Les contraceptifs oraux sont des hormones stéroïdes qui inhibent la libération de l'hormone de libération des gonadotrophines (GnRH) par l'hypothalamus, inhibant ainsi la libération hormones hypophysaires qui stimulent l'ovulation. Les contraceptifs oraux affectent également la paroi de l'utérus, ce qui diminue la probabilité d'implantation d'un embryon, et épaississent la glaire cervicale, la rendant imperméable aux spermatozoïdes. S'ils sont utilisés régulièrement et correctement, les contraceptifs oraux sont une forme de contraception efficace.
Les contraceptifs oraux peuvent être commencés à tout âge, de la ménarche jusqu'à la ménopause.
Les contraceptifs oraux peuvent être une association d'un œstrogène et d'un progestatif ou uniquement composés d'un progestatif.
Contraceptifs oraux œstro/progestatifs
Pour la plupart des contraceptifs oraux œstroprogestatifs, un comprimé contenant des œstrogènes et un progestatif est pris quotidiennement pendant 21 à 24 jours. Puis, une pilule placebo est prise quotidiennement pendant 4 à 7 jours pour permettre le saignement de sevrage. Dans quelques formulations, la pilule placebo contient du fer et de l'acide folique; dans d'autres, cette pilule n'est pas vraiment inactive mais contient une dose d'éthinylœstradiol plus faible que les pilules utilisées pendant les autres semaines. Des contraceptifs oraux œstroprogestatifs sont également disponibles sous forme de formulations à cycle prolongé (avec 84 comprimés actifs, un à prendre chaque jour, suivis de 7 jours de comprimés placebo) ou sous forme de produits à utilisation continue (pilules actives chaque jour, sans placebo).
La plupart des contraceptifs oraux œstroprogestatifs contiennent entre 10 et 35 mcg d'éthinylœstradiol. Le valérate d'estradiol ou l'estetrol est utilisé dans certaines formulations à la place de l'éthinylestradiol. Les doses d'œstrogènes et de progestatifs sont les mêmes tout au long du mois dans certains contraceptifs oraux œstroprogestatifs (pilules monophasiques); elles changent pendant le mois dans d'autres cas (pilules multiphasiques).
Tous les contraceptifs oraux œstroprogestatifs ont une efficacité similaire; le taux de grossesse après 1 an est de 0,3% en cas d'utilisation avec compliance parfaite et d'environ 9% en cas d'utilisation typique (c'est-à-dire, prise inconstante) (1).
Contre-indications aux contraceptifs œstro-progestatifs (pilules, patch, anneau vaginal)
Les contraceptifs oraux œstro-progestatifs ou d'autres contraceptifs œstro-progestatifs (patch, anneau vaginal) doivent être utilisés avec prudence chez certaines femmes (pour plus d'informations, voir le US Medical Eligibility Criteria for Contraceptive Use, 2024).
Le risque d'effets indésirables des contraceptifs œstro-progestatifs varie en fonction des facteurs de risque et des complications associées. La contraception par des œstrogènes et des progestatifs représente un risque inacceptable pour la santé des patientes qui présentent les caractéristiques suivantes:
< 21 jours post-partum
Mutation thrombogène, thrombophilie (dont le syndrome des antiphospholipides) ou thromboembolie veineuse actuelle ou passée (thrombose veineuse profonde ou embolie pulmonaire)
Cancer actif (métastatique, sous traitement ou dans les 6 mois après une rémission clinique), à l'exclusion des cancers de la peau non-mélanomateux
Cancer du sein actuel
Immobilité prolongée due à une intervention chirurgicale majeure
Migraine avec aura
Tabagisme chez des femmes de ≥ 35 ans
Hypertension sévère (systolique ≥ 160 mmHg ou diastolique ≥ 100 mmHg) ou compliquée d'une maladie vasculaire
Cardiomyopathie du péripartum de < 6 mois ou avec insuffisance cardiaque modérée ou sévère
Cardiopathie ischémique ou facteurs de risque multiples de maladie cardiovasculaire athéroscléreuse
Accident vasculaire cérébral
Valvulopathies avec complications
Diabète pendant > 20 ans ou une maladie vasculaire (p. ex., neuropathie, néphropathie, rétinopathie)
Lupus érythémateux systémique avec anticorps antiphospholipides positifs (ou inconnus)
Transplantation d'organes solides avec complications
Cirrhose (décompensée) sévère, adénome hépatocellulaire, ou cancer du foie
Hépatite virale aiguë
La contraception œstro-progestative présente un risque théorique ou prouvé qui l'emporte habituellement sur les avantages dans les cas suivants:
≤ 42 jours post-partum avec des facteurs de risque de thromboembolie veineuse
Thrombose veineuse superficielle (la thrombose associée à un cathéter intraveineux périphérique pourrait être moins risquée)
Antécédent de cancer du sein et aucune preuve de maladie actuelle pendant 5 ans
Tabagisme chez des femmes de < 35 ans
Hypertension bien contrôlée
Cardiomyopathie du péripartum ≥ 6 mois
Sclérose en plaques avec immobilisation prolongée
Maladie intestinale inflammatoire, si des facteurs de risque de thromboembolie veineuse sont présents
Maladie de la vésicule biliaire actuellement présente ou traitée médicalement ou antécédents de cholestase liée aux contraceptifs
Chirurgie bariatrique avec malabsorption due à un raccourcissement de la longueur fonctionnelle de l'intestin grêle (p. ex., dérivation gastrique de Roux-en-Y ou dérivation biliopancréatique)
Traitement actuel par le fosamprénavir, la rifampicine, la rifabutine, la lamotrigine ou certains antiépileptiques
Contraceptifs à progestatif seul
Pour être efficaces, les contraceptifs oraux uniquement progestatifs doivent être pris tous les jours à la même heure. La même dose est prise quotidiennement et aucune pilule inactive n'est incluse. Les métrorragies à type de "spottings" sont un effet indésirable fréquent.
Les contraceptifs oraux progestatifs fournissent une contraception efficace principalement en épaississant la glaire cervicale et en empêchant les spermatozoïdes de passer à travers le canal cervical et la cavité utérine pour féconder l'ovule. Dans certains cycles, ces contraceptifs oraux suppriment également l'ovulation, mais cet effet n'est pas le principal mécanisme d'action. Les taux de grossesse en cas d'utilisation parfaite et typique de contraceptifs oraux progestatifs seuls sont semblables à ceux des contraceptifs oraux œstro-progestatifs. La drospirénone supprime l'ovulation à des taux légèrement supérieurs à ceux des autres progestatifs.
Contre-indications aux contraceptifs progestatifs seuls (pilules, implants, injections)
Les contraceptifs oraux progestatifs sont couramment prescrits lorsque les femmes souhaitent prendre des contraceptifs oraux, mais que les œstrogènes sont contre-indiqués.
Les femmes atteintes d'un cancer du sein actuel ne doivent pas prendre de pilules progestatives seules, d'implants ou d'injections.
L'utilisation de contraceptifs progestatifs représente un risque théorique ou avéré qui l'emporte habituellement sur les avantages chez les patientes présentant les caractéristiques suivantes:
Antécédent de cancer du sein et aucune preuve de maladie actuelle pendant 5 ans
Saignements vaginaux inexpliqués
Cardiopathie ischémique dans les antécédents et actuelle
Cirrhose (décompensée) sévère, adénome hépatocellulaire, ou cancer du foie
Antécédents de chirurgie de dérivation jéjunale (pour les pilulescontenant uniquement des progestatifs)
Traitement actuel par la rifampicine, la rifabutine ou certains antiépileptiques (pour les pilules progestatives)
Cardiopathie ischémique, HTA sévère ou facteurs de risque multiples de maladie cardiovasculaire athéroscléreuse (pour les injections de contraceptifs progestatifs)
Maladie vasculaire, y compris celle due diabète ou au lupus érythémateux systémique (pour les injections de contraceptifs progestatifs)
(Pour plus d'informations, voir les US Medical Eligibility Criteria for Contraceptive Use, 2024.)
Référence générale
1. Shoupe D: The Contraception Handbook: Evidence Based Practice Recommendations and Rationales, ed. 3. New York, Humana Press, 2020. doi:10.1007/978-3-030-46391-5
Effets indésirables des contraceptifs oraux
Bien que les contraceptifs oraux aient certains effets indésirables potentiels, le risque global de ces effets est faible. Les ballonnements, une sensibilité des seins, des nausées et des céphalées sont les effets indésirables les plus fréquents.
Les patientes sous contraceptifs oraux œstroprogestatifs peuvent développer une aménorrhée ou des métrorragies à type de "spottings" (saignement pendant la prise des pilules actives) lors d'une utilisation prolongée. L'un ou l'autre de ces effets peut être traité en passant à une pilule avec une dose d'œstrogène plus élevée. Les pilules uniquement progestatives entraînent souvent des saignements vaginaux irréguliers.
Chez certaines femmes, l'ovulation reste bloquée pendant quelques mois après l'interruption de la prise de contraceptifs oraux, mais il n'y a pas d'effet à long terme sur la fertilité. Les contraceptifs oraux n'affectent pas l'issue d'une grossesse lorsque la conception a lieu pendant ou après leur utilisation.
Les œstrogènes augmentent la production d'aldostérone et entraînent une rétention hydrosodée, qui peut provoquer une augmentation réversible de la pression artérielle et du poids, jusqu'à environ 2 kg. La prise de poids peut être accompagnée de ballonnements et d'œdèmes.
La plupart des progestatifs utilisés dans les contraceptifs oraux sont liés à la 19-nortestostérone et sont androgènes. Le norgestimate, l'étonogestrel et le désogestrel sont moins androgènes que le lévonorgestrel, la noréthindrone, le noréthindrone acétate et le diacétate d'éthynodiol. Les effets androgéniques peuvent se manifester par des anomalies de la peau et des cheveux et un effet anabolisant entraînant une prise de poids. Si une femme prend > 4,5 kg/an, un contraceptif oral moins androgénique doit être prescrit. Les progestatifs antiandrogènes de 4e génération récents comprennent le dienogest et la drospirénone (voisin de la spironolactone, un diurétique).
L'incidence de la thromboembolie veineuse (TEV) est augmentée d'environ 3 fois chez les utilisatrices de contraceptifs oraux œstro-progestatifs par rapport aux femmes n'en ayant jamais utilisé, car les œstrogènes augmentent la production hépatique de facteurs de coagulation et l'adhésion plaquettaire. Malgré cette augmentation, le risque absolu de thromboembolie veineuse pour les utilisatrices de contraceptifs oraux œstroprogestatifs est faible (3 à 15 pour 10 000 années-femmes), en particulier par rapport au risque absolu de thromboembolie veineuse chez les patientes en post-partum (40 à 65 pour 10 000 années-femmes) (1). Les progestatifs des contraceptifs oraux œstro-progestatifs ont un effet minime sur ce risque. Les contraceptifs qui contiennent du lévonorgestrel comme progestatif semblent présenter un risque légèrement inférieur à ceux qui contiennent de la drospirénone ou du désogestrel, mais cela est probablement dû à des facteurs de sélection des participants à l'étude et ne doit pas modifier les habitudes de prescription. Si une thromboembolie veineuse est suspectée chez une femme qui prend des contraceptifs oraux, ces derniers doivent immédiatement être arrêtés en attendant les résultats des examens diagnostiques, qui confirmeront ou excluront le diagnostic. En outre, les contraceptifs oraux doivent être arrêtés au moins 1 mois avant toute intervention chirurgicale majeure qui nécessite une immobilisation prolongée et ne doivent pas être repris avant 1 mois après l'intervention. Les patientes qui devraient être ambulatoires en post-opératoire n'ont pas besoin d'arrêter l'utilisation des contraceptifs oraux. Les femmes qui ont des antécédents ou à risque élevé de thromboembolie veineuse ne doivent pas utiliser de contraceptifs oraux contenant des œstrogènes. Le dépistage universel des facteurs d'hypercoagulabilité, tels que le facteur V Leiden, n'est pas recommandé (2).
Les résultats des études varient en ce qui concerne l'utilisation des contraceptifs oraux et le risque de cancer du sein (3). Certaines études ont montré une légère augmentation du risque chez les utilisateurs actuels ou récents (4).
Le risque de cancer du col de l'utérus est légèrement augmenté chez la femme qui a pris des contraceptifs oraux pendant > 5 ans, mais ce risque diminue et revient à la normale 10 ans après l'arrêt des contraceptifs oraux (5). On ne sait pas si ce risque est lié à un effet hormonal ou à des comportements (c'est-à-dire, non utilisation d'une méthode contraceptive de barrière).
Les effets sur le système nerveux central des contraceptifs oraux comprennent les nausées et les vomissements, les céphalées, la dépression et les troubles du sommeil. Bien qu'une augmentation du risque d'accidents vasculaires cérébraux ait été attribuée aux contraceptifs oraux, les contraceptifs oraux œstro-progestatifs à faible dose ne semblent pas augmenter le risque d'accident vasculaire cérébral chez la femme en bonne santé, normotendue et non fumeuse. Cependant, il faut arrêter les contraceptifs oraux si des symptômes neurologiques focaux, une aphasie ou d'autres symptômes précurseurs d'un accident vasculaire cérébral se développent immédiatement. Les fumeuses de plus de 35 ans ne doivent pas utiliser de contraceptifs contenant des œstrogènes en raison du risque accru d'infarctus du myocarde et/ou d'accident vasculaire cérébral.
Bien que les progestatifs puissent théoriquement entraîner une résistance à l'insuline réversible, dépendant de la dose, l'utilisation concomitante de contraceptifs oraux avec des progestatifs faiblement dosés, entraîne rarement une hyperglycémie.
Des taux sériques élevés de lipoprotéine de haute densité (HDL) peuvent diminuer en cas d'utilisation de contraceptifs oraux fortement dosés en progestatifs mais s'élèvent habituellement en cas d'utilisation de contraceptifs oraux faiblement dosés en progestatifs et en œstrogènes. L'œstrogène des contraceptifs oraux augmente les taux de triglycérides et peut aggraver une hypertriglycéridémie préexistante. La plupart des variations des concentrations plasmatiques d'autres métabolites ne sont pas cliniquement importants. La capacité de la globuline liant la thyroxine (thyroxine-binding globulin) peut augmenter chez les utilisatrices de contraceptifs oraux; cependant, les taux de thyroxine libre, le taux de la TSH et la fonction thyroïdienne ne sont pas affectés.
Les taux de pyridoxine, de folate, des vitamines du complexe B, d'acide ascorbique, de calcium, de manganèse et de zinc diminuent chez les utilisatrices de contraceptifs oraux; les taux de vitamine A augmentent. Aucun de ces effets n'est cliniquement significatif et la supplémentation en vitamine n'est pas conseillée en tant que complément à l'utilisation de contraceptifs oraux.
Les contraceptifs oraux ne doivent pas être pris si une cholestaseou un ictère se sont développés lors d'une utilisation antérieure. Les femmes qui ont eu une cholestase gravidique (ictère idiopathique récurrent de la grossesse) peuvent devenir ictériques si elles prennent des contraceptifs oraux, les contraceptifs oraux doivent donc être utilisés avec prudence.
Le risque de développer des calculs biliaires ne semble pas augmenté par l'utilisation de contraceptifs oraux à faible dose.
Des adénomes hépatiques bénins pouvant se rompre spontanément se développent dans de rares cas. L'incidence augmente parallèlement à l'augmentation des posologies et de la durée d'utilisation des contraceptifs oraux; les adénomes régressent habituellement spontanément à l'arrêt des contraceptifs oraux.
Un mélasma (chloasma) est observé chez certaines femmes; cette affection est aggravée par le soleil et disparaît lentement à l'arrêt des contraceptifs oraux. Le traitement des mélasmas (chloasma) étant difficile, on arrête les contraceptifs oraux dès l'apparition des premiers chloasmas. Les contraceptifs oraux n'augmentent pas le risque de mélanome.
Références pour les effets indésirables
1. Practice Committee of the American Society for Reproductive Medicine. Electronic address: ASRM@asrm.org; Practice Committee of the American Society for Reproductive Medicine. Combined hormonal contraception and the risk of venous thromboembolism: a guideline. Fertil Steril. 2017;107(1):43-51. doi:10.1016/j.fertnstert.2016.09.027
2. Creinin MD, Lisman R, Strickler RC. Screening for factor V Leiden mutation before prescribing combination oral contraceptives. Fertil Steril. 1999;72(4):646-651. doi:10.1016/s0015-0282(99)00318-0
3. Fitzpatrick D, Pirie K, Reeves G, et al: Combined and progestagen-only hormonal contraceptives and breast cancer risk: A UK nested case-control study and meta-analysis. PLoS Med 20(3):e1004188, 2023. Published 2023 Mar 21. doi:10.1371/journal.pmed.1004188
4. ACOG Practice Advisory: Hormonal contraception and risk of breast cancer. American College of Obstetricians and Gynecologists. Published 2018, reaffirmed 2022.
5. Iversen L, Sivasubramaniam S, Lee AJ, et al: Lifetime cancer risk and combined oral contraceptives: the Royal College of General Practitioners' Oral Contraception Study. Am J Obstet Gynecol 216(6):580.e1-580.e9, 2017. doi:10.1016/j.ajog.2017.02.002
Avantages des contraceptifs oraux
Les bénéfices pour la santé associés aux contraceptifs oraux comprennent une diminution du risque de (1):
Cancer de l'endomètre de 60% après au moins 10 ans d'utilisation
Cancer de l'ovaire de près de 50% après 5 ans d'utilisation et de 80% après ≥ 10 ans d'utilisation
Ils diminuent également le risque de kystes ovariens fonctionnels, de tumeurs bénignes de l'ovaire, de saignement utérin anormal due à un dysfonctionnement ovulatoire, de dysménorrhée, de trouble dysphorique prémenstruel, d'anémie ferriprive et de troubles bénins du sein. Les salpingites, qui affectent la fertilité, sont moins fréquentes en cas d'utilisation de contraceptifs oraux.
Références sur les avantages
1. Iversen L, Sivasubramaniam S, Lee AJ, et al: Lifetime cancer risk and combined oral contraceptives: the Royal College of General Practitioners' Oral Contraception Study. Am J Obstet Gynecol 216(6):580.e1-580.e9, 2017. doi:10.1016/j.ajog.2017.02.002
Interactions médicamenteuses des contraceptifs oraux
Les interactions médicamenteuses avec les contraceptifs hormonaux peuvent diminuer l'efficacité contraceptive ou modifier l'efficacité thérapeutique des médicaments concomitants.
Un échec contraceptif peut survenir si les interactions médicamenteuses entraînent une diminution des taux sériques de contraceptifs hormonaux. L'utilisation concomitante de médicaments qui induisent les enzymes du cytochrome P450 (CYP450) peut accélérer le métabolisme des œstrogènes et/ou des progestatifs, entraînant une diminution des concentrations plasmatiques et un risque accru d'échec contraceptif (1). Les patientes qui prennent ces médicaments ne doivent pas utiliser de contraceptifs hormonaux, à l'exception d'un DIU au lévonorgestrel, à moins que d'autres méthodes contraceptives soient contre-indiquées ou indisponibles; l'efficacité d'un DIU au lévonorgestrel n'est pas affectée par ce type d'interaction médicamenteuse car l'hormone est délivrée localement à l'utérus. Les inducteurs du CYP450 comprennent des médicaments des classes thérapeutiques suivantes: antibiotiques (rifampine, rifabutine); antirétroviraux (éfavirenz, inhibiteurs de protéase boostés par ritonavir); et anticonvulsivants (p. ex., phénytoïne, carbamazépine). Le complément alimentaire à base de millepertuis est également un inducteur du CYP450.
Les agonistes des récepteurs du glucagon-like peptide-1 (GLP-1) et du polypeptide insulinotrope glucose-dépendant (GIP) retardent la vidange gastrique, ce qui peut diminuer l'absorption des médicaments oraux. Pour le tirzépatide, un agoniste combiné GLP-1/GIP, il existe des preuves que lors de l'initiation et de l'escalade posologique du médicament, les concentrations plasmatiques des contraceptifs oraux sont significativement réduites (2, 3). La Society of Family Planning recommande aux personnes qui prennent des contraceptifs oraux de passer à une méthode de contraception non orale ou d'utiliser des méthodes d'appoint pendant 4 semaines lors de l'initiation du tirzépatide et après une augmentation de dose (4). Des réductions cliniquement significatives des concentrations plasmatiques de contraceptifs oraux n'ont pas été observées avec l'utilisation d'agonistes du GLP-1.
Les contraceptifs oraux peuvent augmenter la clairance rénale de la lamotrigine, un anticonvulsivant, et ainsi diminuer son efficacité thérapeutique (5).
Références sur les interactions médicamenteuses
1. Teal S, Edelman A. Contraception Selection, Effectiveness, and Adverse Effects: A Review. JAMA. 2021;326(24):2507-2518. doi:10.1001/jama.2021.21392
2. American Diabetes Association Professional Practice Committee. 9. Pharmacologic Approaches to Glycemic Treatment: Standards of Care in Diabetes-2025. Diabetes Care. 2025;48(1 Suppl 1):S181-S206. doi:10.2337/dc25-S009
3. Skelley JW, Swearengin K, York AL, Glover LH. The impact of tirzepatide and glucagon-like peptide 1 receptor agonists on oral hormonal contraception. J Am Pharm Assoc (2003). 2024;64(1):204-211.e4. doi:10.1016/j.japh.2023.10.037
4. Zwayne N, Lyman E, Ebersole A, Morse J; with the assistance of Elise Boos and Antoinette Nguyen on behalf of the Clinical Affairs Committee, and Monica Skoko Rodríguez. Society of Family Planning Committee Statement: Contraception and body weight. Contraception. 2025;141:110725. doi:10.1016/j.contraception.2024.110725
5. Christensen J, Petrenaite V, Atterman J, et al. Oral contraceptives induce lamotrigine metabolism: evidence from a double-blind, placebo-controlled trial. Epilepsia. 2007;48(3):484-489. doi:10.1111/j.1528-1167.2007.00997.x
Initiation des contraceptifs oraux
Avant que les contraceptifs oraux soient débutés, les cliniciens doivent recueillir des antécédents médicaux, sociaux et familiaux approfondis pour évaluer les contre-indications potentielles à leur utilisation. La pression artérielle doit être mesurée. Un test de grossesse n'est pas requis et doit être effectué en fonction des facteurs de risque de grossesse. Les contraceptifs oraux ne doivent pas être prescrits à moins que la pression artérielle soit normale et qu'un test de grossesse urinaire (si indiqué) soit négatif. Un examen physique n'est pas requis avant d'initier les contraceptifs oraux. Des analyses sanguines de routine ne sont pas requises chez les patientes sans comorbidités. Le dépistage de routine de la glycémie, des lipides, des enzymes hépatiques ou de la thrombophilie n'est pas nécessaire chez une patiente sans antécédents médicaux (1).
Les contraceptifs oraux doivent être prescrits pour 13 mois à la fois afin de limiter les obstacles à l'utilisation continue et les renouvellements doivent être facilement accessibles.
Les contraceptifs oraux peuvent être démarrés le jour de la consultation de contraception (souvent appelée méthode de démarrage rapide), quel que soit le jour de la semaine ou le moment du cycle menstruel. Cependant, si les contraceptifs oraux sont démarrés > 5 jours après le premier jour des menstruations, les femmes doivent utiliser une méthode contraceptive de sauvegarde (p. ex., les préservatifs) pendant les 7 premiers jours d'utilisation des contraceptifs oraux.
Une visite de suivi à 3 mois peut être utile pour discuter des effets indésirables éventuels et pour une nouvelle vérification de la pression artérielle.
Doses tardives ou oubliées de contraceptifs oraux
Les contraceptifs oraux œstro-progestatifs doivent également être pris toujours à la même heure chaque jour mais offrent une certaine flexibilité au sein d'une fenêtre de 24 h compte tenu des effets combinés des œstrogènes et de la progestérone sur la suppression de l'ovulation. Si les utilisatrices de contraceptifs oraux combinés oublient de prendre leur pilule un jour donné, elles sont invitées à prendre 2 pilules le jour suivant. Si elles oublient de prendre leur pilule pendant 2 jours, elles doivent recommencer à prendre des contraceptifs oraux chaque jour et elles doivent utiliser une méthode contraceptive de sauvegarde pendant 7 jours. Si elles oublient de prendre la pilule pendant 2 jours et qu'elles ont eu des rapports sexuels non protégés au cours des 5 jours précédant l'oubli, elles peuvent envisager de prendre une contraception d'urgence.
Les contraceptifs oraux progestatifs doivent être pris chaque jour et à la même heure chaque jour. Si > 27 heures se sont écoulées entre les doses d'un contraceptif oral à progestatif seul, les femmes doivent utiliser une méthode contraceptive de secours pendant 7 jours en plus de prendre le contraceptif oral quotidiennement car le mécanisme repose sur l'épaississement de la glaire cervicale.
Utilisation postpartum de contraceptifs oraux
Le moment de commencer les contraceptifs oraux œstro-progestatifs après la grossesse varie:
Après une fausse couche spontanée ou un avortement provoqué au 1er trimestre: débutés immédiatement
En cas d'accouchement entre 12 et 28 semaines de grossesse: commencé dans un délai de 1 semaine si les femmes n'ont pas d'autres facteurs de risque significatifs de thromboembolie
Après un accouchement à > 28 semaines: Ne doit pas être débuté avant > 21 jours en post-partum car le risque de thromboembolie est également augmenté pendant la période post-partum; l'initiation doit être retardée de 42 jours si le risque de thromboembolie veineuse d'une personne est augmenté (p. ex., en raison d'une césarienne récente ou de comorbidités médicales)
Les patientes qui allaitent exclusivement (allaitement à la demande incluant les tétées nocturnes et sans supplémentation par d'autres aliments) peuvent se fier à l'aménorrhée lactationnelle pendant 6 mois en post-partum. Il doit être conseillé aux patientes de commencer les contraceptifs oraux lors de l'arrêt de l'aménorrhée lactationnelle avant 6 mois en post-partum.
Les contraceptifs oraux uniquement progestatifs peuvent être utilisés immédiatement après l'accouchement.
Référence sur l'initiation
1. Curtis KM, Nguyen AT, Tepper NK, et al. U.S. Selected Practice Recommendations for Contraceptive Use, 2024. Appendix C: Examinations and Tests Needed Before Initiation of Contraceptive Methods MMWR Recomm Rep. 2024;73(3):1-77. Published 2024 Aug 8. doi:10.15585/mmwr.rr7303a1
Points clés
Les contraceptifs oraux sont généralement bien tolérés, mais ils peuvent provoquer des céphalées, des nausées, des ballonnements ou une sensibilité des seins.
Les contraceptifs oraux progestatifs peuvent causer des saignements irréguliers et doivent être pris à la même heure chaque jour pour être efficaces.
Les contraceptifs oraux peuvent être pris de la ménarche jusqu'à la ménopause s'ils n'ont pas de contre-indications.
Les contraceptifs oraux estro-progestatifs augmentent le risque de thromboembolie veineuse de 3 fois par rapport au risque de base, mais ce risque est inférieur à celui associé à la grossesse.
Les résultats des études varient en ce qui concerne l'utilisation des contraceptifs oraux et le risque de cancer du sein, mais certaines études ont montré une légère augmentation du risque chez les utilisatrices actuelles ou récentes; les contraceptifs oraux diminuent le risque de cancer de l'ovaire et de cancer de l'endomètre.
Avant la prescription des contraceptifs oraux, une anamnèse complète est nécessaire; un examen clinique n'est pas nécessaire.



