Anamnèse chez les personnes âgées

Examen complet: avr. 2026 ParRichard G. Stefanacci, DO, MGH, MBA, Thomas Jefferson University, Jefferson College of Population Health | Examen par des pairs réalisé parMichael R. Wasserman, MD, California Association of Long Term Care Medicine (CALTCM)
Dernière mise à jour: avr. 2026
v66354376_fr
Voir l’éducation des patients

L'anamnèse médicale est particulièrement importante chez les personnes âgées parce que l'anamnèse est souvent plus compliquée que celle des patients jeunes, et les informations peuvent devoir être recueillies à partir de diverses sources (voir aussi Revue générale de l'évaluation des personnes âgées). Il faut souvent plus de temps pour interroger et évaluer les patients âgés, en partie parce qu'il peut y avoir des circonstances qui interfèrent avec l'évaluation. Les éléments suivants doivent être envisagés:

  • Déficits sensoriels: dentiers, lunettes ou appareils auditifs habituellement utilisés, doivent être portés pour faciliter la communication pendant l’interrogatoire. Un éclairage adéquat et une élimination des distractions visuelles ou auditives sont également utiles.

  • Sous déclaration des symptômes: les patients âgés peuvent ne pas rapporter les symptômes qu’ils considèrent à tort comme faisant partie du vieillissement normal (p. ex., dyspnée, surdité ou troubles visuels, problèmes de mémoire, incontinence, troubles de la marche, constipation, vertiges, chutes). Cependant, aucun symptôme ne doit être attribué au vieillissement normal tant qu'une évaluation approfondie n'a pas été effectuée et d'autres étiologies possibles éliminées.

  • Manifestations atypiques d’une pathologie: chez la personne âgée, les symptômes typiques peuvent être absents. Au lieu de cela, la personne âgée peut ne présenter initialement que des symptômes non spécifiques (p. ex., fatigue, confusion, amaigrissement).

  • Le déclin fonctionnel peut être la seule manifestation: les troubles peuvent se manifester uniquement par une perte d’autonomie. Dans de tels cas, les questions standards peuvent ne pas s'appliquer. Par exemple, si on les interroge sur leurs symptômes articulaires, les patients qui présentent une arthrose sévère peuvent ne pas signaler la douleur, l'œdème ou la raideur, mais si on les interroge sur des modifications dans leurs activités, ils peuvent, p. ex., signaler qu'ils ne font plus de promenades ou plus de bénévolat à l'hôpital. Les questions sur la durée d'un déficit fonctionnel (p. ex., "Depuis combien de temps n’êtes-vous plus capable de faire vos courses?") peuvent donner des informations utiles. Identifier les sujets quand ils ont tout juste commencé à avoir des difficultés à faire des activités basiques de la vie quotidienne ou des activités instrumentales de la vie quotidienne peut fournir plus d'opportunités pour des interventions visant à rétablir la fonction ou à éviter le déclin et ainsi maintenir l'autonomie.

  • Difficulté à se souvenir: les patients peuvent ne pas exactement se souvenir de leurs antécédents, hospitalisations, opérations, et prises de médicaments; les médecins peuvent devoir obtenir ces données par d’autres voies (p. ex., membres de la famille, aides à domicile ou dossiers médicaux).

  • Peur: de plus, les personnes âgées peuvent être réticentes pour signaler certains symptômes, car elles craignent une hospitalisation, associée pour elles à la mort.

  • Pathologies et problèmes liés à l'âge: la dépression (qui est fréquente chez le sujet âgé vulnérable et malade), les pertes cumulatives liées à l'âge et la gêne occasionnée par une maladie peuvent rendre les sujets âgés moins aptes à fournir des informations médicales aux cliniciens. Les patients souffrant d'une altération des fonctions cognitives peuvent avoir des difficultés à décrire leurs symptômes, ce qui rend le bilan médical d'autant plus difficile.

Entretien avec un patient âgé

Les connaissances du médecin sur les préoccupations quotidiennes du patient âgé, sur le contexte social, les fonctions cognitives, l'état émotionnel et le sentiment de bien-être permettent d'orienter et de guider l'interrogatoire. Demander aux patients de décrire une journée typique permet de recueillir des informations sur leur qualité de vie et sur leur fonctionnement physique et mental. Cette approche est particulièrement utile lors de la première entrevue. Les patients doivent avoir le temps d'aborder des sujets personnels importants. Les médecins doivent également demander si les patients ont des inquiétudes spécifiques, telles que la peur de tomber. Les résultats de cet interrogatoire peuvent aider le médecin à mieux communiquer avec les patients et les membres de leur famille.

De nombreux systèmes de santé proposent une première visite préventive suivie de visites de bien-être annuelles régulières qui intègrent des composantes d'évaluation gériatrique. Celles-ci comprennent généralement un dépistage cognitif, un dépistage de la dépression, une évaluation du risque de chute, une évaluation de l'état fonctionnel et une revue des médicaments, ainsi que la mise à jour d'un calendrier personnalisé de services préventifs adaptés à l'âge (1). Par exemple, aux États-Unis, ces éléments sont souvent inclus dans le cadre de la première visite préventive " Bienvenue à Medicare ", suivie des examens annuels de bien-être ultérieurs.

Souvent, des informations verbales et non verbales (p. ex., la façon dont les antécédents sont rapportés, le rythme du langage, les intonations de la voix, le contact visuel) peuvent orienter vers les pathologies suivantes:

  • La dépression: les patients âgés peuvent omettre ou nier les symptômes de l’anxiété ou de la dépression mais ceux-ci se révèlent par une voix basse, un enthousiasme atténué ou même par des larmes.

  • Santé physique et mentale: ce que les patients disent à propos de leur sommeil et de leur appétit peut être révélateur.

  • Gain ou perte de poids: les médecins doivent noter tout changement concernant l’ajustement des vêtements ou des prothèses dentaires.

Sauf si l'état psychique est dégradé, le patient doit être interrogé seul pour l'encourager à aborder des sujets personnels. Les médecins peuvent également avoir besoin de parler avec un parent ou un aidant, qui donnent souvent un aperçu différent sur l'autonomie, l'état mental et l'état émotionnel. Ces entrevues peuvent être effectuées avec le patient absent ou présent.

Le médecin doit demander l'autorisation du patient, avant d'inviter un parent ou un soignant à être présent et doit expliquer que ces entretiens sont habituels. Si l'aidant est interrogé seul, le patient doit être occupé d'une façon utile (p. ex., en remplissant un questionnaire d'évaluation standardisé, ou en étant interrogé par un autre membre de l'équipe pluridisciplinaire).

Si nécessaire, les médecins doivent envisager la possibilité de trouble de l'usage de substances chez le patient et de sa maltraitance par les aidants.

Référence sur l'entretien médical

  1. 1. Centers for Medicare & Medicaid Services. Annual Wellness Visit Health Risk Assessment. Accessed March 17, 2026.

Anamnèse médicale du patient âgé

Lorsque l'on interroge les patients sur leurs antécédents médicaux, le médecin doit poser des questions sur des maladies qui étaient plus fréquentes par le passé (p. ex., le rhumatisme articulaire aigu, la poliomyélite) et sur des traitements qui ont été abandonnés (p. ex., pneumothorax dans la tuberculose, le mercure dans la syphilis). Les cliniciens doivent également s'informer sur l'historique des vaccinations (p. ex., COVID-19, grippe, pneumocoque, tétanos), les effets indésirables à la vaccination et les résultats des tests cutanés pour la tuberculose. Si les patients se rappellent avoir subi une chirurgie mais ne se souviennent pas de la procédure ou de la raison, les dossiers chirurgicaux doivent être obtenus si possible.

Les médecins doivent poser des questions permettant de lister systématiquement chaque partie ou organe du corps (revue des systèmes) et ainsi vérifier l'absence d'autres troubles ou problèmes fréquents que les patients peuvent avoir oublié de mentionner (voir tableau ).

Tableau
Tableau

Anamnèse médicamenteuse chez le patient âgé

L'anamnèse médicamenteuse doit être consignée, et une copie doit être administrée aux patients ou à leurs aidants. Elle doit contenir:

  • Médicaments utilisés

  • Dose

  • Schéma d'administration

  • Prescripteur

  • Raison de la prescription des médicaments

  • Nature précise de toute allergie médicamenteuse

Tous les médicaments et autres substances utilisés doivent être notés, y compris les suivants:

  • Médicaments topiques (qui peuvent être absorbés par voie systémique)

  • Médicaments en vente libre (qui peuvent avoir des conséquences graves en cas d'abus et qui peuvent interagir avec les médicaments sur ordonnance)

  • Suppléments alimentaires

  • Préparations à base de plantes médicinales (parce que beaucoup peuvent interagir de façon négative avec les médicaments en vente libre et sur ordonnance)

  • Alcool

  • Caféine

  • Drogues illicites et autres substances (p. ex., marijuana)

Il faut demander aux patients ou à un membre de leur famille d'apporter tous les médicaments et les compléments lors de la consultation initiale et périodiquement par la suite. Les médecins peuvent s'assurer que les patients ont bien les médicaments prescrits, mais la possession de ces médicaments ne garantit pas l'observance. Compter le nombre de comprimés restant dans chaque boîte lors de la première consultation et des suivantes peut être nécessaire. Si quelqu'un d'autre que le patient administre les médicaments, cette personne doit être interrogée.

Il faut interroger les patients sur leur capacité à lire les notices (souvent imprimées en petits caractères), à ouvrir les emballages des médicaments (en particulier ceux qui ont un système sécurisé pour les enfants), à prendre eux-mêmes des traitements en utilisant un dispositif tel qu'un inhalateur et à reconnaître les médicaments. Il est conseillé aux patients de ne pas mettre leurs médicaments dans un seul contenant.

Antécédents de consommation d'alcool, de tabagisme et de substances

Les troubles liés à l'usage d'alcool et de substances sont fréquemment sous-diagnostiqués chez les personnes âgées (1). Les patients doivent être évalués à la recherche de signes et symptômes d'un trouble lié à l'usage d'alcool, qui comprennent la confusion, la colère, l'hostilité, l'odeur d'alcool de l'haleine, les troubles de l'équilibre et de la marche, les tremblements, la neuropathie périphérique et les déficits alimentaires. Des questionnaires de dépistage et des questions sur la quantité et la fréquence de consommation d'alcool peuvent être utiles.

Le Short Michigan Alcohol Screening Test-Geriatric Version (ou SMAST-G) est un outil de dépistage de 10 questions spécifiquement conçu pour détecter la consommation potentiellement dangereuse et les troubles liés à l'usage d'alcool chez les adultes de plus de 60 ans (2). Il est généralement préférable à d'autres questionnaires de dépistage (p. ex., CAGE, AUDIT) qui n'ont pas été conçus pour les personnes âgées. Deux réponses "oui" ou plus suggèrent la possibilité d'un abus d'alcool.

  1. Lorsque vous parlez avec les autres, avez-vous déjà sous-estimé la quantité d'alcool que vous buvez?

  2. Après quelques verres, avez-vous parfois refusé de manger ou sauté un repas parce que vous n'aviez pas faim?

  3. Est-ce que prendre quelques verres permet de diminuer votre tremblement ou vos tremblements?

  4. Est-ce que l'alcool rend parfois difficile de vous souvenir des moments de la journée ou de la nuit?

  5. Prenez-vous habituellement un verre pour vous détendre ou calmer vos nerfs?

  6. Buvez-vous pour vous distraire de vos problèmes?

  7. Avez-vous déjà augmenté votre consommation d'alcool après avoir subi une perte au cours de votre vie?

  8. Un médecin ou une infirmière vous ont-ils déjà dit qu'ils étaient inquiets ou préoccupés par votre consommation d'alcool?

  9. Avez-vous déjà établi des règles pour gérer votre consommation d'alcool?

  10. Lorsque vous vous sentez seul, prendre un verre est-il utile?

Aux patients qui fument du tabac on doit conseiller d'arrêter et, s'ils continuent, de ne pas fumer au lit parce que les personnes âgées sont plus susceptibles de s'endormir tout en fumant. Les patients qui utilisent des e-cigarettes et des produits de vapotage doivent être avertis des risques de dépendance à la nicotine et de lésions pulmonaires.

Les patients qui prennent des drogues illicites et d'autres substances (p. ex., alcool, marijuana, tabac, caféine, hallucinogènes, parfois opioïdes) doivent être informés du risque de dépendance et d'interactions possibles avec les médicaments sur ordonnance et d'autres médicaments.

Références sur l'alcool, le tabagisme et la consommation de substances

  1. 1. Tampi RR, Tampi DJ, Elson A. Substance Use Disorders in the Elderly. Psychiatr Clin North Am. 2022;45(4):707-716. doi:10.1016/j.psc.2022.07.005

  2. 2. Blow, FC, Brower, KJ, Schulenberg, JE, et al. The Michigan Alcoholism Screening Test-Geriatric Version (MAST-G): A new elderly specific screening instrument. Alcohol: Clin Exp Res. 1992;16(2), 372

Anamnèse nutritionnelle chez le patient âgé

Le type, la quantité et la fréquence des repas doivent être évalués. Les patients âgés qui mangent moins de 4 fois par jour (p. ex., repas et collations) sont exposés à un risque de sous-nutrition(1). Les questionnaires de dépistage (p. ex., Mini Nutritional Assessment Short Form) peuvent permettre d'identifier les patients qui ont une diminution des apports alimentaires (2). Les médecins doivent poser des questions sur:

  • Tous les régimes particuliers (p. ex., faible teneur en sel, faible teneur en glucides) ou sur les régimes à la mode auto-prescrits

  • Les apports en fibres alimentaires et en vitamines prescrits ou en automédication

  • La perte de poids et le changement de taille dans l'habillement

  • Le budget dépensé pour la nourriture

  • L'accessibilité des magasins d'alimentation et installations de cuisine adaptées

  • La variété et la fraîcheur des aliments

La capacité à manger (p. ex., à mâcher et à déglutir) est évaluée. Elle peut être compromise par la xérostomie et/ou des problèmes dentaires, qui sont fréquents chez les personnes âgées. La diminution du goût ou de l'odorat peut réduire le plaisir de manger, et entraîner une perte d'appétit. Les patients qui présentent une vision diminuée, de l'arthrite, une immobilité ou des tremblements peuvent avoir des difficultés pour préparer les repas et peuvent se blesser ou se brûler en cuisinant. Des patients préoccupés par l'incontinence urinaire peuvent réduire de façon inappropriée leur consommation de liquides, augmentant leur risque de déshydratation.

Références sur l'anamnèse nutritionnelle

  1. 1. Söderström L, Thors Adolfsson E, Rosenblad A, et al. Mealtime habits and meal provision are associated with malnutrition among elderly patients admitted to hospital. Clin Nutr. 2013;32(2):281-288. doi:10.1016/j.clnu.2012.07.013

  2. 2. Rubenstein LZ, Harker JO, Salvà A, et al. Screening for undernutrition in geriatric practice: developing the short-form mini-nutritional assessment (MNA-SF). J Gerontol A Biol Sci Med Sci. 2001;56(6):M366-M372. doi:10.1093/gerona/56.6.m366

Anamnèse de santé mentale chez le patient âgé

Les troubles psychiatriques et les problèmes de santé comportementale peuvent ne pas être détectés facilement chez les patients âgés. Les symptômes qui peuvent indiquer un trouble psychiatrique ou comportemental chez l'adulte jeune (p. ex., insomnie, changements dans les habitudes pour dormir, constipation, troubles cognitifs, anorexie, perte de poids, asthénie, préoccupations centrées sur les fonctions corporelles, augmentation de la consommation d'alcool) peuvent avoir une autre cause chez les personnes âgées. La tristesse, le désespoir et des épisodes de cris peuvent indiquer une dépression. L'irritabilité peut être le premier symptôme de la dépression, les patients peuvent aussi présenter des troubles cognitifs. Divers outils sont disponibles pour le dépistage de la dépression. L'anxiété généralisée est le trouble psychiatrique le plus fréquent rencontré chez les patients âgés et s'accompagne souvent de dépression (1).

Il faut interroger les patients sur des épisodes de délires et d'hallucinations, sur des antécédents de pathologies mentales (y compris sur une psychothérapie, une hospitalisation en psychiatrie ou une électroconvulsivothérapie [sismothérapie]), l'utilisation de médicaments ou substances psychotropes et des changements récents dans leur vie. De nombreuses circonstances (p. ex., perte récente d'un être aimé, perte de l'audition, changement de résidence ou de situation de vie, perte d'autonomie) peuvent contribuer à la dépression.

Les préférences spirituelles et religieuses des patients, y compris leur vision personnelle du vieillissement, de la perte de santé et de la mort, doivent être clarifiées parce que ces préférences et ces points de vue peuvent influer sur leurs objectifs de soins et de qualité de vie.

Référence sur les antécédents de santé mentale

  1. 1. Reynolds K, Pietrzak RH, El-Gabalawy R, et al. Prevalence of psychiatric disorders in U.S. older adults: findings from a nationally representative survey. World Psychiatry. 2015;14(1):74-81. doi:10.1002/wps.20193

État fonctionnel du patient âgé

L'autonomie des patients, leur besoin d'aide partielle pour les activités basiques de la vie quotidienne ou les activités instrumentales de la vie quotidienne, ou leur besoin d'aide totale doit être évalué dans le cadre de l'évaluation gériatrique standardisée. Les patients doivent répondre à des questions ouvertes sur leur autonomie ou ils peuvent être invités à remplir une échelle d'évaluation standardisée avec des questions spécifiques sur les activités de la vie quotidienne et les activités instrumentales de la vie quotidienne (p. ex., voir tableaux pour les et ). Ces outils d'évaluation sont principalement utiles pour suivre l'évolution fonctionnelle dans le temps. Un déclin significatif doit déclencher un bilan diagnostique pour en identifier la cause, et non imposer automatiquement une intervention spécifique. Un score unique sans contexte longitudinal a une valeur clinique limitée.

Tableau
Tableau
Tableau
Tableau

Anamnèse sociale du patient âgé

Les médecins doivent vérifier les conditions de vie des patients, en particulier où et avec qui ils vivent (p. ex., seul dans une maison isolée, dans un immeuble avec des voisins), l'accessibilité de leur résidence (p. ex., escaliers ou sur une butte), et quels modes de transports sont mis à leur disposition (voir aussi Problèmes sociaux chez la personne âgée). La possession d'un smart phone et la capacité à l'utiliser pour accéder au partage de trajet, à la livraison de nourriture et à d'autres services de soutien doivent également être évaluées. Ces facteurs peuvent affecter la possibilité d'obtenir des aliments, des soins et d'autres ressources importantes. Une visite à domicile, bien que difficile à organiser, peut fournir des informations cruciales. Par exemple, les médecins peuvent avoir un aperçu de l'alimentation en regardant le contenu du réfrigérateur et des activités de la vie quotidienne en regardant l'état de la salle de bains.

Le nombre de pièces, le nombre et le type de téléphones, la présence de détecteurs de fumée et de monoxyde de carbone, et l'état de la plomberie et du chauffage sont évalués, comme la disponibilité d'ascenseurs, d'escaliers, et de la climatisation. Un bilan de sécurité du domicile peut identifier les facteurs qui peuvent conduire à des chutes (p. ex., mauvais éclairage, baignoire glissante, tapis non fixés) et des solutions peuvent être suggérées.

Faire décrire aux patients une journée typique, incluant les activités telles que la lecture, regarder la télévision, les travaux domestiques, l'exercice, les loisirs et les relations avec d'autres personnes, fournit des informations précieuses.

Les médecins doivent poser des questions sur:

  • Fréquence et nature des contacts sociaux en personne, par téléphone et en ligne (p. ex., amis, groupes de personnes âgées), visites familiales, et participation à des activités religieuses ou spirituelles

  • Poursuite de la conduite automobile et accessibilité d'autres types de transports, y compris les services de partage de trajet

  • Aidants et organisations de soutien (p. ex., lieux de culte, groupes du 3e âge, amis, voisins) disponibles pour aider le patient

  • Capacité des membres de la famille pour aider le patient (p. ex., leur statut professionnel, leur santé, leur temps de déplacement pour se rendre au domicile du patient)

  • Attitude du patient envers les membres de sa famille et leur attitude envers lui (y compris leur niveau d'intérêt dans l'aide et la volonté d'aider)

Le statut marital du patient est noté. Les questions sur ses pratiques sexuelles et sa satisfaction doivent être prudentes et pleines de tact mais très approfondies. Le nombre et le sexe des partenaires sexuels sont déterminés et le risque d'infections sexuellement transmissibles est évalué. Beaucoup de sujets âgés sexuellement actifs ne sont pas conscients de l'incidence croissante des infections sexuellement transmissibles chez les sujets âgés et ne suivent pas ou ne connaissent même pas les pratiques sexuelles sûres.

Il faut interroger les patients sur leur niveau d'éducation, les emplois occupés, l'exposition connue à des toxines et leurs loisirs actuels et passés. Il faut également aborder leurs difficultés économiques liées à la retraite, leurs revenus ou le décès de leur conjoint ou partenaire. Les problèmes de santé ou financiers peuvent provoquer la perte de leur maison, de leur statut social ou de leur indépendance.

Intelligence artificielle et santé numérique pour le patient âgé

Les technologies d'intelligence artificielle et de santé numérique sont de plus en plus intégrées dans les soins gériatriques. Les systèmes d'aide à la décision clinique basés sur l'IA facilitent la gestion des médicaments, en identifiant les médicaments potentiellement inappropriés et permettant la déprescription chez les patients en polypharmacie. La surveillance à distance des patients via des dispositifs portables permet le suivi des signes vitaux, des niveaux d'activité et éventuellement la détection précoce d'une détérioration clinique. Les plateformes de télésanté élargissent l'accès à l'expertise gériatrique, en particulier pour les patients confinés à domicile et ceux des zones mal desservies. Les technologies de la maison intelligente—incluant les capteurs de mouvement, l'éclairage automatisé et les assistants vocaux—favorisent le vieillissement à domicile en améliorant la sécurité et l'indépendance (1, 2). Les outils d'évaluation cognitive numérique (p. ex., Montreal Cognitive Assessment (MoCA), BrainCheck Assess, Digital Clock and Recall (DCR), Electronic Cognitive Screen (EC-Screen), Cogstate Brief Battery (CBB), tests Cambridge Brain Sciences (CBS)) permettent une surveillance plus fréquente de l'état mental, la plupart présentant des performances comparables ou supérieures aux évaluations traditionnelles sur papier (3). Les algorithmes d'apprentissage automatique peuvent analyser les schémas de marche et prédire le risque de chute (4). Les cliniciens doivent rester conscients de la fracture numérique qui touche de nombreuses personnes âgées, en veillant à ce que la technologie améliore les soins directs aux patients plutôt que de les remplacer.

Références sur l'intelligence artificielle et la santé numérique

  1. 1. Guo R, Zhang J, Yang F, et al. Efficacy of an Intelligent and Integrated Older Adult Care Model on Quality of Life Among Home-Dwelling Older Adults: Randomized Controlled Trial. J Med Internet Res. 2025;27:e67950. Published 2025 Apr 21. doi:10.2196/67950

  2. 2. Wang Y, Sun H, Xu S, et al. Smart Home Technologies for Enhancing Independence of Living and Reducing Care Dependence in Older Adults: A Systematic Review. J Adv Nurs. 2025;81(6):2885-2912. doi:10.1111/jan.16569

  3. 3. Chan JYC, Yau STY, Kwok TCY, et al. Diagnostic performance of digital cognitive tests for the identification of MCI and dementia: A systematic review. Ageing Res Rev. 2021;72:101506. doi:10.1016/j.arr.2021.101506

  4. 4. Gillain S, Boutaayamou M, Schwartz C, et al. Using supervised learning machine algorithm to identify future fallers based on gait patterns: A two-year longitudinal study. Exp Gerontol. 2019;127:110730. doi:10.1016/j.exger.2019.110730

Directives anticipées du patient âgé

Les souhaits des patients concernant une éventuelle réanimation doivent être notés. Les patients sont interrogés sur les dispositions à prendre (directives anticipées) dans le cas où ils deviendraient incapables d’exprimer leur volonté et si aucune directive n'a été rédigée, les patients sont encouragés à le faire. Habituer les patients et leurs représentants à parler des objectifs de soins est important; ainsi quand les circonstances exigent des décisions médicales et que des documents ne sont pas disponibles ou sont inadaptés aux circonstances (ce qui est très fréquent), des décisions appropriées pourront être prises.

Points clés

  • Sauf s'ils sont corrigés, les déficits sensoriels, en particulier la déficience auditive, peuvent perturber l'anamnèse.

  • De nombreuses pathologies chez les personnes âgées ne se manifestent que par une perte d'autonomie.

  • Au cours de l'anamnèse médicamenteuse, il faut demander au patient ou à un membre de sa famille d'apporter tous ses médicaments, y compris ceux en vente libre et les suppléments, et ce dès la première consultation et périodiquement par la suite.

  • Les professionnels de santé doivent souvent interroger les aidants pour obtenir l'historique de la dépendance fonctionnelle des patients âgés.

quizzes_lightbulb_red
TESTEZ VOS CONNAISSANCESTake a Quiz!
iOS ANDROID
iOS ANDROID
iOS ANDROID