Rhume banal

(Infection des voies respiratoires supérieures; Coryza)

Examen complet: juill. 2026 ParSophie Katz, MD, MPH, Vanderbilt University Medical Center | Examen par des pairs réalisé parBrenda L. Tesini, MD, University of Rochester School of Medicine and Dentistry
Dernière mise à jour: juill. 2026
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Le rhume banal est une infection virale aiguë spontanément résolutive, habituellement apyrétique, qui entraîne des symptômes des voies respiratoires hautes, tels qu'une rhinorrhée, une toux et des maux de gorge. La plupart des cas sont causés par des rhinovirus, mais certains sont causés par des coronavirus, des virus grippaux ou d'autres virus. Le diagnostic est clinique. Le traitement est symptomatique. Le lavage des mains permet d'éviter la propagation.

Environ 50% des rhumes sont dus à l'un des > 160 types de rhinovirus (1, 2). En raison de cette prévalence élevée, les rhinovirus sont considérés comme les causes les plus fréquentes du rhume banal et sont un facteur déclenchant courant des exacerbations de l'asthme (3). D'autres causes moins fréquentes du rhume banal comprennent les coronavirus, qui peuvent être à l'origine de certaines épidémies. Les infections dues aux virus influenza, aux virus para-influenza, aux entérovirus, aux adénovirus, au virus respiratoire syncytial ou au métapneumovirus humain peuvent également se manifester par un rhume banal, en particulier chez les patients réinfectés.

Les infections à rhinovirus sont les plus fréquentes en automne et au printemps et moins fréquentes pendant l'hiver (4).

Les rhinovirus se propagent par inhalation d'aérosols respiratoires (grosses gouttelettes et particules fines) générés par la toux et les éternuements, ainsi que par contact direct ou indirect avec des sécrétions ou des surfaces contaminées par le virus, avec transfert ultérieur du virus vers la muqueuse nasale ou conjonctivale.

La protection la plus efficace contre l'infection est la présence d'anticorps spécifiques neutralisants dans le sérum et les sécrétions, induits par une exposition antérieure au même virus ou, pour certains virus (p. ex., virus de la grippe, coronavirus), à un variant étroitement apparenté. La sensibilité aux rhumes n'est habituellement pas influencée par l'exposition au froid, ou par des anomalies des voies respiratoires supérieures (p. ex., hypertrophie des amygdales ou des végétations).

Références générales

  1. 1. Mäkelä MJ, Puhakka T, Ruuskanen O, et al. Viruses and bacteria in the etiology of the common cold. J Clin Microbiol. 1998;36(2):539-542. doi:10.1128/JCM.36.2.539-542.1998

  2. 2. Basnet S, Palmenberg AC, Gern JE. Rhinoviruses and Their Receptors. Chest. 2019;155(5):1018-1025. doi:10.1016/j.chest.2018.12.012

  3. 3. Centers for Disease Control and Prevention (CDC). About Rhinoviruses. February 19, 2026. Accessed April 20, 2026.

  4. 4. CDC. Other Respiratory Illnesses Going Around. May 8, 2026. Accessed April 20, 2026.

Symptomatologie du rhume

Après une incubation de 24 à 72 h, les symptômes du rhume débutent par une irritation ou des maux de gorge, suivis d'éternuements, d'une rhinorrhée, d'une congestion nasale et d'un malaise (1). Une céphalée ou une myalgie légère peut être associée. La température corporelle est habituellement normale, en particulier lorsque l'agent pathogène est un rhinovirus ou un coronavirus. Les sécrétions nasales sont aqueuses et abondantes pendant les premiers jours, mais peuvent parfois devenir plus mucoïdes et purulentes. Les sécrétions mucopurulentes ne traduisent pas une surinfection bactérienne. La toux est habituellement légère, mais persiste souvent jusque dans la 2e semaine. Rarement, une fébricule peut survenir chez les grands enfants et les adultes. La majorité des symptômes dus à un rhume non compliqué régressent dans les 10 jours.

Le rhume peut aggraver l'asthme et la bronchite chronique.

Les expectorations purulentes sont rares en cas d'infection à rhinovirus. Une sinusite et une otite moyenne purulentes peuvent résulter soit de l'infection virale elle-même, soit d'une infection bactérienne secondaire. La pneumonie à rhinovirus est peu fréquente chez les personnes immunocompétentes.

Référence pour la symptomatologie

  1. 1. Centers for Disease Control and Prevention (CDC). About Common Cold. February 19, 2026. Accessed April 20, 2026.

Diagnostic du rhume banal

  • Anamnèse et examen clinique

  • Parfois, des tests de confirmation (p. ex., tests de détection rapide d'antigènes, méthodes de diagnostic moléculaire)

Le diagnostic du rhume est principalement clinique et présomptif (c.-à-d. que des infections spécifiques peuvent être suspectées en fonction de la présentation clinique du patient, de la saison de survenue et de la connaissance des profils épidémiologiques locaux). La rhinite allergique est le principal diagnostic différentiel.

Des tests de diagnostic moléculaire, tels que les tests par PCR (polymerase chain reaction), sont disponibles dans de nombreux panels multiplex. Des tests de confirmation peuvent être envisagés chez les patients chez qui la connaissance de l'agent pathogène spécifique affectera la prise en charge clinique, comme lorsqu'un traitement antiviral spécifique est indiqué (p. ex., suspicion de grippe, de COVID-19 ou de VRS) (1).

Référence pour le diagnostic

  1. 1. Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Clinical Overview of Respiratory Illnesses. August 18, 2025. Accessed April 20, 2026.

Traitement du rhume

  • Traitement symptomatique

Le traitement des rhumes banals est symptomatique. Les antipyrétiques et les antalgiques peuvent soulager la fièvre et les maux de gorge.

Le traitement symptomatique de la congestion nasale, de la rhinorrhée, de la fièvre et/ou de la douleur repose généralement sur des décongestionnants (nasaux ou oraux) ou sur des antihistaminiques oraux ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Un traitement combiné associant antihistaminiques, décongestionnants et analgésiques peut apporter un soulagement limité des symptômes du rhume chez les adultes et les enfants plus âgés; cependant, les données sont limitées (1), et son utilisation doit être mise en balance avec le risque d'effets indésirables.

En monothérapie, les décongestionnants nasaux locaux peuvent être subjectivement efficaces chez l'adulte, mais le recours à des médicaments locaux pendant > 3 à 5 jours peut entraîner une congestion de rebond (rhinite médicamenteuse) (2). L'efficacité comparée des décongestionnants oraux et des décongestionnants nasaux topiques n'a pas encore été clairement établie.

Les médicaments ayant des propriétés anticholinergiques peuvent être efficaces dans le traitement de la rhinorrhée. Ces médicaments comprennent les antihistaminiques oraux de 1ère génération qui ont une activité anticholinergique (p. ex., la chlorphéniramine) et le bromure d'ipratropium intranasal (2 pulvérisations d'une solution à 0,03% 2 ou 3 fois/jour); cependant, ces deux médicaments apportent un bénéfice minime à court terme et doivent être utilisés avec prudence chez les personnes âgées, les personnes présentant une hypertrophie bénigne de la prostate ou les personnes ayant un glaucome par fermeture de l'angle (3, 4). Les antihistaminiques de première génération provoquent fréquemment une sédation.

Le zinc (5), l'échinacée (6) et la vitamine C (7) ont tous été évalués en tant que traitements du rhume banal, mais aucun n'a clairement montré d'effet bénéfique. Bien que les pastilles de zinc puissent réduire la durée des symptômes du rhume, ce bénéfice doit être mis en balance avec les effets indésirables, notamment un mauvais goût et des nausées (5). Il est important de noter que l'utilisation de zinc intranasal fait craindre une anosmie permanente (8). Le miel peut soulager les symptômes de la toux chez les enfants > 1 an mais doit être évité chez les enfants < 1 an en raison du risque de botulisme infantile (9).

Les sirops contre la toux, les antitussifs et les expectorants ne sont pas systématiquement recommandés, car les résultats sont discordants et le niveau de preuve étayant leur utilisation est faible (10).

Les antibiotiques ne doivent pas être administrés pour le rhume banal; ils ne sont prescrits que pour d'autres indications, en cas de preuve évidente de surinfection bactérienne (11). Les antihistaminiques intranasaux et les glucocorticoïdes intranasaux n'ont pas démontré de bénéfice. Les antihistaminiques oraux de seconde génération (non sédatifs) sont également inefficaces dans le traitement du rhume banal. Il est également peu probable que la phényléphrine par voie orale soit efficace lorsqu'elle est utilisée comme décongestionnant (12). Les antihistaminiques et les décongestionnants ne sont pas recommandés chez l'enfant < 4 ans.

Références pour le traitement

  1. 1. De Sutter AI, Eriksson L, van Driel ML. Oral antihistamine-decongestant-analgesic combinations for the common cold. Cochrane Database Syst Rev. 2022;1(1):CD004976. Published 2022 Jan 21. doi:10.1002/14651858.CD004976.pub4

  2. 2. Deckx L, De Sutter AI, Guo L, Mir NA, van Driel ML. Nasal decongestants in monotherapy for the common cold. Cochrane Database Syst Rev. 2016;10(10):CD009612. Published 2016 Oct 17. doi:10.1002/14651858.CD009612.pub2

  3. 3. De Sutter AI, Saraswat A, van Driel ML. Antihistamines for the common cold. Cochrane Database Syst Rev. 2015;2015(11):CD009345. Published 2015 Nov 29. doi:10.1002/14651858.CD009345.pub2

  4. 4. AlBalawi ZH, Othman SS, Alfaleh K. Intranasal ipratropium bromide for the common cold. Cochrane Database Syst Rev. 2013;2013(6):CD008231. Published 2013 Jun 19. doi:10.1002/14651858.CD008231.pub3

  5. 5. Hunter J, Arentz S, Goldenberg J, et al. Zinc for the prevention or treatment of acute viral respiratory tract infections in adults: a rapid systematic review and meta-analysis of randomised controlled trials. BMJ Open. 2021;11(11):e047474. Published 2021 Nov 2. doi:10.1136/bmjopen-2020-047474

  6. 6. Karsch-Völk M, Barrett B, Kiefer D, Bauer R, Ardjomand-Woelkart K, Linde K. Echinacea for preventing and treating the common cold. Cochrane Database Syst Rev. 2014;2014(2):CD000530. Published 2014 Feb 20. doi:10.1002/14651858.CD000530.pub3

  7. 7. Hemilä H, Chalker E. Vitamin C for preventing and treating the common cold. Cochrane Database Syst Rev. 2013;2013(1):CD000980. Published 2013 Jan 31. doi:10.1002/14651858.CD000980.pub4

  8. 8. D'Cruze H, Arroll B, Kenealy T. Is intranasal zinc effective and safe for the common cold? A systematic review and meta-analysis. J Prim Health Care. 2009;1(2):134-139.

  9. 9. Oduwole O, Udoh EE, Oyo-Ita A, Meremikwu MM. Honey for acute cough in children. Cochrane Database Syst Rev. 2018;4(4):CD007094. Published 2018 Apr 10. doi:10.1002/14651858.CD007094.pub5

  10. 10. Smith SM, Schroeder K, Fahey T. Over-the-counter (OTC) medications for acute cough in children and adults in community settings. Cochrane Database Syst Rev. 2014;2014(11):CD001831. Published 2014 Nov 24. doi:10.1002/14651858.CD001831.pub5

  11. 11. Harris AM, Hicks LA, Qaseem A; High Value Care Task Force of the American College of Physicians and for the Centers for Disease Control and Prevention. Appropriate Antibiotic Use for Acute Respiratory Tract Infection in Adults: Advice for High-Value Care From the American College of Physicians and the Centers for Disease Control and Prevention. Ann Intern Med. 2016 Mar 15;164(6):425-34. doi: 10.7326/M15-1840. Epub 2016 Jan 19. PMID: 26785402

  12. 12. U.S. Food and Drug Administration (FDA). FDA Proposes Ending Use of Oral Phenylephrine as OTC Monograph Nasal Decongestant Active Ingredient After Extensive Review. November 7, 2024. Accessed April 20, 2026.

Prévention du rhume

Des vaccins contre certains virus (p. ex., VRS, grippe, COVID-19) sont disponibles mais ont une efficacité limitée dans la prévention des manifestations non sévères d'une infection telle que le rhume (1).

Les mesures visant à prévenir la propagation du rhume comprennent le lavage des mains, l'évitement des contacts étroits avec les personnes enrhumées, le fait de se couvrir la bouche et le nez en toussant ou en éternuant et l'utilisation d'un désinfectant de surface dans un environnement contaminé.

Référence pour la prévention

  1. 1. Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Clinical Overview of Respiratory Illnesses. August 18, 2025. Accessed April 20, 2026.

Points clés

  • De nombreux virus peuvent provoquer un rhume; les rhinovirus sont à l'origine d'environ 50% des rhumes.

  • La sensibilité aux rhumes n'est pas influencée par l'exposition au froid ou par la présence d'anomalies des voies respiratoires supérieures.

  • Les anciens antihistaminiques peuvent être utilisés pour soulager la rhinorrhée, mais ils n'offrent qu'un bénéfice minime et doivent être utilisés avec prudence chez les personnes âgées et évités chez les enfants < 4 ans.

  • Les décongestionnants topiques et oraux soulagent la congestion nasale, mais une utilisation répétée peut provoquer une congestion rebond.

  • De nombreuses substances ont été évaluées en prévention et en traitement, mais aucune n'a montré une efficacité réelle.

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