquide céphalorachidien hors du manomètre dans le premier tube de prélèvement. Lorsque le manomètre s'est vidé, retirez-le.

  • Dans l'ordre numérique, laisser couler environ 1 à 2 mL de liquide céphalorachidien dans chacun des 4 tubes de prélèvement. Des volumes plus importants (jusqu'à 30 à 40 mL) peuvent améliorer le rendement, tels que la détection des bacilles acido-résistants, des champignons (p. ex., Cryptococcus neoformans, Coccidioides immitis), ou une méningite carcinomateuse.

  • Effectuer une numération-formule des cellules et sur les 1er et 3e tubes de sorte que les numérations puissent être comparées si des globules rouges sont présents. (Une importante diminution du nombre de globules rouges du 1er au 3e tube est compatible avec une ponction traumatique.)

  • Effectuer d'autres tests, dont le taux de protéines et de glucose, la recherche de bandes oligoclonales (si nécessaire) et les tests microbiologiques, à partir du 2e tube et, si nécessaire à partir du liquide céphalorachidien restant du 1er et/ou du 3e tube.

  • Envisager de congeler le 4e tube au cas où des études supplémentaires imprévues seraient nécessaires plus tard. Vérifier auprès du laboratoire combien de temps il conserve les prélèvements et demander de conserver l'échantillon pendant une période plus longue si nécessaire.

  • Si le liquide est rosé ou nettement hémorragique, il faut continuer à prélever du LCR jusqu'à ce qu'il devienne clair. Si le liquide ne s'éclaircit pas après le prélèvement d'environ 10 à 20 mL, la ponction doit alors être qualifiée d'hémorragique; la présence de sang peut fausser certains résultats d'analyses et la ponction lombaire devra peut-être être répétée.

Conclure la procédure

  • Réinsérer le mandrin dans l'aiguille, en prenant garde de ne pas l'insérer complètement. (Des nerfs pouvant passer dans le trou de l'aiguille, l'insertion complète du stylet pourrait couper le tissu nerveux.)

  • Retirer doucement l'aiguille.

  • Appliquer un pansement adhésif.

Soins de suivi après une ponction lombaire

  • Le repos au lit après une ponction lombaire n'est pas nécessaire et ne réduit pas l'incidence des céphalées post-ponction lombaire; cependant, le décubitus peut être utile dans le traitement des céphalées post-ponction lombaire. Tout exercice vigoureux ou intense doit probablement être évité pendant au moins 24 h.

  • L'augmentation de l'apport oral de liquides a été suggérée pour traiter les céphalées post-procédurales, mais son efficacité n'a pas été prouvée (1). La caféine peut prévenir les céphalées post-opératoires, mais, du fait de son effet diurétique, son utilisation est une autre raison d'augmenter l'apport hydrique.

  • Demander au patient d'être vigilant en cas de douleurs dorsales persistantes ou de leur aggravation, qui peuvent survenir jusqu'à plusieurs jours après la ponction lombaire et nécessite une évaluation rapide pour exclure un hématome.

Avertissements et erreurs fréquents lors d'une ponction lombaire

  • Assurez-vous de garder les hanches, le dos et les épaules du patient précisément perpendiculaires au lit, en particulier si une mesure de la pression du LCR est effectuée.

  • En décubitus latéral, maintenir la position fœtale étroitement enroulée du patient.

  • Veiller à diriger l'aiguille vers la ligne médiane (non inclinée d'un côté) et légèrement en direction céphalique.

Ces erreurs rendent difficile l'entrée dans le canal rachidien. En outre,

  • Ne pas retirer l'aiguille sans réinsérer partiellement le mandrin (4). Le stylet doit être suffisamment inséré pour interrompre le flux de LCR, mais ne doit pas être inséré totalement afin d'éviter de sectionner une radicelle nerveuse qui aurait pu s'introduire dans le biseau.

  • Si vous ne pénétrez pas dans le canal rachidien, ne pas essayer de repositionner l'aiguille en déplaçant la pointe d'un côté ou de l'autre; cela peut léser les tissus. Au lieu de cela, retirer l'aiguille jusque presque à la surface de la peau (c'est-à-dire, à l'extérieur du ligament spinal) avant de modifier l'angle et la direction d'insertion.

Trucs et astuces concernant la ponction lombaire

  • S'asseoir confortablement près du patient avant d'effectuer la procédure en décubitus latéral.

  • Envisager de tenir l'aiguille avec les deux mains pour un meilleur contrôle.

  • Éviter d'insérer l'aiguille de ponction lombaire à travers une peau infectée ou tatouée en raison de la possibilité théorique que l'infection ou que de l'encre de tatouage puissent être introduits dans le liquide céphalorachidien et provoquer une irritation ou une toxicité. Si nécessaire, utiliser un espace adjacent ou faire une petite incision à travers l'épiderme tatoué avec un bistouri puis introduire l'aiguille à travers l'incision.

  • Une fois que l'aiguille est passée à travers la peau et dans le ligament épineux, revérifier l'alignement du patient (hanches perpendiculaires au lit) et la direction de l'aiguille (perpendiculaire à la colonne vertébrale) avant de l'insérer davantage.

  • L'écoulement du LCR peut être facilité en tournant l'aiguille complètement insérée à 90° (de sorte que le biseau soit tourné vers la tête). Dans le cas où cette manœuvre est effectuée, tourner l'aiguille en position parallèle avant de retirer l'aiguille pour éviter de déchirer les fibres durales.

  • Prélever du sang pour mesurer le taux de glucose avant (p. ex., jusqu'à 30 minutes) la ponction lombaire afin que ce taux puisse être comparé avec précision à celui du liquide céphalorachidien. Dans le respect de cette succession temporelle, les bandes oligoclonales sériques et du liquide céphalorachidien peuvent également être comparées.

  • En cas d'échec de la ponction lombaire en décubitus, essayer la position assise, qui peut être efficace en raison de l'augmentation de la flexion vertébrale et de l'ouverture de l'espace intervertébral.

Références

  1. 1. Cognat E, Koehl B, Lilamand M, et al. Preventing Post-Lumbar Puncture Headache. Ann Emerg Med. 2021;78(3):443-450. doi:10.1016/j.annemergmed.2021.02.019

  2. 2. Soni NJ, Franco-Sadud R, Schnobrich D, et al. Ultrasound guidance for lumbar puncture. Neurol Clin Practice. 2016;6(4):358-368. doi: 10.1212/CPJ.0000000000000265

  3. 3. Peterson MA, Pisupati D, Heyming TW, et al. Ultrasound for routine lumbar puncture. Acad Emerg Med. 2014;21(2):130-136. doi: 10.1111/acem.12305

  4. 4. Strupp M, Brandt T, Müller A. Incidence of post-lumbar puncture syndrome reduced by reinserting the stylet: a randomized prospective study of 600 patients. J Neurol. 1998;245(9):589-592. doi:10.1007/s004150050250

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