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Fièvre chez les nourrissons et les enfants

Par

Deborah M. Consolini

, MD, Sidney Kimmel Medical College of Thomas Jefferson University

Dernière révision totale juil. 2018| Dernière modification du contenu juil. 2018
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La température corporelle normale varie d’une personne à l’autre, et d’un moment de la journée à l’autre (elle est généralement plus élevée l’après-midi). La température corporelle normale est plus élevée chez les enfants d’âge préscolaire ; le point culminant est à l’âge de 18 à 24 mois environ. Toutefois, malgré ces variations, la plupart des médecins parlent de fièvre lorsque la température atteint 38 °C ou plus, telle que mesurée avec un thermomètre rectal (voir Comment prendre la température d’un enfant).

Bien que les parents s’inquiètent souvent face à la montée de la température, une fièvre élevée ne suppose pas nécessairement une cause grave. Parfois, des maladies mineures entraînent une forte fièvre, alors que des maladies graves n’entraînent qu’une légère fièvre. D’autres symptômes (difficultés respiratoires, confusion, refus de boire) traduisent la gravité de la maladie bien mieux que la température. Toutefois, une température supérieure à 41 °C, bien que très rare, peut en soi s’avérer dangereuse.

La fièvre peut être utile à l’organisme dans la lutte contre l’infection. Certains experts pensent que la réduction de la fièvre peut prolonger les troubles, ou éventuellement interférer avec la réaction du système immunitaire à l’infection. Ainsi, bien que la fièvre constitue à priori un problème, elle n’exige pas toujours d’être soignée chez les enfants en bonne santé. Cependant, chez les enfants souffrant d’un trouble au niveau du poumon, du cœur ou du cerveau, la fièvre peut être préjudiciable, dans la mesure où elle augmente les exigences de l’organisme (augmentation de la fréquence cardiaque par exemple). Aussi, est-il nécessaire de faire baisser la température chez ces enfants.

Les nourrissons qui ont de la fièvre sont souvent irritables, dorment mal et mangent peu. Les enfants plus âgés se désintéressent des activités ludiques. De manière générale, plus la fièvre est élevée, plus l’enfant devient irritable et désintéressé. Cependant, les enfants avec une forte fièvre semblent parfois étrangement bien portants. Lorsque la température augmente et chute rapidement, l’enfant peut souffrir de convulsions (convulsions fébriles). La fièvre est rarement élevée au point de rendre l’enfant apathique, somnolent et amorphe.

(Voir aussi Fièvre chez l’adulte.)

Comment prendre la température d’un enfant

La température d’un enfant peut être mesurée par voie rectale, auriculaire, orale, frontale ou axillaire. Elle peut être prise à l’aide d’un thermomètre numérique. Le thermomètre numérique est plus facile à utiliser, il affiche la température beaucoup plus rapidement (et il émet souvent un signal quand la température est prise). Le thermomètre en verre au mercure n’est plus recommandé, dans la mesure où il peut se casser et exposer les personnes au mercure.

La température rectale est la plus précise. Autrement dit, elle est plus proche de la vraie température corporelle interne de l’enfant. Pour une température rectale, le bout du thermomètre doit être revêtu d’une couche de lubrifiant. Ensuite, le thermomètre est doucement introduit dans le rectum (à environ 1 1/4 à 2 1/2 centimètres) de l’enfant couché sur le ventre. Il faut éviter que l’enfant ne bouge.

La température auriculaire est mesurée par un dispositif numérique qui évalue le rayonnement infrarouge émis par le tympan. Les thermomètres auriculaires ne sont pas fiables avant l’âge de 3 mois. Pour la température auriculaire, la sonde du thermomètre est placée autour de l’orifice de l’oreille de manière à former une jointure, puis la touche de démarrage est pressée. La température peut ensuite être lue sur le cadran.

La température buccale est mesurée en plaçant un thermomètre numérique sous la langue de l’enfant. La température orale fournit des chiffres plus fiables, mais elle est difficile à prendre chez les jeunes enfants. Les jeunes enfants éprouvent des difficultés à garder leur bouche doucement fermée autour du thermomètre, situation nécessaire à un affichage précis. L’âge auquel la température orale peut être prise de façon fiable varie d’un enfant à l’autre mais se situe généralement après 4 ans.

La température au niveau du front (artère temporale) est prise avec un appareil numérique qui mesure le rayonnement infrarouge d’une artère dans le front (artère temporale). Pour une température au niveau du front, la tête du thermomètre est déplacée légèrement sur le front de la racine des cheveux à la racine des cheveux, en appuyant sur le bouton de numérisation. La température peut ensuite être lue sur le cadran. La température au niveau du front n’est pas aussi fiable que la température rectale, particulièrement chez les nourrissons de moins de 3 mois.

La température axillaire est mesurée par un thermomètre numérique placé dans le creux de l’aisselle de l’enfant, directement sur la peau. Les médecins ont rarement recours à cette méthode, dans la mesure où elle est moins précise que les autres (les mesures sont généralement trop basses, et varient considérablement). Toutefois, si le personnel soignant est mal à l’aise au moment de prendre la température rectale, et ne dispose pas du dispositif requis pour la prise de la température auriculaire ou frontale, mieux vaut une prise de température axillaire que rien du tout.

Causes

La fièvre survient en réaction à une infection, une blessure ou une inflammation et elle a de nombreuses causes. Les causes probables de fièvre varient en fonction de la durée, moins de 14 jours (aiguë), ou plus de 14 jours (chronique), ainsi que de l’âge de l’enfant. Les fièvres sont généralement aiguës.

Fièvre aiguë

La fièvre aiguë chez les nourrissons et les enfants est généralement causée par une infection. Une poussée dentaire est rarement responsable d’une fièvre de plus de 38 °C.

Les causes les plus fréquentes d’une fièvre aiguë sont les suivantes

Les nouveau-nés et les tout-petits courent plus de risques de contracter certaines infections graves parce que leur système immunitaire n’est pas complètement développé. Ces infections peuvent être contractées avant la naissance ou au cours de l’accouchement et comprennent : septicémie (une grave infection du sang), pneumonie (infection des alvéoles du poumon) et méningite (infection des tissus recouvrant le cerveau).

Les enfants de moins de 3 ans qui développent une fièvre (particulièrement si la température est de 39 °C ou plus) ont parfois des bactéries dans le sang (bactériémie). Contrairement aux enfants plus âgés, ils ont parfois une bactériémie asymptomatique en plus de la fièvre (bactériémie occulte). Les vaccins de routine contre les bactéries habituellement responsables des bactériémies occultes (Streptococcus pneumoniae et Haemophilus influenzae de type b [Hib]) sont maintenant couramment utilisés aux États-Unis et en Europe. En conséquence, ces vaccins ont pratiquement éradiqué la bactériémie occulte chez les enfants de cette tranche d’âge.

Parmi les causes moins fréquentes de fièvres aiguës figurent les effets secondaires de certains vaccins et de certains médicaments, les infections bactériennes de la peau (cellulite) ou des articulations (arthrite septique), l’encéphalite et des infections virales ou bactériennes du cerveau (maladie de Kawasaki), des tissus qui recouvrent le cerveau (méningite), ou des deux. L’insolation augmente considérablement la température corporelle.

En général, une fièvre due à un vaccin disparaît au bout de quelques heures à un jour après la vaccination en question. Cependant, certains vaccins peuvent causer une fièvre, 1 ou 2 semaines après leur administration (comme dans le cas de la vaccination contre la rougeole). Un enfant qui a de la fièvre alors qu’il est prévu qu’il soit vacciné peut toujours l’être, si la fièvre est faible et qu’il n’est pas gravement malade.

Fièvre chronique

La fièvre chronique est le plus souvent due à :

  • Une longue maladie virale

  • Des maladies virales successives, particulièrement chez les jeunes enfants.

La fièvre chronique peut également être causée par de nombreux autres troubles infectieux et non infectieux.

Les infections provoquant une fièvre chronique comprennent :

Les causes non infectieuses de fièvre chronique comprennent :

Parfois, les enfants simulent la fièvre ou les personnes qui s’occupent de l’enfant peuvent également la simuler chez l’enfant. Parfois, la cause n’est pas identifiée.

Évaluation

Il n’est pas difficile de diagnostiquer la fièvre, mais en déterminer la cause peut l’être.

Signes avant-coureurs

Certains symptômes sont source d’inquiétude. À savoir :

  • Toute fièvre chez un nourrisson de moins de 2 mois

  • Léthargie ou apathie

  • Apparence maladive

  • Gêne respiratoire

  • Saignements cutanés, apparition sous forme de minuscules points (pétéchies) ou taches (purpura) rouge-violet

  • Pleurs incessants chez les nourrissons et les tout-petits (inconsolables).

  • Céphalées, raideur au niveau de la nuque, confusion ou une combinaison chez les enfants plus âgés

Quand consulter un médecin

Les nourrissons âgés de moins de 2 mois ou les enfants ayant de la fièvre et présentant des signes avant-coureurs doivent être immédiatement examinés par un médecin.

Les enfants qui ne présentent pas de signe avant-coureur et qui sont âgés de 3 mois à 3 ans doivent voir un médecin si la fièvre est de 39 °C ou plus, s’ils ne présentent pas d’infection évidente des voies aériennes supérieures (à savoir des éternuements, une rhinorrhée et une congestion nasale), ou si la fièvre a duré plus de 5 jours.

Chez les enfants âgés de plus de 3 ans, sans signe avant-coureur, la nécessité et le moment de l’examen clinique dépendent des symptômes. Un enfant qui présente des symptômes des voies aériennes supérieures, mais est visiblement en bonne santé, n’a pas nécessairement besoin d’un examen plus poussé. Les enfants de plus de 3 ans dont la fièvre remonte à plus de 5 jours doivent être examinés par un médecin.

Que fait le médecin

Les médecins s’intéresseront tout d’abord aux symptômes observés chez l’enfant ainsi qu’à ses antécédents médicaux. Le médecin réalise ensuite un examen clinique. La description des symptômes de l’enfant et un examen approfondi permettent en général au médecin d’identifier la cause de la fièvre ( Quelques causes et caractéristiques courantes de la fièvre chez l’enfant).

Le médecin prend la température de l’enfant. La température est prise par voie rectale chez les nourrissons et les jeunes enfants, pour des raisons de précision. La fréquence respiratoire est consignée. La tension artérielle est mesurée chez l’enfant apparemment malade. Chez un enfant souffrant de toux ou de problèmes respiratoires, on fixe un capteur sur un doigt ou sur un lobe d’oreille pour mesurer la concentration d’oxygène dans le sang (oxymétrie de pouls).

Au cours de l’examen, le médecin recherche des signes avant-coureurs (apparence maladive, léthargie, apathie, inconsolable), en observant surtout la façon dont l’enfant répond à l’examen, par exemple s’il est apathique et passif ou extrêmement irritable.

Il arrive que la fièvre elle-même provoque chez l’enfant des signes avant-coureurs, dont la léthargie, l’apathie et l’apparence maladive. Le médecin peut administrer à l’enfant des médicaments contre la fièvre (comme l’ibuprofène), et le réexaminer une fois que la fièvre a baissé. Il est rassurant de voir un enfant sortir de sa léthargie, devenir actif et participer aux activités ludiques une fois que la fièvre a baissé. Par contre, la situation est préoccupante si l’apparence maladive de l’enfant perdure malgré la normalisation de la température.

Tableau
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Quelques causes et caractéristiques courantes de la fièvre chez l’enfant

Cause

Caractéristiques fréquentes*

Examens

Fièvre aiguë (moins de 14 jours)

Infections respiratoires d’origine virale

Écoulements ou congestion nasale

Généralement, mal de gorge et toux

Parfois, gonflements des ganglions lymphatiques dans le cou, sans rougeur ni hypersensibilité

Examen clinique

Autres infections d’origine virale

Chez certains nourrissons ou enfants, absence de symptômes, excepté la fièvre.

Un examen médical du médecin

Diarrhée

Vomissements fréquents

Contacts récents éventuels avec une personne ou un animal infecté, ou consommation d’aliments ou d’eau contaminés

Examen clinique

Parfois, examen et analyse des selles

Infection de l’oreille (otite moyenne)

Douleur dans une oreille (difficile à détecter chez les nourrissons et les jeunes enfants qui ne parlent pas encore)

Parfois, l’enfant frotte ou tire l’oreille

Examen clinique

Infections de la gorge (pharyngite)

Gorge rouge, enflée

Douleur à la déglutition

Examen clinique

Parfois, culture de gorge ou examen de dépistage du streptocoque rapide (tous deux pratiqués sur un échantillon prélevé dans le fond de la gorge avec un coton-tige)

Chez les enfants âgés de moins de 3 ans

Pas d’autres symptômes

Analyses de sang

Toux et respiration accélérée

Essoufflement ou douleur dans la poitrine ou les deux

Un examen médical du médecin

Généralement, radiographie du thorax

Infections cutanées (cellulite)

Région cutanée rouge, douloureuse, légèrement enflée

Examen clinique

Douleur pendant la miction

Présence occasionnelle de sang dans l’urine

Dorsalgie occasionnelle

Chez les nourrissons, vomissements et refus de s’alimenter

Analyses d’urine

Encéphalite (infection rare du cerveau)

Nourrissons : Parfois, protrusion des espaces membraneux (fontanelles) entre les os du crâne, indolence (léthargie) ou inconsolables.

Enfants plus grands : Céphalées, confusion ou léthargie

Ponction lombaire

Méningite (peu fréquente)

Nouveau-nés : Protrusion des espaces membraneux (fontanelles) entre les os du crâne, inconsolables, refus de s’alimenter, et/ou léthargie.

Nourrissons : Agitation et irritabilité, particulièrement quand l’enfant est dans les bras, inconsolable, refus de s’alimenter, et/ou léthargie

Enfants plus grands : Céphalées, sensibilité à la lumière, léthargie, vomissements et/ou raideur de la nuque, d’où la difficulté de baisser le menton vers la poitrine.

Ponction lombaire

Vaccins

Vaccinations récentes

Examen clinique

Certains médicaments

Ajout récent d’un nouveau médicament

Examen clinique

La fièvre dure plus de 5 jours

Rougeur des yeux, des lèvres et de la langue

Gonflement douloureux des mains et des pieds

Souvent, éruption cutanée

Parfois, gonflement des ganglions lymphatiques dans le cou

Un examen médical du médecin

Analyses de sang

ECG et échocardiographie

Parfois, analyse d’urines, échographie de l’abdomen, ou examen ophtalmologique.

Douleurs et gonflements articulaires

Nouveau souffle cardiaque détecté au cours de l’examen médical

Parfois, éruption cutanée ou bosses sous-cutanées

Parfois, mouvements brusques et incontrôlables ou changements de comportement

Antécédents fréquents d’angine streptococcique

Analyses de sang

Culture de la gorge

ECG et échocardiographie

Fièvre chronique (plus de 14 jours)

Infections d’origine virale, comme par exemple :

Faiblesse et fatigue de longue date

Parfois, gonflement des ganglions lymphatiques dans le cou, mal de gorge, ou les deux.

Coloration jaune occasionnelle du blanc des yeux (jaunisse)

Analyses de sang

Céphalées intermittentes, rhinorrhée et congestion

TDM des sinus

Abcès abdominal (poche de pus au niveau de l’abdomen)

Douleurs abdominales et hypersensibilité fréquente au toucher

TDM de l’abdomen

Infection articulaire (arthrite septique)

Articulations gonflées, rouges, douloureuses

Analyse d’un échantillon de liquide prélevé à l’articulation à l’aide d’une aiguille

Infection osseuse (ostéomyélite)

Douleur dans l’os affecté

Parfois, infection cutanée au niveau de l’os affecté

Scintigraphie osseuse, IRM des os, ou les deux

Parfois, une biopsie osseuse pour rechercher des bactéries (culture)

Parfois, un souffle cardiaque

Examen sanguin pour rechercher des bactéries (hémoculture)

Échocardiographie

Tuberculose (peu fréquente)

Prise de poids insuffisante ou perte de poids

Sueurs nocturnes

Toux

Radiographie du thorax

Examens cutanés

Éventuellement, culture d’un échantillon d’expectoration, et/ou examens sanguins

Paludisme (varie en fonction de la zone géographique)

Frissons suivis d’une fièvre pouvant dépasser 40 °C

Fatigue et vague inconfort (malaise), céphalées, courbatures et nausées.

Analyses de sang

Parfois, céphalées et douleur au cou

Parfois, articulations gonflées et douloureuses (genou par exemple)

Parfois, érythème migrant à un ou plusieurs endroits

Occasionnellement, antécédent de morsure de tique

Un examen médical du médecin

Parfois, analyses de sang

Souvent, un ganglion lymphatique enflé et douloureux

Parfois, une bosse sur la peau, au niveau de la griffure d’un chat

Analyses de sang

Sang dans les selles, crampes abdominales, perte de poids, perte d’appétit

Présence occasionnelle d’arthrite, d’éruptions cutanées, d’aphtes buccaux et de déchirures rectales

Coloscopie

TDM ou radiographies parfois après insertion de baryum dans le rectum (lavement baryté)

Troubles au niveau des articulations et du tissu conjonctif, tels que

Articulations gonflées, rouges, hypersensibles

Souvent, éruption cutanée

Parfois, la fatigue

Analyses de sang

Cancer, comme par exemple

Prise de poids insuffisante ou perte de poids et perte de l’appétit

Sueurs nocturnes

Douleur osseuse éventuelle

Numération formule sanguine

Prélèvement (aspiration) d’un échantillon de moelle osseuse pour analyse

Parfois, scintigraphie osseuse et/ou IRM des os

Parfois TDM de la poitrine ou de l’abdomen

Syndromes de fièvre périodique, comme

Fièvre récidivante suivant des cycles souvent prévisibles, entrecoupés de périodes de bien-être.

Parfois, aphtes buccaux, maux de gorge et gonflement des ganglions lymphatiques

Parfois, douleur thoracique ou abdominale

Parfois des membres de la famille qui présentent des symptômes similaires, ou chez qui on a diagnostiqué l’un des syndromes de fièvre périodique familiale

Examen médical au cours des épisodes de fièvre

Examens sanguins pendant et entre les épisodes de fièvre

Parfois, tests génétiques

Généralement, une mauvaise interprétation des fluctuations normales de la température corporelle ou surinterprétation de fréquentes maladies virales mineures

Typiquement, absence d’autres symptômes inquiétants

Résultats de l’examen normaux

Un examen médical du médecin

Enregistrement complet et précis des maladies et des températures ainsi que la description de l’évolution générale de l’enfant et de la famille

Parfois, examens sanguins pour éliminer d’autres causes et rassurer les parents

* Les caractéristiques comprennent les symptômes et les résultats de l’examen médical. Les caractéristiques mentionnées sont typiques, mais ne sont pas toujours présentes. Les troubles à l’origine de la fièvre chronique entraînent également de la fièvre pendant les 7 à 10 premiers jours.

TDM = tomodensitométrie ; ECG = électrocardiogramme ; IRM = imagerie par résonance magnétique

Examens

Pour une fièvre aiguë, le médecin pose souvent le diagnostic sans nécessairement pratiquer des examens. Par exemple, quand l’enfant ne semble pas très malade, la cause est généralement une infection virale ; une infection des voies aériennes en cas de rhinorrhée, de sifflement ou de toux ; ou une gastro-entérite s’il a la diarrhée ou des vomissements. Chez ces enfants, le diagnostic est clair, et des examens ne sont pas requis. Même quand les symptômes spécifiques ne suggèrent pas de diagnostic, la cause reste souvent une infection virale chez les enfants qui par ailleurs ne semblent pas très malades. Les médecins s’efforcent de limiter les examens aux enfants qui semblent avoir un problème plus grave. La probabilité qu’il s’agisse d’un trouble grave (et donc, la nécessité de pratiquer des tests) dépend de l’âge de l’enfant, des symptômes et de l’apparence générale, ainsi que des troubles particuliers suspectés par le médecin ( Quelques causes et caractéristiques courantes de la fièvre chez l’enfant).

Si le nouveau-né (âgé de 28 jours maximum) a de la fièvre, il doit être hospitalisé afin de subir des examens, car le risque d’avoir une infection grave est pour lui élevé. Les examens consistent généralement des analyses de sang et d’urine, la rachicentèse (ponction lombaire), et parfois une radiographie du thorax.

Chez les nourrissons qui ont entre 1 et 3 mois, des examens sanguins et urinaires (analyse d’urine) et des cultures sont pratiqués. La nécessité d’une hospitalisation, d’une radiographie du thorax et d’une rachicentèse dépend des résultats de l’examen et des tests sanguins et urinaires, ainsi que de l’état de santé apparent du nourrisson et de la possibilité de pratiquer un examen de suivi. Les examens pratiqués chez les nourrissons de moins de 3 mois ont pour objectif de rechercher des bactériémies, une infection des voies urinaires, ainsi qu’une méningite. Ces examens sont nécessaires car il est difficile de déterminer la cause de la fièvre chez le nourrisson, et parce que son système immunitaire immature l’expose à un risque élevé d’infection grave.

Les examens ne sont pas nécessaires chez un enfant âgé de 3 mois à 3 ans visiblement bien portant et qui peut être suivi de près. Si les symptômes suggèrent une infection spécifique, le médecin pratique les examens appropriés. En général, si l’enfant ne présente pas de symptômes indicateurs d’un trouble spécifique, mais semble malade, ou a une température de 39 °C ou plus, les examens sanguins et urinaires sont nécessaires. La nécessité d’une hospitalisation dépend de l’état de santé apparent de l’enfant ainsi que de la possibilité de pratiquer un examen de suivi.

Chez les enfants âgés de plus de 3 ans, les examens ne sont habituellement pas nécessaires, à moins qu’ils ne présentent des symptômes spécifiques qui suggèrent un trouble grave.

Dans les cas de fièvre chronique, des examens sont souvent pratiqués. Si le médecin suspecte un trouble particulier, les examens relatifs à ce trouble sont effectués. Si la cause n’est pas claire, des examens de dépistage sont effectués. Les examens de dépistage comprennent une numération formule sanguine, l’analyse et la culture d’urine, et des tests sanguins à la recherche d’une éventuelle inflammation. Les examens relatifs à l’inflammation comprennent la vitesse de sédimentation (VS) et le niveau de la protéine C-réactive (CRP). Lorsqu’aucune cause claire ne se dégage, le médecin pratique également les tests suivants : analyses des selles, tests de dépistage de la tuberculose, radiographie du thorax et tomodensitométrie (TDM) des sinus.

Il est rare que la fièvre persiste et que le médecin ne puisse pas en identifier la cause, même au terme d’examens minutieux. Ce type de fièvre est appelé fièvre d’origine inconnue. Un enfant souffrant de fièvre d’origine inconnue a moins de chances d’avoir un trouble grave qu’un adulte.

Traitement

Si la fièvre est due à un trouble, celui-ci est traité. Un autre traitement de la fièvre se concentre sur l’amélioration de la santé et du bien-être de l’enfant.

Consignes générales

Les mesures qui permettent d’aider l’enfant souffrant d’une fièvre à se sentir mieux sans recourir à des médicaments comprennent :

  • Lui faire boire beaucoup de liquide pour éviter la déshydratation

  • Lui appliquer des linges froids mouillés (compresses) sur le front, les poignets et les mollets

  • Lui faire prendre un bain tiède (juste légèrement plus froid que sa température)

Les frissons pouvant effectivement augmenter la température de l’enfant, les méthodes susceptibles de provoquer des frissons, comme le déshabillage et les bains froids, ne doivent être utilisées qu’en cas de températures dangereusement élevées, d’au moins 41 °C.

Il est déconseillé de frotter l’enfant avec de l’alcool ou de l’hamamélis ; l’alcool peut être absorbé à travers la peau et entraîner des lésions. Il existe beaucoup d’autres remèdes populaires inutiles, allant de pratiques inoffensives (par exemple, mettre des oignons ou des pommes de terre dans les chaussettes de l’enfant) à des pratiques incommodantes (par exemple, le tribo-effleurage, appelé également Gua Sha ou usage de ventouses).

Médicaments pour faire baisser la fièvre

La fièvre chez un enfant plutôt bien portant n’exige pas nécessairement un traitement. Toutefois, les antipyrétiques permettent aux enfants de se sentir mieux, en baissant la température. Ces médicaments n’ont aucun effet sur une infection ou d’autres troubles responsables de la fièvre. Cependant, chez l’enfant souffrant d’un trouble relatif au cœur, aux poumons, au cerveau, ou aux nerfs, ou qui a des antécédents de convulsions déclenchées par la fièvre, l’utilisation de ces médicaments est importante, dans la mesure où ils réduisent le stress additionnel que la fièvre inflige à l’organisme.

Les médicaments suivants sont en général utilisés :

  • Paracétamol, administré par voie orale ou sous forme de suppositoire

  • Ibuprofène, administré par voie orale

On tend à privilégier le paracétamol. L’utilisation prolongée de l’ibuprofène peut entraîner une irritation de la muqueuse de l’estomac. Ces médicaments sont disponibles sans ordonnance en pharmacie. La posologie recommandée est indiquée sur l’emballage, ou elle peut être ajustée par le médecin. Il faut respecter la posologie correcte et les intervalles indiqués. Les médicaments n’ont aucun effet s’ils sont administrés à trop faible dose et de manière irrégulière. Et bien que ces médicaments soient relativement inoffensifs, l’administration d’une dose trop élevée à des intervalles trop rapprochés peut entraîner un surdosage.

De temps en temps, le paracétamol ou l’ibuprofène est administré à titre préventif, lorsqu’un nourrisson est vacciné, par exemple.

L’aspirine n’est plus utilisée pour baisser la fièvre chez les enfants, car elle peut interagir avec certaines infections virales (comme la grippe ou la varicelle) et provoquer un trouble grave appelé syndrome de Reye.

Points-clés

  • La fièvre est généralement causée par une infection virale.

  • Les causes éventuelles de la fièvre et la nécessité de pratiquer des examens dépendent de l’âge de l’enfant.

  • Les nourrissons de moins de 2 mois ayant une température de 38 ºC ou plus doivent être examinés par un médecin.

  • Les enfants âgés de 3 mois à 3 ans atteints d’une fièvre, qui ne présentent aucun symptôme suggérant un trouble spécifique, mais qui semblent malades ou présentent une température de 39 °C ou plus, doivent être examinés par un médecin.

  • Une poussée dentaire ne provoque pas de fièvre significative.

  • Les médicaments qui font baisser la fièvre peuvent permettre aux enfants de se sentir mieux, mais ils n’ont aucun effet sur le trouble responsable de la fièvre.

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