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Trouble d'excoriation (se gratter la peau)

Par

Katharine A. Phillips

, MD, Weill Cornell Medical College;


Dan J. Stein

, MD, PhD, University of Cape Town

Dernière révision totale janv. 2021| Dernière modification du contenu janv. 2021
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Le trouble d'excoriation est caractérisé par le curage récurrent de la peau, ce qui entraîne des lésions cutanées.

Les patients qui présentent un trouble de l'excoriation se grattent la peau de façon répétée; l'excoriation n'est pas déclenchée par des problèmes esthétiques ou de santé (p. ex., pour enlever une lésion qu'ils perçoivent comme peu attrayante ou éventuellement cancéreuse). Certains patients s'arrachent de la peau saine; d'autres choisissent de s'arracher la peau au niveau de lésions mineures telles que des cals, des boutons ou des croûtes.

Certains patients se grattent la peau de façon assez automatique (c'est-à-dire, sans en être pleinement conscients); d'autres sont plus conscients de cette activité. Le prélèvement n'est pas déclenché par des obsessions ou des préoccupations concernant l'apparence (qui peut être un symptôme de maladie dysmorphique corporelle). Cependant, le curage peut être précédé par une sensation de tension ou d'anxiété qui est soulagée par le curage, qui est souvent aussi accompagné d'un sentiment de satisfaction.

Le curage cutané commence souvent à l'adolescence, même si elle peut commencer à différents âges. À un moment ou à un autre, environ 1 à 2% des sujets présentent ce trouble. Environ 75% d'entre eux sont des femmes.

Symptomatologie

Le curage cutané est généralement chronique, avec des symptômes fluctuants s'il n'est pas traité. Les zones de curage cutané peuvent changer au fil du temps. Les modèles de curage cutané varient d'un patient à l'autre. Certains présentent de multiples zones de cicatrices; d'autres se concentrent exclusivement sur quelques lésions. Beaucoup essaient de camoufler les lésions de la peau par des vêtements ou un maquillage.

Le curage cutané peut être accompagné de toute une gamme de comportements ou de rituels. Les patients peuvent rechercher méticuleusement un type particulier de croûte à arracher; ils peuvent faire en sorte que la croûte soit retirée d'une manière particulière (en utilisant les doigts ou un instrument) et peuvent mordre ou avaler la croûte une fois qu'elle a été retirée.

Les patients présentant un trouble de l'excoriation tentent de manière répétée d'arrêter le curage ou de le faire moins souvent, mais ils en sont incapables.

Les patients peuvent se sentir gênés ou avoir honte de l'apparence des zones de curage cutané ou de leur incapacité à contrôler leur comportement. Par conséquent, les patients peuvent en arriver à éviter des situations sociales où on peut voir leurs lésions; généralement, ils ne s'excorient pas en présence d'autres personnes, à l'exception peut-être des membres de la famille. Les patients peuvent être diminués dans d'autres domaines du fonctionnement (p. ex., professionnel, académique), principalement parce qu'ils évitent les situations sociales.

Certains patients peuvent même gratter la peau d'autres sujets. Beaucoup ont aussi d'autres comportements répétitifs centrés sur le corps, tels qu'une trichotillomanie ou se ronger les ongles.

Si sévère, le curage cutané peut provoquer des cicatrices, des infections, des saignements excessifs et même une septicémie.

De nombreux sujets atteints de troubles de l'excoriation ont également d'autres troubles mentaux, tels qu'un trouble obsessionnel compulsif ou un trouble dépressif majeur.

Diagnostic

  • Critères cliniques

Pour satisfaire aux critères diagnostiques du trouble d'excoriation, les patients doivent généralement

  • Provoquer des lésions cutanées de curage visibles (bien que certains patients tentent de les camoufler avec des vêtements ou un maquillage)

  • Faire des tentatives répétées pour diminuer ou arrêter de s'arracher les cheveux

  • Être très déprimé ou ne pas pouvoir effectuer ses activités

La détresse peut comprendre des sentiments de gêne ou de honte (p. ex., par perte de contrôle du comportement ou du fait de conséquences cosmétiques des lésions de la peau).

Traitement

  • N-acétylcystéïne

  • Inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine ou la clomipramine

  • Thérapie cognitive et comportementale (habituellement renversement d'habitude)

Dans un essai contrôlé, la N-acétylcystéine s'est avérée plus efficace que le placebo chez les patients présentant un trouble de l'excoriation (1).

Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine ou la clomipramine peuvent être utiles en cas de coexistence de dépressions ou de troubles anxieux, et certaines données suggèrent que ces médicaments peuvent aussi réduire le curage cutané, bien que les données soient limitées.

La thérapie cognitivo-comportementale qui est adaptée pour traiter les symptômes spécifiques des excoriations est actuellement la psychothérapie de choix. Le renversement d'habitude, une thérapie principalement comportementale, a été étudié au mieux; il comprend les éléments suivants:

  • Formation de sensibilisation (p. ex., auto-surveillance, identification des déclencheurs du comportement)

  • Contrôle du stimulus (modification de situations, p. ex., éviter les déclencheurs, pour réduire la probabilité d'initier le curage)

  • Entraînement aux réponses concurrentes (apprendre aux patients à substituer d'autres comportements, tels que serrer le poing, tricoter ou s'asseoir sur leurs mains en cas de curage cutané)

Références pour le traitement

  • 1. Grant JE, Chamberlain SR, Redden SA, et al: N-Acetylcysteine in the treatment of excoriation disorder: A randomized clinical trial. JAMA Psychiatry 73(5):490–496, 2016. doi: 10.1001/jamapsychiatry.2016.0060.

Points clés

  • Dans les cas d'excoriation, le comportement n'est pas déclenché par des obsessions ou des préoccupations concernant l'apparence, mais peut être précédé par une sensation de tension ou d'anxiété qui est soulagée par l'excoriation, souvent suivie d'un sentiment de satisfaction.

  • Les patients présentant un trouble de l'excoriation tentent d'arrêter ou de le faire moins souvent, mais ils en sont incapables.

  • Le trouble d'excoriation provoque des lésions cutanées visibles.

  • Traiter par une thérapie cognitivo-comportementale adaptée au traitement des symptômes d'excoriation spécifiques (dont le renversement d'habitude) et/ou par la N-acétylcystéine ou un inhibiteur de la recapture de la sérotonine ou la clomipramine.

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